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Religion bahá'íe

L'appel du seigneur des armées

L'appel du seigneur des armées (Bahá'u'lláh)
Auteur: Bahå'u'llåh (révélation 1865-69)
Edition : MEB 2004 - ISBN 2-87203-064-6

Table des matiĂšres

Introduction
1. SÚRIY-I-HAYKAL
   A) Sourate du Temple
   B) Tablette au pape Pie IX
   C) Tablette Ă  NapolĂ©on III
   D) Tablette au tsar Alexandre II
   E) Tablette Ă  la reine Victoria
   F) Tablette Ă  NĂĄsiri'd-DĂ­n ShĂĄh (Lawh-i-Sultan)
2. SÚRIY-I-RA’ÍS
3. LAWH-I-RA’ÍS
4. LAWH-I-FU’AD
5. SÚRIY-I-MULÚK
Index

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[nota : voir aussi l’ouvrage « La proclamation de BahĂĄ'u'llĂĄh » contenant d'autres tablettes saintes envoyĂ©es aux rois et dirigeants du monde :
- Kaiser Guillaume Ier d'Allemagne,
- Empereur François-Joseph d'Autriche,
- Sultan Abdu'l-Aziz de Turquie,
- Dirigeants d'Amérique,
- Clergés et chefs religieux du monde,
- et à un appel toute l'humanité...]


Introduction

Au cours des annĂ©es qui suivirent l’arrivĂ©e de Bahá’u’llĂĄh Ă  Andrinople, sa rĂ©vĂ©lation atteignit, selon les paroles de Shoghi Effendi, « l’apogĂ©e de sa gloire » dans la proclamation du message de son auteur aux rois et dirigeants du monde. Pendant cette pĂ©riode relativement brĂšve, mais combien agitĂ©e, de l’histoire de la Foi et durant les premiĂšres annĂ©es de son exil dĂšs 1868 dans la ville-prison d’Acre, il lança un appel collectif aux monarques de l’Orient et de l’Occident et individuel Ă  certains d’entre eux pour qu’ils acceptent le Jour de Dieu et reconnaissent celui que promettent les Écritures des religions professĂ©es par les destinataires de son appel. « Jamais depuis le commencement du monde », dĂ©clare Bahá’u’llĂĄh, « un message n’a Ă©tĂ© si ouvertement proclamĂ© ».

Le prĂ©sent volume propose la traduction française de la premiĂšre collection normative en langue anglaise de tous ces Ă©crits importants. Parmi ceux-ci figure le texte complet de la SĂșriy-i-Haykal, la Sourate du Temple, une des oeuvres des plus audacieuse de Bahá’u’llĂĄh. À l’origine, elle fut rĂ©vĂ©lĂ©e lors de son exil Ă  Andrinople et remaniĂ©e plus tard aprĂšs son arrivĂ©e Ă  Acre, pour comprendre les messages individuels Ă  des potentats : le Pape Pie IX, NapolĂ©on III, le Tsar Alexandre II, la reine Victoria et NĂĄáčŁiri’d-DĂ­n ShĂĄh.

C’est cette oeuvre composite qui fut, selon les instructions de Bahá’u’llĂĄh, prĂ©sentĂ©e sous la forme d’un pentacle symbolisant le temple humain. Bahá’u’llĂĄh y ajouta en guise de conclusion ce que Shoghi Effendi dĂ©crivit comme : « des paroles qui dĂ©notent l’importance qu’il attachait Ă  ces messages et indiquent leurs liens directs aux prophĂ©ties de l’Ancien Testament » :
« Ainsi avons-nous bĂąti le Temple des mains de puissance et de pouvoir, si vous pouviez le savoir. C’est le Temple que le Livre vous a promis. Approchez-vous ! C’est ce qui vous sera profitable, si seulement vous pouviez le comprendre. Soyez justes, ĂŽ peuples de la terre ! Qu’est-ce qui est prĂ©fĂ©rable, ceci ou un temple construit d’argile ? Tournez vos visages vers lui. VoilĂ  ce que vous ordonne Dieu, le Secours, l’Absolu. »

Pendant les derniĂšres annĂ©es de son ministĂšre, Bahá’u’llĂĄh prit des dispositions pour faire publier pour la premiĂšre fois la version dĂ©finitive de quelques-uns de ses Ă©crits les plus importants. La SĂșriy-i-Haykal y a une place prĂ©Ă©minente.

Parmi les Ă©crits qui composent la SĂșriy-i-Haykal, il faut en mentionner un plus particuliĂšrement. La Lawh-i-SultĂĄn, l’épĂźtre Ă  NĂĄáčŁiri’DĂ­n ShĂĄh, qui est la plus longue des Ă©pĂźtres adressĂ©es par Bahá’u’llĂĄh Ă  un souverain individuel, fut rĂ©vĂ©lĂ©e au cours des semaines qui prĂ©cĂ©dĂšrent son exil Ă  Acre. Elle fut effectivement remise plus tard au souverain par Badí’, un jeune homme de dix-sept ans qui avait suppliĂ© Bahá’u’llĂĄh de lui octroyer l’honneur d’un service. Cet acte lui valut la couronne du martyre et immortalisa son nom. L’épĂźtre contient le passage bien connu qui dĂ©crit les circonstances dans lesquelles l’appel divin fut transmis Ă  Bahá’u’llĂĄh et l’effet qu’il produisit. Nous y trouvons Ă©galement son offre sans Ă©quivoque de rencontrer le clergĂ© musulman en prĂ©sence du Chah, et de fournir toute preuve de sa rĂ©vĂ©lation que ce clergĂ© aurait Ă  accepter dĂ©finitivement, un test d’intĂ©gritĂ© spirituelle auquel les gardiens du message du Coran Ă©chouĂšrent lamentablement.

Cet ensemble comprend Ă©galement une traduction complĂšte, pour la premiĂšre fois de maniĂšre normative, de la SĂșriy-i-MulĂșk, la Sourate aux rois, que Shoghi Effendi dĂ©crit comme « la plus importante des Ă©pĂźtres rĂ©vĂ©lĂ©es par Bahá’u’llĂĄh, dans laquelle, pour la premiĂšre fois, il s’adresse collectivement Ă  l’ensemble des monarques de l’Orient et de l’Occident ». Elle expose Ă  la fois le caractĂšre de sa mission et les normes de justice qui doivent prĂ©sider Ă  l’exercice de leur pouvoir en ce Jour de Dieu :
« Ne nĂ©gligez pas la crainte de Dieu, ĂŽ rois de la terre, et veillez Ă  ne pas transgresser les limites fixĂ©es par le Tout-Puissant. ObĂ©issez aux injonctions de son livre, et gardez-vous d’en outrepasser les limites. Veillez Ă  n’ĂȘtre injustes envers personne, ne fĂ»t-ce que dans la mesure d’un grain de moutarde. Suivez le sentier de la justice, car c’est lĂ , en vĂ©ritĂ©, le droit sentier. »

L’épĂźtre inaugure quelques-uns des grands thĂšmes qui allaient prendre une place prĂ©Ă©minente dans les Ă©crits de Bahá’u’llĂĄh au cours des deux dĂ©cennies et demie qui suivirent : l’obligation de promouvoir le rĂšgne de la justice pour ceux dans les mains de qui Dieu a remis l’autoritĂ© civile, la nĂ©cessitĂ© de rĂ©duire les armements, de rĂ©soudre les conflits entre nations et de mettre fin aux dĂ©penses excessives qui appauvrissent les sujets des dirigeants.

Dans son Ă©tude du contenu de cet appel majestueux de Bahá’u’llĂĄh aux rois et dirigeants du monde, Shoghi Effendi a Ă©crit :
« L’ampleur et la diversitĂ© du thĂšme, la puissance de l’argument, la sublimitĂ© et l’audace du langage retiennent l’attention et Ă©tonnent l’esprit. Empereurs, rois et princes, prĂ©sidents et ministres, le Pape lui-mĂȘme, prĂȘtres, moines et philosophes, dispensateurs de savoir, parlementaires et dĂ©putĂ©s, riches de la terre, adeptes des religions, et le peuple de BahĂĄ, tous sont interpellĂ©s par l’auteur de ces messages et reçoivent, chacun selon sa condition, les conseils et admonestations qu’ils mĂ©ritent. La diversitĂ© des sujets abordĂ©s dans ces Ă©pĂźtres n’en est pas moins Ă©tonnante. La majestĂ© transcendante et l’unitĂ© d’un Dieu inconnaissable et inabordable est affirmĂ©e, l’unitĂ© de ses messagers proclamĂ©e et soulignĂ©e. Le caractĂšre exceptionnel, l’universalitĂ© et les potentialitĂ©s de la foi Bahá’íe sont mis en Ă©vidence, et le but ainsi que le caractĂšre de la RĂ©vĂ©lation bĂĄbĂ­e sont dĂ©voilĂ©s. »

Le contenu met en lumiĂšre le jugement irrĂ©ductible de Bahá’u’llĂĄh sur les conditions d’une sociĂ©tĂ© humaine dont les dirigeants sont tenus responsables au premier chef :
« Sont racontĂ©s des Ă©pisodes, Ă  la fois Ă©mouvants et merveilleux, au cours des diffĂ©rentes phases de son ministĂšre ; est catĂ©goriquement affirmĂ© le caractĂšre passager de la pompe humaine, de la renommĂ©e, de la richesse et de la souverainetĂ© ; sont lancĂ©s avec force et insistance, des appels Ă  l’application des principes les plus nobles dans les relations humaines et internationales ; est enjoint l’abandon d’usages indignes, de pratiques nuisibles au bonheur, Ă  la croissance, Ă  la prospĂ©ritĂ© et Ă  l’unitĂ© du genre humain. Des rois sont critiquĂ©s, des ecclĂ©siastiques accusĂ©s, des ministres et parlementaires condamnĂ©s. L’assimilation de son avĂšnement avec la venue du PĂšre lui-mĂȘme est Ă©voquĂ©e de maniĂšre catĂ©gorique et proclamĂ©e Ă  plusieurs reprises. La chute violente de quelques-uns de ces rois et empereurs est prophĂ©tisĂ©e, deux d’entre eux sont mis en cause sans le moindre doute, la plupart sont mis en garde, tous sont appelĂ©s et exhortĂ©s. »

Dans une Ă©pĂźtre dont l’original est perdu, Bahá’u’llĂĄh avait dĂ©jĂ  condamnĂ© trĂšs sĂ©vĂšrement
la mauvaise administration du sultan ‘Abdu’l-’AzĂ­z. Le prĂ©sent volume contient trois autres Ă©pĂźtres interpellant deux ministres du sultan, dont l’influence Ă©goĂŻste et peu scrupuleuse joua un rĂŽle important dans les exils successifs de Bahá’u’llĂĄh. La SĂșriy-i-Ra’is qui interpelle ‘ÁlĂ­ PĂĄshĂĄ, le Premier Ministre ottoman, fut rĂ©vĂ©lĂ©e en aoĂ»t 1868, alors que les exilĂ©s se dĂ©plaçaient d’Andrinople Ă  Gallipoli, elle expose magistralement les abus de pouvoir civil commis par le ministre. La Lawh-i-Ra’is qui contient des passages adressĂ©s Ă  ‘ÁlĂ­-PĂĄshĂĄ, fut rĂ©vĂ©lĂ©e peu aprĂšs l’incarcĂ©ration de Bahá’u’llĂĄh dans la forteresse d’Acre et contient une terrible dĂ©nonciation du caractĂšre du ministre. La troisiĂšme Ă©pĂźtre, Lawh-i-Fu’ád, fut rĂ©vĂ©lĂ©e en 1869, peu aprĂšs le dĂ©cĂšs de Fu’ád PĂĄshĂĄ, le ministre ottoman dont elle dĂ©nonce les machinations. Elle dĂ©crit les consĂ©quences de l’abus de pouvoir et prĂ©dit la chute imminente de son collĂšgue, ‘ÁlĂ­ PĂĄshĂĄ, ainsi que le renversement du sultan lui-mĂȘme - prophĂ©ties qui circulĂšrent abondamment et dont les rĂ©alisations dramatiques ajoutĂšrent grandement au prestige de leur auteur.

Il nous paraĂźt particuliĂšrement opportun, alors que l’influence de Bahá’u’llĂĄh pĂ©nĂštre de plus en plus dans la sociĂ©tĂ© Ă  travers le monde, de mettre Ă  la disposition des lecteurs le texte intĂ©gral de ces grandes Ă©pĂźtres. Nous exprimons aux comitĂ©s qui reçurent la tĂąche d’entreprendre et de revoir ces traductions, la gratitude que nous Ă©prouvons pour le soin et la sensibilitĂ© qu’ils ont apportĂ©s Ă  ce travail. Les Bahá’ís reconnaĂźtront les passages importants dĂ©jĂ  mis Ă  la disposition de l’Occident par Shoghi Effendi. Ses traductions en anglais des Textes sacrĂ©s Bahá’ís fournissent un modĂšle Ă  ceux qui relĂšvent le dĂ©fi de prĂ©parer des transpositions adĂ©quates en anglais de ces trĂ©sors de la foi.

La Maison universelle de justice


1. SÚRIY-I-HAYKAL

A) Sourate du Temple

Voici la sourate du Temple que Dieu a choisi pour ĂȘtre le miroir de ses Noms entre les cieux et la terre, et le signe de son souvenir parmi les peuples du monde. Il est le TrĂšs-Merveilleux, le TrĂšs-Glorieux !

(1.1)
Gloire Ă  celui qui rĂ©vĂšle ses versets Ă  ceux qui comprennent. Gloire Ă  celui qui rĂ©vĂšle ses versets Ă  ceux qui perçoivent. Gloire Ă  celui qui guide en son sentier qui lui plaĂźt. Dis : En vĂ©ritĂ©, je suis le Sentier de Dieu pour tous ceux qui sont au ciel et sur la terre. Bonheur Ă  ceux qui s’y hĂątent!

(1.2)
Gloire Ă  celui qui envoie ses versets Ă  ceux qui comprennent. Gloire Ă  celui qui parle du Royaume de sa rĂ©vĂ©lation, et qui reste inconnu de tous sauf de ses serviteurs honorĂ©s. Gloire Ă  celui qui Ă©veille quiconque il veut en vertu de sa parole « Sois », et cela est ! Gloire Ă  celui qui fait monter quiconque il veut vers les cieux de grĂące, et qui envoie de lĂ  ce qu’il dĂ©sire selon une mesure prescrite.

(1.3)
BĂ©ni celui qui fait ce qu’il veut par une parole de son ordre. Il est, en vĂ©ritĂ©, le VĂ©ritable, l’Omniscient. BĂ©ni celui qui inspire quiconque il veut avec ce qu’il dĂ©sire par son irrĂ©sistible et inscrutable commandement. BĂ©ni celui qui aide quiconque il dĂ©sire par les armĂ©es de l’invisible. Sa puissance, en vĂ©ritĂ©, Ă©gale son but et il est vraiment le TrĂšs-Glorieux, l’Absolu. BĂ©ni celui qui exalte quiconque il veut par le pouvoir de sa puissance souveraine, et confirme quiconque il choisit selon son bon plaisir ; BĂ©atitude pour ceux qui comprennent !

(1.4)
BĂ©ni celui qui, dans une Tablette prĂ©servĂ©e, a prescrit Ă  toutes choses une mesure fixĂ©e. BĂ©ni celui qui a rĂ©vĂ©lĂ© Ă  son Serviteur ce qui illuminera le coeur et l’esprit des hommes. BĂ©ni, celui qui a envoyĂ© sur son Serviteur ces tribulations qui ont fait fondre le coeur de ceux qui habitent au sein du Tabernacle d’éternitĂ© et les Ăąmes de ceux qui se sont approchĂ©s de leur Seigneur. BĂ©ni celui qui a dĂ©cochĂ© sur son Serviteur, des nuĂ©es de son dĂ©cret, les flĂšches du chagrin, et qui m’a vu les supporter avec patience et endurance. BĂ©ni celui qui a dĂ©crĂ©tĂ© pour son Serviteur ce qu’il n’a destinĂ© Ă  aucune autre Ăąme. Il est, en vĂ©ritĂ©, l’Unique, l’Incomparable, l’Absolu.

(1.5)
BĂ©ni celui qui, des nuĂ©es de la haine, a fait se dĂ©verser sur son Serviteur, aux mains du peuple du dĂ©ni, les traits des Ă©preuves et des tribulations, et qui pourtant, voit notre coeur empli de gratitude. BĂ©ni celui qui a fait reposer sur les Ă©paules de son Serviteur le poids des cieux et de la terre - un poids dont nous lui rendons grĂące, bien que personne ne puisse le comprendre sauf ceux douĂ©s de comprĂ©hension. Gloire Ă  celui qui a remis l’incarnation de sa BeautĂ© entre les griffes des envieux et des mĂ©chants - un destin auquel nous nous sommes complĂštement rĂ©signĂ©, bien que personne ne puisse en percevoir la raison sauf ceux qui sont dotĂ©s d’intuition. Gloire Ă  celui qui a laissĂ© Husayn demeurer au milieu de l’armĂ©e de ses ennemis, et exposer chaque souffle de son corps aux pointes de la haine et de la colĂšre. Pourtant, nous le remercions pour tout ce qu’il a dĂ©crĂ©tĂ© pour son Serviteur qui a recours Ă  lui dans son chagrin et son affliction.

(1.6)
Alors que j’étais cernĂ© par les tribulations, j’entendis une voix des plus merveilleuses, des plus douces, appelant au-dessus de ma tĂȘte. Tournant mon visage, je vis, suspendue dans les airs devant moi, une vierge, incarnation du souvenir du nom de mon Seigneur Son Ăąme Ă©tait si rĂ©jouie que son visage resplendissait de l’ornement du bon plaisir de Dieu, et ses joues luisaient de la splendeur du TrĂšs-MisĂ©ricordieux. Entre le ciel et la terre, elle lançait un appel qui captivait le coeur et l’esprit des hommes. Elle faisait part tant Ă  mon ĂȘtre intĂ©rieur qu’à mon ĂȘtre extĂ©rieur de joyeuses nouvelles qui rĂ©jouissaient mon Ăąme et les Ăąmes des serviteurs honorĂ©s par Dieu.

(1.7)
Pointant son index vers ma tĂȘte, elle s’adressa Ă  tous dans le ciel et sur la terre, disant : Par Dieu ! Voici le Bien-AimĂ© des mondes et cependant vous ne comprenez pas. Voici la BeautĂ© de Dieu et le pouvoir de sa souverainetĂ© parmi vous, si vous pouviez comprendre. C’est le MystĂšre de Dieu et son trĂ©sor, la Cause de Dieu et sa gloire pour tous ceux qui sont dans les royaumes de la rĂ©vĂ©lation et de la crĂ©ation, si vous ĂȘtes de ceux qui perçoivent. Voici celui dont la prĂ©sence est l’ardent dĂ©sir des habitants du Royaume d’éternitĂ©, et de ceux qui vivent dans le Tabernacle de gloire, et pourtant, vous vous dĂ©tournez de sa beautĂ©

(1.8)
Ô peuple du BayĂĄn, si vous ne l’aidez pas, Dieu assurĂ©ment l’assistera des pouvoirs de la terre et du ciel et le soutiendra par les armĂ©es de l’invisible, grĂące Ă  son ordre « Sois », et cela est ! Le jour est proche oĂč Dieu aura suscitĂ©, par un acte de sa volontĂ©, une race d’hommes dont la nature est insaisissable Ă  tous sauf Ă  Dieu, le Tout-Puissant, l’Absolu. Il les purifiera de la souillure des imaginations futiles et des dĂ©sirs corrompus, il les Ă©lĂšvera jusqu’aux hauteurs de saintetĂ© et il les fera manifester les signes de sa souverainetĂ© et de sa puissance sur terre. Ainsi en a-t-il Ă©tĂ© dĂ©crĂ©tĂ© par Dieu, le TrĂšs-Glorieux, le TrĂšs-Bon.

(1.9)
Ô peuple du BayĂĄn, renieriez-vous celui dont la prĂ©sence est l’objet mĂȘme de votre crĂ©ation, tandis que vous vous rĂ©jouissez avec indolence sur votre couche ? Iriez-vous jusqu’à la raillerie et le mĂ©pris, Vous opposeriez-vous Ă  celui dont un seul cheveu surpasse, aux yeux de Dieu, tous les habitants du ciel et de la terre ? Ô peuple du BayĂĄn, produisez donc les preuves que vous possĂ©dez, afin que je puisse connaĂźtre celle qui vous a portĂ© Ă  croire jusqu’ici dans les Manifestations de sa cause, et pour quelle raison vous devenez Ă  prĂ©sent si dĂ©daigneux !

(1.10)
Je le jure par celui qui m’a crĂ©Ă© de la lumiĂšre de sa propre BeautĂ© ! Je n’ai jamais vu quelqu’un qui vous surpasse dans l’insouciance ou l’aveuglement. Vous cherchez Ă  prouver votre foi en Dieu par ces ÉpĂźtres sacrĂ©es que vous possĂ©dez. Mais lorsque les versets de Dieu sont rĂ©vĂ©lĂ©s et sa lampe allumĂ©e, vous vous dĂ©tournez de celui dont la plume elle-mĂȘme a fixĂ© la destinĂ©e de toutes choses dans la Tablette prĂ©servĂ©e. Vous rĂ©citez les versets sacrĂ©s et pourtant vous reniez celui qui est leur source et leur rĂ©vĂ©lateur. Ainsi Dieu a-t-il aveuglĂ© vos yeux en punition de vos actes, si vous pouviez le comprendre. Jour et nuit, vous transcrivez les versets de Dieu, et cependant, vous restez sĂ©parĂ©s, comme par un voile, de celui qui les a rĂ©vĂ©lĂ©s.

(1.11)
En ce jour, l’AssemblĂ©e cĂ©leste vous regarde perpĂ©trer vos mĂ©faits et se dĂ©tourne de votre compagnie, et pourtant vous ne vous en rendez pas compte. Ils demandent aux uns et aux autres : « Quelles sont les paroles que prononcent ces fous, et dans quelle vallĂ©e ont-ils l’habitude de paĂźtre ? Renient-ils ce que leur Ăąme mĂȘme atteste, et ferment-ils les yeux Ă  ce qu’ils voient clairement ? » Je le jure par Dieu, ĂŽ peuple ! Ceux qui habitent les citĂ©s des Noms de Dieu sont dĂ©concertĂ©s par vos actions, tandis que vous errez, sans but et inconscients, sur une terre stĂ©rile et aride.

(1.12)
Ô Plume du TrĂšs-Haut, Ă©coute l’appel de ton Seigneur, lancĂ© par l’Arbre divin depuis ce Lieu sacrĂ© et lumineux, afin que les doux accents de ton Seigneur, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux, emplissent ton Ăąme de joie et de ferveur, et que les brises qui Ă©manent de mon nom, celui qui toujours pardonne, dissipent tes soucis et tes chagrins. ElĂšve donc, de ce Temple, les temples de l’UnitĂ© de Dieu, afin qu’ils fassent part, dans les royaumes de la crĂ©ation, des joyeuses nouvelles de leur Seigneur, le TrĂšs-ExaltĂ©, le TrĂšs-Glorieux, et qu’ils soient de ceux qui sont illuminĂ©s par sa lumiĂšre.

(1.13)
Nous avons, en vĂ©ritĂ©, dĂ©crĂ©tĂ© que ce Temple soit la source de toute existence dans cette nouvelle crĂ©ation, afin que tous tiennent pour certain mon pouvoir d’accomplir mon dessein par ma parole “Sois”, et cela est ! À l’ombre de chaque lettre de ce Temple, nous avons suscitĂ© un peuple dont personne ne peut compter le nombre sauf Dieu, le Secours, l’Absolu. Sous peu, Dieu fera sortir de son Temple ces Ăąmes qui demeureront imperturbables face aux insinuations des rebelles, et boiront Ă  tout moment de cette coupe qui est la vie mĂȘme. Ceux-lĂ  sont, en vĂ©ritĂ©, parmi les bienheureux.

(1.14)
Voici les serviteurs qui demeurent Ă  l’abri de la tendre misĂ©ricorde de leur Seigneur, et restent impassibles face Ă  ceux qui cherchent Ă  obstruer leur sentier. Sur leur visage, on peut voir la lumiĂšre resplendissante du TrĂšs-MisĂ©ricordieux et de leur coeur, on peut entendre le souvenir de mon Nom trĂšs glorieux et inaccessible. S’ils dĂ©liaient leur langue pour louer leur Seigneur, les habitants du ciel et de la terre se joindraient Ă  eux dans leurs chants de louange - et pourtant, si peu nombreux sont ceux qui entendent ! Et s’ils exaltaient leur Seigneur, toutes les choses crĂ©Ă©es les accompagneraient dans leurs hymnes de gloire. Ainsi Dieu les a-t-il glorifiĂ©s au-dessus du reste de sa crĂ©ation, et pourtant le peuple reste inconscient !

(1.15)
Ce sont eux qui gravitent autour de la cause de Dieu, mĂȘme si les ombres entourent le soleil. Ouvrez alors vos yeux, ĂŽ peuple du BayĂĄn, afin que peut-ĂȘtre vous puissiez les contempler ! C’est en vertu de leur mouvement que toutes les choses sont mues, et en vertu de leur immobilitĂ© que toutes les choses sont amenĂ©es Ă  reposer, si vous pouviez en avoir la certitude ! Par eux, les croyants en l’UnitĂ© divine se sont tournĂ©s vers celui qui est l’objet de l’adoration de l’ensemble de la crĂ©ation, et par eux le coeur des justes a trouvĂ© le repos et la sĂ©rĂ©nitĂ©, si seulement vous pouviez le savoir ! Par eux, la terre a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e, les nuĂ©es ont dĂ©versĂ© leur gĂ©nĂ©rositĂ© et le pain de saintetĂ© est descendu du ciel de grĂące, si seulement vous pouviez le comprendre !

(1.16)
Ces Ăąmes sont les protectrices de la cause de Dieu sur terre ; elles prĂ©serveront sa beautĂ© de la noire poussiĂšre soulevĂ©e par tout croyant reniĂ©. Dans le sentier de leur Seigneur, elles ne craindront pas pour leur vie ; plutĂŽt sacrifieront-elles tous leurs biens, dans leur enthousiasme Ă  contempler la face de leur Bien-AimĂ©, et son Ă©lĂ©vation en ce Nom, le Tout Puissant, l’Omnipotent, le TrĂšs-Glorieux, le Plus-Saint.

(1.17)
Ô Temple vivant, lĂšve-toi par le pouvoir de ton Moi, de telle maniĂšre que toutes les choses crĂ©Ă©es soient mises en mouvement pour se lever avec toi. Aide ainsi ton Seigneur par cette ascendance et ce pouvoir que nous t’avons accordĂ©s. Prends garde de crainte de faillir en ce jour oĂč toutes les choses crĂ©Ă©es sont consternĂ©es. Sois plutĂŽt le rĂ©vĂ©lateur de mon nom, l’Absolu. Assiste ton Seigneur au mieux de tes capacitĂ©s et ne prĂȘte pas attention aux peuples du monde, car ce qui sort de leur bouche est comparable au bourdonnement d’un moustique dans une vallĂ©e sans fin. Bois l’eau de la vie en mon nom, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux, et invite ceux qui sont proches parmi les habitants de ce jardin cĂ©leste Ă  se dĂ©tacher de tous les noms et Ă  se placer sous cette ombre bĂ©nie et universelle.

(1.18)
Ô Temple vivant, par toi, nous avons rassemblĂ© toutes les choses crĂ©Ă©es, qu’elles soient sur la terre ou dans le ciel, et nous les avons appelĂ©es Ă  reconnaĂźtre ce dont nous Ă©tions convenus avec elles avant la fondation du monde. Pourtant voyez, Ă  part quelques visages radieux et quelques langues Ă©loquentes, nous avons trouvĂ© que la plupart des gens Ă©taient confus, leurs yeux figĂ©s par la peur. GrĂące aux premiers, nous avons engendrĂ© la crĂ©ation de tout ce qui a Ă©tĂ© et sera. C’est leur visage que Dieu a misĂ©ricordieusement dĂ©tournĂ© de la face des incroyants, et qu’il a abritĂ© sous l’arbre de son propre Être. C’est Ă  leur coeur qu’il a accordĂ© le don de paix et de tranquillitĂ©, et c’est ce coeur qu’il a renforcĂ© et assistĂ© par les armĂ©es du visible et de l’invisible.

(1.19)
Ô regard de ce Temple, ne considĂšre pas les cieux et ce qu’ils contiennent, ni la terre et ceux qui l’habitent, car nous t’avons crĂ©Ă© pour contempler notre seule BeautĂ© : Vois ! Elle est Ă  prĂ©sent devant toi ! Ne dĂ©tourne pas ton regard d’elle, et ne te prive pas de la beautĂ© de ton Seigneur, le TrĂšs-Glorieux, le Bien-AimĂ©s. Sous peu, nous crĂ©erons Ă  travers toi des yeux perçants et pĂ©nĂ©trants qui contempleront les signes multiples de leur CrĂ©ateur et se dĂ©tourneront de tout ce qui est perçu par les peuples du monde. Par toi, nous accorderons le pouvoir de la vision Ă  quiconque nous dĂ©sirerons, et nous nous saisirons ceux qui se sont privĂ©s de cette gĂ©nĂ©rositĂ©. Ceux-lĂ , en vĂ©ritĂ©, ont bu Ă  la coupe des illusions, bien qu’ils ne le sachent pas.

(1.20)
Ô oreilles de ce Temple, purifiez-vous de toute clameur inutile et Ă©coutez les mĂ©lodies de votre Seigneur. Du TrĂŽne de gloire, il rĂ©vĂšle, en vĂ©ritĂ©, qu’il n’est pas d’autre Dieu que moi, le TrĂšs-Glorieux, le Tout-Puissant, le Secours, l’Absolu. Sous peu, nous crĂ©erons par vous, des oreilles pures de toute souillure, qui seront attentives Ă  la Parole de Dieu et Ă  ce qui dĂ©coule du Jour de la parole de ton Seigneur, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux. AssurĂ©ment, elles percevront les doux accents de la divine rĂ©vĂ©lation qui proviennent de cet enclos bĂ©ni et sacrĂ©.

(1.21)
Ô langue de ce Temple, en vĂ©ritĂ©, nous t’avons crĂ©Ă©e par notre nom, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux, nous t’avons enseignĂ©e ce qui Ă©tait restĂ© cachĂ© dans le BayĂĄn, et t’avons accordĂ© le pouvoir de la parole, afin que tu fasses mention de mon ĂȘtre exaltĂ© parmi mes crĂ©atures. Proclame alors ce souvenir puissant et merveilleux et ne crains pas les manifestations du Mal. Tu fus appelĂ©e Ă  l’existence dans ce but mĂȘme, en vertu de mon ordre transcendant et irrĂ©sistible. Par toi, nous avons libĂ©rĂ© la langue de la parole pour expliquer tout ce qui a Ă©tĂ©, et nous le ferons encore, par notre pouvoir souverain, afin qu’elle parle de ce qui doit encore advenir. Sous peu, nous crĂ©erons par toi des langues Ă©loquentes qui nous loueront et nous glorifieront au sein de l’AssemblĂ©e cĂ©leste et parmi les peuples du monde. Ainsi sont rĂ©vĂ©lĂ©s les versets de Dieu, et en est-il dĂ©crĂ©tĂ© par le Seigneur de tous les noms et attributs. Ton Seigneur, en vĂ©ritĂ©, est le VĂ©ritable, celui qui connaĂźt les choses invisibles. Rien n’empĂȘchera ces langues de magnifier leur CrĂ©ateur. Par elles, toutes les choses crĂ©Ă©es se lĂšveront pour exalter le Seigneur des noms et attester qu’il n’est pas d’autre Dieu que moi, le Tout-Puissant, le TrĂšs-Glorieux, le Bien-AimĂ©. Et feront mention de moi, parleront de moi seulement ceux qui sont inspirĂ©s par cette langue issue de son jardin cĂ©leste. Rare, cependant, sont ceux qui comprennent ! Il n’y a pas de langue qui ne fasse l’éloge de son Seigneur ni ne mentionne son Nom. Parmi le peuple, pourtant, il s’en trouve qui comprennent et chantent des louanges, et d’autres qui chantent des louanges mais pourtant ne comprennent pas.

(1.22)
Ô Vierge des significations intĂ©rieures, sors de la chambre de la parole avec la permission de Dieu, le Seigneur des cieux et de la terre. RĂ©vĂšle-toi parĂ©e du vĂȘtement du Royaume cĂ©leste et propose de tes mains de rubis, le vin de la souverainetĂ© cĂ©leste afin que les habitants de ce monde puissent percevoir que le Soleil de l’éternitĂ© s’est levĂ© Ă  l’horizon du Royaume, parĂ© du vĂȘtement de gloire. Par chance, il se peut qu’ils se lĂšvent devant les habitants du ciel et de la terre pour chanter et magnifier cet Adolescent qui s’est Ă©tabli au coeur du Paradis, sur le trĂŽne de son nom, le TrĂšs-Bienfaisant, dont le visage resplendit de l’éclat du TrĂšs-MisĂ©ricordieux, dans les yeux duquel apparaĂźt le regard du TrĂšs-Glorieux, et dont les maniĂšres rĂ©vĂšlent les signes et les preuves de Dieu, le Secours, l’Absolu.

(1.23)
Ne t’afflige point si nul ne se trouve pour accepter le vin vermeil offert par ta blanche main et pour le dĂ©guster au nom de ton Seigneur, le TrĂšs-ExaltĂ©, le TrĂšs-Haut, celui qui est apparu Ă  nouveau en son nom, le TrĂšs-Glorieux. Abandonne ces gens Ă  eux-mĂȘmes et retire-toi dans le tabernacle de majestĂ© et de gloire, lĂ  oĂč tu rencontreras un peuple dont le visage resplendit autant que le soleil Ă  son zĂ©nith, un peuple qui loue et chante son Seigneur en ce Nom qui s’est levĂ© dans la plĂ©nitude de la puissance et du pouvoir pour occuper le trĂŽne de la souverainetĂ© indĂ©pendante. De ses lĂšvres, tu n’entendras que les accents de ma louange. De ceci ton Seigneur me porte tĂ©moignage. L’existence de ce peuple, cependant, est restĂ©e cachĂ©e aux yeux de tous ceux qui, de toujours, ont Ă©tĂ© crĂ©Ă©s par la Parole de Dieu. Ainsi avons-nous rendu explicite notre signification et mis en avant nos versets pour que les hommes rĂ©flĂ©chissent sur les signes et les preuves de leur Seigneur.

(1.24)
Voici ceux qui, en vĂ©ritĂ©, ne furent pas enjoints de se prosterner devant Adam [voir Coran: 2.30-34, 38.71-75 - les citations sont tirĂ©es de la traduction de D. Masson, La PlĂ©iade, Paris, Gallimard 1967]. Ils ne se sont jamais dĂ©tournĂ©s de la face de ton Seigneur, et ils prennent leur part Ă  chaque instant des dons et des dĂ©lices de la saintetĂ©. Ainsi la plume du TrĂšs-MisĂ©ricordieux a-t-elle Ă©tabli les secrets de toutes choses, qu’ils soient du passĂ© ou de l’avenir. Si le monde pouvait comprendre ! Sous peu, Dieu rendra manifeste sur terre ce peuple, et par lui, il exaltera son nom, diffusera ses signes, soutiendra ses paroles et proclamera ses versets, en dĂ©pit de ceux qui ont reniĂ© sa vĂ©ritĂ©, contredit sa souverainetĂ© et ergotĂ© sur ses signes.

(1.25)
O BeautĂ© du TrĂšs-Glorieux, si par hasard tu devais te trouver en prĂ©sence de ce peuple relate-lui ce que cet Adolescent t’a racontĂ© sur lui-mĂȘme ainsi que les choses qui lui sont advenues, afin que ce peuple soient amenĂ© Ă  connaĂźtre ce qui a Ă©tĂ© inscrit sur la Tablette prĂ©servĂ©e. Familiarise-le avec les joyeuses nouvelles de cet Adolescent, et avec les Ă©preuves et les tribulations qu’il a endurĂ©es, pour qu’il prenne conscience de mes afflictions et ĂȘtre de ceux qui se consacrent Ă  son Souvenir. Alors, dis-lui la façon dont nous avons choisi d’accorder notre faveur Ă  l’un de nos frĂšres [nota : MĂ­rzĂĄ YahyĂĄ], la maniĂšre dont nous lui avons accordĂ© une goutte de rosĂ©e de cet ocĂ©an sans fin de la connaissance, dont nous l’avons revĂȘtu de l’habit de l’un de nos Noms, dont nous l’avons glorifiĂ© Ă  un tel rang que tous furent incitĂ©s Ă  chanter ses louanges, et dont nous l’avons protĂ©gĂ© de la mĂ©chancetĂ© des malveillants pour dĂ©sarmer mĂȘme le plus puissant d’entre eux.

(1.26)
Nous nous sommes levĂ©s seul face aux peuples de la terre et du ciel Ă  un moment oĂč tous avaient rĂ©solu de nous tuer. Alors que nous habitions parmi eux, nous avons continuellement fait mention du Seigneur et chantĂ© ses louanges. Nous sommes restĂ©s fermes en sa Cause, jusqu’à ce qu’enfin la Parole de Dieu fĂ»t justifiĂ©e parmi ses crĂ©atures, ses signes rĂ©pandus Ă  l’extĂ©rieur, son pouvoir exaltĂ© et sa souverainetĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e Ă  l’apogĂ©e de son Ă©clat. De ceci, ses serviteurs honorĂ©s en tĂ©moignent. Pourtant, lorsque mon frĂšre vit la renommĂ©e grandissante de la Cause, il se gonfla d’arrogance et d’orgueil. Il sortit alors de derriĂšre le voile de la dissimulation, se dressa contre moi, argumenta sur mes versets, renia mon tĂ©moignage et rĂ©pudia mes signes. Sa faim n’aurait connu d’apaisement que s’il avait pu dĂ©vorer ma chair et boire mon sang. En attestent ces serviteurs de Dieu qui l’accompagnĂšrent en exil, ainsi que ceux qui le cĂŽtoient.

(1.27)
À cette fin, il s’entretint avec l’un de mes serviteurs [nota : UstĂĄd Muhammad-‘AlĂ­y-i-SalmĂĄnĂ­ - voir aussi « Dieu passe prĂšs de nous » par Shoghi Effendi - MEB 1976 page 158-159 - pour un rĂ©cit des Ă©vĂ©nements auxquels Bahá’u’llĂĄh fait allusion dans ce paragraphe et les suivants] et chercha Ă  le gagner Ă  ses propres vues. Mais le Seigneur m’envoya l’aide des armĂ©es du visible et de l’invisible, me protĂ©gea par le pouvoir de la vĂ©ritĂ© et envoya sur moi ce qui contrecarra son projet. Ainsi furent dĂ©jouĂ©s les complots de ceux qui ne croient pas aux versets du TrĂšs-MisĂ©ricordieux. En vĂ©ritĂ©, ils forment un peuple rejetĂ©. Lorsque se rĂ©pandit la nouvelle des actes de mon frĂšre, que les pulsions de son ego avaient poussĂ© Ă  perpĂ©trer, et que nos compagnons d’exil eurent vent de ses plans infĂąmes, la voix de leur indignation et de leur chagrin s’éleva et menaça de se rĂ©pandre dans toute la ville. Nous avons interdit, cependant, ces rĂ©criminations et leur avons enjoint la patience, afin qu’ils soient de ceux qui supportent avec fermetĂ©.

(1.28)
Par Dieu, Ă  cĂŽtĂ© duquel il n’est pas d’autre Dieu, nous avons supportĂ© toutes ces Ă©preuves avec endurance, et avons enjoint aux serviteurs de Dieu de faire preuve de patience et de courage. Nous nous sommes retirĂ©s de leur prĂ©sence et nous sommes allĂ©s vivre dans une autre demeure, afin que la flamme de l’envie s’éteigne dans le coeur de notre frĂšre, et qu’il soit guidĂ© dans le droit chemin. Nous ne nous sommes pas opposĂ© Ă  lui, ni ne l’avons revu aprĂšs. Au contraire, nous sommes restĂ©s chez nous, plaçant nos espoirs en la misĂ©ricorde de Dieu, le Secours, l’Absolu. Lorsque pourtant, il comprit que ses actions avaient Ă©tĂ© dĂ©voilĂ©es, il saisit la plume de la calomnie et Ă©crivit aux serviteurs de Dieu, attribuant Ă  ma propre BeautĂ© Ă  la fois incomparable et lĂ©sĂ©e ce qu’il avait lui-mĂȘme commis. Il n’avait d’autre but que de semer la discorde parmi les serviteurs de Dieu, et d’instiller la haine dans le coeur de ceux qui avaient cru en Dieu, le TrĂšs-Glorieux, le TrĂšs-Bon.

(1.29)
Par celui qui tient mon Ăąme en sa main, nous avons Ă©tĂ© consternĂ© par sa malhonnĂȘtetĂ© - que dis-je, accablĂ©es furent toutes les choses visibles et invisibles. Ce qu’il abritait en son sein ne lui laissa pas de rĂ©pit jusqu’à ce qu’il commĂźt ce qu’aucune plume n’ose dĂ©crire, et ce par quoi il dĂ©grada la dignitĂ© de mon rang et profana la saintetĂ© de Dieu, le Tout-Puissant, le TrĂšs-Glorieux, le TrĂšs-LouĂ©. Si Dieu devait changer tous les ocĂ©ans de la terre en encre et toutes les choses crĂ©Ă©es en plumes, cela ne me suffirait pas pour faire la liste complĂšte de ses mĂ©faits. Ainsi nous relatons ce qui nous est advenu, afin que peut-ĂȘtre vous soyez de ceux qui comprennent.

(1.30)
Ô Plume d’ÉternitĂ©, ne t’afflige pas des choses qui te sont advenues car, sous peu, Dieu suscitera un peuple qui verra par ses propres yeux et se souviendra de tes tribulations. Retiens ta plume de mentionner tes ennemis, et encourage-la dans la louange du Roi Ă©ternel. Renonce Ă  toutes les choses crĂ©Ă©es et bois le vin scellĂ© de mon souvenir. Crains de ne te prĂ©occuper que de la mention de ceux dont on ne perçoit que les saveurs putrides de l’inimitiĂ©, de ceux qui sont tellement esclaves de leur appĂ©tit pour le pouvoir qu’ils n’hĂ©siteraient pas Ă  se dĂ©truire dans leur dĂ©sir d’inscrire leur renommĂ©e et de perpĂ©tuer leur nom. Dieu a notĂ© ces Ăąmes dans la Tablette prĂ©servĂ©e comme simples adorateurs des noms. Narre alors ce que tu as conçu pour ce Temple, afin que ses signes et preuves soient rendus manifestes sur terre, et que l’éclat de cette LumiĂšre illumine l’horizon du monde et purifie la terre de la souillure des mĂ©crĂ©ants. Ainsi avons-nous Ă©tabli les versets de Dieu et donnĂ© l’explication Ă  ceux qui comprennent.

(1.31)
Ô Temple vivant, Ă©tends ta main sur tous ceux qui sont sur la terre et dans le ciel, et que ta volontĂ© saisisse les rĂȘnes du commandement. En vĂ©ritĂ©, nous avons placĂ© dans ta main droite l’empire de toutes choses. Agis selon ta volontĂ© et ne crains pas les ignorants. Empare-toi de la Tablette qui s’est levĂ©e au-dessus de l’horizon de la plume de ton Seigneur, et saisis-toi d’elle de sorte que, par ton intermĂ©diaire, les mains de tous les habitants de la terre soient capables de s’en emparer. C’est, en vĂ©ritĂ©, ce qui te convient, si tu es de ceux qui comprennent. Par le soulĂšvement de ta main vers le ciel de ma grĂące, les mains de toutes les choses crĂ©Ă©es seront soulevĂ©es vers leur Seigneur, le Puissant, le Gracieux. Sous peu, nous susciterons, Ă  l’aide de ta main, d’autres mains dotĂ©es de pouvoir, de force et de puissance, et nous Ă©tablirons par elles notre empire sur tout ce qui vit dans les royaumes de la rĂ©vĂ©lation et de la crĂ©ation. Ainsi les serviteurs de Dieu reconnaĂźtront la vĂ©ritĂ© selon laquelle il n’est d’autre Dieu que moi, le Secours, l’Absolu. C’est aussi par ces mains que nous donnerons et nous reprendrons, mais personne ne peut le comprendre, sauf ceux qui voient par l’oeil spirituel.

(1.32)
Dis : Ô peuple, pouvez-vous jamais espĂ©rer Ă©chapper au pouvoir souverain de votre Seigneur ? Par la rectitude de Dieu, vous ne trouverez aucun refuge en ce jour ni personne pour vous protĂ©ger, sauf si vous ĂȘtes de ceux Ă  qui Dieu a accordĂ© la faveur de sa misĂ©ricorde. Il est, en vĂ©ritĂ©, celui qui toujours pardonne, le TrĂšs-Compatissant. Dis : Ô peuple, renoncez Ă  tout ce que vous possĂ©dez, et entrez Ă  l’ombre de votre Seigneur, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux. Cela vaut mieux pour vous que toutes vos oeuvres passĂ©es et futures. Craignez Dieu et ne vous privez pas des douces saveurs dispensĂ©es lors des jours de Dieu, le Seigneur de tous les noms et attributs. Prenez garde de peur d’altĂ©rer ou de pervertir le texte de la Parole de Dieu. Marchez dans la crainte de Dieu et soyez du nombre des justes.

(1.33)
Dis : Ô peuple, voici la Main de Dieu qui a toujours Ă©tĂ© au-dessus de vos propres mains, si vous pouviez comprendre. Entre ses mains, nous avons ordonnĂ© tout le bien du ciel et de la terre, afin que seul soit rendu manifeste le bien qui en dĂ©coule. Ainsi en avons-nous fait la source et le trĂ©sor de tout bien, par le passĂ© et Ă  l’avenir. Dis : Les riviĂšres de la sagesse et de la parole divines qui s’écoulent des Tablettes de Dieu ont rejoint ce plus grand OcĂ©an, si seulement vous pouviez le percevoir, et tout ce qui a Ă©tĂ© Ă©tabli dans ses Livres a atteint sa consommation finale dans cette Parole la plus exaltĂ©e, une Parole resplendissant au-dessus de l’horizon de la volontĂ© du TrĂšs-Glorieux dans cette rĂ©vĂ©lation qui a rempli de dĂ©lices toutes les choses visibles et invisibles.

(1.34)
Sous peu Dieu tirera, du sein du pouvoir, les mains de l’ascendance et de la puissance, mains qui se lĂšveront pour remporter la victoire pour cet Adolescent, et purgera l’humanitĂ© de la souillure des proscrits et des impies. Ces mains se mobiliseront pour se faire les champions de la Foi de Dieu et, en mon nom, l’Absolu, le Puissant, elles subjugueront les peuples et les tribus de la terre. Elles entreront dans les villes et inspireront la crainte dans le coeur de tous leurs habitants. Voici les preuves de la puissance de Dieu ! Terrible, et vĂ©hĂ©mente est la puissance de Dieu, et il la manie avec justesse ! En vĂ©ritĂ©, il rĂšgne et transcende tous ceux qui sont dans le ciel et sur la terre et il rĂ©vĂšle ce qu’il dĂ©sire selon une mesure prescrite.

(1.35)
Si, parmi ce peuple, une personne devait ĂȘtre appelĂ©e Ă  affronter toutes les armĂ©es de la crĂ©ation, assurĂ©ment elle prĂ©vaudrait par l’ascendance de ma volontĂ©. En vĂ©ritĂ©, c’est une preuve de mon pouvoir, bien que mes crĂ©atures ne le saisissent pas. En vĂ©ritĂ©, c’est un signe de ma souverainetĂ©, bien que mes sujets ne le comprennent pas. En vĂ©ritĂ©, c’est un gage de mon commandement, bien que mes serviteurs ne le perçoivent pas. En vĂ©ritĂ©, c’est une preuve de mon ascendance, bien que personne n’en soit vĂ©ritablement reconnaissant, sauf ceux dont Dieu a illuminĂ© les yeux par la lumiĂšre de sa connaissance, dont il a fait les coeurs un rĂ©ceptacle de sa rĂ©vĂ©lation et sur les Ă©paules desquels il a placĂ© le poids de sa Cause. Ceux-lĂ  inhaleront les parfums du TrĂšs-MisĂ©ricordieux, exhalĂ©s par le vĂȘtement de son Nom, et ils se rĂ©jouiront Ă  chaque instant dans les signes et les versets de leur Seigneur. Quant Ă  ceux qui ne croient pas en Dieu et lui donnent des associĂ©s, ils encourront sa colĂšre, ils seront jetĂ©s au feu, et contraints de demeurer dans ses profondeurs, emplis d’effroi et de dĂ©sarroi. Ainsi expliquons-nous nos versets et clarifions la vĂ©ritĂ© par des preuves Ă©videntes, afin que le peuple puisse rĂ©flĂ©chir aux signes de leur Seigneur.

(1.36)
Ô Temple vivant, par notre parole « Sois » et cela est, nous t’avons dĂ©signĂ© pour ĂȘtre le signe de notre majestĂ© parmi tout ce qui a Ă©tĂ© et tout ce qui sera, et nous t’avons suscitĂ© pour ĂȘtre l’emblĂšme de notre Cause entre le ciel et la terre.

(1.37)
Ô premiĂšre lettre de ce Temple, exprimant l’essence de DivinitĂ© [nota : le mot Haykal (Temple) est composĂ© en arabe des quatre lettres Há’, Yá’, KĂĄf et LĂĄm (HYKL) ; sa premiĂšre lettre symbolise le mot HuvĂ­yyah (Essence de DivinitĂ©) ; sa deuxiĂšme lettre pour le mot QadĂ­r (Tout-Puissant), dont Yá’ est la troisiĂšme lettre ; sa troisiĂšme lettre pour le mot KarĂ­m (TrĂšs-GĂ©nĂ©reux) ; et sa quatriĂšme lettre pour le mot Fadl (GrĂące), dont LĂĄm est la troisiĂšme lettre], nous avons fait de toi le trĂ©sor de notre VolontĂ© et le rĂ©cipiendaire de notre Dessein pour tous ceux qui sont dans les royaumes de rĂ©vĂ©lation et de crĂ©ation. Ce n’est qu’un gage de la grĂące de celui qui est le Secours, l’Absolu.

(1.38)
Ô deuxiĂšme lettre de ce Temple, exprimant mon nom, le Tout-Puissant ! Nous avons fait de toi la manifestation de notre souverainetĂ© et l’aube de nos Noms. Puissant je suis pour accomplir ce que ma langue profĂšre.

(1.39)
Ô troisiĂšme lettre de ce Temple, exprimant mon nom, le TrĂšs-GĂ©nĂ©reux ! Nous avons fait de toi l’aube de notre bontĂ© parmi nos crĂ©atures et la source de notre gĂ©nĂ©rositĂ© parmi notre peuple. Puissant je suis en mon empire. Rien de ce qui a Ă©tĂ© crĂ©Ă© dans les cieux ou sur la terre ne peut Ă©chapper Ă  notre connaissance, et je suis le seul Vrai, celui qui connaĂźt les choses invisibles.

(1.40)
Fais descendre des nuĂ©es de ta gĂ©nĂ©rositĂ© ce qui enrichira toutes les choses crĂ©Ă©es, et ne retire pas tes faveurs du monde de l’existence. Tu es en vĂ©ritĂ©, le TrĂšs-GĂ©nĂ©reux dans le ciel de ton Ă©ternitĂ©, et le Seigneur de grĂące infinie pour tous ceux qui habitent le royaume des noms. Ne regarde pas les gens et les choses qu’ils possĂšdent. ConsidĂšre plutĂŽt les merveilles de tes dons et de tes faveurs. Rassemble alors tes serviteurs sous ton ombre qui recouvre toute l’humanitĂ©. Étends la main de la gĂ©nĂ©rositĂ© sur toute la crĂ©ation et les doigts de la faveur sur toute l’existence. C’est, en vĂ©ritĂ©, ce qui te convient, bien que le peuple ne le comprenne pas. Quiconque tourne son visage vers toi, le fait par ta grĂące, et quant Ă  celui qui se dĂ©tourne de toi, ton Seigneur est vraiment indĂ©pendant de toutes choses crĂ©Ă©es. De cela tĂ©moignent ses vĂ©ritables et dĂ©vouĂ©s serviteurs.

(1.41)
Sous peu Dieu suscitera, par ton intermĂ©diaire, des mains d’une force indomptable et des bras de puissance invincible, surgiront de derriĂšre les voiles, rendront victorieux le TrĂšs-MisĂ©ricordieux parmi les peuples du monde. Il poussera un cri si puissant qu’il en fera trembler de peur tous les coeurs. Ainsi en a-t-il dĂ©crĂ©tĂ© dans une Tablette Ă©crite. Tel sera l’ascendant dont feront preuve ces Ăąmes, que la consternation et l’effarement saisiront tous les habitants de la terre.

(1.42)
Prenez garde de ne verser le sang de personne. Sortez l’épĂ©e de votre langue du fourreau de la parole, car c’est ainsi que l’on conquiert la citadelle du coeur des hommes. Nous avons aboli la loi de faire la guerre sainte les uns contre les autres. En vĂ©ritĂ©, la misĂ©ricorde de Dieu a embrassĂ© toutes les choses crĂ©Ă©es, si vous ĂȘtes de ceux qui comprennent. Aidez votre Seigneur, le Dieu de MisĂ©ricorde, avec l’épĂ©e de la comprĂ©hension. Plus tranchante est-elle, en effet, et plus finement aiguisĂ©e que celle de la parole, si vous rĂ©flĂ©chissiez aux paroles de votre Seigneur. Ainsi les armĂ©es de la rĂ©vĂ©lation divine sont-elles envoyĂ©es par Dieu, le Secours, l’Absolu. Ainsi les troupes de l’inspiration divine sont-elles dĂ©ployĂ©es par la Source de commandement, comme ordonnĂ© par Dieu, le TrĂšs-Glorieux, le Bien-AimĂ©.

(1.43)
Dis : Ce Temple, cachĂ© et manifeste Ă  la fois, est la mesure de toute la crĂ©ation ; en lui est enchĂąssĂ©e la connaissance du ciel et de la terre, et de toutes les choses passĂ©es et futures. Le doigt de l’oeuvre de Dieu a gravĂ© sur cette Tablette ce que les hommes les plus sages et les plus Ă©rudits ne peuvent comprendre. Il y a crĂ©Ă© des temples que personne ne peut scruter, sauf son propre Soi [nota : le Soi de Dieu est sa Manifestation, en l’occurrence Bahá’u’llĂĄh], si vous pouviez saisir cette vĂ©ritĂ©. BĂ©ni est celui qui la lit, qui mĂ©dite son contenu et qui est du nombre de ceux qui comprennent !

(1.44)
Dis : On ne peut voir dans mon temple que le Temple de Dieu, et dans ma beautĂ©, que sa BeautĂ©, et dans mon ĂȘtre, que son Être, et dans mon moi, que son Moi, et dans mon mouvement, que son Mouvement, et dans mon consentement, que son Consentement, et dans ma plume, que sa Plume. Il est le Tout-Puissant, le TrĂšs-LouĂ©. Il n’y a en mon Ăąme que la VĂ©ritĂ©, et l’on ne peut voir en moi rien d’autre que Dieu.

(1.45)
Prenez garde de parler de dualitĂ© en ce qui concerne ma nature, car tous les atomes de la terre proclament qu’il n’est d’autre Dieu que lui, l’Unique, le Seul, le Puissant, l’Aimant. Depuis le commencement qui n’a pas de commencement, j’ai proclamĂ©, du royaume de l’éternitĂ©, que je suis Dieu, qu’il n’est pas d’autre Dieu que moi, le Secours, l’Absolu. Et jusqu’à la fin qui n’a pas de fin, je proclamerai, parmi le royaume des noms, que je suis Dieu, qu’il n’est d’autre Dieu que moi, le TrĂšs-Glorieux, le Bien-AimĂ©. Dis : Mon Nom est « souverainetĂ© » d’oĂč j’ai crĂ©Ă© des manifestations dans le monde de l’existence, tandis que nous restions nous-mĂȘmes sanctifiĂ© au-dessus d’elles, si vous pouviez mĂ©diter cette vĂ©ritĂ©. Et mon Nom est « divinitĂ© » d’oĂč nous avons tirĂ© des interprĂštes dont le pouvoir embrassera le peuple de la terre et fera d’eux de vĂ©ritables adorateurs de Dieu, si vous pouviez le reconnaĂźtre. Ainsi devriez-vous considĂ©rer l’ensemble de nos Noms, si vous ĂȘtes dotĂ©s d’intuition.

(1.46)
Ô quatriĂšme lettre de ce Temple, exprimant l’attribut de la GrĂące ! Nous avons fait de toi la manifestation de la grĂące entre le ciel et la terre. De toi, nous avons engendrĂ© toute grĂące dans le monde contingent et Ă  toi, nous ferons en sorte qu’elle retourne. Et de toi, nous la manifesterons encore par une parole de notre commandement. Puissant suis-je pour accomplir ce que je dĂ©sire par ma parole « Sois », et cela est ! Chaque grĂące qui apparaĂźt dans le monde de l’existence trouve son origine en toi, et Ă  toi elle retournera. C’est, en vĂ©ritĂ©, ce qui est dĂ©crĂ©tĂ© dans une Tablette que nous avons prĂ©servĂ©e derriĂšre le voile de gloire et cachĂ©e aux yeux des mortels. Bonheur Ă  ceux qui ne se privent pas de cette grĂące qu’il dispense et qui ne tarit pas.

(1.47)
Dis : En ce jour, les vents fĂ©condants de la grĂące de Dieu passent sur toutes choses. Chaque crĂ©ature est dotĂ©e de toutes les potentialitĂ©s qu’elle peut porter. Et pourtant, les peuples du monde ont reniĂ© cette grĂące. Chaque arbre est dotĂ© des fruits les plus choisis, chaque ocĂ©an enrichi des gemmes les plus lumineuses. L’ĂȘtre humain lui-mĂȘme est investi des dons de la comprĂ©hension et de la connaissance. L’ensemble de la crĂ©ation est faite le rĂ©ceptacle de la rĂ©vĂ©lation du TrĂšs-MisĂ©ricordieux, et la terre, la dĂ©positaire de choses imperceptibles Ă  tous sauf Ă  Dieu, le Vrai, celui qui connaĂźt les choses invisibles. Le temps approche oĂč chaque chose crĂ©Ă©e aura rejetĂ© son fardeau. GlorifiĂ© soit Dieu qui a accordĂ© cette grĂące qui embrasse toutes choses, visibles ou invisibles ! Ainsi avons-nous recrĂ©Ă© toute la terre en ce jour, pourtant la plupart des gens manquent de le percevoir. Dis : La grĂące de Dieu ne peut jamais ĂȘtre comprise de maniĂšre adĂ©quate. Combien moins encore peut ĂȘtre saisi son propre Soi, le Secours, l’Absolu !

(1.48)
Ô Temple de la cause, ne t’afflige pas si tu ne trouves personne prĂȘt Ă  recevoir tes dons. Tu as Ă©tĂ© crĂ©Ă© pour moi ; en consĂ©quence, occupe-toi de me louer parmi mes serviteurs. Voici ce qui est dĂ©crĂ©tĂ© pour toi dans la Tablette prĂ©servĂ©e. Ayant trouvĂ© sur terre plus d’une main souillĂ©e, nous avons sanctifiĂ© l’ourlet de ton vĂȘtement de l’impiĂ©tĂ© de leur atteinte et l’avons placĂ© hors de la portĂ©e des impies. Sois patient dans la cause de ton Seigneur, car sous peu il suscitera des coeurs sanctifiĂ©s et des yeux illuminĂ©s qui fuiront de partout vers ta grĂące universelle et sans limites.

(1.49)
Ô Temple de Dieu, les armĂ©es de la rĂ©vĂ©lation divine Ă©taient-elles Ă  peine envoyĂ©es par le Seigneur de tous les noms et attributs, brandissant les banniĂšres de ses signes, qu’étaient mis en dĂ©route les interprĂštes du doute et de l’imagination. Ils ne crurent pas aux preuves Ă©videntes de Dieu, le Secours, l’Absolu, et ils se dressĂšrent contre lui avec inimitiĂ© et opposition. Parmi eux se trouvent ceux qui proclament : « Ces versets ne viennent Ă©videmment pas de Dieu, pas plus qu’ils ne proviennent d’une nature innĂ©e et spontanĂ©e ». Ainsi les incroyants cherchent-ils Ă  remĂ©dier au mal de leur coeur, insouciants au point de se faire maudire de tous ceux qui vivent au ciel et sur la terre.

(1.50)
Dis : L’Esprit-Saint lui-mĂȘme a Ă©tĂ© engendrĂ© par l’action d’une seule lettre rĂ©vĂ©lĂ©e par ce trĂšs grand Esprit, si vous pouviez ĂȘtre de ceux qui saisissent. Et cette nature innĂ©e et spontanĂ©e dans son essence est appelĂ©e Ă  l’existence par les versets de Dieu, le Secours, le TrĂšs-Glorieux, le Bien-AimĂ©. Dis : Cette nature tire orgueil de cette relation Ă  notre VĂ©ritĂ© transcendante, tandis que nous, pour notre part, ne tirons gloire ni de cela ni de rien d’autre, car tout, Ă  part moi, est crĂ©Ă© par la puissance de ma parole, si vous pouviez le comprendre.

(1.51)
Dis : Nous avons rĂ©vĂ©lĂ© nos versets en neuf modes diffĂ©rents [nota : ces styles ont Ă©tĂ© dĂ©finis par JinĂĄb-i-FĂĄdl-i-MĂĄzindarĂĄnĂ­, voir Adib Taherzadeh, « The Revelation of Bahá’u’llĂĄh », Oxford, George Ronald, 1974, Vol. I, p. 43. Voir Ă©galement Shoghi Effendi, « Dieu passe prĂšs de nous », op. cit. pp. 131 et 210]. Chacun d’eux parle de la souverainetĂ© de Dieu, le Secours, l’Absolu. Un seul d’entre eux suffit comme preuve devant tous, au ciel et sur la terre. Pourtant le peuple, dans sa majoritĂ©, persiste dans son insouciance. Si telle Ă©tait notre souhait, nous les rĂ©vĂ©lerions en d’autres modes innombrables.

(1.52)
Dis : Ô peuple, craignez Dieu et ne laissez pas votre langue prononcer, dans sa duplicitĂ©, ce qui lui dĂ©plaĂźt. Soyez confondus devant celui qui, vous le savez, vous a crĂ©Ă©s d’une goutte d’eau [voir Coran : 21.30 ; 24.45 ; 25.54]. Dis ; Nous avons crĂ©Ă© tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre dans la nature façonnĂ©e par Dieu. Quiconque se tourne vers ce Visage bĂ©ni, manifestera les potentialitĂ©s de cette nature innĂ©e, et quiconque en reste sĂ©parĂ© par un voile, sera privĂ© de cette grĂące invisible et universelle. En vĂ©ritĂ©, il n’y a rien qui n’ait bĂ©nĂ©ficiĂ© de notre faveur dans la mesure oĂč nous avons agi Ă©quitablement en les crĂ©ant tous et chacun, et, par une parole issue de notre bouche, nous leur avons offert le don de notre amour. Ceux qui l’ont acceptĂ© sont, en effet, en sĂ©curitĂ© et ne sont pas affectĂ©s par les terreurs de ce Jour. Quant Ă  ceux qui l’ont rejetĂ©, ils n’ont pas cru en Dieu, le Secours, l’Absolu. Ainsi distinguons-nous entre le peuple et prononçons sur eux le jugement. AssurĂ©ment, nous avons le pouvoir de faire la diffĂ©rence.

(1.53)
Dis : La Parole de Dieu ne peut jamais ĂȘtre confondue avec les paroles de ses crĂ©atures. Il est le Roi de paroles, car, en vĂ©ritĂ©, il est le Seigneur souverain de tout, et sa Cause transcende tout ce qui fut et tout ce qui sera. PĂ©nĂštre, ĂŽ peuple, dans la CitĂ© de la certitude oĂč est Ă©tabli le trĂŽne de ton Seigneur, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux. Ainsi vous l’ordonne la Plume du TrĂšs-Glorieux, en gage de sa grĂące intarissable. Puissiez-vous faire en sorte que sa rĂ©vĂ©lation ne soit pas une cause de dissension entre vous.

(1.54)
Parmi les infidĂšles, se trouvent ceux qui rĂ©pudient son Soi, s’opposent Ă  sa Cause, et proclament que ces divins versets sont inventĂ©s. C’étaient aussi les objections des dĂ©tracteurs de jadis, qui Ă  prĂ©sent supplient que le feu de l’enfer leur soit Ă©vitĂ©. Dis : Que l’affliction soit sur vous pour les vaines paroles qui sortent de votre bouche ! Si ces versets sont inventĂ©s, par quelle preuve croyez-vous en Dieu ? Produisez-la, si vous ĂȘtre des hommes d’entendement ! Lorsque nous leur rĂ©vĂ©lĂąmes nos versets Ă©vidents, ils les rejetĂšrent, et lorsqu’ils virent ce que les forces combinĂ©es de la terre sont impuissantes Ă  produire, ils dĂ©clarĂšrent que c’était de la sorcellerie.

(1.55)
De quoi souffre ce peuple pour parler de ce qu’ils ne comprennent pas ? Ils soulĂšvent les mĂȘmes objections que les disciples du Coran lorsque leur Seigneur vint Ă  eux avec sa Cause. En vĂ©ritĂ©, ils forment un peuple rejetĂ©. Ils empĂȘchĂšrent les autres de paraĂźtre devant celui qui est la BeautĂ© ancienne, et de partager le pain de ses bien-aimĂ©s. « N’approche pas d’eux », entendit-on mĂȘme dire, « car ils jettent un sort sur les gens et les Ă©loignent du sentier de Dieu, le Secours, l’Absolu. » Par la rectitude du seul vrai Dieu, celui qui est incapable de parler en notre prĂ©sence profĂšre des paroles que personne, parmi les prĂ©cĂ©dentes gĂ©nĂ©rations, n’a jamais prononcĂ©es, et a commis des actes qu’aucun des croyants des Ăąges anciens n’a jamais commis.

(1.56)
Les paroles et les actes de ces hommes tĂ©moignent avec Ă©loquence de la vĂ©ritĂ© de mes paroles, si vous ĂȘtes de ceux qui jugent avec Ă©quitĂ©. Quiconque attribue les versets de Dieu Ă  de la sorcellerie, ne croit en aucun de ses Messagers, vit et oeuvre inutilement, et fait partie de ceux qui parlent de ce qu’ils ne connaissent pas. Dis : Ô serviteur, crains Dieu, ton CrĂ©ateur et ton Façonneur, et ne pĂȘche pas contre lui, mais juge avec Ă©quitĂ© et agis avec justice. Ceux que le Seigneur a dotĂ©s de la connaissance trouveront dans les objections soulevĂ©es par les incroyants, des preuves concluantes pour invalider leurs prĂ©tentions et justifier la vĂ©ritĂ© de cette LumiĂšre manifeste. Dis : RĂ©pĂšteriez-vous ce que les incroyants profĂšrent quand un Message leur vient de leur Seigneur ? Que l’affliction soit sur vous, ĂŽ assemblĂ©e de fous, et que vos oeuvres soient flĂ©tries !

(1.57)
Ô BeautĂ© ancienne, dĂ©tourne-toi des incroyants et de ce qu’ils possĂšdent, et rĂ©pands au-dessus de toutes les choses crĂ©Ă©es les doux parfums du souvenir de ton Bien-AimĂ©, l’ExaltĂ©, le Grand. Ce souvenir Ă©veille le monde de l’existence et renouvelle le temple de toutes les choses crĂ©Ă©es. Dis : Il s’est, en vĂ©ritĂ©, assis sur le TrĂŽne de puissance et de gloire. DĂ©sires-tu contempler son visage ? Vois, il se tient devant toi ! BĂ©ni soit le Seigneur qui s’est rĂ©vĂ©lĂ© dans cette BeautĂ© lumineuse et Ă©clatante. DĂ©sires-tu Ă©couter ses mĂ©lodies ? Écoute, tu les entends s’élever de ses lĂšvres resplendissantes et merveilleuses ! Et Ă  ceux qui dĂ©sirent ĂȘtre illuminĂ©s par les splendeurs de sa lumiĂšre, dis : Recherchez la cour de sa prĂ©sence, car Dieu vous a, en vĂ©ritĂ©, accordĂ© la permission de l’approcher, en gage de sa grĂące envers toute l’humanitĂ©.

(1.58)
Dis : Ô peuple, nous vous poserons une question en toute vĂ©racitĂ©, prenant Dieu Ă  tĂ©moin entre vous et nous. Il est, en vĂ©ritĂ©, le DĂ©fenseur des justes. Comparaissez devant son TrĂŽne de gloire et rĂ©pondez avec justice et Ă©quitĂ©. Est-ce Dieu qui a le pouvoir de parvenir Ă  ses fins, ou bien est-ce vous qui bĂ©nĂ©ficiez d’une telle autoritĂ© ? Est-ce celui qui est vĂ©ritablement libre, comme vous l’affirmez lorsque vous dites qu’il fait ce qu’il lui plaĂźt et qu’il ne lui sera pas demandĂ© compte de ses actes, ou bien est-ce vous qui exercez le pouvoir, et qui avancez de telles assertions par imitation aveugle, comme le firent vos ancĂȘtres Ă  l’apparition de chaque autre Messager de Dieu ?

(1.59)
S’il est vĂ©ritablement libre, regardez alors la maniĂšre dont il a envoyĂ© la Manifestation de sa cause avec des versets contre lesquels personne au ciel ni sur la terre ne peut s’opposer. La maniĂšre dont ces versets furent rĂ©vĂ©lĂ©s n’a rien de semblable ni de comparable dans le monde de l’existence, comme vous l’avez vu et entendu lorsque le Soleil du monde a resplendi au-dessus de l’horizon de l’Irak, avec un pouvoir Ă©vident. Toutes les choses atteignent leur consommation dans les versets divins, car ils sont les versets de Dieu, le Seigneur souverain, le Secours, le TrĂšs-Glorieux, le Tout-Puissant. De plus, il a Ă©tĂ© confirmĂ© comme le porteur d’une Cause dont la puissance souveraine est reconnue par toutes les choses crĂ©Ă©es. Cela, personne ne peut le nier sauf les pĂ©cheurs et les impies.

(1.60)
Ô peuple, est-ce votre souhait de cacher la beautĂ© du Soleil derriĂšre les voiles de vos propres dĂ©sirs, ou d’empĂȘcher l’Esprit de lancer ses mĂ©lodies du sein de cette poitrine sanctifiĂ©e et lumineuse ? Craignez Dieu, et ne rivalisez pas avec celui qui reprĂ©sente la DivinitĂ©. Ne vous disputez pas avec celui sur l’ordre duquel la lettre « K » fut crĂ©Ă©e et associĂ©e Ă  sa puissante fondation [nota : c’est-Ă -dire la lettre « NĂșn » - dans tous les exemples oĂč, dans les Écrits, il est fait mention de l’association des lettres Kaf et Nun, il est fait rĂ©fĂ©rence au mot Kun, qui est l’impĂ©ratif du verbe « ĂȘtre » en arabe. Comme BE en anglais permet de faire aussi rĂ©fĂ©rence Ă  deux lettres le B et E, mais cela n’est pas possible en français oĂč l’on traduit par « sois »]. Croyez en les Messagers de Dieu, en son pouvoir souverain, et dans le Soi de Dieu et sa majestĂ©. Ne suivez pas ceux qui rĂ©pudient ce qu’ils ont cru autrefois, et qui cherchent pour eux-mĂȘmes un rang d’aprĂšs leurs propres imaginations. En vĂ©ritĂ©, ils font partie des impies. Attestez de ce que Dieu lui-mĂȘme atteste, afin que la compagnie de ses favoris soit illuminĂ©e par les paroles qui sortent de vos lĂšvres. Dis : En vĂ©ritĂ©, nous croyons en ce qui fut rĂ©vĂ©lĂ© aux ApĂŽtres d’autrefois, en ce qui a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©, par le pouvoir de la vĂ©ritĂ©, Ă  ‘AlĂ­ [nota : le BĂĄb], et en ce qui est Ă  prĂ©sent rĂ©vĂ©lĂ© depuis son TrĂŽne de gloire. Ainsi votre Seigneur vous instruit-il, en signe de sa faveur et en gage de sa grĂące qui embrasse tous les mondes.

(1.61)
Ô pieds de ce Temple, en vĂ©ritĂ©, nous vous avons fait d’acier. Restez fermes en la Cause de votre Seigneur avec une constance qui affermira les pieds des Ăąmes chancelantes dans le sentier de Dieu, le Tout-Puissant, le TrĂšs-Sage. Évitez que les tempĂȘtes de l’inimitiĂ© et de la haine, ou les foudres des artisans d’iniquitĂ©, ne vous fassent chanceler. Soyez inĂ©branlables en la Foi de Dieu, et ne vacillez pas. En vĂ©ritĂ©, nous vous avons suscitĂ©s en vertu de ce Nom qui est la source de toute fermetĂ©, et par la grĂące de chacun de nos Noms les plus excellents qui sont rĂ©vĂ©lĂ©s Ă  tous, sur la terre et au ciel. Sous peu, nous appellerons Ă  l’existence, grĂące Ă  vous, d’autres pieds, fermes et loyaux, qui marcheront impavides en notre sentier, alors mĂȘme qu’ils seraient attaquĂ©s par des armĂ©es aussi formidables que les forces combinĂ©es des gĂ©nĂ©rations anciennes et nouvelles. Oui, nous tenons toute grĂące au creux de notre main, et l’accordons comme il nous plaĂźt Ă  nos serviteurs prĂ©fĂ©rĂ©s. Encore et encore, nous vous avons offert nos faveurs, afin que vous soyez si reconnaissants envers votre Seigneur, que toutes choses crĂ©Ă©es chantent mes louanges, Ă  moi, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux, le TrĂšs-Compatissant.

(1.62)
LĂšve-toi pour servir cette Cause grĂące Ă  une puissance et un pouvoir issus de nous. Divulgue aux serviteurs de Dieu tout ce que t’a transmis l’Esprit de Dieu, le Seigneur souverain, l’Incomparable, le TrĂšs-Glorieux, le TrĂšs-Sage. Dis : Ô peuple, vous dĂ©tournerez-vous de celui qui est la VĂ©ritĂ© Ă©ternelle, et choisiriez-vous Ă  la place celui que nous avons crĂ©Ă© d’une simple poignĂ©e de glaise ? Agir ainsi, c’est vous infliger une grave injustice, si vous ĂȘtes de ceux qui mĂ©ditent sur les versets de votre Seigneur. Dis : Ô peuple, purifiez votre coeur et vos yeux, afin que vous puissiez reconnaĂźtre votre CrĂ©ateur dans ces habits saints et lumineux. Dis : L’Adolescent cĂ©leste est montĂ© sur le TrĂŽne de gloire, a rendu manifeste sa souverainetĂ© indĂ©pendante et maintenant il lance entre terre et ciel, en accents doux et merveilleux, cet appel : « Ô peuples de la terre, pour quelle raison avez-vous cessĂ© de croire en votre Seigneur, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux, et vous ĂȘtes-vous dĂ©tournĂ©s de celui qui est la BeautĂ© du TrĂšs-Glorieux ? Par la justice de Dieu ! Voici son secret cachĂ©, qui s’est levĂ© Ă  l’aurore de la crĂ©ation. Et voici sa BeautĂ© adorĂ©e, qui resplendit au-dessus de l’horizon de ce jardin cĂ©leste, investie de la souverainetĂ© de Dieu, le Secours, le TrĂšs-Glorieux, le ConquĂ©rant, le Tout-Puissant. »

(1.63)
Ô Temple de saintetĂ©, en vĂ©ritĂ©, nous avons purifiĂ© ta poitrine des murmures du peuple et l’avons sanctifiĂ©e des allusions terrestres, afin que la lumiĂšre de ma beautĂ© y apparaisse et se reflĂšte dans les miroirs de tous les mondes. Ainsi t’avons-nous distinguĂ© au-dessus de tout ce qui fut crĂ©Ă© dans le ciel et sur la terre, et au-dessus de tout ce qui fut dĂ©crĂ©tĂ© dans les royaumes de la rĂ©vĂ©lation et de la crĂ©ation. Nous t’avons choisi pour comme ĂȘtre notre propre Moi. Ce n’est qu’une preuve de la bontĂ© que Dieu t’a accordĂ©e, une bontĂ© qui durera jusqu’au Jour qui n’a pas de fin en ce monde contingent. Il perdurera aussi longtemps que perdurera Dieu, le Roi suprĂȘme, le Secours, le Puissant, le Sage. Car le jour de Dieu n’est autre que son propre Soi, apparu avec le pouvoir de la vĂ©ritĂ©. Voici le Jour qui ne sera pas suivi par la nuit, pas plus qu’il ne sera limitĂ© par quelque louange, si vous ĂȘtes de ceux qui peuvent comprendre !

(1.64)
Ô coeur de ce Temple, en vĂ©ritĂ©, nous avons fait en sorte que toutes les choses reflĂštent ta rĂ©alitĂ©, et nous avons fait de toi un miroir de notre propre Moi. Jette sur le coeur de toutes choses crĂ©Ă©es, les splendeurs de la lumiĂšre de ton Seigneur, afin qu’il soit libĂ©rĂ© de toutes allusions et limitations. Ainsi resplendit le Soleil de la sagesse, au-dessus de l’horizon de la plume du Roi Ă©ternel. BĂ©nis ceux qui le perçoivent ! Par toi, nous avons crĂ©Ă© d’autres coeurs sanctifiĂ©s, et nous les ferons retourner Ă  toi, en gage de notre grĂące pour toi et pour nos serviteurs prĂ©fĂ©rĂ©s. Sous peu, nous appellerons Ă  l’existence, par toi, des hommes au coeur sanctifiĂ© et illuminĂ©, qui n’attesteront que de ma beautĂ© et ne montreront que la lumiĂšre resplendissante de mon visage. Ceux-ci seront, en vĂ©ritĂ©, les miroirs de mes Noms parmi toutes les choses crĂ©Ă©es.

(1.65)
Ô Temple de saintetĂ©, en vĂ©ritĂ©, nous avons fait du trĂ©fonds de ton coeur le trĂ©sor de toute la connaissance des Ăąges passĂ©s et futurs, et le lieu d’oĂč pointe l’aurore de notre savoir que nous avons ordonnĂ© pour les habitants de la terre et du ciel, afin que toute la crĂ©ation prenne sa part des gĂ©nĂ©rositĂ©s de ta grĂące et parvienne, par les merveilles de ta science, Ă  la reconnaissance de Dieu, l’ExaltĂ©, le Puissant, le Grand. En vĂ©ritĂ©, ce savoir qui appartient Ă  ma propre Essence, est tel que personne ne l’a jamais compris ou n’en saisira jamais le poids, pas plus qu’aucun coeur ne sera capable de le porter. Si l’on devait divulguer une seule parole de ce savoir, les hommes seraient consternĂ©s, les fondations de toutes choses s’écrouleraient et le pied des plus sages en trĂ©bucherait.

(1.66)
Au coeur du trĂ©sor de notre sagesse, rĂ©side, celĂ©, un savoir dont une seule parole, si nous choisissions de la divulguer Ă  l’humanitĂ©, ferait reconnaĂźtre par chaque ĂȘtre humain la Manifestation de Dieu et admettre son omniscience, permettrait Ă  chacun de dĂ©couvrir les secrets de toutes les sciences, et d’atteindre un rang si Ă©levĂ©, qu’il se trouverait totalement indĂ©pendant de tout savoir passĂ© et futur. Nous possĂ©dons aussi d’autres savoirs, dont nous ne pouvons divulguer une seule lettre, pas plus que nous trouvons l’humanitĂ© apte Ă  entendre la plus simple rĂ©fĂ©rence Ă  leur signification. Ainsi t’avons-nous informĂ© de la science de Dieu, l’Omniscient, le TrĂšs-Sage. Si nous trouvions des rĂ©ceptacles dignes, nous pourrions leur confier les trĂ©sors des sens cachĂ©s et les instruire d’un savoir, dont une seule lettre embrasserait toutes les choses crĂ©Ă©es.

(1.67)
Ô coeur intĂ©rieur de ce Temple, nous avons fait de toi l’aurore de notre connaissance et le jour de notre sagesse pour tous ceux qui sont au ciel et sur la terre. De toi, nous avons fait naĂźtre toutes les sciences, et Ă  toi nous les ferons retourner. Et de toi, nous les susciterons une deuxiĂšme fois. Telle est, en effet, notre promesse, et puissant sommes-nous pour accomplir notre dessein. Sous peu, nous appellerons Ă  l’existence, par toi, des interprĂštes de sciences nouvelles et merveilleuses, d’arts puissants et crĂ©atifs, et par eux, nous rendrons manifeste ce que n’a encore conçu le coeur d’aucun de nos serviteurs. Ainsi, nous accordons Ă  qui nous voulons ce que nous dĂ©sirons, et nous retirons de qui nous voulons ce que nous avons autrefois donnĂ©. Ainsi dĂ©crĂ©tons-nous ce qui nous plaĂźt par l’intermĂ©diaire de notre ordre.

(1.68)
- Dis : Choisir, Ă  un moment, de jeter les rayons de notre tendre providence sur les miroirs de toutes choses, et Ă  un autre, de soustraire d’eux les splendeurs de notre lumiĂšre, est vĂ©ritablement en notre pouvoir, et personne n’a le droit de demander « pourquoi » ou « pour quelle raison ». Car nous sommes puissants pour rĂ©aliser notre dessein, et ne pas rendre compte de ce que nous provoquons. Personne ne peut en douter sauf ceux qui donnent des partenaires Ă  Dieu et mettent en cause sa vĂ©ritĂ©. Dis : Rien ne peut rĂ©sister au pouvoir de notre puissance ou interrompre le cours de notre commandement. Nous exaltons qui nous plaĂźt dans le Royaume de puissance et de gloire cĂ©leste, et, si nous le dĂ©sirons, nous le jetons dans les abĂźmes les plus profonds de la dĂ©gradation.

(1.69)
Ô habitants de la terre, prĂ©tendriez-vous que si nous Ă©levons une Ăąme jusqu’au Sadratu’l-MuntahĂĄ [nota : « l’arbre au-delĂ  duquel il n’y a pas de passage », une rĂ©fĂ©rence au rang de la Manifestation de Dieu] elle cesserait d’ĂȘtre soumise au pouvoir de notre souverainetĂ© et de notre empire ? Non, par mon propre Moi ! Si tel Ă©tait notre voeu, nous la retournerions Ă  la poussiĂšre plus rapidement qu’un clin d’oeil. Voyez un arbre. Regardez comment nous le plantons dans un jardin, et comment nous le nourrissons des eaux de notre tendre attention. Et considĂ©rez comment, lorsqu’il est devenu grand, Ă  maturitĂ©, qu’il a donnĂ© des feuilles et de bons fruits, alors nous lui envoyons les vents impĂ©tueux de notre dĂ©cret et le dĂ©racinons et le mettons Ă  terre. Ainsi avons-nous procĂ©dĂ© avec toutes choses, et ainsi en est-il en ce jour. Telles sont, en vĂ©ritĂ©, les merveilles incomparables de notre mĂ©thode immuable, une mĂ©thode qui a toujours gouvernĂ© et gouverne toujours toutes choses, si vous ĂȘtes de ceux qui perçoivent. Nul, cependant, n’en connaĂźt la sagesse, si ce n’est Dieu, l’Omnipotent, le Tout-Puissant, le TrĂšs-Sage.

(1.70)
RĂ©futeriez-vous, ĂŽ peuple, ce que vos voient yeux ? Malheur Ă  vous, ĂŽ assemblĂ©e de dĂ©tracteurs ! Seul est exempt du changement, son propre Soi, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux, le TrĂšs-Compatissant, si vous voyiez avec les yeux de l’intuition, tandis que tout ce qui est autre que lui peut ĂȘtre altĂ©rĂ© par un acte de sa VolontĂ©. En vĂ©ritĂ©, il est l’Omnipotent, le Tout-Puissant, le TrĂšs-Sage.

(1.71)
Ô peuple, ne vous disputez pas en ce qui concerne ma Cause, car vous ne saisirez jamais la sagesse multiple de votre Seigneur, pas plus que vous ne mesurerez jamais la connaissance de celui qui est le TrĂšs-Glorieux, l’universel Dominant. Quiconque affirme avoir connu son Essence figure sans aucun doute parmi le plus ignorant de tout le peuple. Chaque atome dans l’univers accuserait d’imposture un tel individu, et de ceci porte tĂ©moignage ma langue, laquelle ne dit que la vĂ©ritĂ©. Magnifiez ma cause et promulguez mes enseignements et mes commandements, car aucun autre parcours ne vous conviendra, et aucun autre sentier ne mĂšnera jamais Ă  lui. Puissiez-vous seulement suivre notre conseil !

(1.72)
Ô Temple vivant, nous avons fait de toi la source de chacun de nos titres excellents, l’aube de chacun de nos plus augustes attributs et la fontaine de chacune de nos multiples vertus pour les habitants de la terre et du ciel. Par la suite, nous t’avons Ă©levĂ© Ă  notre propre image entre le ciel et la terre, et avons dĂ©crĂ©tĂ© que tu sois le signe de notre gloire pour tous ceux qui sont dans les royaumes de la rĂ©vĂ©lation et de la crĂ©ation, afin que mes serviteurs puissent suivre tes traces et ĂȘtre de ceux qui sont bien guidĂ©s. Nous t’avons dĂ©signĂ© pour ĂȘtre l’Arbre de grĂące et de bontĂ© pour les habitants Ă  la fois des cieux et de la terre. Bonheur Ă  ceux qui recherchent l’abri de ton ombre et qui s’approchent de ton Soi, le Protecteur omnipotent des mondes.

(1.73)
Dis : Nous avons fait de chacun de nos Noms une source qui fait jaillir et s’écouler les torrents de la sagesse et de la comprĂ©hension divines dans le jardin de notre Cause, des torrents que personne ne peut dĂ©nombrer, si ce n’est ton Seigneur, le TrĂšs Saint, l’Omnipotent, l’Omniscient, le TrĂšs Sage. Dis : Nous avons engendrĂ© toutes les Lettres Ă  partir du Point et nous les avons fait retourner Ă  lui. Nous l’avons de nouveau envoyĂ© sous la forme d’un temple humain. Toute gloire soit Ă  l’Auteur de cet ouvrage incomparable et merveilleux ! Sous peu, nous le dĂ©voilerons et l’expliquerons encore, en notre nom, le TrĂšs-Glorieux. C’est en effet un gage de notre grĂące, et je suis, en vĂ©ritĂ©, le TrĂšs GĂ©nĂ©reux, l’Ancien des Jours.

(1.74)
Nous avons engendrĂ© toutes les LumiĂšres Ă  partir de l’Orbe de notre nom, le VĂ©ritable, nous les avons fait y retourner et nous les rendrons de nouveau manifestes sous la forme d’un temple humain. Toute gloire soit au Seigneur de force, de puissance et de pouvoir ! Personne ne peut s’opposer Ă  l’opĂ©ration de ma volontĂ© ni Ă  l’exercice de ma puissance. Je suis celui qui a crĂ©Ă© toutes les crĂ©atures par une parole sortie de ma bouche et mon pouvoir est, en vĂ©ritĂ©, Ă©gal Ă  mon dessein.

(1.75)
Dis : Il est en notre pouvoir, si nous le souhaitons, de faire expirer en un instant toutes les crĂ©atures et, l’instant d’aprĂšs, de leur redonner vie. La connaissance en reste, cependant, avec Dieu seul, l’Omniscient, le TrĂšs-InformĂ©. Il est en notre pouvoir, si nous le souhaitons, de permettre Ă  un grain de poussiĂšre en suspension dans l’air, d’engendrer, plus rapidement qu’un clin d’oeil, des soleils d’une splendeur infinie, inimaginable, de faire d’une goutte de rosĂ©e, des ocĂ©ans vastes et innombrables, d’infuser en chaque lettre une force telle qu’elle pourrait dĂ©voiler toute la connaissance des Ăąges passĂ©s et futurs. C’est, en vĂ©ritĂ©, une simple question d’exĂ©cution. Telles sont les preuves de mon pouvoir, du commencement qui n’a pas de commencement jusqu’à la fin qui n’a pas de fin. Mes crĂ©atures, pourtant, se montrent nĂ©gligentes envers mon pouvoir, elles rĂ©pudient ma souverainetĂ© et rivalisent avec mon propre Moi, l’Omniscient, le TrĂšs-Sage.

(1.76)
Dis : Rien de ce qui rĂ©side entre le ciel et la terre ne peut bouger sauf par ma permission, et personne ne peut accĂ©der Ă  mon Royaume sauf sur mon ordre. Mes crĂ©atures, cependant, sont restĂ©es sĂ©parĂ©es par le voile de ma puissance et de ma souverainetĂ©, et sont comptĂ©es parmi les insouciants. Dis : Rien n’est visible en ma rĂ©vĂ©lation si ce n’est la rĂ©vĂ©lation de Dieu, et en ma puissance, sa puissance, si vous pouviez le savoir. Dis : Mes crĂ©atures sont comme les feuilles d’un arbre. Elles proviennent de l’arbre et dĂ©pendent de lui pour leur subsistance, pourtant elles demeurent inconscientes de leur racine et de leur origine. Nous Ă©tablissons ces comparaisons pour le bien de nos serviteurs perspicaces afin qu’ils puissent dĂ©passer un simple niveau d’existence comme celui du vĂ©gĂ©tal, et parvenir Ă  la vĂ©ritable maturitĂ© en cette Cause irrĂ©sistible et ferme. Dis : Mes crĂ©atures sont comme un poisson de l’ocĂ©an. Sa vie dĂ©pend de l’eau et pourtant, il reste inconscient de ce qui, par la grĂące d’un Seigneur omniscient et omnipotent, pourvoit Ă  son existence. Son inconscience est telle, que si on lui posait des questions concernant l’eau et ses propriĂ©tĂ©s, il s’avĂšrerait complĂštement ignorant. Ainsi, Ă©tablissons-nous des comparaisons et des similitudes, afin que le peuple se tourne vers celui qui est l’objet de l’adoration de l’ensemble de la crĂ©ation.

(1.77)
Ô peuple, craignez Dieu et croyez en celui dont la grĂące a enveloppĂ© toutes choses, dont la misĂ©ricorde a pĂ©nĂ©trĂ© le monde contingent et dont la Cause souveraine et puissante embrasse votre ĂȘtre Ă  la fois intĂ©rieur et extĂ©rieur, votre commencement et votre fin. Demeurez dans la crainte du Seigneur, et soyez de ceux qui agissent avec rectitude. Prenez garde d’ĂȘtre au nombre de ceux qui permettent aux versets de leur Seigneur de passer prĂšs d’eux sans ĂȘtre entendus ni reconnus ; ceux-lĂ , en vĂ©ritĂ©, figurent parmi les entĂȘtĂ©s.

(1.78)
Dis : VĂ©nĂ©reriez-vous celui qui n’entend ni ne voit, et qui est vĂ©ritablement le plus abject, le plus rebelle des serviteurs de Dieu ? Pour quelle raison avez-vous refusĂ© de suivre celui qui est venu vers vous de la Source de Commandement divin, apportant les bonnes nouvelles de Dieu, le Plus ExaltĂ©, le Plus Grand ? Ô peuple, ne soyez pas comme ceux qui se sont prĂ©sentĂ©s devant notre trĂŽne, et qui pourtant n’ont su ni percevoir ni comprendre. Ceux-lĂ  sont en effet un peuple mĂ©prisable. Nous leur avons rĂ©citĂ© des versets qui captiveraient les habitants de l’EmpyrĂ©e cĂ©leste et ceux du Royaume d’en haut, et pourtant, ils s’en sont Ă©loignĂ©s en se voilant la face et ont prĂ©fĂ©rĂ© Ă©couter la voix de celui qui n’est qu’un serviteur de Dieu et une simple crĂ©ation de sa VolontĂ©. Ainsi vous transmettons-nous ce qui vous guidera vers le sentier des favoris de Dieu.

(1.79)
Nombreux sont ceux qui entrĂšrent dans la demeure paradisiaque, le SiĂšge oĂč est Ă©tabli le trĂŽne de Dieu, se tinrent devant leur Seigneur, le Plus ExaltĂ©, le Plus Grand, uniquement dans le but de s’enquĂ©rir des quatre Portes ou de quelque Imam de la foi de l’Islam ! [nota : ce sont des exemples du type de questions posĂ©es au BĂĄb. D’aprĂšs les enseignements de l’Islam chi’ite, la direction de la communautĂ© musulmane appartenait de droit, aprĂšs le dĂ©cĂšs du ProphĂšte Muhammad, Ă  une lignĂ©e de douze successeurs, descendants de sa fille Fatimih, connu sous le nom de « ImĂĄms ». Cette lignĂ©e fut, en fait, interrompue par « l’occultation » du douziĂšme ImĂĄm. La communication avec celui-ci fut maintenue pendant un certain temps par une succession de quatre intermĂ©diaires connus sous le nom de « Portes »] Tel Ă©tait l’état de ces Ăąmes, si vous ĂȘtes de ceux qui comprennent. C’est exactement ce dont vous ĂȘtes aujourd’hui tĂ©moins : Ceux qui n’ont pas cru en Dieu et lui ont donnĂ© des associĂ©s, s’accrochent Ă  un seul de nos Noms, et sont exclus de la reconnaissance de celui qui est le CrĂ©ateur de tous les Noms. Nous attestons que ces hommes appartiennent vĂ©ritablement au peuple du Feu. Ils demandent au soleil d’expliquer les paroles de l’ombre, et au seul VĂ©ritable d’expliquer les paroles de ses crĂ©atures, si vous pouviez le percevoir ! Dis : Ô peuple, le soleil offre le rayonnement de sa propre lumiĂšre et de ce qui en apparaĂźt, tandis que tout le reste recherche l’éclairage de ses rayons. Craignez Dieu, et ne soyez pas du nombre des ignorants ! Parmi eux figurent ceux qui interrogĂšrent l’obscuritĂ© au sujet de la lumiĂšre. Dis : Ouvre les yeux, afin de pouvoir regarder l’éclat qui a visiblement enveloppĂ© la terre. C’est, en vĂ©ritĂ©, une lumiĂšre qui s’est levĂ©e et resplendit d’un rayonnement Ă©vident au-dessus de l’horizon de l’Aube de la connaissance divine. Demanderiez-vous aux Juifs si JĂ©sus Ă©tait le seul Vrai envoyĂ© de Dieu, ou aux idoles si Muhammad Ă©tait un ApĂŽtre de son Seigneur ? Interrogeriez-vous le peuple du Coran au sujet de celui qui Ă©tait le Souvenir de Dieu, le Plus ExaltĂ©, le Plus Grand ?

(1.80)
Dis : Ô peuple, devant les splendeurs de cette RĂ©vĂ©lation, dĂ©tachez-vous de ce que vous possĂ©dez, et adhĂ©rez Ă  ce que Dieu vous a prescrit d’observer. Tel est son commandement envers vous, et il est, en vĂ©ritĂ©, le mieux Ă  mĂȘme de commander. Par ma BeautĂ© ! dans ces paroles ce n’est pas de moi qu’il s’agit, mais de celui qui viendra aprĂšs moi. En tĂ©moigne Dieu, l’Omniscient. N’agissez pas avec lui comme vous avez agi avec moi. N’ergotez pas, lorsque les versets de Dieu vous sont envoyĂ©s de la cour de ma gĂ©nĂ©rositĂ©, en disant : « ils ne proviennent pas d’une nature innĂ©e et spontanĂ©e », car cette nature mĂȘme est crĂ©Ă©e par ma parole et gravite autour de moi, si vous ĂȘtes de ceux qui saisissent cette vĂ©ritĂ©. Inhalez l’arĂŽme des paroles de votre Seigneur, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux et la douce odeur du vĂȘtement des significations intĂ©rieures, qui se diffuse dans toute la crĂ©ation et rĂ©pand ses parfums sur toutes les choses crĂ©Ă©es. Heureux sont ceux qui le perçoivent et se hĂątent vers Dieu d’un coeur radieux.

(1.81)
Ô Temple vivant, en vĂ©ritĂ©, nous avons fait de toi un miroir pour le royaume des noms, afin que tu sois, parmi les hommes, un signe de ma souverainetĂ©, un hĂ©raut de ma prĂ©sence, un rassembleur devant ma beautĂ© et un guide en mon droit et clair sentier. Nous avons exaltĂ© ton Nom parmi nos serviteurs, par bontĂ© de notre prĂ©sence. Je suis, en vĂ©ritĂ©, le TrĂšs-GĂ©nĂ©reux, l’Ancien des jours. Nous t’avons, de plus, parĂ© du vĂȘtement de notre propre Moi, et t’avons transmis notre Parole, afin que tu ordonnes dans ce monde contingent ce que tu veux et accomplisses ce qu’il te plaĂźt. Nous t’avons destinĂ© tout le bien des cieux et de la terre, et dĂ©crĂ©tĂ© que personne ne pourra y prendre part, Ă  moins d’entrer sous ton ombre, ainsi que l’a voulu ton Seigneur, l’Omniscient, le TrĂšs-InformĂ©. Nous t’avons octroyĂ© le bĂąton de l’autoritĂ© et le pouvoir d’assigner en jugement, afin que tu puisses mettre Ă  l’épreuve la sagesse de chaque commandement. Nous avons fait jaillir de ton coeur les ocĂ©ans de l’explication et du sens intĂ©rieurs, en souvenir de ton Seigneur, le Dieu de misĂ©ricorde, afin que tu lui rendes grĂące et le loues, et que tu sois de ceux qui sont vĂ©ritablement reconnaissants. Nous t’avons distinguĂ© parmi toutes nos crĂ©atures, et t’avons dĂ©signĂ© comme la Manifestation de notre propre Moi pour tous ceux qui sont sur la terre et dans le ciel.

(1.82)
Avec notre permission, amĂšne Ă  l’existence des miroirs Ă©clatants et des lettres exaltĂ©es qui attesteront de ta souverainetĂ© et de ton empire, tĂ©moigneront de ta puissance et de ta gloire, et seront les manifestations de tes Noms parmi l’humanitĂ©. Nous avons fait encore en sorte que tu sois l’origine et le crĂ©ateur de tous les miroirs, de mĂȘme que, de toi, nous les avons engendrĂ©s auparavant. Et nous te ferons revenir Ă  notre propre Moi, comme nous t’avons rappelĂ© au commencement. Ton Seigneur, en vĂ©ritĂ©, est l’IndĂ©pendant, le Tout-Puissant, l’IrrĂ©sistible. Avertis ces miroirs, dĂšs qu’ils sont dĂ©signĂ©s, de peur qu’ils ne s’enflent d’orgueil devant leur CrĂ©ateur, leur Façonneur lorsqu’il apparaĂźt au milieu d’eux, ou qu’ils ne laissent les piĂšges du pouvoir les empĂȘcher de se courber devant Dieu, le Tout-Puissant, le TrĂšs-GĂ©nĂ©reux.

(1.83)
Dis : Ô assemblĂ©e de miroirs, vous n’ĂȘtes qu’une crĂ©ation de ma volontĂ© et vous ĂȘtes venus Ă  l’existence par vertu de mon commandement. Prenez garde de renier les versets de mon Seigneur, de faire partie des artisans d’iniquitĂ© et d’ĂȘtre comptĂ©s au nombre des Ă©garĂ©s. Prenez garde de vous accrocher Ă  ce que vous possĂ©dez, ou de vous enorgueillir de votre renommĂ©e et de votre prestige. Ce qui vous est nĂ©cessaire, c’est de vous dĂ©tacher entiĂšrement de tout ce qui est au ciel et sur terre. Ainsi en a-t-il Ă©tĂ© dĂ©crĂ©tĂ© par celui qui est le Tout-Puissant, l’Omnipotent.

(1.84)
Ô Temple de ma cause ! Dis : Si je souhaitais transformer, en un seul instant, toutes choses en miroirs de mes Noms, ce serait sans le moindre doute en mon pouvoir, et combien plus en celui de mon Seigneur, celui qui m’a appelĂ© Ă  l’existence par son commandement absolu et inscrutable. Et si je choisissais de rĂ©volutionner en un clin d’oeil la crĂ©ation entiĂšre cela me serait assurĂ©ment possible, et combien le serait-il plus pour ce souverain Dessein enchĂąssĂ© dans la volontĂ© de Dieu, mon Seigneur et le Seigneur de tous les mondes.

(1.85)
Dis : Ô vous les manifestations de mes Noms, si vous offriez tout ce que vous possĂ©dez, vos vies mĂȘmes, dans le sentier de Dieu, et l’invoquiez aussi souvent qu’il y a de grains de sable, de gouttes de pluie et de vagues de la mer, et vous opposiez cependant Ă  la Manifestation de sa cause au moment de son apparition, vos oeuvres ne seraient en aucune façon mentionnĂ©es devant Dieu. Si vous nĂ©gligiez toutes les oeuvres justes et choisissiez cependant de croire en lui en ces jours, Dieu peut-ĂȘtre remettra vos pĂ©chĂ©s. Il est, en vĂ©ritĂ©, le TrĂšs-Glorieux, le TrĂšs-GĂ©nĂ©reux. Ainsi le Seigneur vous informe de son dessein, afin que vous ne vous enorgueillissiez pas devant celui par qui est confirmĂ© tout ce qui a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© de toute Ă©ternitĂ©. Heureux celui qui s’approche de cette trĂšs sublime Vision et malheur Ă  ceux qui s’en dĂ©tournent !

(1.86)
Combien nombreux sont ceux qui dĂ©pensent toute leur richesse dans le sentier de Dieu, et que nous trouvons, Ă  l’heure de sa rĂ©vĂ©lation parmi les rebelles et les impudents ! Combien sont ceux qui jeĂ»nent le jour, uniquement pour protester contre celui par ordre de qui a d’abord Ă©tĂ© Ă©tablie l’ordonnance du jeĂ»ne ! Ces hommes sont, en vĂ©ritĂ©, au nombre des ignorants. Et combien sont ceux qui mangent du pain le plus grossier, n’ont pour siĂšge que l’herbe des champs et endurent toutes sortes de difficultĂ©s, simplement pour entretenir leur supĂ©rioritĂ© aux yeux des hommes ! Ainsi rĂ©vĂ©lons-nous leurs actes, afin que cela serve d’avertissement aux autres. Ceux-lĂ  se soumettent Ă  toutes sortes de privations sous le regard des autres, dans l’espoir de perpĂ©tuer leurs noms, tandis qu’en rĂ©alitĂ©, il ne restera aucun souvenir d’eux, sauf dans les anathĂšmes et les imprĂ©cations des habitants de la terre et du ciel.

(1.87)
Dis : Cela vous serait-il le moins du monde profitable si, comme vous vous plaisez Ă  l’imaginer, vos noms devaient perdurer ? Non, par le Seigneur de tous les mondes ! Est-ce que l’idole ‘Uzza [nota : « ‘Uzza » est l’une des trois divinitĂ©s de l’Arabie, dont le culte fut aboli par le ProphĂšte Muhammad] en a Ă©tĂ© rendue plus grande, parce que son nom a vĂ©cu parmi les adorateurs des noms ? Non, par celui qui est le Soi de Dieu, le TrĂšs-Glorieux, l’IrrĂ©sistible ! Si vos noms devaient s’effacer de tout esprit mortel, mais que Dieu soit satisfait de vous, vous seriez comptĂ©s au nombre des trĂ©sors de son nom, le plus CachĂ©. Ainsi avons-nous envoyĂ© nos versets afin qu’ils vous attirent vers la Source de toutes lumiĂšres, et vous familiarise avec le dessein de votre Seigneur, l’Omniscient, le TrĂšs-Sage. Abstenez-vous donc de tout ce qui est interdit dans le Livre, et mangez des choses licites que Dieu a donnĂ©es pour votre subsistance. Ne vous privez pas de ses dons apprĂ©ciables, car il est, en vĂ©ritĂ©, le TrĂšs-GĂ©nĂ©reux, le Seigneur de grĂące abondante. Ne vous soumettez pas Ă  des Ă©preuves excessives, mais suivez le chemin Ă©vident que nous avons tracĂ© pour vous grĂące Ă  nos versets lumineux et nos preuves explicites, et ne soyez pas au nombre des nĂ©gligents.

(1.88)
Ô assemblĂ©e de thĂ©ologiens, il ne vous sied pas de vous vanter de vous abstenir de boire du vin, et de vous interdire d’autres transgressions similaires, qui vous sont prohibĂ©es dans le Livre, car si vous commettiez de tels actes, la dignitĂ© de votre rang serait entachĂ©e aux yeux du peuple, vos affaires connaĂźtraient des difficultĂ©s et votre nom serait disgraciĂ© et dĂ©shonorĂ©. Non, votre gloire vĂ©ritable et pĂ©renne rĂ©side en la soumission Ă  la Parole de celui qui est la VĂ©ritĂ© Ă©ternelle et en votre dĂ©tachement Ă  la fois intĂ©rieur et extĂ©rieur de tout autre chose que Dieu, l’Absolu, le Tout-Puissant. Grande est la bĂ©atitude de ce thĂ©ologien qui n’a pas permis au savoir de tirer un voile entre lui et celui qui est l’objet de toute connaissance, et qui, lorsque l’Absolu est apparu, s’est tournĂ© vers lui avec un visage rayonnant. Il est, en vĂ©ritĂ©, au nombre des Ă©rudits. Les habitants du paradis recherchent la bĂ©nĂ©diction de son souffle, et sa lampe illumine tous ceux qui sont au ciel et sur la terre. Il est, en vĂ©ritĂ©, comptĂ© parmi les hĂ©ritiers des ProphĂštes. Celui qui pose son regard sur lui a, en vĂ©ritĂ©, contemplĂ© le VĂ©ritable, et celui qui s’est tournĂ© vers lui, en vĂ©ritĂ©, s’est tournĂ© vers Dieu, le Tout-Puissant, le TrĂšs-Sage.

(1.89)
Ô vous qui ĂȘtes les aurores de la connaissance, prenez garde de ne pas tolĂ©rer qu’on vous change, car si vous changez, la plupart des hommes changeront de mĂȘme. Ce serait, en vĂ©ritĂ©, une injustice envers vous-mĂȘmes et les autres. De ceci atteste tout homme de discernement et d’intuition. Vous ĂȘtes semblables Ă  une source. Si elle est changĂ©e, les ruisseaux qui en dĂ©coulent le seront aussi. Craignez Dieu, et soyez du nombre des pieux. De la mĂȘme façon, si le coeur de l’homme est corrompu, ses membres le seront aussi. Et si les racines d’un arbre sont corrompues, ses branches et ses boutures, ses feuilles et ses fruits le seront Ă©galement. Ainsi avons-nous Ă©tabli des similitudes pour votre instruction, afin que vos possessions ne vous empĂȘchent d’atteindre ce qui vous est destinĂ© par celui qui est le TrĂšs-Glorieux, le TrĂšs GĂ©nĂ©reux.

(1.90)
Il est, en effet, en notre pouvoir de prendre une poignĂ©e de poussiĂšre et de la parer du vĂȘtement de nos Noms. Ce ne serait, cependant, qu’un signe de notre faveur et non une indication d’un quelconque mĂ©rite qu’elle aurait possĂ©dĂ© de maniĂšre inhĂ©rente. Ainsi que le rĂ©vĂšle celui qui est le souverain RĂ©vĂ©lateur, l’Omniscient. ConsidĂšre la Pierre noire [nota : un petit rocher situĂ© en bas de l’angle Est de la Kaaba] dont Dieu a fait un point autour duquel tous les hommes gravitent en adoration. Cette bontĂ© lui a-t-elle Ă©tĂ© confĂ©rĂ©e en vertu de son excellence naturelle ? Non, par mon propre Moi ! Ou bien cette distinction trouve-t-elle son origine dans sa valeur intrinsĂšque ? Non, par ma propre existence, dont l’essence a Ă©chappĂ© Ă  toute la crĂ©ation !

(1.91)
Encore une fois, regarde la MosquĂ©e d’AqsĂĄ et les autres lieux dont nous avons fait, dans chaque pays et chaque rĂ©gion, des sanctuaires. L’honneur et la distinction dont ils jouissent ne sont dus, en aucune maniĂšre, Ă  leur propre mĂ©rite, mais trouvent leur origine dans leur relation avec nos Manifestations, que nous avons choisies pour ĂȘtre les sources de notre RĂ©vĂ©lation parmi l’humanitĂ©, si vous ĂȘtes de ceux qui comprennent. En ceci rĂ©side une sagesse inscrutable pour tous sauf Dieu. Demandez, afin qu’il puisse gracieusement vous expliquer son dessein. Son savoir, en vĂ©ritĂ©, embrasse toutes choses. Ô peuple, dĂ©tachez-vous du monde et de ses vanitĂ©s, et ne prĂȘtez pas attention Ă  l’appel de ceux qui n’ont pas cru en Dieu et lui ont donnĂ© des associĂ©s. Levez-vous au-dessus de l’horizon de la parole pour chanter et louer votre Seigneur, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux. Voici ce que Dieu vous a destinĂ©. Bonheur Ă  ceux qui le perçoivent.

(1.92)
Dis : ĂŽ peuple, nous vous avons ordonnĂ© dans nos Tablettes de vous efforcer, au moment de la rĂ©vĂ©lation promise, de sanctifier votre Ăąme de tous noms, et de la purifier de tout ce qui a Ă©tĂ© crĂ©Ă© dans le ciel ou sur la terre, afin qu’y apparaissent les splendeurs du Soleil de vĂ©ritĂ© resplendissant au-dessus de l’horizon de la volontĂ© de votre Seigneur, le Tout-Puissant, le TrĂšs-Grand. Nous vous avons, de plus, ordonnĂ© d’épurer votre coeur de toute trace de l’amour ou de la haine des peuples du monde, de peur qu’ils ne vous dĂ©tournent d’une direction ou vous dirige vers une autre. C’est en vĂ©ritĂ©, l’un des conseils des plus importants que je vous donne dans le Livre explicite, car quiconque s’attache Ă  l’un ou Ă  l’autre, ne pourra parvenir Ă  une comprĂ©hension correcte de notre Cause. De ceci atteste chaque Ăąme juste et clairvoyante.

(1.93)
Cependant, vous avez rompu l’Alliance de Dieu, oubliĂ© son Pacte, et enfin, vous vous ĂȘtes dĂ©tournĂ©s de celui dont la venue a consolĂ© les yeux de chaque vĂ©ritable croyant en l’UnitĂ© divine. Levez les voiles et les coiffes qui obscurcissent votre vision, et considĂ©rez les tĂ©moignages des ProphĂštes et des Messagers, afin de pouvoir reconnaĂźtre la cause de Dieu en ces jours oĂč le Promis est venu, investi d’une souverainetĂ© puissante. Craignez Dieu, et ne vous privez pas de celui qui est la source de ses signes. Cela, en vĂ©ritĂ©, ne profitera qu’à vous-mĂȘmes. Car votre Seigneur, en vĂ©ritĂ©, peut se permettre de se passer de toutes les crĂ©atures. Depuis toujours, il Ă©tait seul ; il n’y avait personne d’autre que lui. C’est en son nom que l’étendard de l’UnitĂ© divine a Ă©tĂ© hissĂ© sur le SinaĂŻ des mondes visibles et invisibles, proclamant qu’il n’est pas d’autre Dieu que moi, l’InĂ©galable, le Glorieux, l’Incomparable.

(1.94)
Regarde, cependant, comment ceux qui ne sont qu’une crĂ©ation de sa volontĂ© et de son commandement, se dĂ©tournent de lui et se donnent un seigneur et un autre maĂźtre que Dieu. En vĂ©ritĂ© ils sont au nombre des entĂȘtĂ©s. La mention du TrĂšs-MisĂ©ricordieux a de tout temps Ă©tĂ© sur leurs lĂšvres et pourtant, lorsque celui-ci leur fut manifestĂ© par le pouvoir de la vĂ©ritĂ©, ils se sont dressĂ©s contre lui. Vile, en effet, sera la condition de ceux qui ont brisĂ© l’Alliance de leur Seigneur lorsque le Luminaire du monde resplendit au-dessus de l’horizon de la volontĂ© de Dieu, le TrĂšs Saint, l’Omniscient, le TrĂšs-Sage. Contre Dieu, ils dĂ©gainĂšrent les Ă©pĂ©es de l’inimitiĂ© et de la haine, et pourtant, ils ne le perçoivent pas. Ils demeurent morts et enterrĂ©s dans la tombe de leurs dĂ©sirs Ă©goĂŻstes, bien que les brises de Dieu aient soufflĂ© sur toutes les rĂ©gions. Ils sont, en vĂ©ritĂ©, enveloppĂ©s dans un voile Ă©pais et honteux. Et aussi souvent que les versets de Dieu leur sont rĂ©pĂ©tĂ©s, ils persistent dans un dĂ©dain orgueilleux. C’est comme s’ils Ă©taient dĂ©nuĂ©s de toute comprĂ©hension, ou n’avaient jamais entendu la mĂ©lodie de Dieu, le TrĂšs ExaltĂ©, l’Omniscient.

(1.95)
Dis : HĂ©las pour vous ! Comment pouvez-vous vous affirmer croyants, quand vous reniez les versets de Dieu, le Tout-Puissant, l’Omniscient ? Dis : ĂŽ peuple, tournez votre visage vers votre Seigneur, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux. Craignez d’ĂȘtre voilĂ© par ce qui fut, par ailleurs, rĂ©vĂ©lĂ© dans le BayĂĄn. Celui-ci, en vĂ©ritĂ©, n’a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© que pour faire mention de moi, le Tout-Puissant, le TrĂšs Haut, et n’avait d’autre objet que ma BeautĂ©. Le monde entier est rempli de mon tĂ©moignage, si vous ĂȘtes de ceux qui jugent avec Ă©quitĂ©.

(1.96)
Si le Point Premier avait Ă©tĂ© quelqu’un d’autre que moi, comme vous le proclamez, et s’il Ă©tait parvenu en ma prĂ©sence, jamais il ne se serait permis d’ĂȘtre sĂ©parĂ© de moi ; nous aurions plutĂŽt Ă©prouvĂ© ensemble un plaisir mutuel en mes Jours. En vĂ©ritĂ©, il a pleurĂ© avec douleur dans son Ă©loignement de moi. Il m’a prĂ©cĂ©dĂ© afin de pouvoir appeler le peuple Ă  mon Royaume, comme Ă©tabli dans les Tablettes, si vous pouviez le percevoir ! Oh, si l’on pouvait trouver des hommes capables d’entendre la voix de ses lamentations s’apitoyer dans le BayĂĄn sur ce qui m’est advenu aux mains de ces Ăąmes inconscientes, gĂ©mir sur sa sĂ©paration d’avec moi et dire son dĂ©sir d’ĂȘtre uni avec moi, le Puissant, l’Incomparable. En vĂ©ritĂ©, il regarde en ce moment son Bien-AimĂ© parmi ceux qui furent crĂ©Ă©s pour arriver Ă  son Jour et pour se prosterner devant lui, et qui pourtant, dans leur tyrannie lui infligĂšrent une humiliation telle, que la plume confesse son incapacitĂ© Ă  la dĂ©crire.

(1.97)
Dis : Ô peuple, en vĂ©ritĂ©, nous vous avons appelĂ©s, dans notre prĂ©cĂ©dente RĂ©vĂ©lation, Ă  cette ScĂšne de gloire transcendante, ce SiĂšge de saintetĂ© immaculĂ©e, et nous vous avons annoncĂ© l’avĂšnement des Jours de Dieu. Pourtant, lorsque ce trĂšs grand voile s’est dĂ©chirĂ©, et que la BeautĂ© ancienne vint Ă  vous dans les nuĂ©es du dĂ©cret de Dieu, vous avez reniĂ© celui en qui vous aviez cru auparavant. Le malheur soit sur vous, ĂŽ compagnie d’infidĂšles ! Craignez Dieu, et n’invalidez pas la vĂ©ritĂ© Ă  cause de ce que vous possĂ©dez. Lorsque le luminaire des divins versets se lĂšve sur vous Ă  l’horizon de la plume du Roi de tous les noms et attributs, prosternez-vous devant Dieu, le Seigneur de tous les mondes. Car s’incliner en adoration au seuil de sa porte est meilleur pour vous que le culte de deux mondes, et vous soumettre Ă  sa rĂ©vĂ©lation vous est plus profitable que tout ce qui a Ă©tĂ© crĂ©Ă© dans les cieux et sur la terre.

(1.98)
Dis : Ô peuple, je ne vous exhorte que pour l’amour de Dieu, et n’attends de vous aucune rĂ©compense. Car la compagnie de Dieu sera ma rĂ©compense, lui qui m’a amenĂ© Ă  l’existence, m’a Ă©levĂ© par le pouvoir de la vĂ©ritĂ© et a fait de moi la Source de son souvenir parmi ses crĂ©atures. HĂątez-vous de contempler cette Image divine et glorieuse, le lieu oĂč Dieu a Ă©tabli son siĂšge. Ne suivez pas ce que le Malin vous murmure dans le coeur, car en vĂ©ritĂ©, il vous incite Ă  courir aprĂšs vos appĂ©tits et vos dĂ©sirs avides, et il vous empĂȘche d’emprunter le Sentier droit qu’a ouvert cette Cause universelle irrĂ©sistible.

(1.99)
Dis : Le Malin est apparu d’une maniĂšre que l’oeil de la crĂ©ation n’a jamais vue. Celui qui est la BeautĂ© du TrĂšs-MisĂ©ricordieux a de mĂȘme Ă©tĂ© manifestĂ©, parĂ© d’une façon jamais attestĂ©e par le passĂ©. L’appel du TrĂšs-MisĂ©ricordieux a Ă©tĂ© lancĂ© et ensuite l’appel de Satan. Bonheur Ă  ceux qui Ă©coutent la Voix de Dieu, et tournent leur visage vers son trĂŽne pour contempler une image Ă©minemment sainte et bĂ©nie. Car quiconque chĂ©rit en son coeur l’amour de tout autre que moi, ne serait-ce que dans la mesure d’un grain de moutarde, sera incapable d’entrer dans mon Royaume. De ceci porte tĂ©moignage ce qui orne le prĂ©ambule du Livre de l’existence, si vous pouviez le percevoir. Dis : Voici le Jour oĂč la trĂšs grande faveur de Dieu a Ă©tĂ© rendue manifeste. La voix de tous au plus haut des cieux et ici-bas sur la terre proclame mon Nom et chante mes louanges, si vous pouviez les entendre !

(1.100)
Ô Temple de la rĂ©vĂ©lation divine, sonne la trompette en mon Nom ! Ô Temple des divins mystĂšres, lance le clair appel de ton Seigneur, l’InconditionnĂ©, l’IndĂ©pendant ! Ô Vierge du Paradis, avance d’un pas hors des chambres du paradis et annonce au peuple du monde : Par la rectitude de Dieu, il est dĂ©sormais venu celui qui est le Bien-AimĂ© des mondes, lui qui a toujours Ă©tĂ© le DĂ©sir de chaque coeur perspicace, l’Objet de l’adoration de tous ceux qui sont au ciel et sur la terre et le Phare des gĂ©nĂ©rations anciennes et des nouvelles

(1.101)
Prenez garde, de peur d’hĂ©siter Ă  reconnaĂźtre cette resplendissante BeautĂ© une fois qu’elle est apparue dans la plĂ©nitude de sa puissance et majestĂ© souveraines. En vĂ©ritĂ©, il est le VĂ©ritable ; tout autre que lui n’est rien mĂȘme face Ă  l’un de ses serviteurs et semble dĂ©risoire face Ă  la rĂ©vĂ©lation de ses splendeurs. HĂątez-vous, alors, de parvenir aux eaux vivifiantes de sa grĂące, et ne soyez pas au nombre des nĂ©gligents. Quant Ă  celui qui hĂ©site, mĂȘme pour moins qu’un instant, Dieu, en vĂ©ritĂ©, rĂ©duira ses oeuvres Ă  nĂ©ant et le renverra vers le siĂšge de colĂšre. MisĂ©rable est, en effet, le sĂ©jour de ceux qui s’attardent !


B) Tablette au pape Pie IX

(1.102)
Ô Pape, dĂ©chire les voiles : le Seigneur des Seigneurs est venu Ă  l’ombre des nuĂ©es, et Dieu, le Tout-Puissant, l’IndĂ©pendant, a tenu sa promesse. Disperse les brumes par le pouvoir de ton Seigneur et Ă©lĂšve-toi jusqu’au royaume de ses noms et de ses attributs. Ainsi te commande la Plume du TrĂšs-Haut sur l’ordre de ton Seigneur, le Tout-Puissant, l’IrrĂ©sistible. Oui, il est venu du ciel comme il en vint la premiĂšre fois. Garde-toi d’argumenter avec lui comme le firent les pharisiens, sans aucun signe ni preuve Ă©vidente. À sa droite coulent les eaux vives de sa grĂące, et Ă  sa gauche le vin choisi de la justice, tandis que devant lui, porteurs des banniĂšres de ses signes, marchent les anges du Paradis. Prends garde qu’un nom ne te cache Dieu, le crĂ©ateur de la terre et du ciel. Oublie le monde pour te tourner vers ton Seigneur, par qui la terre tout entiĂšre fut illuminĂ©e.

(1.103)
De notre nom, le TrĂšs-Glorieux, nous avons dĂ©corĂ© le Royaume. Ainsi en a dĂ©crĂ©tĂ© Dieu, qui façonne tout. Prends garde que tes vaines imaginations ne te retiennent, maintenant que le Soleil de certitude s’est levĂ© Ă  l’horizon de la parole de ton Seigneur, le Puissant, le Bienveillant. Peux-tu vivre dans des palais, alors que celui qui est le Roi de la rĂ©vĂ©lation habite la plus dĂ©labrĂ©e des demeures? Laisse ces imaginations Ă  ceux qui les dĂ©sirent, et avec joie et ravissement, tourne ton visage vers le Royaume.

(1.104)
Dis : Ô peuples de la terre, dĂ©truisez les demeures de nĂ©gligence par les mains du pouvoir et de l’assurance puis, au creux de votre coeur, construisez les palais du vrai savoir afin que le TrĂšs-MisĂ©ricordieux les inonde de la radiance de sa lumiĂšre. Cela vaut mieux pour vous que tout ce qui est sous le soleil comme en tĂ©moigne celui qui tient en sa main l’ultime dĂ©cret. Lors de l’avĂšnement du DĂ©sirĂ© dans toute sa gloire, la brise de Dieu a soufflĂ© sur le monde et chaque pierre, chaque motte de terre s’est exclamĂ©e : «Voici le Promis ! le royaume est Ă  Dieu, le Puissant, le GĂ©nĂ©reux, l’Indulgent.»

(1.105)
Prends soin que la sagesse humaine ne t’éloigne de celui qui est l’objet suprĂȘme de toute connaissance ou que le monde ne te dĂ©tourne de celui qui l’a crĂ©Ă© et l’a mis en mouvement. LĂšve-toi au milieu des peuples du monde, au nom de ton Seigneur, le Dieu de misĂ©ricorde, et prends avec confiance la coupe de vie. Bois-en d’abord puis offres-en Ă  ceux qui, parmi toutes les croyances, se tournent vers elle. Ainsi la lune de la parole se lĂšve Ă  l’horizon de la sagesse et de la comprĂ©hension.

(1.106)
DĂ©chire le voile de la connaissance humaine de crainte qu’il ne te retienne loin de celui qui est mon nom, l’Absolu. Souviens-toi de celui qui Ă©tait l’Esprit. Lorsqu’il vint, les plus Ă©rudits le condamnĂšrent en son propre pays alors qu’un simple pĂȘcheur crut en lui. Prenez exemple, hommes au coeur Ă©clairĂ©. Tu es, en vĂ©ritĂ©, un des soleils du firmament de ses noms. Redoute que le voile des tĂ©nĂšbres ne s’étende sur toi et ne te prive de sa lumiĂšre. MĂ©dite sur ce qui fut rĂ©vĂ©lĂ© dans le Livre par ton Seigneur, le Puissant, le TrĂšs-GĂ©nĂ©reux.

(1.107)
Dis : immobilisez vos plumes, ĂŽ assemblĂ©e de prĂȘtres, car voici que le crissement de la Plume de gloire s’élĂšve entre le ciel et la terre. Rejetez tout ce que vous possĂ©dez et saisissez fermement ce que nous vous avons rĂ©vĂ©lĂ© avec puissance et autoritĂ©. L’Heure occultĂ©e dans la connaissance de Dieu a sonnĂ© et tous les atomes de la terre proclament : « L’Ancien des jours est venu dans sa grande gloire ! D’un coeur humble et contrit, hĂątez-vous vers lui, ĂŽ peuples de la terre.» Dis : En vĂ©ritĂ©, nous nous sommes offerts en rançon pour vos vies. HĂ©las, lorsque nous revĂźnmes, nous vous vĂźmes fuyant loin de nous et les yeux de ma tendre gĂ©nĂ©rositĂ© pleurĂšrent amĂšrement sur mon peuple. Craignez Dieu, ĂŽ vous qui savez voir.

(1.108)
ConsidĂšre ceux qui s’opposĂšrent au Fils quand il vint vers eux avec son souverain pouvoir. Combien de pharisiens attendaient sa venue et se lamentaient d’ĂȘtre sĂ©parĂ©s de lui ! Et pourtant lorsque leur parvint le parfum de sa prĂ©sence et que sa beautĂ© se dĂ©voila, ils se dĂ©tournĂšrent et entrĂšrent en contestation avec lui. Ainsi te rappelons-nous ce qui est Ă©crit dans les Livres et les Écritures. Personne ne se tourna vers lui, sauf quelques-uns, dĂ©nuĂ©s de tout pouvoir. Et cependant, aujourd’hui, tout homme dotĂ© de puissance et d’autoritĂ© s’enorgueillit de son Nom ! De mĂȘme, considĂšre combien sont nombreux aujourd’hui ces moines qui se cloĂźtrent dans leurs Ă©glises en se revendiquant de mon Nom ; ils ne nous reconnurent pas lorsqu’arriva le temps prĂ©vu pour dĂ©voiler notre beautĂ© alors qu’ils nous invoquaient soir et matin. Nous les voyons accrochĂ©s Ă  mon Nom mais se dĂ©tournant de moi. Quelle chose vraiment Ă©trange !

(1.109)
Dis : Ne laissez pas vos dĂ©votions vous retenir loin de celui qui est l’objet de toute dĂ©votion, ni votre adoration vous Ă©loigner de celui qui est l’objet de toute adoration. LacĂ©rez les voiles de vos folles imaginations ! Voici votre Seigneur, le Puissant, l’Omniscient, qui vient revivifier le monde et unir tous ceux qui vivent sur terre. Tournez-vous vers la source de la rĂ©vĂ©lation, ĂŽ peuple, et ne tardez pas, fut-ce d’un battement de paupiĂšre. Lisez-vous l’Évangile tout en refusant de reconnaĂźtre de Seigneur trĂšs glorieux ? Ceci ne vous convient pas, ĂŽ assemblĂ©e d’érudits !

(1.110)
Dis : Si vous reniez cette rĂ©vĂ©lation, sur quelle preuve croyez-vous en Dieu ? Produisez-la. Ainsi l’appel pressant de votre Seigneur est rĂ©vĂ©lĂ© par la Plume du TrĂšs-Haut, sur l’ordre de ton Seigneur, le TrĂšs-Glorieux, dans cette Ă©pĂźtre Ă  l’horizon de laquelle brille la splendeur de sa lumiĂšre. Nombreux sont nos serviteurs dont les actes, voiles entre eux et leur ĂȘtre propre, les ont retenus loin de Dieu, celui qui fait souffler les vents.

(1.111)
Ô assemblĂ©e de moines ! la crĂ©ation embaume la fragrance du TrĂšs-MisĂ©ricordieux. BĂ©ni celui qui oublie ses dĂ©sirs et se cramponne Ă  cet avis. Il est de ceux qui atteignent la prĂ©sence de Dieu en ce jour oĂč les habitants de la terre sont traumatisĂ©s et oĂč tous sont dĂ©sespĂ©rĂ©s Ă  l’exception de ceux que Dieu protĂšge, lui qui fait ployer le cou des hommes.

(1.112)
Alors qu’aux mains des ĂȘtres de nĂ©gation, le manteau de Dieu est tachĂ© du sang de la haine, vous ornez vos corps ! Sortez de vos habitations et appelez le peuple Ă  pĂ©nĂ©trer dans le Royaume de Dieu, le Seigneur du jour du jugement. La parole cachĂ©e par le Fils est rendue manifeste. Elle est rĂ©vĂ©lĂ©e en ce jour sous la forme du temple humain. BĂ©ni soit le Seigneur qui est le PĂšre ! Il vient vers les nations dans sa grande majestĂ©. Tournez-vous vers lui, ĂŽ assemblĂ©e de justes !

(1.113)
Ô disciples de toutes les religions ! nous vous voyons errer, perdus dans la solitude de l’erreur. Vous ĂȘtes les poissons de cet ocĂ©an ; pourquoi vous Ă©loigner de ce qui vous fait vivre ? Voyez : il s’enfle devant vous. Depuis toutes les collines, hĂątez-vous vers lui. Voici le jour oĂč le Rocher crie, s’exclame et cĂ©lĂšbre la louange de son Seigneur, le TrĂšs-Haut, le Possesseur de toutes choses ; il dit : « Voyez ! le PĂšre est venu et ce qui vous fut promis dans le royaume est accompli ! » Cette parole, prĂ©servĂ©e derriĂšre le voile de grandeur, rĂ©pand, avec Ă©vidence, sa lumiĂšre Ă  l’horizon de la volontĂ© divine, lorsque la Promesse s’accomplit.

(1.114)
Mon corps supporte l’emprisonnement afin que vos Ăąmes soient libĂ©rĂ©es de leurs chaĂźnes et nous consentons Ă  ĂȘtre abaissĂ©s afin que vous soyez exaltĂ©s. Écoutez le Seigneur de gloire et de puissance plutĂŽt que n’importe quel oppresseur impie. Mon corps dĂ©sire ardemment la croix et ma tĂȘte espĂšre le coup de lance dans le sentier du TrĂšs-MisĂ©ricordieux, pour que le monde soit purifiĂ© de ses transgressions. Ainsi le soleil de l’autoritĂ© divine brille Ă  l’horizon de la rĂ©vĂ©lation de celui qui est le possesseur de tous les noms et attributs.

(1.115)
Le peuple du Coran s’est rebellĂ© contre nous et nous inflige de tels tourments que l’Esprit saint se lamente, que l’orage tonne et que les nuages pleurent sur nous. L’un de ces impies s’imagine que les calamitĂ©s peuvent dĂ©tourner BahĂĄ d’accomplir le dessein de Dieu, le CrĂ©ateur de tout. Dis : Par celui qui fait pleuvoir la pluie, rien, absolument rien, ne peut l’empĂȘcher de se souvenir de son Seigneur.

(1.116)
Par la droiture de Dieu ! qu’ils le jettent dans une fournaise allumĂ©e sur la terre et sa tĂȘte Ă©mergera au coeur de l’ocĂ©an pour proclamer : « Il est le Seigneur de tous ceux qui sont au ciel et sur la terre ! » Qu’ils le prĂ©cipitent au fond d’un puits tĂ©nĂ©breux et ils le trouveront siĂ©geant sur les plus hauts sommets, proclamant d’une voix forte Ă  toute l’humanitĂ© : « Voici le DĂ©sir du monde, venu dans sa majestĂ©, sa souverainetĂ© et son empire transcendant ! » Qu’ils l’enterrent au trĂ©fonds de la terre et son Esprit, s’élevant au sommet du ciel, lancera cet appel : « Voyez la venue de la Gloire. Contemplez le Royaume de Dieu, le TrĂšs-Saint, le TrĂšs-Puissant ! » Et qu’ils rĂ©pandent son sang, chaque goutte s’époumonera en invoquant Dieu en ce Nom par lequel les fragrances de son vĂȘtement se diffusent dans toutes les directions.

(1.117)
MenacĂ© par l’épĂ©e de nos ennemis, nous appelons nĂ©anmoins toute l’humanitĂ© Ă  Dieu, qui crĂ©a la terre et le ciel ; l’aide que nous lui offrons ne peut ĂȘtre perturbĂ©e ni par les armĂ©es de la tyrannie ni par le pouvoir des iniques. Dis : Ô peuples de la terre, dĂ©truisez les idoles de vos vaines imaginations au nom de votre Seigneur, le TrĂšs-Glorieux, l’Omniscient, et tournez-vous vers lui, en ce jour que Dieu a fait le Roi des jours.

(1.118)
Ô souverain Pontife ! tends l’oreille vers ce que te conseille celui qui ranime les os tombĂ©s en poussiĂšre, par la voix de celui qui est son plus grand Nom. Vends les somptueux vĂȘtements que tu possĂšdes et dĂ©penses-en le prix dans le chemin de Dieu, celui qui assure le retour des jours et des nuits. Abandonne ton royaume aux rois et, dĂ©tachĂ© du monde, le visage fixĂ© sur le Royaume, sors de ta demeure pour chanter entre le ciel et la terre les louanges de ton Seigneur. Ainsi te l’ordonne, de la part de ton Seigneur, le Tout-Puissant, l’Omniscient, celui qui est le possesseur des Noms. Exhorte les rois en ces termes : « Conduisez-vous de maniĂšre Ă©quitable avec les hommes. Veillez Ă  ne pas transgresser les limites fixĂ©es dans le Livre ». VoilĂ  ce qui te convient. Garde-toi de t’approprier les choses de ce monde et ses richesses. Laisse-les Ă  ceux qui les dĂ©sirent et attache-toi Ă  ce que te prescrit celui qui est le Seigneur de la crĂ©ation. Quelqu’un t’offrirait-il tous les trĂ©sors de la terre, refuse d’y jeter mĂȘme un simple coup d’oeil. Agis comme ton Seigneur a agi. Ainsi la langue de RĂ©vĂ©lation te transmet-elle les paroles dont Dieu fait l’ornement du Livre de la crĂ©ation

(1.119)
Regarde une perle dont la nature est de briller. Un voile de soie suffit Ă  cacher son lustre et sa beautĂ©. De mĂȘme, la distinction de l’homme rĂ©side en l’excellence de sa conduite, dans l’acquisition de ce qui convient Ă  son Ă©tat et non dans la poursuite de jeux enfantins. Sache que l’ornement qui te convient est l’amour de Dieu et le dĂ©tachement de tout sauf de lui, et non le luxe que tu possĂšdes. Abandonne celui-ci Ă  ceux qui le recherchent et tourne-toi vers Dieu, qui fait couler les fleuves.

(1.120)
Tout ce qui est sorti de la bouche du Fils fut rĂ©vĂ©lĂ© en paraboles, alors que celui qui proclame en ce jour la VĂ©ritĂ© ne s’en sert pas. Attention de ne pas t’accrocher Ă  la corde des vaines imaginations et que cela t’écarte de ce qui est ordonnĂ© dans le Royaume de Dieu, le Puissant, le Bienfaisant. Si tu es grisĂ© par le vin de mes versets, et dĂ©cides de te prĂ©senter devant le trĂŽne de ton Seigneur, le crĂ©ateur du ciel et de la terre, revĂȘts-toi de mon amour, protĂšge-toi avec mon souvenir et nourris-toi de la confiance en Dieu, qui dispense tout pouvoir.

(1.121)
Ô disciples du Fils ! nous vous avons de nouveau envoyĂ© Jean qui, en vĂ©ritĂ©, a criĂ© dans le dĂ©sert du BayĂĄn : Ô peuples du monde, lavez vos yeux ! Voici qu’arrive le jour oĂč vous pourrez contempler le Promis et vous en approcher. Ô disciples de l’Évangile, prĂ©parez la voie ! Le jour de l’avĂšnement du Seigneur glorieux est proche. PrĂ©parez-vous Ă  entrer dans le royaume. Ainsi l’ordonne Dieu qui fait se lever l’aurore.

(1.122)
Tendez l’oreille aux roucoulements de la colombe d’ÉternitĂ© perchĂ©e sur les branches de l’Arbre divin : « Ô disciples du Fils, nous vous avons envoyĂ© Jean pour vous baptiser avec de l’eau afin que vos corps soient purifiĂ©s dans l’attente de l’apparition du Messie. Celui-ci, Ă  son tour, vous purifia du feu de l’amour et de l’eau de l’esprit dans l’attente de ces jours prĂ©vus par le TrĂšs-MisĂ©ricordieux pour vous purifier avec l’eau de la vie, des mains de sa gĂ©nĂ©reuse bontĂ©. Voici l’Incomparable annoncĂ© par IsaĂŻe, le Consolateur que l’Esprit vous a promis. Ouvrez les yeux, ĂŽ assemblĂ©e d’évĂȘques, afin de contempler votre Seigneur trĂŽnant sur le siĂšge de puissance et de gloire.

(1.123)
Ô membres de toutes les religions, ne marchez pas dans les pas de ceux qui suivirent les pharisiens et s’écartĂšrent ainsi de l’Esprit. Ils se sont vraiment Ă©garĂ©s dans l’erreur. La BeautĂ© ancienne est venue dans son plus grand Nom et elle dĂ©sire accueillir toute l’humanitĂ© dans son trĂšs saint Royaume. Les coeurs purs contemplent le Royaume de Dieu dĂ©voilĂ© devant sa Face. HĂątez-vous vers lui et ne suivez pas l’infidĂšle et l’impie. Si ton oeil s’y oppose, arrache-le [voir : Matthieu 5.29, Marc 9.47]. Ainsi l’a dĂ©crĂ©tĂ© la Plume de l’Ancien des jours sur l’ordre du Seigneur de toute la crĂ©ation. Certes, il est venu de nouveau pour vous sauver, ĂŽ peuples de la terre ! Allez-vous assassiner celui qui dĂ©sire vous offrir la vie Ă©ternelle ? Craignez Dieu, ĂŽ vous qui comprenez !

(1.124)
Ô peuple, Ă©coutez ce qui vous est rĂ©vĂ©lĂ© par votre Seigneur trĂšs glorieux et tournez vos visages vers Dieu, le Seigneur de ce monde et du monde Ă  venir. Ainsi vous commande celui qui est l’Orient du soleil de l’inspiration divine selon l’ordre du Façonneur de toute l’humanitĂ©. Certes, nous vous avons crĂ©Ă©s pour la lumiĂšre et nous ne dĂ©sirons pas vous abandonner au feu. Émergez de l’ombre, ĂŽ peuple, par la grĂące de ce Soleil qui brille Ă  l’horizon de la providence divine et tournez-vous vers lui, le coeur sanctifiĂ©, l’ñme assurĂ©e, l’oeil attentif et la face Ă©clairĂ©e. L’Ordonnateur suprĂȘme vous le conseille depuis le lieu de sa gloire transcendante, afin qu’ainsi vous soyez attirĂ©s vers le Royaume de ses noms.

(1.125)
BĂ©ni celui qui reste fidĂšle Ă  l’Alliance de Dieu et malheur Ă  celui qui la brise et qui ne croit pas en lui, le DĂ©tenteur des secrets. Dis : Voici le jour des bĂ©nĂ©dictions ! Empressez-vous afin que je fasse de vous des rois dans les royaumes de mon empire. Suivez-moi, et vous contemplerez ce qui vous fut promis ; je ferais de vous mes compagnons dans le domaine de ma majestĂ© et les intimes de ma beautĂ© au ciel de mon pouvoir, Ă  jamais. Si vous vous rebellez contre moi, dans ma clĂ©mence, je le supporterai patiemment espĂ©rant que vous vous Ă©veillerez et vous lĂšverez de la couche de la nĂ©gligence. Ainsi ma misĂ©ricorde vous entoure-t-elle. Craignez Dieu et ne suivez pas ceux qui se sont dĂ©tournĂ©s de sa Face alors qu’ils invoquent son nom jour et nuit.

(1.126)
Le jour de la moisson est certes venu et toutes choses sont sĂ©parĂ©es. Le Moissonneur a engrangĂ© dans les greniers de la justice ce qu’il a choisi, et jetĂ© au feu ce qui en est digne. Tel est, en ce jour promis, le dĂ©cret de votre Seigneur, le Puissant, le Dieu d’amour. En vĂ©ritĂ©, Il ordonne ce qui lui plaĂźt. Il n’est pas d’autre Dieu que lui, le Tout-Puissant, l’IrrĂ©sistible. Le dĂ©sir du divin moissonneur est d’engranger toute bonne chose pour Moi. Il n’a parlĂ© que pour vous faire connaĂźtre ma Cause et vous guider vers le chemin de celui dont la mention orne tous les Livres sacrĂ©s.

(1.127)
Dis : Ô assemblĂ©e de chrĂ©tiens ! Nous nous sommes dĂ©jĂ  rĂ©vĂ©lĂ©s Ă  vous en une occasion prĂ©cĂ©dente et vous ne nous avez pas reconnu. Voici qu’une autre occasion vous est offerte. Voici le jour de Dieu ; tournez-vous vers lui. Il est descendu du ciel comme il le fit la premiĂšre fois et il dĂ©sire vous abriter Ă  l’ombre de sa misĂ©ricorde. Il est, en vĂ©ritĂ©, l’Éminent, le Puissant, l’Aide suprĂȘme. Le Bien-AimĂ© n’aime pas vous voir consumĂ©s par le feu de vos dĂ©sirs. Si un voile vous sĂ©pare de lui, ce n’est qu’en raison de votre Ă©garement et de votre ignorance. Vous me mentionnez sans me connaĂźtre. Vous faites appel Ă  moi, mais rejetez ma rĂ©vĂ©lation bien que je sois venu vers vous dans ma gloire depuis le ciel de la prĂ©existence. En mon Nom et par le pouvoir de ma souverainetĂ©, dĂ©chirez les voiles pour dĂ©couvrir un chemin vers votre Seigneur.

(1.128)
Depuis la tente de majestĂ© et de grandeur, le roi de gloire proclame et dit : Ô peuple de l’Évangile, ceux qui n’étaient pas dans le royaume y sont maintenant entrĂ©s alors que nous vous voyons, en ce jour, vous attarder Ă  la porte. DĂ©chirez les voiles par le pouvoir de votre Seigneur le Puissant, le TrĂšs-GĂ©nĂ©reux et, en mon Nom, entrez dans mon Royaume. Ainsi vous le demande celui qui dĂ©sire pour vous la vie Ă©ternelle. Il a en vĂ©ritĂ© pouvoir sur toutes choses. BĂ©nis ceux qui ont reconnu la lumiĂšre et se hĂątent vers elle. En vĂ©ritĂ©, ils rĂ©sident dans le royaume et partagent la nourriture et la boisson des Ă©lus de Dieu.

(1.129)
Ô enfants du royaume, nous voyons que vous ĂȘtes dans l’ombre. Cela ne vous convient pas. Vos actes vous rendent-ils craintifs face Ă  la LumiĂšre ? Dirigez-vous vers lui. Les pas de votre Seigneur trĂšs glorieux ont bĂ©ni les pays qu’ils ont foulĂ©s. Ainsi nous aplanissons pour vous le chemin de celui que l’Esprit a prophĂ©tisĂ©. Je tĂ©moigne de lui comme il a tĂ©moignĂ© de moi. Il a dit, en vĂ©ritĂ© : « Suivez-moi et je ferai de vous des pĂȘcheurs d’hommes ». Mais en ce jour nous disons : « Suivez-moi et je ferai de vous les vivificateurs de l’humanitĂ© ». Ainsi la Plume de la rĂ©vĂ©lation a inscrit ce dĂ©cret dans cette Ă©pĂźtre.

(1.130)
Ô Plume du TrĂšs-Haut, remue-toi en pensant Ă  d’autres rois citĂ©s dans ce Livre lumineux et bĂ©ni afin qu’ils se lĂšvent de la couche de nĂ©gligence, Ă©coutent les chants du Rossignol nichĂ© sur les branches de l’Arbre divin et se hĂątent vers Dieu dans cette merveilleuse et sublime rĂ©vĂ©lation.


C) Napoléon III

(1.131)
Ô roi de Paris [nota : il s’agit de la seconde Ă©pĂźtre adressĂ©e par Bahá’u’llĂĄh Ă  l’empereur des Français ; une premiĂšre Ă©pĂźtre avait Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e Ă  Andrinople], dis aux prĂȘtres de ne plus faire sonner les cloches. Par Dieu, le Vrai, celui qui est le plus grand Nom lance l’appel le plus puissant et les doigts de la volontĂ© de ton Seigneur, le TrĂšs-ÉlevĂ©, le Sublime, le font rĂ©sonner en son Nom au ciel d’immortalitĂ©. Ainsi, une fois encore descendent sur toi les versets puissants de ton Seigneur, afin que tu te lĂšves pour mentionner Dieu, le crĂ©ateur de la terre et du ciel, en ces jours oĂč gĂ©missent tous les peuples de la terre, oĂč sont Ă©branlĂ©es les colonnes des citĂ©s, et oĂč la poussiĂšre de l’irrĂ©ligion enveloppe tous les hommes sauf ceux qu’il a plu Ă  Dieu, le Savant, le Sage, d’épargner. Dis : Celui qui est l’InconditionnĂ© est venu, entourĂ© de nuĂ©es de lumiĂšre, pour vivifier toutes choses crĂ©Ă©es par la brise de son Nom, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux, pour unir le monde et pour rassembler tous les hommes autour de cette table descendue du ciel. Garde-toi de refuser la grĂące de Dieu alors qu’il te l’a envoyĂ©e. Meilleure est-elle pour toi que tout ce que tu possĂšdes car disparaĂźt ce qui est tien, alors que perdure ce qui est Ă  Dieu. En vĂ©ritĂ©, il ordonne ce qui lui plaĂźt. Oui, elles se lĂšvent les brises du pardon dispensĂ©es par ton Seigneur, le Dieu de misĂ©ricorde. Qui se tourne vers elles est purifiĂ© de ses pĂ©chĂ©s, de toute souffrance et de toute maladie. Heureux celui sur qui s’expose Ă  ces brises et malheur Ă  qui s’en protĂšge.

(1.132)
Si tu tendais ton ouĂŻe intĂ©rieure vers toutes choses crĂ©Ă©es, tu entendrais : « L’Ancien des Jours est apparu dans sa grande gloire ! » Tout cĂ©lĂšbre la gloire du Seigneur. Certains ont connu Dieu et le mentionnent, d’autres le mentionnent sans le connaĂźtre. Aussi avons-nous consignĂ© notre dĂ©cret sur une tablette Ă©vidente.

(1.133)
Ô Souverain, Ă©coute la voix du feu allumĂ© dans cet arbre verdoyant, sur ce SinaĂŻ Ă©levĂ© en ce lieu sacrĂ© et nivĂ©en, par-delĂ  la CitĂ© Ă©ternelle : « Certes, il n’est pas d’autre Dieu que moi, le ClĂ©ment, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux. » En vĂ©ritĂ©, nous envoyons celui que nous soutenons par le Saint-Esprit afin qu’il vous annonce cette LumiĂšre qui brille de l’horizon de la volontĂ© de votre Seigneur, le Sublime, le TrĂšs-Glorieux et dont les signes se manifestent en Occident. Tournez vos visages vers lui en ce jour que Dieu exalte au-dessus de tous les autres jours, et oĂč le TrĂšs-MisĂ©ricordieux rĂ©pand la splendeur de sa gloire rayonnante sur tous ceux qui sont au ciel et sur la terre. LĂšve-toi pour servir Dieu et soutenir sa cause. Il t’aidera vraiment par les armĂ©es du visible et de l’invisible et fera de toi le roi de tout ce qu’éclaire le soleil. Ton Seigneur est vraiment le Tout-Puissant, l’Omnipotent.

(1.134)
Les brises du TrĂšs-MisĂ©ricordieux soufflent sur toutes choses crĂ©Ă©es ; heureux l’homme qui dĂ©couvre leur parfum et qui d’un coeur pur se dirige vers elles. Orne ton temple de la parure de mon Nom, ta parole de mon souvenir et ton coeur de ton amour pour moi, le Tout-Puissant, le TrĂšs-Haut. Nous ne dĂ©sirons pour toi que le meilleur, meilleur que ce que tu possĂšdes et que tous les trĂ©sors de la terre. Ton Seigneur est rĂ©ellement celui qui sait, il est informĂ© de tout. LĂšve-toi en mon Nom parmi mes serviteurs et dis : « Ô peuples de la terre, tournez-vous vers celui qui se tourne vers vous. Il est en vĂ©ritĂ© le visage de Dieu parmi vous, son tĂ©moin et son guide pour vous. Il vient vers vous avec des signes qu’il est seul Ă  prĂ©senter ». La voix du Buisson ardent retentit au centre du monde et le Saint-Esprit annonce aux nations : « Voyez ! Le Promis est venu avec un pouvoir Ă©vident. »

(1.135)
Ô Roi, elles sont tombĂ©es, les Ă©toiles du ciel du savoir : celles qui cherchent Ă  Ă©tablir la vĂ©ritĂ© de ma cause par leurs propres moyens et font mention de Dieu en mon Nom. Et cependant quand je suis venu vers elles dans toute ma gloire, elles se sont dĂ©tournĂ©es de moi. Elles sont, certes, parmi les dĂ©chues. VoilĂ  ce que l’esprit de Dieu annonça quand il vint avec la vĂ©ritĂ© parmi vous, lui que les docteurs juifs contestĂšrent jusqu’à commettre ce qui provoqua les lamentations du Saint-Esprit et les larmes de ceux qui sont proches de Dieu. Pense Ă  ce Pharisien qui adora Dieu pendant soixante-dix ans et rejeta le Fils lorsqu’il apparut alors que fut admis dans le Royaume quelqu’un qui avait commis l’adultĂšre. Ainsi te conseille la Plume, selon l’ordre du Roi Ă©ternel, pour que tu saches ce qu’il advint dans le passĂ© et que tu sois comptĂ©, en ce jour, parmi ceux qui croient sincĂšrement.

(1.136)
Dis : ĂŽ assemblĂ©e de moines, ne vous enfermez pas dans vos Ă©glises et vos cloĂźtres. Avec ma permission, sortez et travaillez Ă  ce qui vous profitera et profitera aux autres. Ainsi vous ordonne celui qui est le Seigneur du jour de la rĂ©surrection. Enfermez-vous dans la forteresse de mon amour. Voici vraiment la rĂ©clusion qui vous convient si vous pouviez le savoir. Celui qui s’enferme chez lui est comme mort. Il convient Ă  l’homme de produire ce qui bĂ©nĂ©ficie Ă  l’humanitĂ©. Celui qui ne produit pas de fruit est destinĂ© au feu. Ainsi vous conseille votre Seigneur. En vĂ©ritĂ©, il est le Fort, le GĂ©nĂ©reux. Mariez-vous afin que de vous naisse quelqu’un pour prendre votre place. Certes, nous interdisons la lubricitĂ©, mais pas ce qui favorise la fidĂ©litĂ©. Etes-vous esclaves des inclinaisons de votre nature et rejetez-vous les lois de Dieu ? Craignez Dieu et ne soyez pas insensĂ©s. Si ce n’est l’homme, qui sur ma terre se souviendrait de moi, comment mes Noms et attributs pourraient-ils ĂȘtre connus ? RĂ©flĂ©chissez et ne soyez pas de ceux qui se cachent de lui derriĂšre un voile et s’enfoncent rapidement dans le sommeil. Celui qui ne se maria pas [nota : JĂ©sus] ne trouva aucune place pour demeurer ou pour poser sa tĂȘte Ă  cause de ce qu’accomplirent les traĂźtres. Sa saintetĂ© ne consistait pas en ce que vous pensez ou imaginez, mais plutĂŽt en ce que nous possĂ©dons. Demandez Ă  apprĂ©hender son rang qui est exaltĂ© au-dessus des imaginations vaines de tous les peuples. BĂ©nis ceux qui comprennent.

(1.137)
Ô Roi ! Nous avons entendu la rĂ©ponse que tu adressas au Tsar de Russie concernant ta dĂ©cision au sujet de la guerre [nota : guerre de CrimĂ©e 1853-1856]. Certes, ton Seigneur sait, il est informĂ©. Tu dis : « J’étais endormi sur ma couche et fus rĂ©veillĂ© par les cris des malheureux qu’on noyait dans la Mer Noire. » VoilĂ  ce que nous t’avons entendu dire, et ton Seigneur est vraiment le tĂ©moin de mes paroles. Nous affirmons que ce ne sont pas leurs cris qui t’ont rĂ©veillĂ© mais l’aiguillon de tes propres passions, car nous t’avons mis Ă  l’épreuve et nous t’avons pris en dĂ©faut. Comprends le sens de mes propos et sois perspicace. Nous ne souhaitons pas t’adresser de blĂąme en raison du haut rang que nous t’avons confĂ©rĂ© en ce monde mortel. Nous prĂ©fĂ©rons la courtoisie dont nous avons fait le signe distinctif de ceux qui sont proches de lui. La courtoisie est rĂ©ellement le vĂȘtement qui sied Ă  tous les hommes, jeunes ou vieux. Heureux celui qui s’en pare et malheur Ă  celui qui se prive de cette magnificence. Si ton discours avait Ă©tĂ© sincĂšre, tu n’aurais pas rejetĂ© le Livre de Dieu, lorsque le Tout-Puissant, le TrĂšs-Sage te l’a envoyĂ©. Ainsi t’avons-nous Ă©prouvĂ© et nous ne t’avons pas trouvĂ© tel que tu te prĂ©tendais. LĂšve-toi et fais amende honorable pour ce qui t’a Ă©chappĂ©. Avant peu, le monde, et avec lui tout ce que tu possĂšdes, pĂ©rira mais le Royaume appartiendra toujours Ă  Dieu, ton Seigneur, le Seigneur de tes pĂšres. Il ne te convient pas de gĂ©rer tes affaires selon les exigences de tes dĂ©sirs. Redoute les soupirs de cet opprimĂ© et protĂšge-le contre les traits des fauteurs d’injustice.

(1.138)
Pour ce que tu as fait et en punition de ce que tu as tramĂ©, ton empire s’échappera de tes mains et ton royaume sera jetĂ© dans le chaos [nota : dans l’annĂ©e, NapolĂ©on III fut vaincu Ă  la bataille de Sedan (1870) et envoyĂ© en exil]. Tu comprendras alors Ă  quel point tu t’es trompĂ©. Dans ton pays, l’agitation s’emparera du peuple, Ă  moins que tu ne te dĂ©cides Ă  soutenir cette cause et Ă  suivre dans ce droit chemin celui qui est l’Esprit de Dieu. Ton faste t’a-t-il enorgueilli ? Par ma vie, il ne durera guĂšre et s’évanouira bientĂŽt, Ă  moins que de ne pas renoncer Ă  cette Corde solide. Nous voyons l’humiliation Ă  tes trousses aussi longtemps que tu seras comptĂ© parmi ceux qui dorment profondĂ©ment. Maintenant que tu entends voix venant du siĂšge de gloire, il t’appartient d’abandonner tout ce que tu possĂšdes et de t’écrier : « Me voici, ĂŽ Seigneur de tout ce qui est au ciel et sur la terre. »

(1.139)
Ô, Roi, nous Ă©tions en Irak quand vint l’heure de la sĂ©paration [nota : lorsque Bahá’u’llĂĄh reçut l’ordre de se rendre Ă  Constantinople]. Sur l’ordre du roi de l’islam [nota : le sultan de Turquie], nous nous dirigeĂąmes vers son pays. LĂ , il nous advint de la part des mĂ©chants ce que les livres ne pourront jamais raconter, dont se lamentent sa les habitants du paradis et ceux qui demeurent dans les retraites sacrĂ©es ; et malgrĂ© cela, les gens sont toujours enveloppĂ©s d’un voile Ă©pais. Dis : Contestez-vous celui qui vient vers vous, porteur du seing de Dieu et de ses preuves, du tĂ©moignage de Dieu et de ses signes ? Ces choses ne sont pas de lui, mais de celui qui lui a ordonnĂ© de se lever, l’a envoyĂ© avec le pouvoir de la vĂ©ritĂ© et en a fait une lampe pour l’humanitĂ© tout entiĂšre.

(1.140)
De jour en jour, que dis-je ! d’heure en heure, notre dĂ©plorable situation s’aggrava jusqu’à ce qu’on nous fit sortir de notre prison pour nous enfermer, avec une injustice flagrante, dans la plus grande Prison. Et si on leur demande : « Pour quels crimes les avez-vous emprisonnĂ©s ? », ils rĂ©pondent : « Ils ont voulu remplacer la Foi par une nouvelle religion. » Si vous prĂ©fĂ©rez ce qui est ancien, pourquoi avez-vous rejetĂ© ce qui a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© dans la Torah ou dans l’Évangile. Soyez clairs, ĂŽ peuple ! Par ma vie ! il n’y a pas de refuge pour vous en ce jour. Si tel est mon crime, Muhammad, l’apĂŽtre de Dieu, l’a commis avant moi, et avant lui, celui qui est l’Esprit de Dieu, et encore avant, celui qui conversa avec Dieu. Si mon pĂ©chĂ© est d’avoir exaltĂ© la parole de Dieu et d’avoir rĂ©vĂ©lĂ© sa cause, alors je suis le plus grand des pĂ©cheurs. Un tel pĂ©chĂ©, je ne l’échangerai pas pour les royaumes du ciel et de la terre.

(1.141)
DĂšs notre arrivĂ©e dans cette prison, nous dĂ©cidĂąmes d’adresser aux rois les messages de leur Seigneur, le Fort, le LouĂ©. Bien que nous leur ayons transmis, en plusieurs Ă©pĂźtres, ce qui nous fut ordonnĂ©, nous le faisons une fois de plus en signe de la grĂące de Dieu. Peut-ĂȘtre reconnaĂźtront-ils le Seigneur venu sur les nuages avec une souverainetĂ© Ă©vidente.

(1.142)
À mesure que mes tribulations augmentaient, croissait mon amour pour Dieu et pour sa cause au point que ne pouvait me dĂ©tourner de mon but tout ce qui m’advenait des mains des armĂ©es des rĂ©calcitrants. Me cacheraient-ils dans les profondeurs de la terre qu’ils me trouveraient chevauchant les nuages et lançant l’appel de Dieu, le Seigneur de force et de puissance. Je me suis offert en sacrifice dans le chemin de Dieu, et j’aspire aux tribulations dans mon amour pour lui et par Ă©gard Ă  son bon plaisir. En tĂ©moignent les malheurs qui m’ont affligĂ© et n’ont rien de comparable Ă  ce que d’autres ont souffert. Chaque cheveu de ma tĂȘte fait retentir l’appel que le Buisson ardent a lancĂ© sur le SinaĂŻ et chaque veine de mon corps invoque Dieu en disant : « Puis-je mourir dans ton sentier pour que bouge monde et que s’unissent ses peuples ! ». Ainsi en a-t-il Ă©tĂ© dĂ©crĂ©tĂ© par celui qui est l’Omniscient, l’InformĂ©.

(1.143)
Sachez que vos sujets sont un dĂ©pĂŽt que Dieu vous a confiĂ©. Aussi, veillez sur eux comme sur vous-mĂȘmes. Attention Ă  ne pas laisser les loups devenir les bergers du troupeau, et que l’orgueil et la vanitĂ© ne vous empĂȘche pas de vous) occuper des pauvres et des affligĂ©s. Si tu pouvais boire le vin mystique de la vie Ă©ternelle au calice des paroles de ton Seigneur, le Magnanime, tu serais capable d’abandonner tout ce que tu possĂšdes et de proclamer mon Nom Ă  toute l’humanitĂ©. Purifie donc ton Ăąme par les eaux du dĂ©tachement. En vĂ©ritĂ©, il est le Souvenir qui luit au-dessus de l’horizon de la crĂ©ation, il lavera ton Ăąme de la poussiĂšre du monde. Abandonne tes palais aux peuples des tombeaux et ton empire Ă  qui le dĂ©sire. Puis tourne-toi vers le Royaume. C’est cela que Dieu a vraiment choisi pour toi, si tu Ă©tais de ceux qui se tournent vers lui. Ils sont comme privĂ©s de vie ceux qui ont manquĂ© de se tourner vers la face de Dieu en cette rĂ©vĂ©lation. Ils agissent sous l’impulsion de leurs dĂ©sirs Ă©goĂŻstes : en rĂ©alitĂ©, ils appartiennent aux morts. Mais si tu souhaites porter le poids de ta souverainetĂ©, fais le pour venir en aide Ă  la cause de ton Seigneur. GlorifiĂ© soit ce rang ! Celui qui y parvient reçoit toutes les faveurs que dispense l’Omniscient, le TrĂšs-Sage.

(1.144)
LĂšve-toi, en mon Nom, au-dessus de l’horizon du renoncement et au commandement de ton Seigneur, le Fort, le Puissant, tourne ta face vers le Royaume. Par le pouvoir de ma souverainetĂ©, dresse-toi devant les habitants du monde et dis : « Ô peuple, le Jour est venu et les bĂ©nĂ©dictions de Dieu se rĂ©pandent sur la crĂ©ation tout entiĂšre. Ceux qui se sont dĂ©tournĂ©s de son visage sont les victimes impuissantes de leurs inclinations corrompues. Ils se sont vraiment Ă©garĂ©s.»

(1.145)
Pare le corps de ton royaume du vĂȘtement de mon Nom, et lĂšve-toi pour enseigner ma cause. Cela vaut mieux pour toi que tout ce que tu possĂšdes. Alors Dieu exaltera ton nom devant tous les rois. Il a pouvoir sur toutes choses. Au nom de Dieu, avance parmi les hommes, et par son pouvoir et sa puissance, fais connaĂźtre ses signes aux peuples. BrĂ»le de la flamme du feu Ă©ternel que le Magnanime a allumĂ© au coeur de la crĂ©ation afin que, par toi, la chaleur de son amour rĂ©chauffe le coeur de ses Ă©lus. Suis mon chemin et ravis le coeur des hommes par le souvenir de moi, le Tout-Puissant, le TrĂšs-ExaltĂ©.

(1.146)
Dis : Celui qui, en ce jour, n’a pas diffusĂ© les doux parfums du souvenir de son Seigneur est vraiment indigne du rang d’homme. En vĂ©ritĂ©, il appartient Ă  ceux qui suivent leurs dĂ©sirs et se trouvera avant peu dans un profond dĂ©sarroi. Pouvez-vous vous rĂ©clamer de celui qui est le Dieu de misĂ©ricorde et commettre ce que commet le Malin ? Par la beautĂ© du TrĂšs-GlorifiĂ©, cela ne se peut, si vous pouviez le savoir. Purifiez vos coeurs de l’attrait du monde, vos langues de la calomnie et vos membres de tout ce qui vous empĂȘche d’approcher Dieu, le Fort, le LouĂ©. Dis : Par le monde, on entend ce qui vous tient Ă©loignĂ© de celui qui est l’aurore de la rĂ©vĂ©lation et vous incline vers ce qui ne vous profite en rien. En vĂ©ritĂ©, ce qui, en ce jour, vous tient Ă  l’écart de Dieu, est essentiellement le l’amour du monde. Rejetez-le et approchez-vous de cette vision sublime, de ce siĂšge lumineux et resplendissant. BĂ©ni est celui qui ne permet Ă  rien de s’interposer entre lui et son Seigneur. AssurĂ©ment, rien ne peut lui arriver s’il goĂ»te avec justice aux avantages de ce monde car nous avons crĂ©Ă© toutes choses pour ceux de nos serviteurs qui croient sincĂšrement en Dieu.

(1.147)
Ô peuple, si vos paroles diffĂšrent de vos actes, qu’est-ce qui vous diffĂ©renciera de ceux qui, tout en professant leur foi en leur Seigneur, leur Dieu, le rejettent lorsqu’il vient vers eux, entourĂ© des nuages et font montre d’orgueil devant Dieu, l’Incomparable, l’Omniscient ? Ne rĂ©pandez le sang de personne, ĂŽ peuple, et ne portez de jugement injuste envers personne. Ainsi vous commande celui qui sait et connaĂźt toute chose. Ceux qui sĂšment le dĂ©sordre dans le pays lorsque l’ordre est bien Ă©tabli, outrepassent les limites fixĂ©es dans le Livre. MisĂ©rable sera le sĂ©jour des transgresseurs !

(1.148)
Dieu prescrit Ă  chacun d’enseigner sa cause. Qui se lĂšve pour accomplir ce devoir doit, avant de proclamer son message, s’orner d’un caractĂšre empreint de droiture et digne de louange pour que ses paroles captivent le coeur de ceux qui entendent son appel. Sans cela, il n’a aucun espoir d’influencer ses auditeurs. Ainsi vous en instruit Dieu. En vĂ©ritĂ©, il est le Magnanime, le TrĂšs-Compatissant.

(1.149)
Ceux qui exhortent les autres Ă  pratiquer la justice, alors qu’eux-mĂȘmes commettent des iniquitĂ©s, sont accusĂ©s de faussetĂ© en raison de ce que leur langue profĂšre, par les habitants du Royaume et par ceux qui gravitent autour du trĂŽne de leur Seigneur, le Puissant, le Bienveillant. Ne faites pas, ĂŽ peuple, ce qui dĂ©shonore votre nom et la renommĂ©e de la cause parmi les hommes. Prenez garde de ne pas toucher Ă  ce qu’abhorre votre raison. Craignez Dieu et ne suivez pas ceux qui s’égarent. Ne passez pas des accords trompeurs avec vos voisins. Soyez dignes de confiance sur la terre et ne privez pas les pauvres de ce que Dieu, dans sa bontĂ©, vous a donnĂ©. En vĂ©ritĂ©, il vous gratifiera du double de ce que vous possĂ©dez. Il est vraiment le Dieu de toute bontĂ©, le Munificent.

(1.150)
Dis : Nous ordonnons d’enseigner notre cause par le pouvoir de la parole. Prenez garde d’entrer en confrontation stĂ©rile avec quelqu’un. L’Esprit-Saint fortifiera celui qui se lĂšve pour enseigner sa cause uniquement par amour de son Seigneur et lui inspirera ce qui illumine le coeur du monde et plus encore le coeur de ceux qui le cherche. Ö peuple de BahĂĄ, partez Ă  la conquĂȘte du coeur des hommes, armĂ©s de l’épĂ©e de la sagesse et des paroles. Un voile Ă©pais enveloppe vraiment ceux qui contestent, poussĂ©s par leurs dĂ©sirs. Dis : L’épĂ©e de la sagesse est plus brĂ»lante que la chaleur de l’étĂ© et plus tranchantes que des lames d’acier, si vous ĂȘtes en mesure de comprendre. Tirez-la en mon nom et par la force de ma puissance ; employez-la pour conquĂ©rir les citĂ©s du coeur de ceux qui se sont retranchĂ©s dans la forteresse de leurs dĂ©sirs corrompus. Ainsi vous en prie la Plume du TrĂšs-Glorieux, alors que les Ă©pĂ©es des rebelles sont suspendues au-dessus de sa tĂȘte.

(1.151)
Si vous avez connaissance d’un pĂ©chĂ© commis par quelqu’un, taisez-le afin que Dieu cache vos propres pĂ©chĂ©s. Il est l’oeil aveugle, le Seigneur de grĂące abondante. Ô vous, les riches de la terre, si vous croisez un pauvre sur votre chemin, ne le traitez pas avec dĂ©dain. Pensez Ă  ce dont vous fĂ»tes crĂ©Ă©s. Tous furent crĂ©Ă©s d’une goutte d’eau vile [voir Coran : 32.8, 77.20]. Il vous convient d’observer la sincĂ©ritĂ© qui ornera vos temples, glorifiera votre nom, exaltera votre rang parmi les hommes et vous assurera d’une rĂ©compense gĂ©nĂ©reuse devant Dieu.

(1.152)
Ô peuples de la terre, Ă©coutez ce que vous commande la Plume du Seigneur des nations. Sachez que les rĂ©vĂ©lations du passĂ© atteignent leur plus haute et finale consĂ©cration dans la loi que ce trĂšs puissant OcĂ©an dispense. À notre commandement, hĂątez-vous de la connaĂźtre. En vĂ©ritĂ©, nous ordonnons ce qui nous plait. ConsidĂšre le monde comme le corps d’un homme affligĂ© de maux divers, et dont la guĂ©rison dĂ©pend de l’agencement harmonieux de toutes ses composantes. Rassemblez-vous autour de ce que nous prescrivons et ne marchez pas sur les traces de ceux qui sĂšment la dissension.

(1.153)
Toutes les fĂȘtes reçoivent leur consĂ©cration dans les deux plus grandes fĂȘtes et dans deux autres fĂȘtes qui tombent les jours jumeaux - La premiĂšre de ces plus grandes fĂȘtes Ă©voque ces jours oĂč Dieu rĂ©pandit la gloire resplendissante de son Nom sublime sur tout ce qui est dans les cieux et sur la terre, et la seconde est ce jour oĂč nous avons fait se lever celui qui annonça la joyeuse nouvelle de cette grande Proclamation [nota : les deux plus grandes fĂȘtes sont la FĂȘte du RidvĂĄn, au cours duquel Bahá’u’llĂĄh fit la premiĂšre proclamation de sa mission, et la dĂ©claration du BĂĄb. Les « jours jumeaux » se rĂ©fĂšrent aux naissances du BĂĄb et de Bahá’u’llĂĄh - voir « KitĂĄb-i-Aqdas » MEB 2011 §110]. Ainsi en a-t-il Ă©tĂ© dĂ©crĂ©tĂ© dans le Livre par celui qui est le Fort, le Puissant. Les autres jours, vaquez Ă  vos occupations journaliĂšres et n’hĂ©sitez pas Ă  vous consacrer Ă  vos commerces et Ă  vos mĂ©tiers. VoilĂ  le commandement et la loi promulguĂ©s par celui qui est votre Seigneur, l’Omniscient, le TrĂšs-Sage.

(1.154)
Dis : Ô assemblĂ©e de prĂȘtres et de moines, mangez ce que Dieu vous permet et ne vous abstenez pas de nourriture. En signe de sa grĂące, Dieu vous autorise d’en user sauf pendant une brĂšve pĂ©riode. En vĂ©ritĂ©, il est le Fort, le Bienfaisant. Renoncez Ă  ce que vous possĂ©dez et attachez-vous aux desseins de Dieu. VoilĂ  ce qui vous est profitable si vous ĂȘtes de ceux qui comprennent. Nous vous ordonnons un jeĂ»ne de dix-neuf jours lors de la saison la plus tempĂ©rĂ©e et vous libĂ©rons, en cette rĂ©vĂ©lation resplendissante, de faire davantage. Ainsi donc, nous vous ordonnons clairement ce qui doit ĂȘtre observĂ© pour vous permettre de suivre les commandements de Dieu et vous unir en ce que le Tout-Puissant, le TrĂšs-Sage vous a prescrit. Celui qui est le Seigneur, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux, chĂ©rit en son coeur de voir la race humaine unie en une seule Ăąme et un seul corps. HĂątez-vous de prendre votre part des bienfaits de Dieu et rendez grĂące en ce jour qui Ă©clipse tous les autres jours. Grand est le bonheur de l’homme qui se dĂ©tache de tout ce qu’il a pour souhaiter obtenir ce qui est Ă  Dieu. Un tel homme, nous en tĂ©moignons, est comptĂ©s parmi les Ă©lus de Dieu.

(1.155)
Ô Roi, tĂ©moigne de ce que Dieu a lui-mĂȘme et pour lui-mĂȘme tĂ©moignĂ© avant la crĂ©ation du ciel et de la terre : « Il n’est d’autre Dieu que moi, l’Unique, le SuprĂȘme, l’Incomparable, l’Inaccessible ». LĂšve-toi rĂ©solument en faveur de la cause de ton Seigneur, le TrĂšs-Glorieux. Ainsi t’en instruit cette Ă©pĂźtre merveilleuse. En vĂ©ritĂ©, nous ne dĂ©sirons rien d’autre pour toi que ce qui te bĂ©nĂ©ficiera plus que tous les biens de la terre. En tĂ©moignent toutes les choses crĂ©Ă©es et plus encore, ce Livre explicite.

(1.156)
MĂ©ditez sur le monde et sur la condition de ses peuples. Celui pour lequel fut crĂ©Ă© le monde est emprisonnĂ© dans la plus dĂ©solĂ©e des citĂ©s [nota : Acre] Ă  cause de ce qu’ont forgĂ© les mains des Ă©garĂ©s. De l’horizon de cette ville-prison, il appelle les hommes Ă  l’Aurore de Dieu, le SuprĂȘme, le TrĂšs-Haut. Te fĂ©licites-tu des trĂ©sors en ta possession, tout en sachant qu’ils pĂ©riront ? Te rĂ©jouis-tu de rĂ©gner sur un arpent de terre alors que le monde entier, pour les gens de BahĂĄ, n’a pas plus de valeur que la noire prunelle d’une fourmi morte ? Abandonne-le Ă  ceux qui le chĂ©rissent et tourne-toi vers celui qui est le dĂ©sir de l’Univers. Que sont devenus les orgueilleux et leurs palais ? Contemple leurs tombes et profite de cet exemple, car nous en avons fait une leçon pour ceux qui observent. Si les brises de la RĂ©vĂ©lation te saisissent, tu fuiras le monde pour te diriger vers le Royaume et tu dĂ©penseras tout ce que tu possĂšdes pour te rapprocher de cette sublime vision.

(1.157)
Nous voyons la plupart des gens adorer des noms et s’exposer, comme tu le constates, Ă  de terribles pĂ©rils dans le seul espoir de perpĂ©tuer leur nom, alors que toute Ăąme perspicace atteste qu’un nom ne servira en rien Ă  son porteur, aprĂšs la mort de celui-ci, si ce nom n’exprime pas sa relation avec Dieu, le Tout-Puissant, le MagnifiĂ©. Ainsi leurs vaines imaginations les rendent esclaves en punition de ce que leurs mains ont forgĂ©. Vois l’étroitesse d’esprit des hommes. Ils courent furieusement aprĂšs ce qui ne leur est d’aucun profit. Si tu leur demandais : « Y a-t-il un quelconque avantage en ce que vous dĂ©sirez ? », tu les verrais terriblement perplexes. S’il se trouvait une Ăąme impartiale, elle rĂ©pondrait : « Non, par le Seigneur des mondes ! » Telle est la condition des hommes et de ce qu’ils possĂšdent. Laisse-les Ă  leur folie et tourne ton regard vers Dieu. En vĂ©ritĂ©, c’est cela qui te convient. HĂąte-toi de suivre le conseil de ton Seigneur et dis : LouĂ© sois-tu, ĂŽ Dieu de tout ce qui est au ciel et sur la terre.


D) Tsar Alexandre II

(1.158)
Ô tsar de Russie ! PrĂȘte l’oreille Ă  la voix de Dieu, le Roi, le TrĂšs-Saint, et tourne-toi vers le paradis oĂč demeure celui qui, dans l’AssemblĂ©e suprĂȘme, porte les titres les plus Ă©minents et qui, dans le monde de la crĂ©ation est appelĂ© par le nom de Dieu, le Resplendissant, le TrĂšs-Glorieux. Prends garde que tes dĂ©sirs ne t’empĂȘchent de te tourner vers la face de ton Seigneur, le Compatissant, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux. Nous avons entendu ce que tu as demandĂ© Ă  ton Seigneur lorsque tu l’interpellais secrĂštement. Alors les brises de ma tendre bontĂ© soufflĂšrent, les vagues de ma misĂ©ricorde se soulevĂšrent, et nous t’avons rĂ©pondu. Ton Seigneur est certes l’Omniscient, le TrĂšs-Sage. Tandis que je languissais en prison, chargĂ© de chaĂźnes et de fers, un de tes ministres me proposa son aide. C’est pourquoi Dieu t’a assignĂ© un rang dont nul sauf lui ne peut avoir connaissance. Prends garde Ă  ne pas aliĂ©ner cette sublime position. Ton Seigneur, certes, fait ce qu’il veut. Dieu abrogera ou confirmera ce qui lui plaĂźt, car la connaissance de toutes choses est chez lui dans la Tablette prĂ©servĂ©e.

(1.159)
Crains que ta souverainetĂ© ne te retienne loin de celui qui est le Souverain suprĂȘme. En vĂ©ritĂ©, il est venu avec son Royaume, et tous les atomes proclament ; « Voyez ! Le Seigneur est apparu dans toute sa majestĂ©. » Celui qui est le PĂšre est venu, et le Fils, dans la sainte VallĂ©e, s’écrie : « Me voici ĂŽ Seigneur, mon Dieu, me voici ! » Tandis que le SinaĂŻ gravite autour de la Demeure et que le Buisson ardent annonce Ă  haute voix: « Le TrĂšs-GĂ©nĂ©reux est venu sur les nuages ! BĂ©ni est celui qui s’approche de lui et malheur Ă  ceux qui se tiennent Ă  l’écart. »

(1.160)
LĂšve-toi parmi les hommes au nom de cette cause impĂ©rative, et appelle les nations Ă  Dieu, le Grand, le SuprĂȘme. Ne sois pas de ceux qui appellent Dieu par l’un de ses Noms, puis lorsque paraĂźt celui qui est l’essence de tous les noms, le renient, se dĂ©tournent de lui et finalement le condamnent avec une Ă©vidente injustice. RĂ©flĂ©chis et rappelle-toi les jours oĂč l’Esprit de Dieu apparut, et oĂč HĂ©rode rendit son verdict contre lui. Dieu le secourut cependant par les armĂ©es de l’invisible ; il le protĂ©gea vraiment et l’envoya dans un autre pays, selon sa promesse. En vĂ©ritĂ© Il ordonne ce qui lui plaĂźt. Certes, ton Seigneur protĂšge qui il veut, qu’il soit au coeur de l’ocĂ©an, dans la gueule du dragon ou sous l’épĂ©e du tyran.

(1.161)
BĂ©ni soit le roi que les voiles de gloire n’ont pas empĂȘchĂ© de se tourner vers l’Aurore de beautĂ© et qui a tout abandonnĂ© dans son dĂ©sir d’obtenir ce qui est Ă  Dieu. E, vĂ©ritĂ©, il est, aux yeux de Dieu, comptĂ© parmi les hommes d’excellence et louĂ© par les habitants du paradis et par ceux qui gravitent jour et nuit autour du TrĂŽne suprĂȘme.

(1.162)
Je dis encore : Ecoute ma voix qui de ma prison, s’élĂšve afin que je t’apprenne ce que ma beautĂ© a souffert aux mains de ceux qui sont les manifestations de ma gloire, et afin que tu saches combien grande fut ma patience malgrĂ© mon pouvoir, et combien immense ma longanimitĂ© malgrĂ© ma puissance. Sur ma vie ! si seulement tu savais ce qu’a rĂ©vĂ©lĂ© ma plume, si tu dĂ©couvrais les trĂ©sors de ma cause, les perles des mystĂšres reposant au fond des mers de mes noms et dans les calices de mes paroles, tu sacrifierais ta vie dans mon chemin dans la soif d’entrer dans mon Royaume sublime et glorieux, et pour l’amour de mon Nom. Sache que mĂȘme si mon corps se trouve sous les Ă©pĂ©es de mes ennemis et mes membres environnĂ©s d’innombrables dangers, mon esprit est, malgrĂ© tout, rempli d’une allĂ©gresse sans nulle comparaison avec les joies de la terre.

(1.163)
Tourne ton coeur vers celui qui est le centre d’adoration du monde et dis : « Ô peuples de la terre, avez-vous rejetĂ© celui dans le sentier duquel le prĂ©curseur de votre Seigneur, le TrĂšs-ÉlevĂ©, le Sublime souffrit le martyre ? ». Dis : c’est une nouvelle dont se sont rĂ©jouis les coeurs des prophĂštes et des Messagers. C’est celui dont se souvient l’ñme de la crĂ©ation et qui est promis dans les Livres de Dieu, le Puissant, le TrĂšs-Sage. Dans leur dĂ©sir de me rencontrer, les messagers ont levĂ© leurs mains en supplication vers Dieu, le Puissant, le GlorifiĂ©. En tĂ©moigne ce que celui qui est le Seigneur de force et de puissance a rĂ©vĂ©lĂ© dans les Écritures saintes.

(1.164)
D’aucuns se sont lamentĂ©s d’ĂȘtre sĂ©parĂ©s de moi, d’autres ont supportĂ© des Ă©preuves dans mon chemin, d’autres encore ont fait le sacrifice de leur vie pour l’amour de ma beautĂ©, puissiez-vous le savoir. Dis : Je n’ai certes pas cherchĂ© Ă  prĂŽner ma personne, mais plutĂŽt Ă  louer Dieu lui-mĂȘme, si vous jugiez Ă©quitablement. On ne voit en moi rien d’autre que Dieu et sa cause, puissiez-vous le comprendre. Je suis celui qu’IsaĂŻe a cĂ©lĂ©brĂ©, celui dont le nom orne la Thora et l’Évangile. Ainsi en est-il dĂ©crĂ©tĂ© dans les Écritures du Seigneur, le Magnanime. Il m’a, en vĂ©ritĂ©, rendu tĂ©moignage comme je tĂ©moigne de lui. Et Dieu atteste la vĂ©racitĂ© de mes paroles.

(1.165)
Dis : Les Livres n’ont Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©s que pour m’évoquer. Quiconque entendra leur appel, en percevra les fragrances dĂ©licieuses de mon nom et de ma glorification ; et celui qui n’a pas fermĂ© l’accĂšs de son oreille Ă  son coeur en entendra chaque mot : « Le VĂ©ridique est venu ! Il est, en vĂ©ritĂ©, le bien-aimĂ© des mondes ! »

(1.166)
C’est par Ă©gard pour Dieu que ma langue te conseille et que ma plume se meut pour te mentionner, car ni la malice ni le dĂ©ni des habitants de la terre ne peuvent me nuire, pas plus que l’allĂ©geance de toute la crĂ©ation ne peut me profiter. En fait, nous t’exhortons Ă  accepter ce qui nous a Ă©tĂ© commandĂ© et nous ne dĂ©sirons pour toi rien d’autre que te voir bĂ©nĂ©ficier de ce qui te profitera en ce monde et dans l’autre. Dis : Ferez-vous pĂ©rir celui qui vous somme d’accĂ©der Ă  la vie Ă©ternelle ? Craignez Dieu et ne suivez pas les oppresseurs rebelles.

(1.167)
Ô prĂ©tentieux de la terre, croyez-vous pouvoir vivre dans des palais alors que le Roi de la rĂ©vĂ©lation habite le plus dĂ©vastĂ© des lieux ? Non, par ma vie ! Des tombes sont vos demeures si vous pouviez comprendre. En vĂ©ritĂ©, celui qui, en ces jours, Ă©chappe Ă  la caresse de la brise divine est comptĂ© parmi les morts aux yeux de celui qui est le Seigneur des noms et des attributs. Sortez donc des tombes de l’ego et du dĂ©sir et tournez-vous vers le royaume de Dieu, le Possesseur du trĂŽne en haut et ici-bas afin de contempler ce que vous a promis de tout temps votre Seigneur, l’Omniscient.

(1.168)
Pensez-vous profiter des choses que vous possĂ©dez ? Elles appartiendront bientĂŽt Ă  d’autres et vous redeviendrez poussiĂšre sans personne pour vous aider ou vous secourir. OĂč est l’avantage d’une vie que la mort peut rattraper, d’une existence condamnĂ©e Ă  la disparition ou d’une prospĂ©ritĂ© sujette au changement ? DĂ©tachez-vous des choses que vous possĂ©dez et tournez vos visages vers les faveurs que Dieu a dispensĂ©es en ce Nom merveilleux.

(1.169)
Ainsi la Plume du TrĂšs-Haut te diffuse ses mĂ©lodies avec la permission de ton Seigneur, le TrĂšs-Glorieux. Ecoute-les et chante-les : « LouĂ© sois-tu, ĂŽ Seigneur des mondes, car tu m’as Ă©voquĂ© par la langue de celui qui est la Manifestation de toi-mĂȘme alors qu’il croupissait dans la plus grande Prison pour que le monde entier accĂšde Ă  la vraie libertĂ©. »

(1.170)
BĂ©ni soit le roi que sa souverainetĂ© n’a pas Ă©cartĂ© de son Souverain et qui, de tout son coeur, s’est tournĂ© vers Dieu. Il est, en vĂ©ritĂ©, de ceux qui ont accompli la volontĂ© de Dieu, le Puissant, le TrĂšs-Sage. Avant peu un tel roi sera comptĂ© parmi les monarques des nations du Royaume. Ton Seigneur a vraiment la suprĂ©matie sur toutes choses. À qui il veut, il donne ce qui lui plaĂźt et, Ă  qui il veut, il le refuse. Il est certes le Tout-Puissant, le Fort.


E) Reine Victoria

(1.171)
Ô reine de Londres, prĂȘte l’oreille Ă  la voix de ton Seigneur, le Seigneur de l’humanitĂ©, qui appelle de l’arbre divin : En vĂ©ritĂ©, il n’est pas d’autre Dieu que moi, le Tout-Puissant, le TrĂšs Sage ! Rejette loin de toi tout ce qui est sur terre et pare la tĂȘte de ton royaume de la couronne du souvenir de ton Seigneur, le TrĂšs-Glorieux. Il est certes venu en ce monde dans sa gloire suprĂȘme, et tout ce qui est mentionnĂ© dans l’Evangile est accompli. La terre de Syrie est honorĂ©e par les pas de son Seigneur, le Seigneur de tous les hommes, et le Nord et le Sud sont tous deux enivrĂ©s du vin de sa prĂ©sence. BĂ©ni est l’homme qui, en cette aube resplendissante, respire l’effluve du TrĂšs-MisĂ©ricordieux et se tourne vers l’Orient de sa beautĂ©. La mosquĂ©e d’Aqsa frĂ©mit sous les brises de son Seigneur, Le TrĂšs-Glorieux, tandis que BathĂĄ [nota : la Mecque] tremble Ă  la voix de Dieu, le TrĂšs-ElevĂ©, le Sublime. Aussi chacune de leurs pierres loue le Seigneur par ce Nom majestueux.

(1.172)
Mets tes dĂ©sirs de cĂŽtĂ© et tourne ton coeur vers ton Seigneur, l’Ancien des Jours. Nous faisons mention de toi pour l’amour de Dieu et nous dĂ©sirons que ton nom soit magnifiĂ© pour ta souvenance de Dieu, le crĂ©ateur du ciel et de la terre. En vĂ©ritĂ©, il est tĂ©moin de ce que je dis. Nous avons appris que tu as interdit le commerce des esclaves, hommes et femmes. C’est prĂ©cisĂ©ment ce que Dieu recommande dans cette merveilleuse RĂ©vĂ©lation. Pour cela, Dieu te rĂ©serve une rĂ©compense certaine. Il rĂ©tribue selon son dĂ» l’auteur de toute bonne action, si tu agis selon ce que t’envoie celui qui est l’Omniscient, l’InformĂ©. Quant Ă  celui qui se dĂ©tourne de Dieu et s’enfle d’orgueil aprĂšs avoir reçu les tĂ©moignages Ă©vidents de celui qui rĂ©vĂšle les signes, Dieu rĂ©duira son oeuvre Ă  nĂ©ant. Certes il a pouvoir sur toutes choses. Les actes d’un homme ne sont acceptables que s’il la reconnaĂźt la Manifestation. Quiconque se dĂ©tourne du VĂ©ridique est la plus aveugle de ses crĂ©atures. Ainsi en a dĂ©crĂ©tĂ© celui qui est le Fort, le Tout-Puissant.

(1.173)
Nous avons appris Ă©galement que tu as remis les rĂȘnes du gouvernement entre les mains des reprĂ©sentants du peuple. Tu as certes bien agi car cela renforcera les fondations de l’édifice de tes affaires et rassurera les coeurs de ceux qui vivent sous ton ombre, riches ou pauvres. Il faut cependant qu’ils soient dignes de la confiance des serviteurs de Dieu et qu’ils se considĂšrent comme les reprĂ©sentants de tous ceux qui habitent sur terre. VoilĂ  ce que leur conseille dans cette Tablette celui qui est le Souverain, le TrĂšs-Sage. Quand l’un d’entre eux se dirige vers l’AssemblĂ©e, qu’il tourne son regard vers l’Horizon suprĂȘme et dise : « Ô mon Dieu, par ton Nom le plus glorieux, je te demande de m’aider Ă  faire prospĂ©rer les affaires de tes serviteurs et fleurir tes citĂ©s. En vĂ©ritĂ©, tu as suprĂ©matie sur toutes choses ! » BĂ©ni celui qui entre dans l’AssemblĂ©e pour l’amour de Dieu et rend saine justice entre les hommes. En vĂ©ritĂ©, il est comptĂ© parmi les bienheureux.

(1.174)
Ô vous qui, en chaque pays, reprĂ©sentez les peuples ! RĂ©unissez-vous pour vous consulter et souciez-vous seulement de ce qui profite Ă  l’humanitĂ© et en amĂ©liore les conditions, si vous ĂȘtes de ceux qui sont scrupuleux. ConsidĂ©rez le monde comme s’il Ă©tait un corps humain qui, bien que crĂ©Ă© complet et parfait, souffre de dĂ©sordres et de maladies graves pour beaucoup de raisons. Il n’est pas un jour oĂč il s’amĂ©liore ; au contraire, sa maladie croĂźt en sĂ©vĂ©ritĂ© car il est traitĂ© par des mĂ©decins ignorants qui donnent libre cours Ă  leurs dĂ©sirs et errent cruellement. Et mĂȘme si de temps Ă  autre, un organe de ce corps est guĂ©ri, les autres n’en restent pas moins affligĂ©s. Ainsi vous en informe l’Omniscient, le TrĂšs-Sage.

(1.175)
Nous le trouvons aujourd’hui Ă  la merci de dirigeants si imbus d’orgueil qu’ils ne discernent mĂȘme pas leurs propres avantages, encore moins une rĂ©vĂ©lation aussi dĂ©routante et aussi provocatrice que celle-ci. Et si l’un d’entre eux s’efforce d’amĂ©liorer sa condition, c’est par appĂąt du gain, qu’il l’avoue ou non ; et l’indignitĂ© de ses motifs limite ca capacitĂ© Ă  guĂ©rir ou soigner.

(1.176)
Le remĂšde souverain et l’instrument tout puissant de la guĂ©rison du monde entier est l’union de ses peuples en une Cause universelle, une seule et mĂȘme Foi : voilĂ  ce qu’ordonne le Seigneur. Rien ne peut rĂ©aliser cela, sauf le pouvoir d’un mĂ©decin habile, tout puissant et inspirĂ©. VoilĂ  la seule vĂ©ritĂ©, tout le reste n’est qu’erreur. Chaque fois qu’est apparu cet Instrument tout puissant et que l’Aurore ancienne a lui, des mĂ©decins ignorants l’en ont empĂȘchĂ© et, comme des nuages, se sont interposĂ©s entre lui et le monde. Celui-ci ne peut donc guĂ©rir et sa maladie persiste jusqu’aujourd’hui. Ces mĂ©decins ne peuvent le protĂ©ger ni le soigner alors que celui qui est la Manifestation de puissance parmi les hommes est empĂȘchĂ© d’atteindre son but en raison de ce qu’ont forgĂ© les mains des mĂ©decins ignorants.

(1.177)
Etudie ces jours pendant lesquels est venu la BeautĂ© ancienne sous le plus grand Nom pour vivifier le monde et unir ses peuples. Ceux-ci se sont cependant dressĂ©s contre lui, brandissant des Ă©pĂ©es affĂ»tĂ©es et ont commis ce qui a provoquĂ© les lamentations de l’Esprit de fidĂ©litĂ©. Finalement, ils l’ont emprisonnĂ© dans la plus dĂ©solĂ©e des citĂ©s et rompu le lien qui attachait les fidĂšles au pan de son vĂȘtement. Que quelqu’un leur dise : « Le RĂ©formateur du monde est venu », ils rĂ©pondaient : « Il est prouvĂ© qu’il est un semeur de discorde », et pourtant, ils ne s’étaient associĂ©s Ă  lui en aucune façon ni avaient compris qu’à aucun moment, il avait cherchĂ© Ă  se protĂ©ger. Il Ă©tait en permanence Ă  la merci des malfaiteurs. D’abord, ils l’ont jetĂ© en prison, puis ils l’ont banni et enfin ils l’ont ballottĂ© de pays en pays. Telle est la maniĂšre dont ils nous ont jugĂ©s et vraiment, Dieu sait ce que je dis. De telles personnes, Dieu les tient pour les plus ignorantes de ses crĂ©atures. Ils ont amputĂ© leurs propres membres et ne le voient pas ; ils se sont privĂ©s de ce qu’il leur convient le mieux et ne le savent pas. Ils ressemblent Ă  ces jeunes enfants qui ne distinguent pas le malfaiteur du rĂ©formateur, ni le mauvais du bon. Nous les voyons aujourd’hui enveloppĂ©s dans un voile Ă©vident.

(1.178)
Ô dirigeants de la terre, Pourquoi obscurcir l’éclat du soleil et l’empĂȘcher de briller ? Écoutez le conseil que vous donne la plume du TrĂšs-Haut afin d’atteindre, vous et le pauvre, la paix et la tranquillitĂ©. Nous supplions Dieu d’aider les rois Ă  Ă©tablir la paix sur la terre. En vĂ©ritĂ©, il fait ce qu’il veut.

(1.179)
Ô rois de la terre, nous vous voyons augmenter chaque jour vos dĂ©penses et en faire peser le fardeau sur vos sujets. Quelle honte et quelle injustice ! Craignez les soupirs et les larmes de cet OpprimĂ©, et n’imposez pas de charges trop lourdes sur vos peuples. Ne les dĂ©pouillez pas pour vous construire des palais ; au contraire, choisissez pour eux ce que vous choisissez pour vous-mĂȘmes. Ainsi ouvrons-nous vos yeux sur ce qui vous profite, si vous pouvez le voir. Vos peuples sont votre trĂ©sor. Prenez garde de ne pas violer par vos dĂ©crets les commandements de Dieu et de ne pas livrer vos Ă©tats aux mains des voleurs. C’est par eux que vous rĂ©gner, par eux que vous vous maintenez et avec leur aide que vous conquĂ©rez. Et pourtant quel dĂ©dain dans le regard que vous leur jetez. Étrange, vraiment Ă©trange !

(1.180)
Maintenant que vous refusez la trĂšs grande paix, attachez-vous au moins Ă  promouvoir une moindre paix, afin d’amĂ©liorer votre condition et celle de vos sujets.

(1.181)
Ô dirigeants de la terre, rĂ©conciliez-vous de maniĂšre Ă  vous passer d’armements sauf pour maintenir la sĂ©curitĂ© de vos territoires et possessions. Faites attention de ne pas mĂ©connaĂźtre le conseil de l’Omniscient, du FidĂšle.

(1.182)
Soyez unis, ĂŽ rois de la terre, pour apaiser la tempĂȘte de la discorde entre vous et apporter la tranquillitĂ© Ă  vos peuples, si vous pouvez le comprendre. Si l’un de vous prend les armes contre un autre, levez-vous pour vous opposer Ă  lui, car ce n’est que justice Ă©vidente. Ainsi vous en avions-nous dĂ©jĂ  adjurĂ©s dans une tablette antĂ©rieure [nota : SĂșriy-i-MulĂșk], et vous sommons Ă  nouveau de suivre ce qu’a rĂ©vĂ©lĂ© celui qui est le Tout-Puissant, le TrĂšs-Sage. Si quelqu’un cherche refuge auprĂšs de vous, accordez-lui votre protection et ne le trahissez pas. Tel est le conseil de la plume du TrĂšs-Haut, que vous prodigue celui qui est l’Omniscient, l’InformĂ©.

(1.183)
Prenez garde de ne pas agir comme le fit le roi de l’islam [nota : le Sultan de Turquie] lorsque nous rĂ©pondĂźmes Ă  son invitation. Ses ministres prononcĂšrent contre nous un jugement inique qui provoqua les lamentations de toute la crĂ©ation et consuma le coeur de ceux qui sont proches de Dieu. Les vents de l’ego et de la passion les ont ballottĂ©s Ă  leur grĂ© et nous les avons tous trouvĂ©s privĂ©s de constance. En vĂ©ritĂ©, ils sont au nombre des Ă©garĂ©s.

(1.184)
Donne-toi libre cours, ĂŽ Plume de l’Ancien des jours, et laisse les Ă  eux-mĂȘmes car ils sont plongĂ©s dans leurs vaines imaginations. Invoque la Reine pour qu’elle dirige un coeur pur vers la scĂšne de la gloire transcendante, n’empĂȘche pas son regard de se porter sur son Seigneur, l’Ordonnateur suprĂȘme et informe-toi de ce qui est rĂ©vĂ©lĂ© dans les livres et tablettes du CrĂ©ateur - Lui, qui jette son ombre sur le soleil et Ă©clipse la lune ; lui, par qui l’appel est lancĂ© entre ciel et terre.

(1.185)
Tourne-toi vers Dieu et dis : O Seigneur, mon Roi, je ne suis pour toi qu’un vassal et toi, en vĂ©ritĂ©, tu es le Roi des rois. Je tends des mains suppliantes vers le ciel de ta grĂące et de ta gĂ©nĂ©rositĂ©. Fais descendre sur moi des nuĂ©es de ta munificence ce qui me dĂ©tachera de tout autre que toi, et me rapprochera de toi. Ô mon Seigneur, par ton nom que tu as fait le roi des noms et la manifestation de toi-mĂȘme pour tous ceux qui sont au ciel et sur terre, je te supplie de dĂ©chirer les voiles qui s’interposent entre moi et la reconnaissance de l’Aurore de tes signes, et de l’Aube de ta rĂ©vĂ©lation. Tu es en vĂ©ritĂ©, le Tout-Puissant, l’Omnipotent, le TrĂšs-GĂ©nĂ©reux. Ô mon Seigneur, ne me prive pas, en tes jours, des parfums suaves du vĂȘtement de ta clĂ©mence et Ă©cris pour moi ce que tu as Ă©crit pour tes servantes qui ont cru en toi et en tes signes, qui t’ont reconnu, et ont tournĂ© leur coeur vers l’horizon de ta cause. Tu es en vĂ©ritĂ©, le Seigneur des mondes et de ceux dont a pitiĂ© le Magnanime. Ô mon Dieu, aide-moi Ă  rappeler ton souvenir parmi tes servantes et Ă  soutenir ta cause sur la terre. Oublie ce qui m’a Ă©chappĂ© lorsque ta face rayonna de lumiĂšre. Certes, tu as pouvoir sur toutes choses. Que la gloire soit sur toi, ĂŽ toi qui tiens dans ta main le royaume des cieux et de la terre !


F) NĂĄsiri'd-DĂ­n ShĂĄh (Lawh-i-Sultan)

(1.186)
Ô roi terrestre ! Entends l’appel de ce vassal : En vĂ©ritĂ©, je suis un serviteur qui croit en Dieu et en ses signes et qui s’est sacrifiĂ© en son chemin. En portent tĂ©moignage les malheurs qui m’affligent, malheurs tels qu’aucun homme n’en a jamais supportĂ©. Mon Seigneur l’Omniscient tĂ©moigne de la vĂ©ritĂ© de mes paroles. Je n’ai fait qu’appeler les hommes Ă  Dieu, ton Seigneur et le Seigneur des mondes, et par amour de lui j’ai endurĂ© des afflictions telles que la crĂ©ation n’en avait jamais vues. En tĂ©moignent ceux que les voiles de l’imagination humaine n’ont pas empĂȘchĂ© de se tourner vers la plus sublime vision et, au-delĂ  d’eux celui qui possĂšde la connaissance de toute chose sur la Tablette prĂ©servĂ©e.

(1.187)
Chaque fois que les nuages de tribulations laissaient pleuvoir les flĂšches de l’affliction sur le chemin de Dieu, le Seigneur de tous les noms, je me suis hĂątĂ© Ă  leur rencontre, ainsi qu’en attestera toute Ăąme juste et judicieuse. Nombreuses furent les nuits pendant lesquelles les bĂȘtes des champs reposaient dans leur taniĂšre et les oiseaux du ciel dans leurs nids alors que cet Adolescent languissait dans ses chaĂźnes et ses fers avec personne pour le secourir !

(1.188)
Souviens-toi de la misĂ©ricorde de Dieu ; comment, alors que tu Ă©tais emprisonnĂ© avec d’autres, il te dĂ©livra et t’aida, par les milices du visible et de l’invisible, jusqu’à ce que le Roi t’envoie en Irak aprĂšs que nous lui ayons montrĂ© que tu ne faisais pas partie des fauteurs de troubles. Ceux qui suivent leurs dĂ©sirs corrompus et rejettent la crainte de Dieu font vraiment une grave erreur. Nous nous tenons Ă  l’écart de ceux qui mettent le dĂ©sordre dans un pays, rĂ©pandent le sang des uns et s’approprient le bien des autres ; nous supplions Dieu de ne pas nous associer avec eux, que ce soit dans ce monde oĂč dans le monde Ă  venir, sauf s’ils s’en repentaient devant lui. Il est vraiment le plus misĂ©ricordieux des misĂ©ricordieux.

(1.189)
Quiconque se tourne vers Dieu doit se distinguer des autres par chacun de ses actes et doit suivre ce que le Livre lui enjoint. Ainsi en est-il décrété dans une épßtre explicite. Quant à ceux qui rejettent les commandements de Dieu et suivent les incitations de leurs propres désirs, ils font vraiment une erreur grave

(1.190)
Ô roi ! Par ton Seigneur, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux, je te supplie de jeter un regard gĂ©nĂ©reux sur tes serviteurs et de les traiter avec justice, afin que Dieu puisse te traiter avec misĂ©ricorde. Ton Seigneur a le pouvoir de faire ce qu’il lui plaĂźt. Le monde, ses humiliations et sa gloire passeront mais la souverainetĂ© sera toujours Ă  Dieu, le Plus-LouĂ©, l’Omniscient.

(1.191)
Dis : Il alluma la lampe de la parole et la nourrit de l’huile de la sagesse et de la comprĂ©hension. Ton Seigneur, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux, est trop Ă©levĂ© pour que quiconque dans l’univers rĂ©siste Ă  sa Foi. Il rĂ©vĂšle ce qu’il veut par le pouvoir de sa souveraine puissance et protĂšge sa rĂ©vĂ©lation d’une armĂ©e de ses anges prĂ©fĂ©rĂ©s. Il est exaltĂ© au-dessus de ses serviteurs et exerce un pouvoir indiscutable sur sa crĂ©ation. Il est, en vĂ©ritĂ©, l’Omniscient, le TrĂšs-Sage.

(1.192)
Ô roi ! Je n’étais qu’un homme comme tant d’autres, endormi sur ma couche, lorsque soudain les brises du TrĂšs-Glorieux passĂšrent sur moi et m’enseignĂšrent la science de tout ce qui fut. Ceci ne vient pas de moi mais de celui qui est le Tout-Puissant et l’Omniscient. Il m’ordonna d’élever la voix entre la terre et le ciel et, pour cela, il m’advint ce qui a fait couler les larmes de tout homme de discernement. Les sciences rĂ©pandues parmi les hommes, je ne les ai pas Ă©tudiĂ©es ; leurs Ă©coles, je ne les ai jamais frĂ©quentĂ©es. Renseigne-toi dans la ville oĂč j’habitais pour t’assurer que je ne mens pas. Voici une simple feuille qu’agitent les vents de la volontĂ© de ton Seigneur, le Tout-Puissant, le LouĂ©. Peut-elle rester immobile alors qu’ils se dĂ©chaĂźnent ? Par le Seigneur de tous les noms et attributs, ils la dĂ©placent Ă  leur grĂ©. L’éphĂ©mĂšre n’est que nĂ©ant face Ă  l’éternel. Son ordre irrĂ©sistible me parvint et me fit cĂ©lĂ©brer sa louange parmi les peuples. En vĂ©ritĂ©, quand cet ordre me parvint j’étais comme mort ; la main de la volontĂ© de ton Seigneur, le Compatissant, le MisĂ©ricordieux, me transforma. Par celui qui rĂ©vĂ©la les mystĂšres Ă©ternels Ă  la Plume, qui, sinon celui qui fut fortifiĂ© par la grĂące du Tout-Puissant, de l’Omnipotent, pourrait de lui-mĂȘme clamer ce que contesteront tous les hommes, grands et petits ?

(1.193)
La plume du TrĂšs-Haut s’adressa Ă  moi, disant : N’aie crainte ! Conte Ă  sa majestĂ© le Shah ce qui t’est arrivĂ©. En vĂ©ritĂ©, son coeur est entre les mains de ton Seigneur, le Dieu de misĂ©ricorde, afin que brille le soleil de justice et de gĂ©nĂ©rositĂ© depuis l’horizon de son coeur. Ainsi le dĂ©cret fut-il rĂ©vĂ©lĂ© par celui qui est le TrĂšs-Sage.

(1.194)
Ô roi, considĂšre cet Adolescent avec justice puis porte un jugement impartial sur ce qui lui est arrivĂ©. En vĂ©ritĂ©, Dieu a fait de toi son ombre parmi les hommes et le symbole de son pouvoir sur tous ceux qui vivent sur terre. Tranche entre nous et ceux qui nous firent du mal sans preuve ni livre probant. Ceux qui t’entourent ne t’aiment que par intĂ©rĂȘt alors que cet Adolescent t’aime pour ton bien et n’a d’autre dĂ©sir que de t’attirer vers le siĂšge de grĂące et de te placer Ă  la droite de la justice. Ton seigneur tĂ©moigne de ce que je dis.

(1.195)
Ô roi, tends l’oreille vers le grincement de la plume de gloire et vers le roucoulement de la colombe d’éternitĂ© qui, sur les branches de l’arbre sacrĂ© au-delĂ  duquel nul ne passe, chante les louanges de Dieu, l’auteur de tous les noms, et le crĂ©ateur de la terre et du ciel. Alors tu t’élĂšveras en un lieu d’oĂč tu ne verras rien d’autre dans le monde de l’existence que l’éclat de l’AdorĂ©, tu considĂ©reras ta souverainetĂ© comme la plus mĂ©prisable de tes possessions l’abandonnant Ă  quiconque la convoiterait, et tu tourneras ton visage vers l’horizon Ă©clairĂ© de la lumiĂšre de sa Face. Tu refuseras Ă  jamais de supporter le poids du pouvoir sauf dans le but d’aider ton Seigneur, l’ExaltĂ©, le TrĂšs-Haut. BĂ©ni seras-tu alors par l’assemblĂ©e cĂ©leste. Ô que cet Ă©tat sublime est excellent, si tu peux y parvenir grĂące au pouvoir d’une souverainetĂ© que l’on sait dĂ©couler du Nom de Dieu !

(1.196)
Il en est qui affirment que cet Adolescent n’a d’autre but que de perpĂ©tuer son nom, alors que d’autres prĂ©tendent qu’il recherche pour lui-mĂȘme les vanitĂ©s terrestres, en dĂ©pit du fait que jamais, au cours de ma vie, je n’ai trouvĂ© d’endroit sĂ»r, si petit soit-il. J’ai toujours Ă©tĂ© immergĂ© dans une mer de tribulations dont seul Dieu connaĂźt l’ampleur. Il sait de quoi je parle. Combien de fois mes bien-aimĂ©s furent-ils profondĂ©ment choquĂ©s par mes afflictions, combien de nuits mes proches ont-ils pleurĂ© amĂšrement et se sont-ils lamentĂ©s en craignant pour ma vie ! Qui peut nier cela si ce n’est un menteur ? Est-il concevable que celui qui s’attend Ă  perdre la vie Ă  tout instant recherche les vanitĂ©s terrestres ? Quelles Ă©tranges idĂ©es ont ceux qui parlent poussĂ©s par leurs lubies et qui errent dans le dĂ©sert de l’égoĂŻsme et des passions ! Avant peu, on leur demandera compte de leurs paroles et alors ils ne trouveront aucun ami pour les aider.

(1.197)
Il en est d’autres qui prĂ©tendent qu’il ne croit pas en Dieu ; pourtant chaque membre de mon corps tĂ©moigne qu’il n’est pas d’autre Dieu que lui ; que ceux qu’il a Ă©levĂ©s en vĂ©ritĂ© et envoyĂ©s au loin sous sa guidance sont les manifestations de ses noms les plus excellents, les rĂ©vĂ©lateurs de ses attributs trĂšs exaltĂ©s et les dĂ©positaires de sa rĂ©vĂ©lation dans le royaume de sa crĂ©ation. GrĂące Ă  eux, la preuve de Dieu se parfait pour tous sauf pour lui, l’étendard de l’unitĂ© divine se dresse et le symbole de la saintetĂ© devient manifeste ; par eux, chaque Ăąme trouve un chemin vers le Seigneur du TrĂŽne cĂ©leste. Nous tĂ©moignons qu’il n’est d’autre Dieu que lui, qu’éternellement il est seul, que personne n’est Ă  ses cĂŽtĂ©s et qu’il sera pour l’éternitĂ© ce qu’il a toujours Ă©tĂ©. Trop Ă©levĂ© est le TrĂšs-MisĂ©ricordieux pour que le coeur de ceux qui l’ont reconnu apprĂ©hende sa vraie nature ou pour que l’intelligence des hommes espĂšre sonder son essence. Il est exaltĂ© au-dessus de la comprĂ©hension de tous sauf de lui-mĂȘme et sanctifiĂ© au-delĂ  de la comprĂ©hension de tout autre que lui. De toute Ă©ternitĂ© il est indĂ©pendant de la crĂ©ation tout entiĂšre.

(1.198)
Souviens-toi des jours oĂč le soleil de BathĂĄ [nota : Muhammad] brillait Ă  l’horizon de la volontĂ© de ton Seigneur, l’ExaltĂ©, le TrĂšs-Haut ; rappelle-toi de quelle maniĂšre les religieux de ce temps-lĂ  se dĂ©tournĂšrent de lui, comment les Ă©rudits s’opposĂšrent Ă  lui et tu auras peut-ĂȘtre une chance d’apprĂ©hender ce qui, en ce jour, reste cachĂ© derriĂšre les voiles de gloire. Son sort devint si terrible qu’il demanda Ă  ses compagnons de se disperser. Tel fut le dĂ©cret rĂ©vĂ©lĂ© du ciel de la gloire divine. Souviens-toi aussi que, lorsque l’un de ces mĂȘmes compagnons arrivant devant le roi d’Éthiopie, lui rĂ©cita une sourate du Coran, celui-ci dĂ©clara Ă  ses serviteurs : « En vĂ©ritĂ©, ceci a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© par celui qui est l’Omniscient, le TrĂšs-Sage. Quiconque reconnaĂźt la vĂ©ritĂ© et croit dans les enseignements de JĂ©sus, ne peut renier ce qui vient d’ĂȘtre rĂ©citĂ©. En vĂ©ritĂ©, nous tĂ©moignons de son exactitude de mĂȘme que nous tĂ©moignons qu’en vĂ©ritĂ©, nous possĂ©dons des Livres de Dieu, le Secours, l’Absolu. »

(1.199)
Ô roi ! Je le jure par Dieu ! Si tu tendais l’oreille aux mĂ©lodies de ce rossignol qui, selon l’ordre de ton Seigneur, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux, module des chants mĂ©lodieux dans le buisson mystique, tu renoncerais Ă  ta souverainetĂ©, tu te tournerais vers cette scĂšne de gloire transcendante, cet Ă©tat Ă  l’horizon duquel brille le Livre de l’Aube [voir : Coran 17.78] et tu dĂ©penserais tout ce que tu possĂšdes dans ton ardeur Ă  obtenir ce qui est Ă  Dieu. Tu te trouverais alors au sommet de l’exaltation et de la gloire, au pinacle de la majestĂ© et de l’indĂ©pendance. Le dĂ©cret en est inscrit dans le Livre-MĂšre par la plume du TrĂšs-MisĂ©ricordieux. À quoi sert ce que tu possĂšdes aujourd’hui et qui demain sera Ă  d’autres ? Choisis pour toi ce que Dieu a choisi pour ses Ă©lus et Dieu t’accordera une puissante souverainetĂ© dans son royaume. Nous supplions Dieu d’aider Ta MajestĂ© Ă  entendre ce verbe dont la lumiĂšre enveloppe le monde, et de te protĂ©ger de ceux qui sont loin de la cour de sa prĂ©sence.

(1.200)
Gloire Ă  toi, ĂŽ Seigneur, mon Dieu ! Nombreuses en ton sentier sont les tĂȘtes dressĂ©es Ă  la pointe des piques et nombreuses les poitrines qui sont la cible des flĂšches pour ton bon plaisir ! Nombreux les coeurs lacĂ©rĂ©s pour l’exaltation de ton Verbe et la promotion de ta cause, et innombrables les yeux qui pleurent Ă  chaudes larmes pour l’amour de toi ! Ô toi qui es le Roi des rois et qui as pitiĂ© des humbles ! Par ton Plus grand Nom dont tu as fait l’Aurore de tes noms les plus excellents et l’Orient de tes attributs trĂšs exaltĂ©s, je t’implore de supprimer les voiles qui s’interposent entre toi et tes crĂ©atures et de supprimer ce qui les empĂȘche de se tourner vers l’horizon de ta rĂ©vĂ©lation. Ô mon Dieu, par ton Nom trĂšs exaltĂ©, fais qu’ils se tournent de la gauche de l’oubli et de l’illusion vers la droite de la connaissance et de la certitude, afin qu’ils comprennent ce que ta gĂ©nĂ©rositĂ© et ta grĂące dĂ©sirent pour eux et qu’ils dirigent leurs visages vers celui qui est la Manifestation de ta cause et le RĂ©vĂ©lateur de tes signes.

(1.201)
Ô mon Dieu ! Tu es le TrĂšs-gĂ©nĂ©reux dont la grĂące est infinie. Ne retiens pas tes serviteurs loin de l’ocĂ©an trĂšs puissant oĂč gisent les perles de ta connaissance et de ta sagesse, et ne les dĂ©tourne pas du portail que tu as largement ouvert pour tous ceux qui sont au ciel et pour tous ceux qui sont sur la terre. Ô Seigneur ! Ne les abandonne pas Ă  eux-mĂȘmes car ils ne comprennent rien et s’éloignent de ce qui est meilleur pour eux que tout ce que tu as crĂ©Ă© sur la terre. Ô mon Dieu, jette sur eux un regard favorable et bienveillant, libĂšre-les de l’égoĂŻsme et de la passion afin qu’ils se rapprochent de ton horizon trĂšs exaltĂ©, goĂ»tent Ă  la douceur de ton souvenir et se rĂ©galent de ce pain que tu as fait descendre du ciel de ta volontĂ© et du firmament de ta grĂące. De toute Ă©ternitĂ© ta gĂ©nĂ©rositĂ© embrasse la crĂ©ation tout entiĂšre et ta misĂ©ricorde surpasse tout. Il n’est de Dieu que toi, qui toujours pardonnes, le TrĂšs-Compatissant.

(1.202)
Sois glorifiĂ©, ĂŽ Seigneur, mon Dieu ! Tu sais que mon coeur fond pour ta cause et que le feu de ton amour fait bouillir le sang dans mes veines Ă  tel point que chaque goutte proclame au plus profond de moi-mĂȘme : « Ô mon seigneur, le TrĂšs-Haut, laisse-moi me rĂ©pandre sur le sol par amour de toi pour que de ce coeur jaillisse ce que tu as dĂ©cidĂ© dans tes Ă©pĂźtres et que tu as cachĂ© aux yeux de tous Ă  l’exception de ceux de tes serviteurs qui ont goĂ»tĂ©, des mains de ta grĂące, au flot cristallin de la connaissance, et qui ont bu, Ă  la coupe de tes dons, l’eau fraĂźche de la comprĂ©hension.

(1.203)
Ô mon Dieu, tu sais que dans toutes mes affaires, je n’ai cherchĂ© qu’à obĂ©ir Ă  ton ordre, que dans chacune de mes paroles je n’ai voulu que chanter tes louanges et que dans tout ce qui est issu de ma plume je n’ai voulu que gagner ton bon plaisir et rĂ©vĂ©ler ce que tu m’as ordonnĂ© par ta souverainetĂ©.

(1.204)
Ô mon Dieu, tu me vois perdu dans ton pays. Chaque fois que j’évoque ce que tu m’as commandĂ© de dire, tes crĂ©atures se moquent de moi. Et pourtant, si je nĂ©gligeais ce que tu m’as demandĂ© d’observer, je mĂ©riterais la verge de ta colĂšre et serais Ă©loignĂ© des prairies de ton approche. Mais, par ta gloire ! j’ai tournĂ© mon visage vers ton bon plaisir et me suis dĂ©tournĂ© de ce en quoi tes serviteurs ont placĂ© leurs affections. J’ai pris tout ce qui est Ă  toi en abandonnant tout ce qui me conduirait loin des retraites de ta proximitĂ© et des hauteurs de ta gloire. Je le jure par ton pouvoir ! Le coeur plein de ton amour, rien ne peut m’alarmer et dans le chemin de ton bon plaisir toutes les afflictions du monde ne peuvent me dĂ©courager. Mais tout ceci n’est dĂ» qu’à ton pouvoir et Ă  ta puissance, Ă  ta gĂ©nĂ©rositĂ© et Ă  ta grĂące, et non Ă  mon propre mĂ©rite.

(1.205)
Cette Ă©pĂźtre, ĂŽ mon Dieu, j’ai dĂ©cidĂ© de l’envoyer au roi. Tu sais que mon seul souhait c’est qu’il soit juste envers tes serviteurs et qu’il Ă©tende ses faveurs au peuple de ton royaume. Je ne dĂ©sire pour moi que ce que tu dĂ©sires, et par ton aide, je ne souhaite que ce que tu souhaites. PĂ©risse l’ñme qui recherche prĂšs de toi un autre que toi ! Je le jure par ta gloire ! Mon souhait le plus cher est ton bon plaisir et ton dessein mon plus grand espoir. Ô mon Dieu, aie pitiĂ© de cette pauvre crĂ©ature qui s’accroche au pan du vĂȘtement de tes richesses, de cette Ăąme suppliante qui te conjure par ces mots : « Tu es en vĂ©ritĂ© le Seigneur de puissance et de gloire ! » Ô mon Dieu, aide Sa MajestĂ© le Shah, Ă  garder tes lois parmi tes serviteurs et Ă  manifester ta justice parmi tes crĂ©atures, afin qu’il traite ces gens comme il traite les autres. Tu es, en vĂ©ritĂ©, le Dieu de pouvoir, de gloire et de sagesse.

(1.206)
Avec la permission du roi de ce jour, ce serviteur voyagea du siĂšge de la souverainetĂ© [nota : TĂ©hĂ©ran] jusqu’en Irak oĂč il sĂ©journa douze ans. Pendant toute cette pĂ©riode, aucune explication sur notre situation ne fut prĂ©sentĂ©e Ă  la cour de ta prĂ©sence et aucun rapport ne fut envoyĂ© aux Puissances Ă©trangĂšres. Plaçant toute notre confiance en Dieu, nous restĂąmes dans ce pays jusqu’à l’arrivĂ©e d’un haut fonctionnaire [nota : MĂ­rzĂĄ Buzurg KhĂĄn, Consul gĂ©nĂ©ral persan Ă  Bagdad] qui dĂšs son arrivĂ©e entreprit le harassement de cette pauvre communautĂ© d’exilĂ©s. À l’instigation de quelques soi-disant Ă©rudits et d’autres individus, il crĂ©a, jour aprĂšs jour, des problĂšmes Ă  ces serviteurs bien que ceux-ci n’aient jamais commis aucun acte rĂ©prĂ©hensible contre l’État et ses peuples ou contraire aux lois et coutumes des citoyens du royaume.

(1.207)
Craignant que les actes de ces transgresseurs produisent des effets contraires Ă  ton jugement souverain, ce serviteur Ă©crivit un bref rĂ©cit de la situation Ă  MĂ­rzĂĄ Sa’íd KhĂĄn [nota : le Mu’taminu’l-Mulk, MĂ­rzĂĄ Sa’íd KhĂĄn-i-AnáčŁarĂ­, ministre des Affaires Ă©trangĂšres] des Affaires Ă©trangĂšres. Il aurait pu ainsi le soumettre Ă  la royale prĂ©sence de sorte qu’aurait Ă©tĂ© respectĂ© quoique ce soit que tu aies dĂ©crĂ©tĂ© Ă  ce sujet. Un long temps s’écoula, et aucun dĂ©cret ne fut publiĂ©. Les choses en arrivĂšrent Ă  un point tel que d’imminentes luttes et tueries furent Ă  craindre. Le besoin de protĂ©ger les serviteurs de Dieu contraignit quelques-uns d’entre eux Ă  faire appel au gouverneur d’Irak.

(1.208)
Si tu regardais ces Ă©vĂšnements avec Ă©quitĂ©, il serait clair et Ă©vident dans le miroir de ton coeur que ce qui arriva Ă©tait le rĂ©sultat des circonstances et qu’il n’y avait pas d’autre choix. Sa MajestĂ© elle-mĂȘme constate que dans toutes les villes oĂč rĂ©side un certain nombre de ces gens, l’hostilitĂ© de certains fonctionnaires a allumĂ© la flamme de la dispute et de la discorde. Cette Ăąme humble, depuis son arrivĂ©e en Irak, a interdit Ă  tous de s’engager dans la lutte et les dissensions. Les tĂ©moins de ce serviteur sont ses actes, et tous savent et peuvent tĂ©moigner qu’en Irak, oĂč vivent ces gens en nombre plus grand que nulle part ailleurs, jamais aucun d’eux n’a outrepassĂ© ses limites, ni agressĂ© ses voisins. Fixant leur regard sur Dieu et plaçant en lui toute leur confiance, ils vivent en paix maintenant depuis plus de quinze ans et, dans tous les Ă©vĂšnements qui leur sont arrivĂ©s ils se sont montrĂ©s patients et rĂ©signĂ©s Ă  la volontĂ© de Dieu.

(1.209)
AprĂšs l’arrivĂ©e de ce serviteur en la citĂ© d’Andrinople, quelques individus, d’Irak et d’ailleurs, s’enquirent du sens de l’expression « porter assistance Ă  Dieu » qui est citĂ©e dans les Écritures saintes. On donna plusieurs rĂ©ponses, dont l’une est formulĂ©e dans ce texte, qui peut prouver clairement, en la cour de ta prĂ©sence, que ce serviteur n’a d’autre but que de promouvoir l’amĂ©lioration et le bien-ĂȘtre du monde. Et si certaines des faveurs divines qui, aussi indigne que je sois, me furent octroyĂ©es par le bon plaisir de Dieu ne sont pas Ă©videntes et manifestes, il sera au moins Ă©tabli que dans sa misĂ©ricorde et sa grĂące infinies, il n’a pas privĂ© mon coeur de l’ornement de la raison. Voici le passage concernant le sens de « porter assistance Ă  Dieu ».

Il est Dieu. Que sa gloire soit exaltée !

(1.210)
Il est clair et Ă©vident que le seul vrai Dieu - GlorifiĂ©e soit sa mention ! - est sanctifiĂ© au-delĂ  du monde et de tout ce qu’il contient. Par « porter assistance Ă  Dieu » nous n’entendons pas qu’une Ăąme doive se battre ou en affronter une autre. Le souverain Seigneur qui fait ce qui lui plaĂźt a confiĂ© le royaume de la crĂ©ation, ses terres et ses mers, aux mains des rois qui sont, selon ce qu’il a dĂ©crĂ©tĂ©, les manifestations de son pouvoir divin. S’ils s’abritaient Ă  l’ombre du VĂ©ridique, ils seraient considĂ©rĂ©s comme du parti de Dieu ; sinon, ton Seigneur sait vraiment et remarque tout.

(1.211)
Ce que Dieu - que son nom soit glorifiĂ© - dĂ©sire pour lui-mĂȘme, c’est le coeur de ses serviteurs, qui sont les trĂ©sors de son amour et de son souvenir ainsi que les chĂąsses de sa connaissance et de sa sagesse. C’est le voeu permanent du Roi Ă©ternel de libĂ©rer le coeur de ses serviteurs des choses de ce monde et de tout ce qui en dĂ©pend afin qu’ils deviennent les dignes bĂ©nĂ©ficiaires de la splendeur de celui qui est le Roi de tous les noms et de tous les attributs. Ainsi, aucun Ă©tranger ne doit ĂȘtre admis dans la citĂ© du coeur afin que l’Ami incomparable puisse entrer dans son foyer. Par lĂ  on entend la splendeur de ses noms et de ses attributs, non pas son essence exaltĂ©e car ce Roi incomparable a toujours Ă©tĂ© et sera toujours sanctifiĂ© de l’élĂ©vation et de l’abaissement.

(1.212)
Il s’ensuit que l’expression « porter assistance Ă  Dieu » ne signifie pas, en ce jour, affronter quelqu’un ou entrer en conflit avec lui. Loin de lĂ  ! ce qui est prĂ©fĂ©rable aux yeux de Dieu, c’est que les citĂ©s du coeur des hommes, qui sont dirigĂ©es par les armĂ©es de l’égoĂŻsme et de la passion, soient soumises par l’épĂ©e de la parole, de la sagesse et de la comprĂ©hension. Ainsi, quiconque cherche Ă  aider Dieu doit, avant toute chose, conquĂ©rir par l’épĂ©e du sens spirituel et de l’explication, la citĂ© de son propre coeur, la protĂ©ger du souvenir de tout sauf Dieu et ensuite seulement partir Ă  la conquĂȘte des citĂ©s du coeur des autres.

(1.213)
C’est cela le vrai sens de l’expression « porter assistance Ă  Dieu ». La sĂ©dition n’a jamais plu Ă  Dieu, pas plus qu’il n’accepta les actes commis dans le passĂ© par certains sots. Sache qu’ĂȘtre tuĂ© dans la voie de son bon plaisir vaut mieux pour toi que tuer. En ce jour, les bien-aimĂ©s du Seigneur doivent se conduire parmi ses serviteurs, en sorte que leurs actes guident les hommes vers le paradis du TrĂšs-Glorieux.

(1.214)
Par celui qui brille Ă  l’orient de saintetĂ© ! Les amis de Dieu ne placent pas et ne placeront jamais leurs espoirs dans le monde et dans ses possessions Ă©phĂ©mĂšres. Le seul vrai Dieu a toujours considĂ©rĂ© que le coeur des hommes lui appartient d’une maniĂšre exclusive. C’est aussi une expression de sa misĂ©ricorde qui surpasse tout, afin qu’ainsi les Ăąmes mortelles soient Ă©purĂ©es et sanctifiĂ©es de tout ce qui appartient au monde de poussiĂšre et entrent aux royaumes d’éternitĂ©. Sinon, ce Roi idĂ©al, en lui-mĂȘme et par lui-mĂȘme, se suffit Ă  lui-mĂȘme et est indĂ©pendant de tout. L’amour de ses crĂ©atures ne saurait lui profiter et leur malveillance ne saurait lui nuire. Tous viennent de la poussiĂšre, tous retourneront Ă  la poussiĂšre cependant que le vrai Dieu, le seul et l’unique, est Ă©tabli sur son trĂŽne, un trĂŽne qui est au-delĂ  du temps et de l’espace, sanctifiĂ© au-delĂ  de toute parole ou expression, allusion, description et dĂ©finition, exaltĂ© au-delĂ  de toute notion d’abaissement et de glorification. Cela nul ne le sait sauf lui et ceux qui ont la connaissance du Livre. Il n’est de Dieu que lui, le Tout-Puissant, le Bienfaisant.

(1.215)
Mais il revient Ă  la bienveillance du souverain d’examiner tous les problĂšmes avec l’oeil de la justice et de la misĂ©ricorde et de ne pas se contenter des accusations sans fondements de certains individus. Nous supplions Dieu d’aider gĂ©nĂ©reusement le roi Ă  accomplir ce qu’il Lui plaĂźt ; en vĂ©ritĂ©, ce qu’il dĂ©sire devrait ĂȘtre le dĂ©sir de tous les mondes.

(1.216)
Plus tard, ce serviteur fut sommĂ© de venir Ă  Constantinople oĂč nous arrivĂąmes en compagnie de quelques pauvres exilĂ©s. Nous n’avons jamais cherchĂ© Ă  rencontrer quelqu’un puisque nous n’avions rien Ă  demander et que notre seul but Ă©tait de dĂ©montrer Ă  tous que ce serviteur n’avait pas l’esprit malfaisant et ne s’était jamais associĂ© Ă  des semeurs de discorde. Par Celui qui pousse la langue de tous les ĂȘtres Ă  chanter ses louanges, il fallut bien prendre des mesures pour protĂ©ger certaines Ăąmes puisque certaines circonstances rendaient difficiles l’installation dans n’importe quel quartier. Mon Seigneur sait ce qui est en moi et il tĂ©moigne de la vĂ©ritĂ© de ce que je dis.

(1.217)
Un roi juste est l’ombre de Dieu sur la terre. Tous devraient chercher refuge Ă  l’ombre de sa justice et se reposer Ă  l’abri de ses faveurs. Il ne s’agit pas d’un sujet particulier ou limitĂ© dans ses perspectives, que l’on pourrait appliquer Ă  l’un ou Ă  l’autre car l’ombre nous rappelle celui qui la projette. Dieu, glorifiĂ© soit son souvenir, s’est appelĂ© lui-mĂȘme le Seigneur des mondes car il a nourri et nourrit toujours tout le monde. Et glorifiĂ©e soit sa grĂące qui prĂ©cĂšde toutes choses crĂ©Ă©es et sa misĂ©ricorde qui surpasse les mondes.

(1.218)
Il est clair et Ă©vident que ceux qui se sont associĂ©s Ă  cette Cause, qu’elle soit considĂ©rĂ©e par les autres comme juste ou non, l’ont acceptĂ©e comme vraie et qu’ils ont tout abandonnĂ© dans leur dĂ©sir de participer aux choses divines. Qu’ils montrent une telle renonciation dans la voie de l’amour du TrĂšs-MisĂ©ricordieux est un tĂ©moignage fidĂšle et Ă©loquent de la vĂ©ritĂ© de leurs convictions. A-t-on jamais vu un homme de bon sens sacrifier sa vie sans motif ni raison ? Il est tout aussi improbable de suggĂ©rer que ces gens ont perdu l’esprit, car une telle attitude n’est pas l’apanage d’une ou deux personnes. Au contraire, une grande multitude de gens venant de classes diffĂ©rentes burent leur content des eaux vivifiantes de la connaissance divine et, intoxiquĂ©s, se prĂ©cipitĂšrent, coeur et Ăąme, vers le champ du sacrifice dans la voie du Bien-aimĂ©.

(1.219)
Si ces Ăąmes, qui ont renoncĂ© Ă  tout sauf Ă  Dieu par amour de lui et ont offert leur vie dans son sentier, doivent ĂȘtre vues comme des imposteurs, qu’offrent les autres pour prouver leurs assertions en ta prĂ©sence ? Feu HĂĄjĂ­ Siyyid Muhammad [nota : ÁqĂĄ Siyyid Muhammad-i-áčŹabĂĄtabá’iy-i-IáčŁfĂĄhĂĄnĂ­, connu comme « MujĂĄhid »] - Que Dieu exalte son rang et le plonge dans l’ocĂ©an de son pardon et de sa misĂ©ricorde ! - fut l’un des clercs les plus Ă©rudits de son temps, l’un des hommes les plus dĂ©vot et pieux. Il Ă©tait si bien considĂ©rĂ© que tous le louaient et reconnaissaient sa droiture et sa piĂ©tĂ©. Pourtant, lors de la guerre avec la Russie [nota : la seconde guerre russo-persane de 1825-28] lui qui avait signĂ© le dĂ©cret de la guerre sainte et qui, banniĂšre au vent, avait quittĂ© son pays natal pour dĂ©fendre sa foi, abandonna, aprĂšs la violence d’une brĂšve Ă©chauffourĂ©e, toutes ses bonnes intentions et s’en retourna d’oĂč il Ă©tait venu. Si seulement le voile pouvait se lever et les yeux des hommes dĂ©couvrir ce qui Ă©tait jusqu’à prĂ©sent cachĂ© !

(1.220)
Depuis plus de vingt ans, ces gens sont, jour et nuit, victimes du courroux furieux du souverain et les orages impĂ©tueux de son dĂ©plaisir les ont dissĂ©minĂ©s dans diffĂ©rents pays. Combien d’enfants devinrent orphelins et combien de pĂšres perdirent leurs fils ! Combien de mĂšres n’eurent pas le courage, sous la peur ou la menace, de pleurer leurs enfants assassinĂ©s ! Combien qui, riches et influents le soir, se virent au matin destituĂ©s et profondĂ©ment humiliĂ©s ! Il n’est pas de pays dont le sol ne soit pas teintĂ© de leur sang et nul endroit du ciel oĂč leurs soupirs ne soient pas montĂ©s. Au long des annĂ©es, les flĂšches des tourments n’ont cessĂ© de pleuvoir des nuages de la volontĂ© divine et malgrĂ© toutes ces calamitĂ©s, toutes ces tribulations, la flamme de l’amour divin brĂ»le toujours dans leur coeur au point que si l’on dĂ©chiquetait leurs corps, non seulement ils n’abandonneraient pas leur amour de celui qui est le Bien-AimĂ© des mondes, mais ils accueilleraient de tout coeur ce qui peut leur advenir dans le chemin de Dieu.

(1.221)
Ô roi, les brises de la grĂące du TrĂšs-MisĂ©ricordieux ont transformĂ© ces serviteurs et les ont attirĂ©s jusqu’à sa Cour sacrĂ©e. «Les preuves d’un vrai amour se voient sur les manches de l’amant ». Et pourtant, quelques soi-disant Ă©rudits ont troublĂ© le coeur lumineux du roi de ce jour, concernant ces Ăąmes qui gravitent autour de la tente du TrĂšs-MisĂ©ricordieux et cherchent Ă  atteindre le sanctuaire de la vraie connaissance. Si seulement Sa MajestĂ© daignait dĂ©cider que ce serviteur soit mis face Ă  face avec les religieux de ce temps afin qu’il produise des preuves et des tĂ©moignages en prĂ©sence de sa majestĂ© le Shah ! Ce serviteur est prĂȘt et il place en Dieu son espoir que cette rĂ©union sera organisĂ©e afin que la vĂ©ritĂ© de cette question soit claire et Ă©vidente devant Sa MajestĂ© le Shah. C’est Ă  toi d’ordonner et je me tiens prĂȘt devant le trĂŽne de ta souverainetĂ©. DĂ©cide donc, pour ou contre moi.

(1.222)
Dans le Coran, son tĂ©moignage Ă©ternel Ă  tous les peuples du monde, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux affirme : « Souhaitez la mort si vous ĂȘtes des hommes de vĂ©ritĂ© » [voir Coran : 2.94 ; 62.6]. Vois comme il a dĂ©signĂ© le dĂ©sir de la mort comme preuve de la sincĂ©ritĂ© ! Et ton jugement lumineux sait clairement, sans aucun doute et avec Ă©vidence, lesquels ont choisi, en ce jour, de donner leur vie dans le sentier du Bien-AimĂ© des mondes. Si l’on Ă©crivait des livres exposant les croyances de ces gens avec le sang qu’ils ont rĂ©pandu dans le sentier de Dieu - exaltĂ© soit sa gloire ! - on pourrait dĂ©jĂ  en lire d’innombrables volumes.

(1.223)
Nous osons demander comment il est possible d’attaquer ces gens dont les actes sont en conformitĂ© avec leurs paroles et de croire plutĂŽt ceux qui refusent d’abandonner un iota de leur autoritĂ© mondaine dans le chemin de celui qui est l’IndĂ©pendant ? Quelques-uns des religieux qui ont dĂ©clarĂ© infidĂšle ce serviteur ne m’ont jamais rencontrĂ©. Sans m’avoir jamais vu, sans connaĂźtre mon dessein, ils ont parlĂ© et agi selon leur dĂ©sir. Pourtant, chaque prĂ©tention exige une preuve et pas seulement des mots et des Ă©talages d’apparente piĂ©tĂ©.

(1.224)
À ce propos, plusieurs passages du Livre cachĂ© de FĂĄtimih - que Dieu la bĂ©nisse ! - sont pertinents et seront citĂ©s en persan afin que certains sujets, jusqu’à maintenant cachĂ©s, soient rĂ©vĂ©lĂ©s en ta prĂ©sence. Les personnes Ă  qui s’adresse ce livre, qu’on appelle aujourd’hui Les paroles cachĂ©es, sont celles qui, bien que connues pour leurs apparentes connaissance et piĂ©tĂ©, ne sont au fond d’eux-mĂȘmes qu’esclaves de l’égoĂŻsme et de la passion.

(1.225)
Il dit : Ô vous qui ĂȘtes sots et cependant, passez pour sages ! Pourquoi prenez-vous l’apparence de bergers alors qu’au fond, vous ĂȘtes devenus des loups acharnĂ©s contre mon troupeau ? Vous ĂȘtes comme l’étoile qui prĂ©cĂšde l’aurore, elle paraĂźt brillante et lumineuse alors qu’elle Ă©gare les voyageurs de ma citĂ© sur les chemins de perdition.

(1.226)
De mĂȘme, il dit : Ô vous qui paraissez justes, mais qui au fond ĂȘtes perfides ! Vous ĂȘtes comme une eau claire et amĂšre apparemment pure comme du cristal, mais le divin DĂ©gustateur n’en accepte aucune goutte. Certes, le rayon de soleil tombe sur la poussiĂšre comme sur le miroir, mais leur reflet diffĂšre comme diffĂšre l’étoile de la terre ; immense est la diffĂ©rence !

(1.227)
Il dit encore : Ô essence de dĂ©sir ! Bien des fois, Ă  l’aurore, depuis les royaumes de l’infini, je suis venu vers ta demeure et t’ai trouvĂ© sur la couche de repos, occupĂ© avec d’autres que moi. Aussi, tel l’éclair de l’esprit, je suis retournĂ© au royaume de gloire cĂ©leste et, dans mes retraites d’en-haut, je n’en ai soufflĂ© mot aux armĂ©es de saintetĂ©

(1.228)
Et de nouveau, il dit : Ô esclave du monde ! Que de fois, Ă  l’aurore, la brise de ma tendre bontĂ© est passĂ©e sur toi et t’a trouvĂ© profondĂ©ment endormi. Alors, pleurant sur ta condition, elle est repartie d’oĂč elle Ă©tait venue. [voir : « Paroles cachĂ©es » en persan : 24, 25, 28 et 30]

(1.229)
Ainsi, dans l’exercice de la justice royale, il n’est pas suffisant d’écouter le seul plaignant. Dans le Coran, la balance qui distingue sans erreur le vrai du faux, Dieu dit : « Ô vous qui croyez ! Si un mĂ©chant homme vous apporte une nouvelle, vĂ©rifiez-la de suite, de peur que par ignorance vous ne fassiez du mal Ă  d’autres et que vous vous repentiez ensuite de ce que vous avez fait » [voir : Coran 49.6]. Les saintes traditions contiennent en outre ce conseil : «Ne croyez pas le conteur d’histoires » Certains des religieux qui ne nous ont jamais vu ont mal interprĂ©tĂ© la nature de notre cause. Mais ceux qui nous ont rencontrĂ© tĂ©moigneront que ce serviteur ne parle qu’en accord avec ce que Dieu commande dans le Livre et qu’il a rappelĂ© ce verset bĂ©ni - qu’exaltĂ©e soit sa parole - : « Nous rejetez-vous seulement parce que nous croyons en Dieu, en ce qu’il nous a rĂ©vĂ©lĂ© et en ce qu’il rĂ©vĂ©la dans le passĂ© ? [voir : Coran 5.59 - « De quoi nous accusez-vous ? Sinon de croire en Dieu, Ă  ce qui est descendu vers nous et Ă  ce qui Ă©tait descendu auparavant ? »]

(1.230)
Ô roi de ce temps ! les yeux de ces rĂ©fugiĂ©s se tournent vers le TrĂšs-MisĂ©ricordieux et comptent sur sa clĂ©mence. Il ne fait aucun doute que ces tribulations seront suivies par une effusion de grĂące divine et qu’à ces dures adversitĂ©s succĂšdera une prospĂ©ritĂ© abondante. Nous osons pourtant espĂ©rer que Sa MajestĂ©, le Shah, examinera lui-mĂȘme ces questions et apportera de l’espoir au coeur. Ce que nous soumettons Ă  ta majestĂ© n’est vraiment que pour ton plus grand bien. En vĂ©ritĂ©, Dieu m’en est un tĂ©moin suffisant.

(1.231)
GlorifiĂ© sois-tu, ĂŽ Seigneur, mon Dieu ! Je tĂ©moigne que le coeur du roi est vraiment entre les doigts de ton pouvoir. Si c’est ton souhait, ĂŽ mon Dieu, incline le vers la charitĂ© et la misĂ©ricorde. Tu es, en vĂ©ritĂ©, le Tout-Puissant, le TrĂšs-ExaltĂ©, le TrĂšs-GĂ©nĂ©reux. Il n’est de Dieu que toi, le TrĂšs-Glorieux, celui dont tous recherchent le secours.

(1.232)
En ce qui concerne les qualitĂ©s des Ă©rudits, il dit : « Si, un Ă©rudit reste calme, dĂ©fend sa foi, rĂ©frĂšne ses dĂ©sirs et obĂ©it aux commandements de son Seigneur, tous se doivent de l’imiter... » [nota : tradition attribuĂ©e au onziĂšme ImĂĄm, AbĂș Muhammad al Hasan al-’AskarĂ­]. Si le roi de ce jour mĂ©ditait cette affirmation, sortie de la bouche de celui qui est l’Aurore de la rĂ©vĂ©lation du TrĂšs-MisĂ©ricordieux, il rĂ©aliserait que ceux qui sont ornĂ©s des attributs Ă©numĂ©rĂ©s dans cette sainte tradition sont plus rares que la pierre philosophale. Il s’ensuit que tout le monde ne peut prĂ©tendre Ă  un savoir digne d’ĂȘtre cru.

(1.233)
Concernant les religieux du Temps de la fin, il dit encore : « Les docteurs en religion de ces jours-lĂ  seront les religieux les plus vicieux qu’ont aie vus sous les cieux. D’eux sortira la malfaisance et vers eux elle retournera. » Il dit aussi : « Quand l’étendard de la vĂ©ritĂ© sera visible, les peuples de l’Orient et de l’Occident le maudiront » [nota : tradition attribuĂ©e au sixiĂšme ImĂĄm, AbĂș ‘Abdu’llĂĄh Ja’far aáčŁ-SĂĄdiq]. Si quelqu’un conteste ces traditions ce serviteur entreprendra d’établir leur validitĂ© car, par souci de briĂšvetĂ©, on a omis de citer les dĂ©tails de leur transmission.

(1.234)
Les thĂ©ologiens qui ont bu Ă  la coupe de la renonciation n’ont jamais fait obstacle Ă  ce serviteur. Ainsi, par exemple, Shaykh MurtadĂĄ [nota : Shaykh MutadĂĄy-i-AnáčŁarĂ­, un Ă©minent mujtahid] - Que Dieu exalte son rang et fasse qu’il repose Ă  l’ombre de sa grĂące ! - nous a traitĂ© avec bontĂ© lors de notre sĂ©jour en Irak et n’a jamais parlĂ© de cette cause autrement que selon ce que Dieu permet. Nous supplions Dieu d’aider gĂ©nĂ©reusement chacun Ă  faire sa volontĂ© et son bon plaisir.

(1.235)
Pourtant, ils ont maintenant tous perdu de vue toute autre considĂ©ration et ils ne font que persĂ©cuter ces gens. Ainsi de certaines personnes qui, par la grĂące de leur Seigneur, reposent Ă  l’ombre de ta royale misĂ©ricorde et jouissent de faveurs innombrables, Ă  qui l’on demanderait : « Quel service avez-vous rendu en retour de ces faveurs royales, avez-vous, par une politique habile, annexĂ© un nouveau territoire au royaume, vous ĂȘtes-vous consacrĂ©s exclusivement Ă  ce qui assurerait le bien-ĂȘtre du peuple, la prospĂ©ritĂ© du royaume et la gloire durable de l’État ? », la seule rĂ©ponse est de dĂ©signer en ta royale prĂ©sence un groupe de gens comme Ă©tant, Ă  tort ou Ă  raison, bĂĄbĂ­s et de pratiquer ensuite massacres et pillage. À TabrĂ­z par exemple, comme dans la ville Ă©gyptienne de ManáčŁĂșrĂ­yyih, plusieurs personnes furent ainsi rançonnĂ©es, de grandes sommes d’argent volĂ©es, et pourtant aucun rapport ne fut fait sur ces Ă©vĂšnements Ă  la cour de ta prĂ©sence.

(1.236)
Tout cela est arrivĂ© parce que, trouvant ces infortunĂ©s sans protection, leurs persĂ©cuteurs oubliĂšrent les problĂšmes plus importants et consacrĂšrent leur temps Ă  harasser ces malheureux. Nombreuses sont les confessions et diverses sont les croyances qui vivent en paix Ă  l’ombre de ta souverainetĂ©. Fais que ces gens soient comptĂ©s parmi elles. Ceux qui servent le roi devraient ĂȘtre animĂ©s par des buts si Ă©levĂ©s et des intentions si sublimes qu’ils s’efforceraient constamment de placer toutes les religions Ă  l’abri de son ombre et de les administrer en parfaite justice.

(1.237)
Appliquer les lois de Dieu n’est que justice et c’est la source du bien-ĂȘtre gĂ©nĂ©ral. Bien mieux, les lois divines ont toujours Ă©tĂ© et seront toujours la cause et l’instrument de la protection de l’humanitĂ©, ainsi qu’en tĂ©moignent ses paroles exaltĂ©es : « Dans la punition vous trouverez la vie, ĂŽ hommes de comprĂ©hension ! » [voir : Coran 2.179] Mais il ne convient pas Ă  la justice de Ta MajestĂ© que tout un groupe soit soumis Ă  la verge de ton courroux pour la faute d’une seule Ăąme. Le seul vrai Dieu - glorifiĂ© soit son nom ! - dit : « Aucune ne portera le fardeau d’une autre » [voir : Coran 6.164 ; 17.15 ; 35.18 ; 39.7 ; 53.38] Il est clair et Ă©vident qu’en chaque communautĂ© il y a toujours eu et il y aura toujours l’érudit et l’ignorant, le sage et le sot, le dĂ©bauchĂ© et le pieux. Qu’une Ăąme sage et rĂ©flĂ©chie commette un acte odieux est trĂšs improbable car une telle personne, soit recherche ce monde, soit le rejette. Dans le second cas, il ne regarderait rien d’autre que Dieu et la crainte de Dieu l’empĂȘcherait encore plus de commettre tout acte illĂ©gal ou rĂ©prĂ©hensible. Dans le premier cas, il Ă©viterait certainement tout acte qui alarmerait et ferait peur aux gens, il agirait de telle sorte qu’il gagnerait leur confiance. Il est donc Ă©vident que des actes rĂ©prĂ©hensibles ont toujours Ă©tĂ© accomplis, et le seront toujours, par des Ăąmes sottes et ignorantes. Nous implorons Dieu d’empĂȘcher ses serviteurs de se tourner vers tout autre que lui et de les attirer vers sa prĂ©sence. Son pouvoir, en vĂ©ritĂ©, Ă©gale tout.

(1.238)
LouĂ© sois-tu, ĂŽ Seigneur mon Dieu ! Tu entends la voix de mes lamentations, tu vois ma condition, ma dĂ©tresse, mon affliction. Tu sais tout ce qui est en moi. Si je ne lance cet appel que par amour de toi, attire le coeur de tes crĂ©atures vers le paradis de ta connaissance et le coeur du souverain vers la droite du trĂŽne de ton nom, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux. Ô mon Dieu, accorde-lui une part de cette bonne nourriture qui vient du ciel de ta gĂ©nĂ©rositĂ© et des nuages de ta misĂ©ricorde afin qu’il renonce Ă  tout et se tourne vers la cour de ta faveur. Aide-le ĂŽ mon Dieu, Ă  soutenir ta cause et Ă  exalter ton verbe parmi tes crĂ©atures. Renforce-le des armĂ©es visibles et invisibles afin qu’il conquiĂšre toutes les villes en ton nom et domine, par ta souverainetĂ© et ton pouvoir, tout ce qui vit sur terre. Ô toi qui tiens entre tes mains le royaume de la crĂ©ation ! Tu es l’Ordonnateur suprĂȘme du commencement Ă  la fin. Il n’est de Dieu que toi, le Tout-Puissant, le TrĂšs-Glorieux, le TrĂšs-Sage.

(1.239)
Notre cause a Ă©tĂ© si dĂ©naturĂ©e en ta royale prĂ©sence que chaque acte inconvenant commit par l’un de ses adeptes, est prĂ©sentĂ© comme suscitĂ© par leurs croyances. Par celui auprĂšs de qui il n’est pas d’autre Dieu, ce serviteur a refusĂ© de sanctionner le fait de commettre des actions rĂ©prouvĂ©es, que dire alors de celles qui sont explicitement interdites dans le Livre de Dieu.

(1.240)
Dieu interdit aux hommes de boire du vin et cette interdiction est rĂ©vĂ©lĂ©e et inscrite dans son Livre. MalgrĂ© tout et en dĂ©pit du fait que les Ă©rudits d’aujourd’hui - que Dieu augmente leur nombre ! - ont interdit Ă  tous cet acte misĂ©rable, quelques-uns le font toujours. La punition qu’un tel acte appelle, ne doit pourtant s’appliquer qu’aux nĂ©gligents qui l’accomplissent alors que les nobles Manifestations de la saintetĂ© suprĂȘme sont sanctifiĂ©es et exemptes de tout blĂąme. En fait, toute la crĂ©ation visible et invisible, tĂ©moigne de leur saintetĂ©.

(1.241)
Ces serviteurs regardent le seul vrai Dieu comme Ă©tant celui qui « fait ce qu’il veut » [voir : Coran 3.40 ; 14.27 ; 22.18] et qui « ordonne ce qui lui plaĂźt » [voir : Coran 5.1]. C’est pourquoi ils ne voient pas comme impossible l’apparition continue dans le monde contingent des Manifestations de son unitĂ©. Si quelqu’un croit le contraire, comment peut-il ĂȘtre diffĂ©rent de ceux qui croient que Dieu est « enchaĂźnĂ© » ? [voir : Coran 5.64] Et si le seul vrai Dieu - GlorifiĂ©e soit sa mention ! doit ĂȘtre vraiment considĂ©rĂ© comme libre, alors toute cause qu’il plaĂźt Ă  cet ancien Roi de manifester depuis la source de son commandement doit ĂȘtre embrassĂ©e par tous. Il n’y a de refuge pour personne et nul abri oĂč se prĂ©cipiter si ce n’est auprĂšs de Dieu ; il n’y a de protection pour personne et nul abri si ce n’est auprĂšs de lui.

(1.242)
La condition essentielle de celui qui avance une prĂ©tention c’est de pouvoir la prouver par des preuves et des tĂ©moignages Ă©vidents. Sinon, le rejet par les hommes, qu’ils soient ignorants ou Ă©rudits, n’a et n’a jamais eu d’importance. Les prophĂštes de Dieu, ces perles de l’ocĂ©an de l’unitĂ© divine et dĂ©positaires de la rĂ©vĂ©lation divine, ont toujours Ă©tĂ© rejetĂ©s et refusĂ©s par les hommes. Comme il dit : « Chaque nation couvait de mauvais desseins contre son Messager pour s’en saisir ; on disputait avec des mensonges pour dĂ©truire la vĂ©ritĂ© » [voir : Coran 40.5] et aussi : « Aucun messager n’est venu vers eux qu’ils ne l’eussent pris pour l’objet de leurs railleries. » [voir : Coran 36.30]

(1.243)
ConsidĂšre la rĂ©vĂ©lation de celui qui est le Sceau des prophĂštes et le Roi des Ă©lus - que les Ăąmes de toute l’humanitĂ© soient offertes par amour de lui ! Le soleil de vĂ©ritĂ© s’étant Ă©levĂ© au-dessus de l’horizon du HijĂĄz, grandes furent alors les cruautĂ©s que les tenants de l’erreur infligĂšrent Ă  cette incomparable manifestation du TrĂšs-Glorieux ! Leur irrĂ©flexion Ă©tait telle qu’ils considĂ©raient chaque blessure infligĂ©e Ă  cet ĂȘtre sacrĂ© comme un acte des plus louable, comme un moyen d’arriver Ă  Dieu, le TrĂšs-Haut. Car dans les premiĂšres annĂ©es de sa mission les religieux de ce temps, qu’ils fussent juifs ou chrĂ©tiens, se dĂ©tournaient de ce Soleil du ciel de gloire et tous, grands ou petits, s’affairaient Ă  Ă©teindre la lumiĂšre de cet Astre de l’horizon du sens spirituel. Le nom de ces religieux sont mentionnĂ©s dans les livres anciens ; parmi eux on trouve Wahb Ibn-i-RĂĄhib, Ka’b Ibn-i-Ashraf, ‘Abdu’llĂĄh-i-Ubayy et d’autres tous pareils.

(1.244)
Les choses en arrivĂšrent au point oĂč ces hommes se rĂ©unirent et conspirĂšrent pour rĂ©pandre son sang pur, comme Dieu - glorifiĂ©e soit sa mention ! - le dit : « Et souviens-toi quand les infidĂšles tramaient un complot contre toi, quand ils voulaient te saisir, te tuer ou te chasser, Dieu, Ă  son tour, complota contre eux, et certes Dieu est le plus habile Ă  nouer un complot. » [voir : Coran 8.30] Il dit aussi : « Leur opposition te pĂšse ; certes, si tu le pouvais, tu dĂ©sirerais pratiquer un antre dans la terre ou une Ă©chelle pour monter au ciel, afin de leur montrer un mirage. Si Dieu voulait, ils se rĂ©uniraient tous dans la direction du chemin droit. Ne soit donc pas du nombre des ignorants. » [voir : Coran 6.35] Par Dieu ! le coeur de ses favoris se consume devant le sens de ces deux versets bĂ©nis. Ces faits, bien Ă©tablis et indiscutables, sont oubliĂ©s et plus personne, ni hier ni aujourd’hui, ne s’arrĂȘte pour rĂ©flĂ©chir Ă  ce qui fit les hommes se dĂ©tourner des RĂ©vĂ©lateurs de la lumiĂšre de Dieu au temps de leur manifestation.

(1.245)
De mĂȘme, avant l’apparition du Sceau des ProphĂštes, considĂšre JĂ©sus, fils de Marie. Quand cette manifestation du TrĂšs-MisĂ©ricordieux se rĂ©vĂ©la, tous les prĂȘtres accusĂšrent cette quintessence de la foi d’impiĂ©tĂ© et de rĂ©bellion. Finalement, avec la caution d’Anne, le plus Ă©rudit des prĂȘtres de son temps et de CaĂŻphe, le grand prĂȘtre, sa personne bĂ©nie souffrit ce que la plume a honte de mentionner et est impuissante Ă  dĂ©crire. Le monde entier dans toute sa grandeur ne pouvait plus le contenir et Dieu finit par l’élever jusqu’aux cieux.

(1.246)
Conter en dĂ©tail l’histoire de tous les ProphĂštes serait fastidieux. Les docteurs de la Torah, par exemple, affirment qu’aucun prophĂšte indĂ©pendant ne viendra avec une nouvelle loi aprĂšs MoĂŻse. Ils affirment qu’un rejeton de la maison de David sera manifestĂ©, qui promulguera la Loi de la Torah et contribuera Ă  Ă©tablir et Ă  appliquer ses commandements tant en l’Orient qu’en Occident.

(1.247)
Les disciples de l’Évangile tenaient aussi pour impossible qu’aprĂšs JĂ©sus, fils de Marie - que la paix soit sur lui ! - le porteur d’une nouvelle rĂ©vĂ©lation brille de nouveau Ă  l’orient de la volontĂ© de Dieu. Pour preuve de cette position, ils s’appuient sur le verset suivant de l’Évangile : « Le ciel et la terre passeront, mais les paroles du Fils de l’homme ne passeront pas. » [voir : Matthieu, 24.35, Marc 13.31, Luc 21.33] Ils maintiennent que ni les enseignements ni les commandements de JĂ©sus - Paix sur lui ! - ne peuvent jamais ĂȘtre altĂ©rĂ©s.

(1.248)
Il dit dans l’Évangile : « Je m’en vais et je reviendrai » [voir : Jean 14.28] De mĂȘme, dans l’évangile de Jean, il prĂ©dit la venue d’un Consolateur qui viendra aprĂšs lui [voir : Jean 14.16, 14.26, 15.26, 16.7]. Dans l’évangile de Luc aussi un certain nombre de signes et de prodiges sont mentionnĂ©s. Certains religieux de cette religion ont pourtant interprĂ©tĂ© ces affirmations selon leur fantaisie et n’ont pas rĂ©ussi Ă  comprendre leur vrai sens.

(1.249)
Ô Shah, si seulement tu pouvais me permettre de t’envoyer ce qui rĂ©jouirait les yeux, calmerait les Ăąmes et persuaderait toutes personnes Ă©quitables qu’il a la connaissance du Livre. Certains, incapables de rĂ©pondre aux objections Ă©levĂ©es par ses opposants, prĂ©tendent que la Torah et l’Évangile ont Ă©tĂ© corrompus ; en rĂ©alitĂ©, les rĂ©fĂ©rences Ă  la corruption ne concernent que certains cas prĂ©cis. Sans le rejet des sots et la connivence des religieux, j’aurais prononcĂ© un discours qui aurait ravi les coeurs, les transportant jusqu’en un royaume d’oĂč l’on perçoit dans le murmure des vents : Il n’est de Dieu que Lui ! ». Mais le temps n’est pas encore venu, aussi la langue de mon Ă©loquence est-elle immobile et le vin de l’explication reste-t-il scellĂ© jusqu’à ce que Dieu, par la force de son pouvoir, daigne l’inaugurer. Il est le Tout-Puissant, l’Omnipotent.

(1.250)
LouĂ© sois-tu, ĂŽ Seigneur mon Dieu ! Par ton Nom, par lequel tu soumets tous ceux qui sont au ciel et sur la terre, je te demande de protĂ©ger la lampe de ta cause au sein du globe de ton omnipotence et de ta gĂ©nĂ©reuse faveur, de crainte que ceux qui sont insouciants des mystĂšres de ton nom, l’IndĂ©pendant, ne l’exposent aux coups de la dĂ©nĂ©gation. Que l’huile de ta sagesse augmente alors la radiance de sa lumiĂšre ! Tu as vraiment pouvoir sur tous les habitants de la terre et du ciel.

(1.251)
Ô mon Seigneur, par ton Verbe trĂšs exaltĂ© qui frappe de terreur le coeur de tous ceux qui sont au ciel et sur la terre, Ă  l’exception de ceux qui tiennent fermement ta PoignĂ©e sĂ»re, je t’implore de ne pas m’abandonner au milieu de tes crĂ©atures. ÉlĂšve-moi vers toi, fais-moi entrer Ă  l’ombre de ta misĂ©ricorde et donne-moi Ă  boire du vin pur de ta providence afin que je vive sous la tente de Ta MajestĂ©, sous le dais de ta bienveillance. Tu as le pouvoir de faire ce qui te plaĂźt. Tu es vraiment le Secours, l’Absolu.

(1.252)
Ô roi, la lampe de la justice est Ă©teinte et le feu de la tyrannie brĂ»le de tout cĂŽtĂ© Ă  tel point que mon peuple fut conduit captif de Zawrá’ [nota : Bagdad] vers Mosul, connue sous le nom de Hadbá’. Ce n’est pas le premier outrage subi dans la voie de Dieu. Chacun doit examiner ce qui est arrivĂ© aux parents du ProphĂšte lorsqu’on les entraĂźna, captifs, jusqu’à Damas, connue sous le nom de Fayhá’. Parmi eux, on trouvait le prince des adorateurs de Dieu, le soutien de ceux qui sont proches de Lui, le sanctuaire de ceux qui recherchent sa prĂ©sence - que la vie de tous lui soit offerte en sacrifice ! [nota : ‘AlĂ­ Ibn Husayn, connu comme « Zaynu’l-ÁbidĂ­n », le deuxiĂšme fils de l’ImĂĄm Husayn, qui devint le quatriĂšme ImĂĄm]

(1.253)
On leur demanda : «Êtes-vous du parti des Sortants ? » [voir : Coran 57.16] Ils rĂ©pliquĂšrent : « Par le Seigneur Tout-Puissant, nous sommes des serviteurs qui croient en Dieu et en ses versets. GrĂące Ă  nous, le visage de la foi resplendit de joie. GrĂące Ă  nous le signe du TrĂšs-MisĂ©ricordieux brille. À la mention de nos noms le dĂ©sert de BathĂĄ [nota : La Mecque] se couvre d’eau et l’obscuritĂ© qui sĂ©pare le ciel et la terre s’évanouit.

(1.254)
On leur demanda : « Avez-vous interdit ce que Dieu a rendu lĂ©gal, ou permis ce qu’il a interdit ? » Il rĂ©pondit : « Nous sommes les premiers Ă  suivre les commandements divins. Nous sommes la racine et l’origine de sa cause, le dĂ©but de tout bien et sa fin. Nous sommes le signe de l’Ancien des Jours et son souvenir parmi les nations »

(1.255)
On leur demanda : « Avez-vous oubliĂ© le Coran ? » Il rĂ©pondit : « C’est dans notre maison que le TrĂšs-MisĂ©ricordieux le rĂ©vĂ©la. Nous sommes les brises du TrĂšs-Glorieux parmi sa crĂ©ation. Nous sommes les eaux qui jaillissent du trĂšs grand OcĂ©an et par lesquelles Dieu revivifie la terre, et la revivifiera encore aprĂšs sa mort. GrĂące Ă  nous ses signes se diffusent, ses preuves se rĂ©vĂšlent, ses symboles se dĂ©voilent. Nous connaissons ses sens cachĂ©s et ses mystĂšres inouĂŻs. »

(1.256)
On leur demanda : « Pour quel crime ĂȘtes-vous punis ? » Il rĂ©pondit : « Pour notre amour de Dieu et notre dĂ©tachement de tout sauf de lui. »

(1.257)
Que la paix soit sur lui ! Nous n’avons pas relatĂ© ses paroles exactes, nous avons plutĂŽt dispensĂ© quelques gouttes de cet ocĂ©an de vie Ă©ternelle qui gĂźt en elles afin que ceux qui entendent soient ranimĂ©s et prennent conscience de ce qui est arrivĂ© aux fidĂšles de Dieu livrĂ©s aux mains d’une gĂ©nĂ©ration mĂ©chante et Ă©garĂ©e. Nous voyons aujourd’hui les gens blĂąmer les oppresseurs du passĂ© alors qu’eux-mĂȘmes commettent des vilenies encore plus grandes et ne le savent pas !

(1.258)
Dieu m’est tĂ©moin que mon but n’est pas de fomenter la sĂ©dition mais de purifier ses serviteurs de tout ce qui les empĂȘche de s’approcher de lui, le Seigneur du Jour du jugement. J’étais endormi sur ma couche et voilĂ  que les brises de mon Seigneur, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux, soufflĂšrent sur moi, me tirĂšrent de mon sommeil et me forcĂšrent Ă  Ă©lever la voix entre ciel et terre. Cela ne vient pas de moi, mais de Dieu. En tĂ©moignent les habitants de son Empire et de son Royaume, ainsi que les citoyens des villes de sa gloire impĂ©rissable. Par lui qui est la vĂ©ritĂ©, je ne crains ni tribulation en son chemin, ni affliction en raison de mon amour pour lui et dans le sentier de son bon plaisir. En vĂ©ritĂ©, Dieu a voulu que l’adversitĂ© soit une rosĂ©e matinale pour son vert pĂąturage et une mĂšche pour sa lampe qui Ă©claire le ciel et la terre.

(1.259)
La fortune d’un homme dure-t-elle toujours ? Peut-elle le protĂ©ger de celui qui, avant peu, le saisira par les cheveux ? En contemplant ceux qui dorment dans les tombes, couchĂ©s dans la poussiĂšre, peut-on distinguer le crĂąne effritĂ© du souverain des os dĂ©sagrĂ©gĂ©s d’un de ses sujets ? Par celui qui est le Roi des rois, peut-on faire la diffĂ©rence entre le suzerain et le vassal, entre le riche, le nanti, et celui qui n’avait ni chaussures ni matelas ? Par Dieu ! toute distinction est gommĂ©e sauf pour ceux qui dĂ©fendirent le droit et gouvernĂšrent avec justice.

(1.260)
OĂč sont les Ă©rudits, les religieux, les potentats du passĂ© ? Que sont devenues leurs vues pĂ©nĂ©trantes, leur perception sagace, leurs idĂ©es subtiles et leurs sages dĂ©cisions ? OĂč sont leurs coffres cachĂ©s, leurs ornements prĂ©tentieux, leurs couches dorĂ©es, leurs tapis et leurs coussins Ă©parpillĂ©s ? Disparue Ă  jamais leur gĂ©nĂ©ration ! Tous ont pĂ©ri et, par dĂ©cret de Dieu, rien ne reste d’eux que poussiĂšre dissĂ©minĂ©e. DissipĂ©e la richesse qu’ils avaient accumulĂ©e, dispersĂ©es les rĂ©serves qu’ils avaient thĂ©saurisĂ©es, Ă©puisĂ©s les trĂ©sors qu’ils avaient cachĂ©s ! On ne voit plus que leurs demeures dĂ©sertes, leurs maisons sans toit, leurs arbres dĂ©racinĂ©s et leur splendeur flĂ©trie. Aucun homme perspicace ne laissera la richesse le distraire de son objectif ultime, aucun homme de comprĂ©hension ne laissera la fortune l’empĂȘcher de se tourner vers celui qui possĂšde tout, le TrĂšs-Haut.

(1.261)
OĂč est celui qui dominait partout oĂč brille le soleil, qui vivait avec extravagance, et recherchait les pompes de la terre et de tout ce s’y trouve ? OĂč est le commandeur de la lĂ©gion basanĂ©e qui portait haut l’étendard dorĂ© ? OĂč est le dirigeant de Zawrá’, le tyran de Fayhá’? [nota : les Abassides dont la forteresse Ă©tait ZawrĂĄ (Bagdad) Ă©taient cĂ©lĂšbres par leur lĂ©gion basanĂ©e tandis que les Omeyyades dont la forteresse Ă©tait Fayhá’ (Damas) avaient des Ă©tendards rouges et or] OĂč sont ceux dont la munificence faisait honte aux trĂ©sors de la terre, dont les largesses et l’enflure orgueilleuse humiliaient l’ocĂ©an lui-mĂȘme ? OĂč est celui qui leva le bras en signe de rĂ©bellion et se retourna contre le TrĂšs-MisĂ©ricordieux ?

(1.262)
OĂč sont ceux qui recherchĂšrent les plaisirs terrestres et les fruits des dĂ©sirs charnels ? Ou se sont enfuies leurs belles et charmantes femmes ? OĂč sont leurs arbres ondulants, leurs buissons verdoyants, leurs beaux manoirs, leurs jardins bien dessinĂ©s ? Et qu’en est-il des dĂ©lices de ces jardins : le sol meuble, les brises fraĂźches, le murmure des ruisseaux, le chuchotement du vent, le roucoulement des colombes et le bruissement des feuilles ? OĂč sont maintenant leurs matins splendides et les sourires qui Ă©clairaient leurs visages ? HĂ©las ! ils ont tous pĂ©ri et reposent maintenant sous un dais de poussiĂšre. Nul n’en parle ni ne les mentionne, nul ne connaĂźt leur histoire et rien ne reste de leurs traces.

(1.263)
Quoi ! Va-t-on contester ce dont on est tĂ©moin ? Va-t-on nier ce qu’on sait ĂȘtre vrai ? Quelle confusion ! ne voit-on pas qu’on est embarquĂ© pour un voyage dont on ne revient pas ? Va-t-on longtemps encore errer de montagne en vallĂ©e, de colline en ravin ? « N’est-ce pas le temps, pour les croyants, d’humilier leur coeur Ă  la mention de Dieu ? » [voir : Coran 57.16] Heureux celui qui a dit ou qui dira : « Oui, par mon Seigneur ! voici que le temps est venu, que l’heure a sonnĂ© ! » et qui, ensuite, se dĂ©tachera de tout ce qui fut et se donnera entiĂšrement Ă  celui qui est le Possesseur de l’univers et le Seigneur de toute la crĂ©ation.

(1.264)
Et pourtant, quelle espĂ©rance ! Car rien ne se rĂ©colte qui n’ait Ă©tĂ© semĂ©, et rien n’est relevĂ© qui n’ait Ă©tĂ© couchĂ© [voir : Luc 19.21] si ce n’est par la grĂące et les dons du Seigneur. Le monde a-t-il dĂ©jĂ  conçu dans son sein celui dont les voiles de gloire ne l’empĂȘchent pas de monter jusqu’au royaume de son Seigneur, le TrĂšs-Glorieux, le TrĂšs-Haut ? Nous appartient-il encore d’accomplir ces actes qui dissipent nos afflictions et nous rapprochent de celui qui est la Cause des causes ? Nous supplions Dieu de nous traiter avec gĂ©nĂ©rositĂ©, non avec justice, et de nous accorder d’ĂȘtre de ceux qui se sont tournĂ©s vers leur Seigneur et se sont dĂ©tachĂ©s de tout le reste.

(1.265)
Ô Shah ! J’ai subi dans le sentier de Dieu ce qu’aucun oeil n’a vu et aucune oreille entendu. Mes connaissances m’ont rĂ©pudiĂ© et mes chemins se sont Ă©trĂ©cis. La fontaine du bien-ĂȘtre s’est assĂ©chĂ©e et la demeure confortable est tombĂ©e en ruine. Nombreuses sont les Ă©preuves qui ont plu et pleuvront bientĂŽt sur moi ! Je m’avance, le visage tournĂ© vers le Tout-Puissant, le TrĂšs GĂ©nĂ©reux, tandis que derriĂšre moi rampe le serpent. Mes yeux ont tant pleurĂ© que mes larmes ont trempĂ© ma couche.

(1.266)
Mais ce n’est pas sur moi que je m’attriste. Par Dieu ! ma tĂȘte dĂ©sire ardemment la lance pour l’amour de son Dieu. Je ne suis jamais passĂ© prĂšs d’un arbre sans que mon coeur ne lui dise : « Ô ! puisses-tu ĂȘtre abattu en mon nom pour que mon corps soit crucifiĂ© sur toi, dans le chemin de son Seigneur ! » car je vois les gens errer dans l’affliction et inconscients dans leur stupeur Ă©thylique. Ils adorent leurs passions et ont dĂ©trĂŽnĂ© leur Dieu. Peut-ĂȘtre ont-ils pris sa cause pour une plaisanterie et la considĂšrent-ils comme un jouet ou un passe-temps, tout en pensant qu’ils font le bien et vivent en sĂ©curitĂ© dans la citadelle de sĂ»retĂ©. Cependant les choses ne sont pas ce qu’ils aiment imaginer : ils dĂ©couvriront demain ce qu’aujourd’hui ils nient.

(1.267)
Avant peu les riches et les puissants nous banniront du pays d’Andrinople vers la ville d’Acre. On raconte que c’est la plus dĂ©solĂ©e des villes du monde, la plus dĂ©sagrĂ©able en apparence, au climat le plus dĂ©testable et Ă  l’eau la plus immonde. Elle ressemble Ă  une ville de hiboux dans l’enceinte de laquelle on n’entend que leur cri. C’est lĂ  qu’ils ont dĂ©cidĂ© d’emprisonner cet Adolescent, de nous refuser l’accĂšs au bien-ĂȘtre et au confort et de nous priver de tous les bienfaits terrestres pour le reste de nos jours.

(1.268)
Par Dieu ! la fatigue m’abat, la faim m’épuise, la roche nue me sert de lit et les bĂȘtes sauvages sont mes compagnons, mais je ne me plaindrai pas, je le supporterai patiemment comme tant d’autres l’ont supportĂ© avec patience, constance et fermetĂ© par le pouvoir de Dieu, l’éternel Souverain, le CrĂ©ateur des nations. Et je rendrai grĂące Ă  Dieu en toutes circonstances. Nous prions pour que, dans sa bontĂ©, Dieu - louĂ© soit-il - dĂ©livre, par cet emprisonnement, les hommes des chaĂźnes et des fers, et leur permette de se tourner, avec sincĂ©ritĂ©, vers la face de celui qui est le Tout-Puissant, le GĂ©nĂ©reux. Il est prĂȘt Ă  rĂ©pondre Ă  quiconque l’invoque et il est proche de celui qui communie avec lui. Nous le supplions aussi de faire de cette sombre Ă©preuve un bouclier pour le temple de sa cause et de la protĂ©ger des assauts des Ă©pĂ©es aiguisĂ©es et des poignards affĂ»tĂ©s. L’adversitĂ© a toujours donnĂ© lieu Ă  l’élĂ©vation de sa cause et Ă  la glorification de son nom. Telle est la mĂ©thode de Dieu depuis des siĂšcles et des Ăąges. Ce qu’aujourd’hui les gens ne peuvent comprendre, ils le dĂ©couvriront bientĂŽt, le jour oĂč leur monture trĂ©buchera, oĂč leurs atours seront repliĂ©s, leurs lames Ă©moussĂ©es et oĂč leurs pieds achopperont.

(1.269)
Je ne sais pas pendant combien de temps ils Ă©peronneront le destrier de l’ego et des passions pour se perdre dans le dĂ©sert de l’erreur et de la nĂ©gligence. La pompe du puissant ou le malheur de l’humiliĂ© dureront-ils ? Celui qui repose sur le siĂšge le plus Ă©levĂ©, au pinacle de la gloire et de la puissance, y restera-t-il toujours ? Non ! par mon Seigneur, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux. Tout ce qui est sur la terre passera. Seule restera la face de Dieu, le TrĂšs-Glorieux, le TrĂšs-GĂ©nĂ©reux. [voir : Coran 55.26]

(1.270)
Quelle armure n’est pas percĂ©e par la flĂšche de destruction et quel front royal n’est pas dĂ©pouillĂ© par la main du destin ? Quelle forteresse rĂ©siste Ă  l’approche du messager de la mort, quel trĂŽne n’est pas rĂ©duit en piĂšces, quel palais changĂ© en ruines ? Si ces gens goĂ»taient au vin choisi par la misĂ©ricorde de son Seigneur, le Tout-Puissant, l’Omniscient, et mis en rĂ©serve pour eux dans l’au-delĂ , ils arrĂȘteraient leur censure et ne rechercheraient que le bon plaisir de cet Adolescent. Pourtant, ils m’ont cachĂ© derriĂšre un voile de noirceur tissĂ© par les mains des dĂ©sirs oiseux et des vaines imaginations. Avant peu, la main nivĂ©enne de Dieu dĂ©chirera la noirceur de cette nuit et ouvrira un grand portail dans cette ville. Alors ils y pĂ©nĂ©treront par troupes en proclamant ce que les accusateurs proclamaient dans le passĂ© [voir : Coran 12.31], ainsi sera manifeste Ă  la fin ce qui apparut au commencement.

(1.271)
DĂ©sirent-ils s’attarder ici alors qu’ils ont dĂ©jĂ  un pied dans l’étrier ? Veulent-ils revenir alors qu’ils s’en sont allĂ© ? Non, par celui qui est le Seigneur des seigneurs ! pas avant le jour du jugement, le jour oĂč les hommes sortiront de leurs tombes et devront rendre compte. Bienheureux celui qui ne sera pas Ă©crasĂ© par son fardeaux ce jour-lĂ , le jour oĂč les montagnes disparaĂźtront et oĂč tous seront rĂ©unis pour ĂȘtre interrogĂ©s en prĂ©sence de Dieu, le TrĂšs-ExaltĂ©. SĂ©vĂšre est-il dans ses punitions !

(1.272)
Nous supplions Dieu de purger le coeur de certains religieux de l’inimitiĂ© et de l’hostilitĂ© afin qu’ils regardent les choses d’un oeil dĂ©gagĂ© de mĂ©pris. Puisse-t-il les Ă©lever jusqu’à un Ă©tat oĂč ni l’attrait du monde ni la fascination pour le pouvoir ne parviendront Ă  dĂ©tourner leur regard de l’horizon suprĂȘme et oĂč ni les bienfaits terrestres ni les dĂ©sirs charnels ne les empĂȘcheront d’arriver Ă  ce jour oĂč les montagnes seront rĂ©duites en poussiĂšre. Ils se rĂ©jouissent aujourd’hui des malheurs qui nous atteignent mais bientĂŽt viendra le temps oĂč ils se lamenteront et pleureront. Par mon Seigneur ! si je pouvais choisir entre, d’une part, la richesse et l’opulence, le confort et l’aisance, les honneurs et la gloire qu’ils connaissent et, d’autre part, les adversitĂ©s et les Ă©preuves qui sont miennes, je choisirais sans hĂ©siter ma prĂ©sente condition et je refuserais d’échanger un seul atome de ces malheurs contre tout ce qui fut crĂ©Ă© dans le monde de l’ĂȘtre.

(1.273)
Si ce n’était pour les Ă©preuves que j’ai subies dans le chemin de Dieu, la vie n’aurait pour moi aucune douceur et mon existence ne m’aurait pas profitĂ©. Pour ceux qui sont dotĂ©s de discernement et dont les yeux sont fixĂ©s sur cette vision sublime, ce n’est pas un secret que je fus, pendant presque toute ma vie, comme un esclave assis sous une Ă©pĂ©e suspendue par un fil, ne sachant pas si elle tomberait ou non sur lui. Et nĂ©anmoins nous remercions Dieu, le Seigneur des mondes et nous le louons toujours et en toutes conditions. En vĂ©ritĂ©, il est tĂ©moin de tout.

(1.274)
Nous supplions Dieu d’étendre largement son ombre afin que le vrai croyant et l’amoureux sincĂšre s’y abritent. Puisse-t-il offrir aux hommes les fleurs de sa bontĂ© et les Ă©toiles du ciel de sa providence. Nous prions Dieu, de plus, d’aider avec bienveillance le roi Ă  faire Sa volontĂ© et Son bon plaisir et de le confirmer dans ce qui le rapprochera de la Source des noms de Dieu les plus excellents. Ainsi il ne cĂšdera pas Ă  l’injustice Ă  laquelle il assiste, il verra ses sujets avec des yeux pleins de tendresse et il les protĂšgera de l’oppression. Nous supplions encore Dieu, exaltĂ© soit-il, de rĂ©unir toute l’humanitĂ© autour du Golf de ce TrĂšs-Grand-OcĂ©an dont chaque goutte proclame qu’il est le messager de joie pour le monde et le vivificateur de tous ses peuples. LouĂ© soit Dieu, le Seigneur du jour du jugement.

(1.275)
Enfin nous supplions Dieu, exaltĂ©e soit sa gloire, de te permettre d’aider sa Foi et de te tourner vers sa justice afin que tu juges entre les gens comme tu jugerais entre les membres de ta famille, afin que tu choisisses pour eux ce que tu choisirais pour toi-mĂȘme. Il est le Tout-Puissant, le TrĂšs-ExaltĂ©, le Secours, l’Absolu.

(1.276)
Ainsi, des mains du pouvoir et de la puissance, avons-nous construit le Temple, si tu le savais. C’est lui le Temple qui t’est promis dans le Livre. Approches-en. C’est ce qui te sera profitable, si tu pouvais le comprendre. Soyez justes, ĂŽ peuples de la terre ! Lequel est prĂ©fĂ©rable, ce Temple ou un temple d’argile ? Tournez-vous vers lui. Ainsi vous l’ordonne Dieu, le Secours, l’Absolu. Suivez ses commandements et louez Dieu, votre Seigneur, pour les dons qu’il vous a fait. Il est la VĂ©ritĂ©. Il n’est de Dieu que lui. Il rĂ©vĂšle ce qui lui plaĂźt par ses mots « sois et c’est ».

2. SÚRIY-I-RA’ÍS

En son nom, le TrĂšs-Glorieux.

(2.1)
Ô chef [nota : cette Ă©pĂźtre fut rĂ©vĂ©lĂ©e en arabe en l’honneur de HĂĄjĂ­ Muhammad Ismá’il-i-KĂĄshĂĄnĂ­, surnommĂ© DhabĂ­h (Sacrifice) et AnĂ­s Compagnon) par Bahá’u’llĂĄh. Elle interpelle ‘ÁlĂ­ PashĂĄ, le premier Ministre ottoman, appelĂ© ici Ra’ís (Chef ou Dirigeant)], Ă©coute la voix de Dieu, le Souverain, le Secours, l’Absolu. En vĂ©ritĂ©, il lance son appel entre le ciel et la terre et il appelle toute l’humanitĂ© Ă  dĂ©couvrir sa gloire transcendante. Ni les grognements, ni les aboiements de ceux qui t’entourent, ni l’opposition des armĂ©es du monde ne peuvent empĂȘcher le Tout-Puissant d’atteindre son but. La terre entiĂšre est enflammĂ©e par le Verbe de ton Seigneur, le TrĂšs-Glorieux, Verbe qui est plus doux que la brise matinale. Il se manifeste sous la forme d’un temple humain par lequel Dieu vivifie l’ñme de ses serviteurs sincĂšres. En son essence, ce verbe est l’eau-de-vie par laquelle Dieu purifie le coeur de ceux qui se tournent vers lui en oubliant toute autre mention, et par laquelle il les attire vers le siĂšge de son puissant Nom. Nous en avons aspergĂ© le peuple des tombes et vois : ils se lĂšvent les yeux fixĂ©s sur la beautĂ© Ă©blouissante et resplendissante de leur Seigneur.

(2.2)
Ô chef, tu as commis ce qui fait se lamenter Muhammad, l’ApĂŽtre de Dieu dans le Paradis le plus sublime. Le monde t’a rendu si fier que tu t’es dĂ©tournĂ© de la face qui illumine l’assemblĂ©e cĂ©leste. BientĂŽt tu te trouveras en plein dĂ©sarroi. Tu as conspirĂ© avec l’ambassadeur persan pour me nuire bien que je sois allĂ© vers toi venant de la source de majestĂ© et de grandeur, porteur d’une RĂ©vĂ©lation qui console les yeux des aimĂ©s de Dieu.

(2.3)
Par Dieu ! En ce jour, toutes choses crĂ©Ă©es ne cessent de lancer le cri du Buisson ardent : « Le Bien-AimĂ© des mondes est venu !» et un MoĂŻse se tient devant toute chose Ă  l’écoute du Verbe de ton Seigneur, le Tout-Puissant, l’Omniscient. Si nous nous dĂ©pouillions du vĂȘtement mortel que nous avons revĂȘtu en considĂ©ration de votre faiblesse, tous ceux qui sont au ciel et sur la terre offriraient leur Ăąme pour moi. Le Seigneur lui-mĂȘme en tĂ©moigne. Et pourtant, nul ne peut le comprendre Ă  l’exception de ceux qui se sont dĂ©tachĂ©s de tout par amour pour leur Seigneur le Tout-Puissant, l’Omnipotent.

(2.4)
T’imagines-tu capable d’étouffer le feu allumĂ© par Dieu au coeur de la crĂ©ation ? Par celui qui est la vĂ©ritĂ© Ă©ternelle, si tu pouvais seulement le savoir, c’est au contraire ce que tes mains commirent qui le fait brĂ»ler plus haut et plus fort. Avant peu il embrassera la terre et tout ce qui y vit. Ainsi en a dĂ©crĂ©tĂ© Dieu et les puissances de la terre et du ciel sont incapables d’étouffer son dessein.

(2.5)
Proche est le jour oĂč le Pays du mystĂšre [nota : Andrinople] et ses environs seront transformĂ©s. Ils Ă©chapperont des mains du roi et seront Ă©branlĂ©s ; la voix des lamentations s’élĂšvera, les preuves des mĂ©faits seront visibles de toutes parts, la confusion sera partout en raison du sort que les armĂ©es de l’oppression ont infligĂ© Ă  ces prisonniers. Le cours des choses sera changĂ©, les conditions deviendront si dramatiques que le sable mĂȘme des collines dĂ©solĂ©es gĂ©mira, les arbres sur les montagnes sangloteront et le sang jaillira de toutes choses. Tu verras alors le peuple dans une profonde dĂ©tresse [nota : le sultan ‘Abdu’l-AzĂ­z perdit son trĂŽne et sa vie en 1876 pendant la guerre avec la Russie qui s’en suivit (1877-1878)], l’ennemi occupa Andrinople et les Turcs connurent un violent bain de sang.

(2.6)
Ô Chef, nous nous sommes dĂ©jĂ  rĂ©vĂ©lĂ© Ă  toi sur le mont TĂ­nĂĄ, puis sur le mont ZaytĂĄ [nota : littĂ©ralement, « Mont des Figues » et « Mont des Oliviers » - voir Coran 95.1], puis une fois encore en ce lieu sacrĂ©. Pourtant, suivant tes tendances corrompues, tu n’as pas su rĂ©pondre et tu fus comptĂ©s parmi les Ă©garĂ©s. Souviens-toi du temps oĂč Muhammad apparu chargĂ© de preuves Ă©videntes venant de celui qui est le Tout-Puissant, l’Omniscient. Le peuple lui lançait des pierres, tantĂŽt en se cachant, tantĂŽt ouvertement sur les places publiques et rejetait les signes de Dieu, ton Seigneur et le Seigneur de tes pĂšres. Les religieux le reniĂšrent aussi, ainsi que leurs disciples, et les rois du monde firent de mĂȘme comme tu l’as entendu dire dans les contes du passĂ©. Parmi ces rois, Chosroes [nota : Chosroes II, le monarque sassanide qui rĂ©gnait en Perse au temps de Muhammad, reçut une Ă©pĂźtre bĂ©nie envoyĂ©e par Muhammad, l’appelant Ă  Dieu et lui enjoignant de ne pas ĂȘtre infidĂšle]. En vĂ©ritĂ©, ton Seigneur connaĂźt tout. Pourtant, motivĂ© par ses dĂ©sirs mauvais et corrompus, Chosroes se conduisit avec arrogance devant Dieu et dĂ©chira l’épĂźtre. Il fait partie des habitants du feu abyssal.

(2.7)
Alors qu’il imposait ses caprices sur le pays et faisait partie des transgresseurs, Pharaon avait-il le pouvoir d’empĂȘcher la main de Dieu d’exercer sa souverainetĂ© ? C’est de sa maisonnĂ©e et contre sa volontĂ© que nous fĂźmes sortir celui qui conversait avec Dieu. Nous atteignons toujours notre but. Souviens-toi aussi comment Nemrod alluma le feu de l’impiĂ©tĂ© afin que ses flammes consument Abraham, l’Ami de Dieu. Mais par le pouvoir de la vĂ©ritĂ©, nous l’en avons dĂ©livrĂ© et nous avons saisi Nemrod dans la furie de notre colĂšre. Dis : l’oppresseur [nota : Muhammad ShĂĄh] met Ă  mort le Bien-aimĂ© des mondes [nota : Le BĂĄb] afin d’éteindre la lumiĂšre de Dieu parmi les hommes et de les empĂȘcher d’approcher de la source de la vie Ă©ternelle, aux jours de ton Seigneur, le GĂ©nĂ©reux, le TrĂšs-misĂ©ricordieux.

(2.8)
Nous aussi avons rĂ©vĂ©lĂ© la cause de Dieu dans ses citĂ©s et dressĂ© haut son souvenir parmi ceux qui croient vraiment en lui. Dis : Cet Adolescent vient pour vivifier le monde et pour unir tous ses peuples. Le jour approche oĂč se rĂ©alisera ce que Dieu a prĂ©vu et oĂč tu verras la terre devenir le paradis trĂšs-glorieux. C’est ce qu’a Ă©crit la plume de la rĂ©vĂ©lation en cette puissante Ă©pĂźtre.

(2.9)
Ô Plume, cesse de mentionner ce Chef et souviens-toi d’AnĂ­s, cet intime de l’amour de Dieu, qui s’est sĂ©parĂ© de l’égarĂ© et de l’infidĂšle. Il dĂ©chira les voiles de telle sorte que les habitants du paradis purent l’entendre. GlorifiĂ© soit Dieu, le Souverain, le Puissant, l’Omniscient, le TrĂšs-Sage.

(2.10)
Ô Rossignol, tends l’oreille vers la voix du TrĂšs-Glorieux en cette nuit oĂč des troupes armĂ©es nous encerclent alors que nous sommes dans un Ă©tat de joie extrĂȘme. Ô ! Que notre sang soit rĂ©pandu sur la terre et que nos corps soient jetĂ©s dans la poussiĂšre sur le chemin de Dieu ! Oui ! c’est lĂ  mon dĂ©sir et le dĂ©sir de quiconque me cherche et atteint mon merveilleux et incomparable royaume.

(2.11)
Ô serviteur, sache qu’un jour, au rĂ©veil, nous trouvĂąmes les bien-aimĂ©s de Dieu Ă  la merci de nos adversaires. Des sentinelles Ă©taient postĂ©es Ă  chaque porte et l’on ne pouvait ni entrer ni sortir. Ils commirent vraiment une grave injustice, car les aimĂ©s de Dieu et leur famille furent laissĂ©s sans nourriture la premiĂšre nuit. VoilĂ  le sort de ceux pour qui le monde et tout ce qu’il contient a Ă©tĂ© crĂ©Ă©. Malheur Ă  ceux qui le perpĂ©trĂšrent et Ă  ceux qui les guidĂšrent vers une telle ignominie. BientĂŽt Dieu consumera leur Ăąme dans le feu. Il est en vĂ©ritĂ© le plus fĂ©roce des vengeurs.

(2.12)
La foule entourait la maison ; musulmans et chrĂ©tiens pleuraient sur notre sort, et devant ce qu’accomplissait la main des oppresseurs les lamentations s’élevaient entre la terre et le ciel. Nous remarquĂąmes que les sanglots du peuple du Fils Ă©taient plus forts que ceux des autres - un signe qui fait rĂ©flĂ©chir.

(2.13)
L’un de mes compagnons offrit sa vie, se tranchant la gorge de sa propre main pour l’amour de Dieu, acte inouĂŻ dans les siĂšcles passĂ©s et que Dieu a mis en exergue dans cette rĂ©vĂ©lation, preuve du pouvoir de sa puissance ; on l’empĂȘcha Ă  temps de mettre fin Ă  sa vie [nota : HĂĄjĂ­ Ja’far-i-TabrĂ­zĂ­]. Il est, en vĂ©ritĂ©, le Libre, le ConquĂ©rant. Quant Ă  celui [nota : Siyyid Ismá’il de ZavĂĄrih] qui, en Irak, s’est tuĂ© de la mĂȘme maniĂšre, il est le roi et le bien-aimĂ© des martyrs et son acte est un tĂ©moignage de Dieu pour les peuples du monde. De telles Ăąmes sont influencĂ©es par le Verbe de Dieu, goĂ»tent Ă  la douceur de son souvenir et sont transportĂ©es par la brise de la rĂ©union Ă  tel point que, se dĂ©tachant de tout ce qui est sur la terre, elles se tournent vers la Face divine, le visage rayonnant. Leur acte est interdit par Dieu, mais il leur a nĂ©anmoins pardonnĂ©, en gage de sa misĂ©ricorde. Oui ! il est celui qui toujours pardonne, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux. Ces Ăąmes Ă©taient si captivĂ©es par Celui qui s’impose Ă  tous que les rĂȘnes de la volontĂ© glissĂšrent de leurs mains, qu’ils montĂšrent jusqu’à la demeure de l’Invisible et entrĂšrent en prĂ©sence de Dieu, le Tout-Puissant, l’Omniscient.

(2.14)
Dis : En quittant ce pays cet Adolescent a laissĂ© sous chaque arbre et chaque pierre un souvenir qu’avant peu Dieu fera fructifier par le pouvoir de la vĂ©ritĂ©. Ainsi vint le VĂ©ritable et fut accompli l’ordre de celui qui est l’Ordonnateur, le TrĂšs-Sage. Les armĂ©es de la terre et du ciel sont incapables de rĂ©sister Ă  sa cause et les rois et les dirigeants du monde ne peuvent pas dĂ©tourner son dessein. Dis : L’adversitĂ© est l’huile qui nourrit la lampe et augmente sa lumiĂšre, si vous le saviez. Certes, le rejet par l’obstinĂ© ne sert qu’à proclamer cette Foi et Ă  rĂ©pandre la cause de Dieu et sa rĂ©vĂ©lation de par le monde.

(2.15)
Grande est votre bĂ©nĂ©diction pour avoir abandonnĂ© vos foyers, errant dans le pays de l’amour de votre Seigneur, le Tout-Puissant, l’Ancien des jours, jusqu’à entrer dans le pays du MystĂšre alors que le feu de l’oppression y faisait rage et qu’on y entendait le croassement des corbeaux de la discorde. Vous ĂȘtes mes partenaires de tribulations puisque vous Ă©tiez prĂ©sents avec nous pendant cette sombre nuit durant laquelle fut perturbĂ© le coeur de ceux qui tĂ©moignent de l’unitĂ© de Dieu. C’est par amour de nous que vous ĂȘtes entrĂ©s dans ce pays et en ĂȘtes sortis sur notre commandement. Par la droiture de Dieu, grĂące Ă  vous la terre est plus glorieuse que le ciel ! Excellente est cette bĂ©nĂ©diction sublime, glorieuse et exaltĂ©e ! Vous avez Ă©tĂ© privĂ©s de votre nid, ĂŽ oiseaux d’éternitĂ©, pour l’amour de votre Seigneur, l’IndĂ©pendant, mais votre vraie rĂ©sidence est Ă  l’ombre des ailes de la grĂące du TrĂšs-MisĂ©ricordieux. BĂ©nis soient ceux qui comprennent.

(2.16)
Ô mon DhabĂ­h, que l’esprit souffle sur toi et sur ceux qui cherchent Ă  communier avec toi, qui respirent sur toi le doux parfum de ma prĂ©sence et Ă©coutent ce qui sanctifie le coeur du vrai chercheur. Remercie Dieu d’avoir atteint le rivage de ce TrĂšs-Grand ocĂ©an et entends les atomes mĂȘmes de la terre qui proclament : « Voici le Bien-AimĂ© des mondes ! » Les habitants de la terre lui ont fait du tort et n’ont pas su reconnaĂźtre celui dont ils invoquent sans cesse le nom. Ils sont perdus les insouciants qui se sont opposĂ©s Ă  celui dont les aimĂ©s mĂ©ritent qu’on offre sa vie pour eux ; et combien plus convient-il de l’offrir pour sa beautĂ© lumineuse et resplendissante !

(2.17)
Sois patient, mĂȘme si ton coeur se consume d’ĂȘtre sĂ©parĂ© de Dieu, parce qu’il t’a accordĂ© en sa prĂ©sence une position si exaltĂ©e qu’on peut dire que dĂšs maintenant tu es devant sa Face et que nous t’offrons, par la langue de pouvoir et de puissance, ces mots que mĂȘme les oreilles des sincĂšres n’ont pas eu le droit d’entendre. Dis : S’il ne disait qu’un mot, ce seul mot dĂ©passerait en douceur tout ce qu’ont jamais dit les hommes.

(2.18)
Si Muhammad, l’ApĂŽtre de Dieu, vivait en ce jour, il s’exclamerait : « En vĂ©ritĂ©, je te reconnais, ĂŽ DĂ©sir des messagers divins ! » Si Abraham vivait en ce jour, lui aussi, dans son humilitĂ© totale, se prosternerait sur le sol, et devant le Seigneur son Dieu, il s’écrierait : « Mon coeur est en paix, ĂŽ Seigneur de tout ce qui est au ciel et sur terre ! Je tĂ©moigne que tu as dĂ©voilĂ© devant mes yeux toute la gloire de ta puissance et la pleine majestĂ© de ta loi ! Je tĂ©moigne de plus que ta rĂ©vĂ©lation a rassurĂ© le coeur des fidĂšles et les a satisfait. » Si MoĂŻse avait vĂ©cu maintenant, il aurait lui aussi Ă©levĂ© la voix, disant : « Toutes louanges Ă  toi qui m’a Ă©clairĂ© par ta face et m’a enrĂŽlĂ© parmi ceux qui ont le privilĂšge de contempler ton visage ! »

(2.19)
Vois dans quelles conditions sont ces gens. Pense Ă  ce que leurs lĂšvres ont prononcĂ© et ce que leurs mains ont forgĂ© en ce jour trois fois bĂ©ni et incomparable. Ceux qui ont terni le beau nom de la cause de Dieu et se sont tournĂ©s vers le MĂ©chant sont maudits par toutes les crĂ©atures et sont comptĂ©s au nombre des habitants du feu. En vĂ©ritĂ©, quiconque entend mon appel restera imperturbable sous les clameurs de tous ceux qui sont sur la Terre et quiconque est influencĂ© par les paroles de tout autre que moi n’a jamais entendu mon appel. Par Dieu ! un tel homme est empĂȘchĂ© d’entrer dans mon royaume, interdit dans les domaines de ma majestĂ© et de mon pouvoir ; il est de ceux qui sont complĂštement perdus.

(2.20)
Ne t’afflige pas de ce qui t’arrive. Tu as supportĂ©, pour l’amour de moi, ce que la plupart des gens n’ont jamais endurĂ©. Ton Seigneur le sait, il est informĂ© de tout. Il Ă©tait avec toi dans ces rĂ©unions et ces assemblĂ©es, et il entendit ce qui coula de la source de ton coeur en souvenir de ton Seigneur, le TrĂšs-MisĂ©ricordieux. C’est vraiment un tĂ©moignage de son abondante gĂ©nĂ©rositĂ©.

(2.21)
Avant peu, Dieu fera se dresser parmi les rois celui qui aidera ses bien-aimĂ©s. En vĂ©ritĂ©, il embrasse toutes choses. Il insufflera dans les coeurs l’amour pour ses bien-aimĂ©s. IrrĂ©vocable est le dĂ©cret de celui qui est le Tout-Puissant, le Bienveillant.

(2.22)
Nous supplions Dieu que ton appel rĂ©jouisse le coeur de ses serviteurs, que tu sois un Ă©tendard de direction dans ses contrĂ©es, et que tu apportes l’aide divine Ă  ceux qui furent abaissĂ©s. Ne te prĂ©occupe pas de celui qui protesta violemment ni de celui qui proteste aujourd’hui. Que ton Seigneur, Celui qui toujours pardonne, le TrĂšs-GĂ©nĂ©reux, te suffise ! Rapporte Ă  mes bien-aimĂ©s ce que tu as vu et appris de l’histoire de cet Adolescent et transmet leur ce que nous t’avons donnĂ©. En vĂ©ritĂ©, ton Seigneur t’aide et te protĂšge en tout temps et en toutes circonstances. Les bĂ©nĂ©dictions de l’assemblĂ©e cĂ©leste t’environnent, les membres et les feuilles de la sainte famille qui gravitent en priant autour de l’Arbre cĂ©leste parlent de toi et te louent avec Ă©merveillement.

(2.23)
Ô plume de la rĂ©vĂ©lation, souviens-toi de celui [nota : AnĂ­s] dont la lettre nous parvint au cours de cette sombre nuit. C’était lui qui errait de rĂ©gion en rĂ©gion jusqu’à ce qu’il entre dans la Ville [nota : Andrinople], recherchant le refuge de la misĂ©ricorde de son Seigneur, le Tout-Puissant, le TrĂšs-Haut. EspĂ©rant ardemment les bienfaits de son Seigneur, il rĂ©sida ici une nuit puis s’en alla le matin suivant selon la volontĂ© de Dieu, remplissant de chagrin le coeur de cet Adolescent. Le Tout-Puissant lui-mĂȘme en porte tĂ©moignage.

(2.24)
Grande est ta bĂ©nĂ©diction, car tu reçus des mains du TrĂšs-MisĂ©ricordieux, le vin de la parole, tu fus si captivĂ© par les doux parfums du Bien-AimĂ© que tu renonças Ă  ton confort et fus de ceux qui se pressĂšrent vers son paradis, l’orient des signes de ton Seigneur, le Gracieux, l’incomparable. Heureux qui boit le vin du mystĂšre cachĂ© offert par le visage de son Seigneur et qui s’enivre de cette gorgĂ©e pure comme du cristal. Par Dieu ! grĂące Ă  lui tout croyant sincĂšre s’élĂšve jusqu’au ciel de majestĂ© et de grandeur et par lui le doute devient certitude.

(2.25)
Ne t’afflige pas de ce qui t’est arrivĂ©, place ton entiĂšre confiance en Dieu, le Tout-Puissant, l’Omniscient, le Sage. BĂątis ta maison sur les solides fondations de la parole divine et loue ton Seigneur. En vĂ©ritĂ©, il te suffira plus que tous les peuples de la terre.

(2.26)
En vĂ©ritĂ©, Dieu a inscrit tes noms sur une tablette qui contient les secrets cachĂ©s de tout ce qui fut. Avant peu, les fidĂšles Ă©voqueront ton exil et de tes voyages en son chemin. Il aime profondĂ©ment ceux qui l’aiment et il aide les sincĂšres. Par la droiture de Dieu ! Les regards de l’assemblĂ©e cĂ©leste sont fixĂ©s sur toi et leurs doigts te dĂ©signent. Ainsi t’enveloppe la gĂ©nĂ©rositĂ© de ton Seigneur. Si seulement ils pouvaient reconnaĂźtre ce qui leur a Ă©chappĂ© pendant les jours de Dieu, le TrĂšs-Glorieux, le LouĂ©.

(2.27)
Remercie Dieu de t’avoir aidĂ© Ă  le reconnaĂźtre et Ă  pĂ©nĂ©trer dans les parages de sa cour alors que les mĂ©crĂ©ants entouraient la famille de ton Seigneur et ses bien-aimĂ©s et les expulsaient de leurs foyers avec une Ă©vidente cruautĂ©, voulant nous sĂ©parer sur le rivage de la mer. Oui, ton Seigneur sait ce qui se cache dans le coeur des incroyants. Dis : MĂȘme si vous tailliez notre corps en piĂšces, vous ne pourriez bannir de notre coeur l’amour de Dieu. Nous avons, en vĂ©ritĂ©, Ă©tĂ© crĂ©Ă©s pour nous sacrifier et nous en sommes fiers devant toute la crĂ©ation.

(2.28)
O toi qu’illumine le feu de l’amour de Dieu, sache que ta lettre est arrivĂ©e jusqu’à nous et que nous en avons dĂ©couvert le contenu. Nous supplions Dieu de te confirmer dans son amour et dans son bon plaisir, de t’aider dans la promotion de sa cause et de te compter parmi ceux qui se sont levĂ©s pour le triomphe de sa foi.

(2.29)
Quant Ă  ta question concernant l’ñme, sache que d’innombrables traitĂ©s et de nombreux points de vue concernant ses Ă©tats circulent parmi les gens. Parmi ceux-ci, on Ă©voque l’ñme du royaume, l’ñme de l’empirĂ©e, l’ñme cĂ©leste, l’ñme divine, l’ñme sanctifiĂ©e, ainsi que l’ñme bienveillante, l’ñme satisfaite, l’ñme qui plaĂźt Ă  Dieu, l’ñme inspirĂ©e, l’ñme irascible et l’ñme concupiscente. Chaque groupe avance ses propres conceptions concernant l’ñme et nous n’avons pas envie de nous pencher sur les affirmations du passĂ©. En vĂ©ritĂ©, la connaissance des gĂ©nĂ©rations passĂ©es et Ă  venir appartient Ă  ton Seigneur.

(2.30)
Si tu pouvais ĂȘtre prĂ©sent devant notre trĂŽne tu pourrais entendre de la langue de grandeur elle-mĂȘme ce que tu dĂ©sires et atteindre les hauteurs les plus Ă©levĂ©es de la connaissance par la grĂące de celui qui est l’Omniscient, le TrĂšs-Sage ! Mais les impies se sont interposĂ©s entre nous. Surtout, n’en sois pas affligĂ©. Contente-toi de ce qui fut ordonnĂ© par un dĂ©cret irrĂ©vocable et sois de ceux qui endurent avec patience.

(2.31)
Sache que l’ñme qui est commune Ă  tous les hommes est issue du mĂ©lange des choses aprĂšs leur maturation, comme tu peux l’observer dans le germe ; une fois que ce mĂ©lange a atteint son Ă©tat prĂ©destinĂ©, Dieu manifeste l’ñme qui est latente en lui. Ton Seigneur fait ce qu’il veut et ordonne ce qu’il lui plaĂźt.

(2.32)
Quant Ă  l’ñme dont il est question, elle a vraiment Ă©tĂ© gĂ©nĂ©rĂ©e par le Verbe de Dieu et elle est faite en sorte que si elle est enflammĂ©e par l’amour de son Seigneur, ni les eaux de l’opposition ni les ocĂ©ans du monde ne peuvent l’éteindre Cette Ăąme est un feu allumĂ© dans l’arbre de l’homme qui proclame : « Il n’est de dieu que Dieu !» Quiconque entend son appel est en rĂ©alitĂ© de ceux qui sont en sa prĂ©sence. Et lorsqu’elle abandonne sa forme terrestre, Dieu la relĂšve dans la forme la plus excellente et la fait entrer dans un paradis sublime. Ton Seigneur a vraiment pouvoir sur toutes choses.

(2.33)
Apprends, de plus, que la vie de l’homme procĂšde de l’esprit et que l’esprit se dirige lĂ  oĂč l’ñme le conduit. RĂ©flĂ©chis sur ce que nous t’avons rĂ©vĂ©lĂ© afin que tu reconnaisses l’Âme de Dieu qui est apparue, investie de souverainetĂ© manifeste, Ă  l’orient de la gĂ©nĂ©rositĂ©.

(2.34)
Sache aussi que l’ñme est dotĂ©e de deux ailes : Qu’elle s’envole dans l’atmosphĂšre de l’amour et du contentement et elle sera reliĂ©e au TrĂšs-MisĂ©ricordieux ; qu’elle s’envole dans l’atmosphĂšre de l’ego et du dĂ©sir et elle appartiendra au Mauvais. Que Dieu nous en protĂšge et vous en protĂšge, ĂŽ vous qui comprenez ! Que l’ñme s’embrasse du feu de l’amour de Dieu et elle sera appelĂ©e bienveillante et plaisant Ă  Dieu, mais qu’elle se consume du feu de la passion et elle sera connue comme l’ñme concupiscente. Nous t’exposons ainsi ce sujet afin que tu en aies une comprĂ©hension claire.

(2.35)
Ô plume du TrĂšs-Haut ! Expose Ă  celui qui s’est tournĂ© vers ton Seigneur, le TrĂšs-Glorieux, ce qui lui permettra de se passer des affirmations humaines. Dis : L’esprit, l’intelligence, l’ñme, la vue et l’ouĂŻe ne sont qu’une seule rĂ©alitĂ© qui se manifeste diffĂ©remment selon les divers instruments qu’elle utilise. Tu observes que la capacitĂ© de l’homme de comprendre, de se bouger, de parler, d’entendre et de voir dĂ©rive toujours de ce signe de son Seigneur qui est en lui. Il est unique en son essence et diversifie par ses nombreux instruments. Ceci est une vĂ©ritĂ© Ă©vidente. Par exemple, s’il dirige son attention vers les moyens pour entendre, alors l’ouĂŻe et ses attributs apparaissent. De mĂȘme, s’il se tourne vers les moyens pour voir, un attribut et un effet diffĂ©rents apparaissent. RĂ©flĂ©chis sur ce sujet afin de comprendre le sens profond de ce qui se dit, de devenir indĂ©pendant des dires des hommes et d’ĂȘtre de ceux qui ont la certitude. De mĂȘme, lorsque ce signe de Dieu se tourne vers le cerveau, la tĂȘte et d’autres instruments semblables, les pouvoirs de l’intelligence et de l’ñme deviennent clairs. En vĂ©ritĂ©, ton Seigneur a le pouvoir de faire ce qu’il lui plaĂźt.

(2.36)
Tout ce dont nous venons de parler est dĂ©jĂ  Ă©lucidĂ© dans les Ă©pĂźtres que nous avons rĂ©vĂ©lĂ©es en rĂ©ponses aux questions concernant les lettres sĂ©parĂ©es du Coran Étudie-les afin de comprendre ce qui fut rĂ©vĂ©lĂ© depuis le royaume de celui qui est le Tout-Puissant, le TrĂšs-LouĂ©. C’est pourquoi nous avons choisi d’ĂȘtre concis dans cette Ă©pĂźtre. Nous supplions Dieu de te faire comprendre, grĂące Ă  ce bref exposĂ©, ce que les mots ne pourront jamais espĂ©rer Ă©puiser. Qu’il te donne Ă  boire dans cette coupe de ses ocĂ©ans sans limites ! En vĂ©ritĂ©, ton Seigneur est le TrĂšs-GĂ©nĂ©reux et son pouvoir est invincible.

(2.37)
Ô Plume de l’Ancien des Jours ! Souviens-toi de ‘AlĂ­ qui fut avec toi en Irak jusqu’à ce que le Soleil du monde quitte ce pays. Il abandonna son foyer pour atteindre la cour de ta prĂ©sence alors que nous Ă©tions captifs aux mains de ceux qui sont privĂ©s des douces saveurs du TrĂšs-MisĂ©ricordieux. Ne te lamente pas de ce qui nous arrive Ă  tous deux dans le sentier de Dieu. Reste ferme et persĂ©vĂšre. En vĂ©ritĂ©, il rendra victorieux ceux qui l’aiment et son pouvoir Ă©gale toutes choses. Quiconque se tourne vers lui rĂ©jouit par-lĂ  l’assemblĂ©e cĂ©leste, et Dieu lui-mĂȘme en est mon tĂ©moin.

(2.38)
Dis : ĂŽ peuple, t’imagines-tu qu’aprĂšs avoir rejetĂ© celui par qui les religions du monde furent manifestĂ©es, tu portes toujours allĂ©geance Ă  la Foi de Dieu ? Par la droiture divine ! Vous ĂȘtes comptĂ©s parmi les habitants du Feu. Le dĂ©cret en est inscrit dans les Tablettes par la Plume de Dieu. Dis : L’aboiement des chiens n’empĂȘchera jamais le Rossignol de lancer ses mĂ©lodies. MĂ©ditez quelque temps afin de dĂ©couvrir peut-ĂȘtre un sentier menant Ă  la VĂ©ritĂ© Ă©ternelle.

(2.39)
Dis : MagnifiĂ© sois-tu, O Seigneur mon Dieu ! Par les larmes que tes aimĂ©s versent dans leur dĂ©sir de toi, par les cris passionnĂ©s de ceux qui sont sĂ©parĂ©s de toi et par ton bien-aimĂ© tombĂ© aux mains de tes adversaires, je te supplie de bien vouloir aider ceux qui ont cherchĂ© refuge sous les ailes protectrices de ta faveur et de ta tendre bontĂ©, ne dĂ©sirant d’autre Seigneur que toi !

(2.40)
Ô Seigneur, dans notre prĂ©cipitation Ă  te rencontrer et dans notre dĂ©sir d’ĂȘtre unis Ă  toi, nous avons abandonnĂ© nos demeures. Nous avons traversĂ© terre et mer pour atteindre la cour de ta prĂ©sence et pour entendre tes versets. Pourtant, en arrivant aux rives de la mer, nous fĂ»mes retenus loin de toi par des mĂ©crĂ©ants qui s’interposĂšrent entre nous et l’éclat de ton visage.

(2.41)
Ô Seigneur, nous sommes assoiffĂ©s et c’est toi qui dispenses les douces eaux de la vie Ă©ternelle. Tu as le pouvoir de faire ce qu’il te plaĂźt. Ne nous refuse pas l’objet de notre quĂȘte. Écris pour nous la rĂ©compense promise Ă  ceux de tes serviteurs qui jouissent de ta proximitĂ© et se soumettent complĂštement Ă  ta volontĂ©. Rends nous si fermes en ton amour que rien ne saura nous retenir loin de Toi ni ne pourra nous empĂȘcher de t’adorer. Tu as le pouvoir de faire selon ton plaisir. Tu es vraiment le Tout-Puissant, le TrĂšs-GĂ©nĂ©reux.


3. LAWH-I-RA’ÍS

Il est, de plein droit, le Seigneur suprĂȘme !

(3.1)
La plume du TrĂšs-Haut proclame : Ô toi qui crois ĂȘtre le plus important des hommes et qui considĂšres comme la plus misĂ©rable des crĂ©atures cet Adolescent divin qui fit briller et rayonner les yeux de l’AssemblĂ©e cĂ©leste ! Cet Adolescent ne te demande rien, ni Ă  toi ni Ă  ceux qui te ressemblent. De temps immĂ©morial, chaque fois que les Manifestations du TrĂšs-MisĂ©ricordieux, interprĂštes de sa gloire Ă©ternelle, apparaissant du royaume d’éternitĂ© dans ce monde mortel, se rĂ©vĂšlent pour ressusciter les morts, des hommes comme toi considĂ©rĂšrent ces Ăąmes saintes, temples de l’unitĂ© divine dont dĂ©pend la rĂ©habilitation des peuples de la terre, comme des fauteurs de troubles mĂ©ritant le blĂąme. Ces hommes sont maintenant retournĂ©s Ă  la poussiĂšre. Toi aussi, avant longtemps, tu y retourneras et tu subiras une grande dĂ©chĂ©ance.

(3.2)
MĂȘme si tu es convaincu que ce donneur de vie, rĂ©formateur du monde, est coupable de sĂ©dition et de troubles, quel crime ont bien pu commettre un groupe de femmes, d’enfants et de mĂšres nourriciĂšres pour mĂ©riter d’ĂȘtre affligĂ©s par la verge de ta colĂšre ? Aucune religion n’a jamais considĂ©rĂ© les enfants comme responsables. La plume du commandement divin les a Ă©pargnĂ©s et pourtant le feu de ta tyrannie et de ton oppression les a enveloppĂ©s. Si tu es fidĂšle Ă  une religion quelle qu’elle soit, tu devrais savoir que selon tous les Livres saints, toutes les Écritures probantes et inspirĂ©es, les enfants ne sont jamais tenus pour responsables. Cela dit, mĂȘme ceux qui ne croient pas en Dieu n’ont jamais accompli des actes aussi inconvenants. Puisque chaque acte produit un effet, ce que personne ne peut nier sauf ceux qui sont privĂ©s de raison et de comprĂ©hension, il est certain que les gĂ©missements de ces enfants et les cris de ces persĂ©cutĂ©s auront leur consĂ©quence inĂ©luctable.

(3.3)
Tu as pillĂ© et injustement dĂ©pouillĂ© un groupe de personnes qui, loin de se rebeller tout en vivant sur tes terres ou de dĂ©sobĂ©ir Ă  ton gouvernement, s’occupaient de leurs affaires en priant Dieu jour et nuit. Lorsque plus tard l’ordre fut donnĂ© de bannir cet Adolescent, tous furent emplis d’angoisse. Mais les officiers chargĂ©s de mon expulsion dĂ©clarĂšrent : « Ceux-lĂ  ne sont accusĂ©s d’aucun dĂ©lit et ne sont pas expulsĂ©s par le gouvernement. S’ils dĂ©sirent vous accompagner, personne ne s’y opposera. » Ces Ăąmes dĂ©munies payĂšrent donc leurs propres dĂ©penses, abandonnĂšrent tous leurs biens et, se contentant de notre prĂ©sence, plaçant toute leur confiance en Dieu, voyagĂšrent encore une fois avec nous jusqu’à ce que la forteresse d’Acre devĂźnt la prison de BahĂĄ.

(3.4)
À notre arrivĂ©e, entourĂ©s de gardes nous fĂ»mes emprisonnĂ©s ensemble, hommes et femmes, jeunes et vieux, dans une caserne. La premiĂšre nuit nous fĂ»mes privĂ©s de nourriture et de boisson car les sentinelles qui gardaient le portail de la caserne ne permirent Ă  personne de sortir. Nul ne se prĂ©occupa du sort de ces opprimĂ©s. MĂȘme l’eau qu’ils mendiĂšrent leur fut refusĂ©e.

(3.5)
Le temps passa et nous restĂąmes confinĂ©s dans ces casernes en dĂ©pit du fait que pendant les cinq annĂ©es que nous vĂ©cĂ»mes Ă  Andrinople, tous ses habitants, instruits ou ignorants, riches ou pauvres, tĂ©moignĂšrent de la puretĂ© et de la saintetĂ© de ces serviteurs. Lorsque cet Adolescent quitta Andrinople, un des bien-aimĂ©s de Dieu tenta de mettre fin Ă  sa vie tant lui Ă©tait insupportable la vue de cet opprimĂ© aux mains de ses oppresseurs. Durant ce voyage, nous fĂ»mes contraints de changer trois fois de navire et la souffrance que les enfants en ressentirent est Ă©vidente. En dĂ©barquant, quatre des croyants furent sĂ©parĂ©s et empĂȘchĂ©s de nous accompagner. Au moment du dĂ©part de cet Adolescent, l’un des quatre, nommĂ© ‘Abdu’l-GhaffĂĄr, se jeta dans la mer et nul ne sait ce qu’il advint de lui par la suite.

(3.6)
Tout cela n’est qu’une goutte de l’ocĂ©an des Ă©preuves qui nous furent infligĂ©es et tu n’es toujours pas satisfait ! Les fonctionnaires appliquent chaque jour un nouveau dĂ©cret et l’on ne voit pas la fin de leur tyrannie. Nuit et jour ils conçoivent de nouveaux plans. Les trois pains, ration journaliĂšre venant des rĂ©serves gouvernementales accordĂ©e Ă  chaque prisonnier, sont immangeables. On n’a jamais vu ni entendu une telle cruautĂ© depuis la fondation du monde.

(3.7)
Par la droiture de celui qui fait parler BahĂĄ devant tous ceux qui sont au ciel et sur la terre, vous n’avez ni rang ni mention parmi ceux qui ont offert leur Ăąme, leur corps et leur ĂȘtre pour l’amour de Dieu, le Puissant, l’IrrĂ©sistible, le Tout-Puissant. Une poignĂ©e d’argile a plus de valeur aux yeux de Dieu que tous vos domaines et votre souverainetĂ©, votre puissance et votre fortune. Si c’était son dĂ©sir, il vous dissĂ©minerait dans la poussiĂšre. BientĂŽt, il vous saisira en sa terrible colĂšre, la sĂ©dition rĂšgnera parmi vous et vos domaines seront perturbĂ©s. Alors vous vous lamenterez et gĂ©mirez, et vous ne trouverez personne pour vous aider ou vous secourir.

(3.8)
Nous ne mentionnons pas ce qui prĂ©cĂšde dans le dessein de vous Ă©veiller de votre sommeil, car la fureur de la colĂšre de Dieu vous a tellement submergĂ©s que vous n’entendrez jamais nos avertissements. Il n’est pas non plus dans notre intention de faire la liste des iniquitĂ©s que subirent ces Ăąmes pures et bĂ©nies, car elles Ă©taient tellement intoxiquĂ©es par le vin du TrĂšs-MisĂ©ricordieux et tellement bouleversĂ©es par l’effet enivrant des eaux vivifiantes de sa tendre providence que, mĂȘme si elles subissaient toutes les cruautĂ©s du monde par amour de lui, elles resteraient sereines et lui rendraient grĂące. Ces Ăąmes n’ont jamais prononcĂ© et ne prononceront jamais aucune dolĂ©ance. Au contraire, elles ne cessent d’implorer et de supplier le Seigneur des mondes pour que leur sang soit rĂ©pandu dans la poussiĂšre de son chemin et leur tĂȘte espĂšre ĂȘtre brandie Ă  la pointe de piques par amour du Bien-aimĂ© des coeurs et des Ăąmes.

(3.9)
Plusieurs calamitĂ©s vous ont dĂ©jĂ  affligĂ©s, mais vous n’en avez pas pris conscience. L’une d’elles fut l’embrasement dont les flammes de justice dĂ©vorĂšrent la plus grande partie de la ville. Vous ĂȘtes pourtant restĂ©s indiffĂ©rents. La peste frappa Ă  son tour et vous ĂȘtes toujours restĂ©s insensibles ! Pourtant, soyez prĂȘts car la colĂšre de Dieu est sur le point de vous submerger. Avant peu, vous serez tĂ©moins de ce que rĂ©vĂšle la plume de mon commandement.

(3.10)
Vous seriez-vous laissĂ© aller Ă  imaginer que votre gloire est impĂ©rissable et votre pouvoir Ă©ternel ? Par celui qui est le TrĂšs-MisĂ©ricordieux, votre gloire sera d’aussi courte durĂ©e que mon abaissement. Un tel abaissement est considĂ©rĂ© par un homme vĂ©ritable comme le plus prĂ©cieux des honneurs.

(3.11)
J’étais encore un enfant, n’ayant pas atteint l’ñge de la maturitĂ©, lorsque mon pĂšre organisa Ă  TĂ©hĂ©ran le mariage d’un de mes grands frĂšres et, comme c’est la coutume en cette ville, les rĂ©jouissances durĂšrent sept jours et sept nuits. C’est lors du dernier jour qu’on annonça la reprĂ©sentation de la piĂšce intitulĂ©e « Le ShĂĄh SultĂĄn SalĂ­m ». Un grand nombre de princes, de dignitaires et de notables de la capitale Ă©taient prĂ©sents pour l’occasion. Assis dans l’une des piĂšces supĂ©rieures du bĂątiment, j’observais la scĂšne. Une tente Ă©tait dressĂ©e dans la cour et bientĂŽt, sortant de cette tente, de petits personnages de forme humaine, ne semblant pas plus grands qu’une main, annoncĂšrent : « Sa majestĂ© arrive ! PrĂ©parez immĂ©diatement les siĂšges ! » D’autres personnages apparurent, certains s’occupant Ă  balayer, d’autres aspergeant le sol d’eau. Puis l’annonceur officiel de la ville, Ă©levant la voix, demanda aux gens de s’avancer pour obtenir une audience du roi. Alors, plusieurs groupes de personnages apparurent et prirent place, certains portant chapeaux et Ă©charpes en ceintures Ă  la mode persane, d’autres brandissant des haches de guerre ; un troisiĂšme groupe Ă©tait formĂ© de soldats et de bourreaux portant le matĂ©riel pour la bastonnade. Enfin, souverain et majestueux, couronnĂ© d’un diadĂšme Ă©blouissant, un personnage royal, se comportant d’une maniĂšre hautaine et arrogante, s’avança puis s’arrĂȘta dans sa progression, alla s’asseoir sur le trĂŽne avec solennitĂ©, dignitĂ© et assurance.

(3.12)
Soudain, des coups de feu furent tirĂ©s, les trompettes sonnĂšrent, le roi et la tente furent enveloppĂ©s dans un nuage de fumĂ©e qui, en se dĂ©gageant, dĂ©couvrit le roi bien installĂ© sur son trĂŽne, entourĂ© de sa cour de ministres, de princes et de dignitaires de l’État, chacun attentif Ă  sa place. Un voleur fut amenĂ© en prĂ©sence du roi qui donna l’ordre de le dĂ©capiter. Sans attendre, le bourreau en chef coupa la tĂȘte du voleur d’oĂč jaillit un flot de liquide rouge sang. Puis le roi tint audience avec ses courtisans, on reçut des informations sur une rĂ©bellion qui avait Ă©clatĂ© aux frontiĂšres, le roi passa alors ses troupes en revue et envoya plusieurs rĂ©giments soutenir l’artillerie et Ă©touffer la rĂ©bellion. On entendit les coups de canon dans les coulisses derriĂšre la tente, la bataille Ă©tait engagĂ©e.

(3.13)
Le jeune garçon que j’étais, dĂ©couvrait ce spectacle surprenant. L’audience royale prit fin et le rideau tomba. AprĂšs vingt minutes environ, un homme sortit de derriĂšre la tente en portant une boĂźte sous le bras.

(3.14)
Je lui demandai : « Quelle est cette boßte, et quel est le sens de ce spectacle ? »

(3.15)
Il répondit : « Toutes ces splendeurs et toutes ces inventions raffinées, le roi, les princes et les ministres, leurs pompes et leur gloire, leur puissance et leur pouvoir, tout ce que tu as vu est maintenant enfermé dans cette boßte. »

(3.16)
Je le jure par mon Seigneur qui, d’un mot de ses lĂšvres, crĂ©a tout ce qui est crĂ©Ă© ! Depuis ce jour, toutes les apparences du monde sont aux yeux de cet Adolescent identiques Ă  ce spectacle. Elles n’ont jamais eu, et n’auront jamais, aucune importance, aucun poids, fut-ce celui d’un grain de moutarde. Quel Ă©tonnement de voir des hommes se glorifier de telles naĂŻvetĂ©s alors que ceux qui sont perspicaces perçoivent avec certitude le dĂ©clin inĂ©vitable de toute gloire humaine quels qu’en soient ses signes. « Je n’ai jamais rien regardĂ© sans y percevoir d’abord sa disparition, et Dieu est vraiment un tĂ©moin suffisant. »

(3.17)
Il convient Ă  chacun de traverser ce bref pan de vie avec sincĂ©ritĂ© et Ă©quitĂ©. MĂȘme si on ne reconnaĂźt pas celui qui est l’éternelle VĂ©ritĂ©, qu’on se conduise au moins avec raison et justice. Avant peu, ces apparences trompeuses, ces trĂ©sors matĂ©riels, ces vanitĂ©s terrestres, ces armĂ©es dĂ©ployĂ©es, ces habits dĂ©corĂ©s, ces ĂȘtres fiers et outrecuidants, tout finira entre les parois d’une tombe, comme dans cette boĂźte. Aux yeux de ceux qui savent voir, tous ces conflits, ces querelles, ces vanitĂ©s, sont et seront toujours identiques aux jeux et distractions des enfants. Soyez attentifs et ne soyez pas de ceux qui voient et pourtant nient.

(3.18)
Ce n’est ni pour nous ni pour les aimĂ©s de Dieu que nous en appelons Ă  toi, car nous sommes dĂ©jĂ  Ă©prouvĂ©s, emprisonnĂ©s et n’attendons rien d’hommes tels que toi. Notre but est de t’inciter Ă  te lever de la couche de l’insouciance, Ă  secouer le sommeil de la nĂ©gligence et Ă  cesser de faire obstacle aux serviteurs de Dieu. Aussi longtemps que durent ton pouvoir et ta puissance, efforces-toi de soulager la souffrance des opprimĂ©s. Si tu jugeais avec Ă©quitĂ© et observais de l’oeil du discernement les conflits et les affaires de ce monde Ă©phĂ©mĂšre tu admettrais immĂ©diatement qu’ils sont comme cette piĂšce que nous avons dĂ©crite.

(3.19)
Écoute les paroles du Dieu vrai et ne te glorifie pas des choses de ce monde. Que sont devenus ceux qui, comme toi, prĂ©tendirent rĂ©gner sur la terre et qui cherchĂšrent Ă  Ă©touffer la lumiĂšre de Dieu en son pays ainsi qu’à dĂ©truire la fondation de son puissant Ă©difice dans ses citĂ©s ? OĂč peut-on les rencontrer aujourd’hui ? Sois juste en ton jugement et retourne Ă  Dieu pour qu’il efface peut-ĂȘtre les transgressions de ta vie inutile. HĂ©las, nous savons que tu n’y arriveras jamais car ta cruautĂ© est telle qu’elle attise les flammes de l’enfer, qu’elle secoue les piliers du trĂŽne, que l’Esprit se lamente et que le coeur des fidĂšles en tremble.

(3.20)
Ô peuples de la terre, tendez l’oreille Ă  l’appel de cet OpprimĂ© et pensez Ă  l’histoire que nous venons de vous conter. Peut-ĂȘtre ne serez-vous pas consumĂ©s par le feu de l’ego et des passions et ne laisserez-vous pas les choses vaines et sans valeur de ce bas monde vous retenir loin de lui, qui est la VĂ©ritĂ© Ă©ternelle. Gloire et humiliation, richesse et pauvretĂ©, tranquillitĂ© et tribulations, tout passera et avant peu, tous les peuples de la terre seront couchĂ©s dans leurs tombes. Il convient donc Ă  tout homme de discernement de fixer son regard sur le but Ă©ternel, afin d’atteindre, par la grĂące de celui qui est l’ancien Roi, le royaume immortel et de s’abriter Ă  l’ombre de l’arbre de sa rĂ©vĂ©lation.

(3.21)
Tout imprĂ©gnĂ© d’illusions et de duperies qu’il soit, ce monde ne cesse nĂ©anmoins d’avertir tous les hommes de leur fin imminente. La mort du pĂšre annonce au fils qu’il mourra aussi. Si seulement les habitants du monde, qui ont accumulĂ© des richesses et se sont Ă©loignĂ©s du seul Vrai, pouvaient savoir entre les mains de qui leurs trĂ©sors finiront par Ă©chouer ! Mais, par la vie de BahĂĄ, nul ne le sait sauf Dieu, exaltĂ©e soit sa gloire.

(3.22)
Saná’í, le poĂšte, sur qui soit la misĂ©ricorde de Dieu, dit : « Soyez attentifs, ĂŽ vous dont la conduite inconvenante a noirci le visage ! Soyez attentifs, ĂŽ vous dont l’ñge a blanchi la barbe ! » HĂ©las ! la plupart des hommes sont profondĂ©ment endormis. Ils sont comme cet homme qui, dans son ivresse, fut attirĂ© par un chien, le prit dans ses bras et en fit son jouet. Mais lorsque l’aube du discernement se leva et que la lumiĂšre du soleil Ă©claira l’horizon, il rĂ©alisa que l’objet de son affection n’était qu’un chien. Alors, honteux et empli de remords, il rentra chez lui.

(3.23)
Ne crois pas que tu puisses abaisser cet Adolescent ni le dominer. La moindre crĂ©ature a prise sur toi et tu ne t’en aperçois pas. Tu es manipulĂ© par ce qu’il y a de plus bas, de plus abjecte et par ce qui fut toujours condamnable : l’égoĂŻsme et les passions. Si ce n’était la sagesse accomplie de Dieu, tu pourrais clairement voir ta propre impuissance et celle de tous ceux qui vivent sur la terre. Certes, notre abaissement est la gloire de sa cause, si tu pouvais le comprendre.

(3.24)
Cet Adolescent s’est toujours refusĂ© Ă  prononcer des paroles contraires Ă  la courtoisie, car la courtoisie est notre vĂȘtement dont nous avons ornĂ© le temple de nos serviteurs favoris. Sinon, certains des actes que tu crois ignorĂ©s auraient Ă©tĂ© exposĂ©s dans cette Ă©pĂźtre.

(3.25)
Ô dĂ©tenteurs de la puissance et du pouvoir, ces jeunes enfants et ces pauvres en Dieu n’avaient pas besoin d’ĂȘtre accompagnĂ©s par des officiers et des soldats. À notre arrivĂ©e Ă  Gallipoli, un major du nom de ‘Umar vint Ă  notre rencontre. Dieu sait ce qu’il nous dit. En quelques mots, son innocence et ta culpabilitĂ© furent Ă©voquĂ©es et nous dĂ©clarĂąmes : « DĂšs le commencement, il aurait fallu rĂ©unir une assemblĂ©e de sages qui auraient pu rencontrer cet Adolescent et lui signifier le crime commis par ces serviteurs. Maintenant, cette affaire est allĂ©e trop loin et par ta propre assertion, tu es accusĂ© de nous avoir incarcĂ©rĂ©s dans la plus dĂ©solĂ©e des citĂ©s. Si c’est possible, demande Ă  sa majestĂ© le Sultan de rencontrer cet Adolescent pendant dix minutes et de prĂ©ciser ce qu’il veut comme tĂ©moignage suffisant et comme preuve de la vĂ©racitĂ© de celui qui est la vĂ©ritĂ©. Et si Dieu nous permet de l’apporter, alors, qu’il relĂąche ces opprimĂ©s et les laisse en paix. »

(3.26)
Il promit de transmettre ce message et de nous donner la rĂ©ponse. Mais nous n’avons plus jamais eu de ses nouvelles. Il ne convient pas Ă  celui qui est la VĂ©ritĂ© de se prĂ©senter devant quelqu’un, puisque tous furent crĂ©Ă©s pour lui obĂ©ir, nĂ©anmoins, devant les conditions subies par ces petits enfants et le grand nombre de femmes Ă©loignĂ©es de leurs amis et de leur pays, nous avions acceptĂ© de le faire. Mais rien n’en est sorti. ‘Umar est en vie et accessible. Pose-lui la question afin de connaĂźtre la vĂ©ritĂ©.

(3.27)
La plupart de nos compagnons gisent aujourd’hui malades dans cette prison et nul ne sait ce qui nous advint, si ce n’est Dieu, le Tout-Puissant, l’Omniscient. Dans les jours qui suivirent notre arrivĂ©e, deux de ces serviteurs rejoignirent rapidement le royaume cĂ©leste. Pendant toute une journĂ©e, les gardes refusĂšrent que ces corps bĂ©nis soient transportĂ©s, parce qu’ils n’avaient rien reçu pour les linceuls et l’enterrement, alors qu’aucune aide ne leur avait Ă©tĂ© demandĂ©e. PrivĂ© de tout bien terrestre, nous les avons suppliĂ©s de nous laisser nous en occuper et de nous permettre de transporter les corps, mais ils refusĂšrent. Enfin, un tapis vendu au bazar nous permit de donner de l’argent aux gardes. Nous avons appris plus tard qu’ils avaient simplement creusĂ© une tombe peu profonde dans laquelle ils placĂšrent ces deux corps bĂ©nis alors qu’ils avaient demandĂ© deux fois le prix normal pour des linceuls et un enterrement.

(3.28)
La plume et la langue sont incapables de dĂ©crire les Ă©preuves que nous subĂźmes mais l’amertume de ces tribulations est plus douce pour moi que le miel. Je voudrais qu’à chaque instant, dans le chemin de Dieu et par amour de lui, tous les malheurs du monde soient infligĂ©s Ă  cette Ăąme Ă©vanescente qui est immergĂ©e dans l’ocĂ©an de la connaissance divine !

(3.29)
Nous demandons Ă  Dieu patience et indulgence, car tu n’es qu’une faible crĂ©ature privĂ©e de comprĂ©hension. Si tu t’éveillais et respirais le parfum des brises qui soufflent depuis les retraites Ă©ternelles, tu abandonnerais immĂ©diatement tout ce que tu possĂšdes et dont tu profites pour venir habiter dans l’une des piĂšces dĂ©labrĂ©es de la plus grande Prison. Supplie Dieu de t’accorder cette comprĂ©hension rĂ©flĂ©chie qui te permettra de distinguer entre les actions louables et celles qui mĂ©ritent le blĂąme. Paix sur celui qui suit la voie de la direction.


4. LAWH-I-FU’AD

Il est le TrĂšs-Saint, le TrĂšs-Glorieux !

(4.1)
KĂĄf, Zá’ [nota : Lawh-i-Fu’ád Ă  s’adresse Shaykh KĂĄzim-i-Samandar de QazvĂ­n, un des apĂŽtres de Bahá’u’llĂĄh. Son objet concerne l’ancien homme d’état ottoman, Fu’ád PĂĄshĂĄ, dĂ©cĂ©dĂ© en France en 1869. Les noms des lettres KĂĄf et ZĂĄ se rĂ©fĂšrent aux K et Z de KĂĄzim]. Nous t’appelons d’au-delĂ  de l’ocĂ©an de grandeur, depuis la terre cramoisie, au-dessus de l’horizon des tribulations. En vĂ©ritĂ©, il n’est pas d’autre Dieu que lui, le Tout-Puissant, le TrĂšs-GĂ©nĂ©reux. Marche avec constance en ma cause et ne suis pas les voies de ceux qui reniĂšrent Dieu le Seigneur des Seigneurs en atteignant l’objet de leur dĂ©sir. Avant peu il fera peser sur eux sa colĂšre et, en vĂ©ritĂ©, il est le Tout-puissant, le ConquĂ©rant.

(4.2)
Sache que par le pouvoir de sa souveraine puissance Dieu s’est emparĂ© de celui qui Ă©tait le plus important parmi ceux qui prononcĂšrent un jugement contre nous. Voyant approcher son tourment il s’enfuit Ă  Paris Ă  la recherche d’un mĂ©decin.

(4.3)
"N’y a-t-il personne pour m’aider ?", demanda-t-il.

(4.4)
La rĂ©ponse arriva, cinglante : « Il n’y a pas d’échappatoire ! ». [voir : Coran 38.3]

(4.5)
Il se tourna vers l’ange de la colĂšre, il faillit mourir de peur et supplia : « Je possĂšde une maison pleine de richesses, un palais sur le Bosphore sous lequel coulent les riviĂšres."

(4.6)
L’ange rĂ©pliqua : " En ce jour, nous n’accepterons aucune rançon de toi quand bien mĂȘme tu proposerais toutes les choses visibles et invisibles. N’entends-tu pas les soupirs des enfants de Dieu que tu jetas en prison sans la moindre preuve, sans le moindre tĂ©moignage ? Devant un tel acte, les habitants du Paradis et ceux qui tournent autour du trĂŽne suprĂȘme se lamentent. « La colĂšre de ton Seigneur est sur toi ; terrible est son chĂątiment ! » [voir : Coran 13.13]

(4.7)
Il répondit : " Je commande au peuple, voici le mandat qui me donne autorité. "

(4.8)
« Calme-toi, Î toi qui nie le jour du jugement ! » [voir : Coran 40.32]

(4.9)
Il implora : « Un répit est-il possible afin que je fasse venir ma famille ? »

(4.10)
« C’est impossible, ĂŽ toi qui renie les versets de Dieu ! »

(4.11)
Les gardiens de l’abysse insondable lui lancĂšrent alors leur appel : « Les portes de l’enfer sont grandes ouvertes pour te recevoir, ĂŽ toi qui t’es dĂ©tournĂ© de ton Seigneur, l’IndĂ©pendant. Rejoins ce feu car il languit aprĂšs toi. Aurais-tu oubliĂ©, ĂŽ toi qui es banni, comment ta tyrannie Ă©clipsa les cruautĂ©s mĂȘmes de Pharaon, le MaĂźtre des pieux, alors que tu Ă©tais le Nemrod de ton Ă©poque [nota : « MaĂźtre des pieux » - voir : Coran 38.12, 89.10 - en note de sa traduction du Coran, Kasimirski Ă©crit que « cette Ă©pithĂšte est donnĂ©e ici Ă  Pharaon Ă  cause des chĂątiments qu’il infligeait aux coupables, et qui consistaient Ă  les faire attacher Ă  quatre pieux et Ă  leur faire subir divers tourments » (Le Coran, Flammarion, Paris, 1970)]. Par Dieu ! Ton iniquitĂ© dĂ©chira le voile de la saintetĂ© et fit trembler les colonnes du paradis. OĂč peux-tu trouver un refuge, maintenant ? Qui te protĂšgera du terrifiant chĂątiment de ton Seigneur, l’IrrĂ©sistible ? Il n’est pas d’abri pour toi en ce jour, ĂŽ sceptique impie ! » Alors l’agonie de la mort le saisit et il perdit la vue. Notre colĂšre l’empoigna, et sĂ©vĂšre est ton Seigneur dans sa punition.

(4.12)
Puis l’ange Ă  droite du TrĂŽne l’appela : « Vois l’ange de l’affliction. OĂč fuir si ce n’est en enfer oĂč cuit le coeur ? » [nota : « Coeur » traduit fu’ád, le nom donnĂ© au ministre ottoman] Et l’ange du chĂątiment recueillit son Ăąme pendant qu’une voix s’exclamait : « Plonge dans le puits sans fond qui est promis dans le Livre et dont tu nies l’existence jour et nuit ! »

(4.13)
Nous renverrons bientĂŽt celui qui lui ressemble [nota : ‘ÁlĂ­ PĂĄshĂĄ] et nous saisirons leur chef qui dirige ce pays [nota : Sultan ‘Abdu’l-AzĂ­z]. En vĂ©ritĂ©, je suis le Tout-Puissant, l’IrrĂ©sistible. Sois ferme dans la Cause de Dieu et loue ton Seigneur, soir et matin. Que les calomnies de celui qui fut si aveuglĂ© par notre gĂ©nĂ©rositĂ© [nota : MĂ­rzĂĄ YahyĂĄ] qu’il se dĂ©tourna de Dieu, le Seigneur de tous les noms, n’étouffent pas la flamme de ton Ăąme ! Il inspira ses dĂ©vots fidĂšles comme le MĂ©chant l’inspira. Avant peu, tu verras sa perte Ă©vidente, dans ce monde et dans l’autre. Il est vraiment de ceux qu’un tourment douloureux attend. Il envoya Ă  quelqu’un dans ce pays une lettre rĂ©digĂ©e par les fauteurs d’iniquitĂ© dans laquelle il se moquait de Dieu et dĂ©crivait ce qui Ă©pouvanta toutes crĂ©atures. Dis : Peux-tu trouver quelqu’un pour te protĂ©ger lorsque te frappera la vengeance de Dieu, le Tout-Puissant, l’IndĂ©pendant ?

(4.14)
Ainsi t’avons-nous informĂ© de ce qui est cachĂ© dans le coeur des hommes. Ton Seigneur est vraiment le Tout-Puissant, l’Omniscient. LĂšve-toi pour le triomphe de cette Cause et rĂ©unis mes bien-aimĂ©s. Aide-les Ă  voir la vĂ©ritĂ© en ce Jour oĂč le pied des hommes a glissĂ©. Dis : Il convient Ă  chaque vrai croyant d’aider son Seigneur. Oui, il est votre aide, alors que les autres n’ont personne vers qui se tourner.

(4.15)
Puis nous saisĂźmes Mihdi [nota : MĂ­rzĂĄ MihdĂ­y-i-RashtĂ­, un juge Ă  Constantinople, partisan de MĂ­rzĂĄ YahyĂĄ] Ă  qui nous avions promis le chĂątiment divin dans nos Livres et nos Écritures. ÉcrasĂ© par notre majestĂ© terrible, il supplia : « Ne puis-je faire marche arriĂšre ? »

(4.16)
Une voix rĂ©pondit : « Malheur Ă  toi qui ne croit pas au jour de la rĂ©surrection ! Voici le feu de l’enfer dont les flammes ne brĂ»lent que pour toi. Dans ta vie futile et vaine tu as Ă©vitĂ© tous les actes vertueux et maintenant rien ne peut te protĂ©ger de Dieu. Tu es vraiment celui par qui tous les coeurs se consument et qui fait se lamenter l’Esprit-Saint. »

(4.17)
Il plaida : « N’y a-t-il plus de refuge pour moi ? »

(4.18)
« Non, par mon Seigneur, mĂȘme en utilisant tous les moyens possibles ! »

(4.19)
Ses cris exprimĂšrent alors une dĂ©tresse telle que le peuple des tĂ©nĂšbres en trembla. Alors la main du pouvoir invincible le saisit et une voix s’exclama : « Retourne oĂč siĂšge la colĂšre dans le feu de l’enfer. Que ta demeure soit misĂ©rable et pitoyable ! ».

(4.20)
Ainsi nous nous saisĂźmes de lui comme nous le fĂźmes de ceux qui le prĂ©cĂ©dĂšrent. Leurs demeures appartiennent aux araignĂ©es ; rĂ©flĂ©chissez, vous qui ĂȘtes dotĂ©s de comprĂ©hension. Il s’opposa Ă  Dieu et pour lui furent rĂ©vĂ©lĂ©s dans le Livre les versets de la colĂšre. Heureux celui qui les lit et qui rĂ©flĂ©chit Ă  ce qu’ils contiennent, car l’attend, en vĂ©ritĂ©, une fin heureuse.

(4.21)
Ainsi t’avons-nous contĂ© l’histoire des mĂ©chants, afin que tes yeux soient consolĂ©s. Toi, seule une fin bienheureuse t’attend.


5. SÚRIY-I-MULÚK

Il est le Tout-Puissant !


(5.1)
Voici une Ă©pĂźtre adressĂ©e par ce serviteur, appelĂ© Husayn dans le royaume des noms, Ă  tous les rois de la terre. Puissent-ils la recevoir sans prĂ©jugĂ©s, dĂ©couvrir dans son message les mystĂšres de la providence divine, et compter parmi ceux qui en saisissent le sens ; peut-ĂȘtre alors pourront-ils renoncer Ă  tout ce qu’ils possĂšdent, se tourner vers les retraites de saintetĂ© et s’approcher de Dieu, le TrĂšs-Glorieux, l’Incomparable.

(5.2)
Ô rois de la terre, prĂȘtez l’oreille Ă  la voix de Dieu vous appelant de l’Arbre sublime, chargĂ© de fruits, qui a poussĂ© sur la colline vermeille de la sainte plaine. Elle proclame : « Il n’est pas d’autre Dieu que lui, le Fort, le TrĂšs-Puissant, le TrĂšs-Sage. » Dieu a sanctifiĂ© ce lieu pour tous ceux qui s’en approchent ; un lieu d’oĂč il fait entendre sa voix depuis l’arbre cĂ©leste de saintetĂ©. Craignez Dieu, ĂŽ assemblĂ©e de rois, et ne tolĂ©rez pas d’ĂȘtre privĂ©s de cette trĂšs sublime grĂące. Rejetez tous vos biens, et tenez-vous fermement Ă  la corde de Dieu, l’Éminent, le Grand. Tournez vos coeurs vers la Face de Dieu et abandonnez ce que vos dĂ©sirs vous ont incitĂ©s Ă  rechercher ; ne soyez pas de ceux qui pĂ©rissent.

(5.3)
Raconte-leur, ĂŽ serviteur, ce qui advint Ă  ‘AlĂ­ [nota : Le BĂĄb], lorsqu’il vint vers eux, avec sincĂ©ritĂ©, portant son Livre glorieux et puissant, tenant dans sa main le tĂ©moignage de Dieu, sa preuve et ses signes bĂ©nis et saints. Cependant, ĂŽ rois, vous n’avez pas su prĂȘter attention au Souvenir de Dieu [nota : nom pris par le BĂĄb] quand son jour est venu, ni vous laisser guider par la lumiĂšre qui s’est levĂ©e et brille au-dessus de l’horizon du ciel resplendissant. Vous n’avez pas examinĂ© sa cause ; pourtant cela aurait mieux valu pour vous que tout ce que le soleil Ă©claire, puissiez-vous le comprendre ! Vous ĂȘtes demeurĂ©s indiffĂ©rents mĂȘme quand les membres du clergĂ© de Perse - ces hommes cruels - le condamnĂšrent injustement et le mirent Ă  mort. Son esprit s’éleva vers Dieu, et cette cruautĂ© arracha de douloureuses larmes aux habitants du paradis et aux anges qui sont prĂšs de Dieu. Gardez-vous dĂ©sormais d’ĂȘtre aussi nĂ©gligents que vous le fĂ»tes jusqu’à prĂ©sent. Retournez donc vers Dieu, votre crĂ©ateur, et ne soyez pas de ceux qui sont insouciants.

(5.4)
Dis : Le Soleil de la vice-royautĂ© s’est levĂ©, le Point du savoir et de la sagesse est clairement dĂ©signĂ©, et le TĂ©moin de Dieu, le Tout-Puissant, le TrĂšs-Sage, est rendu manifeste. Dis : La lune Ă©ternelle a atteint son point culminant et sa lumiĂšre illumine les habitants du royaume cĂ©leste. DĂ©gagĂ©e de ses voiles, ma face rĂ©pand son rayonnement sur tout ce qui existe sur la terre et dans les cieux, et cependant, vous ne vous ĂȘtes pas tournĂ©s vers elle bien que vous soyez crĂ©Ă©s pour elle, ĂŽ assemblĂ©e de rois ! Suivez donc mes conseils, Ă©coutez-les de tout votre coeur et ne soyez pas de ceux qui se dĂ©tournent. Car ce n’est pas de votre souverainetĂ© qu’il convient de vous glorifier, mais plutĂŽt d’ĂȘtre proches de Dieu et d’observer ses commandements, tels qu’ils vous ont Ă©tĂ© envoyĂ©s dans ses saintes tablettes prĂ©servĂ©es. S’il advenait que l’un de vous rĂ©gnĂąt sur la terre entiĂšre et sur ce qui vit en son sein et Ă  sa surface, sur ses mers, ses contrĂ©es, ses montagnes et ses plaines, mais que Dieu ne se souvint pas de lui, rien de tout cela ne lui serait d’aucun profit, puissiez-vous le comprendre.

(5.5)
Sachez que la gloire du serviteur consiste Ă  ĂȘtre proche de Dieu et, Ă  moins de l’approcher, ce serviteur n’en tirera aucun profit, dĂ»t-il tenir sous son emprise la crĂ©ation tout entiĂšre. Dis : La brise de Dieu souffle sur vous des retraites du Paradis, mais vous l’ignorez et choisissez de continuer Ă  n’en faire qu’à votre tĂȘte. Les conseils de Dieu vous sont parvenus, mais vous nĂ©gligez de les suivre, prĂ©fĂ©rant en rejeter la vĂ©ritĂ©. La lampe de Dieu est allumĂ©e dans la niche de sa cause, mais vous nĂ©gligez de rechercher l’éclat de sa gloire et de vous approcher de sa lumiĂšre. Et vous continuez Ă  sommeiller sur le lit de l’insouciance !

(5.6)
Levez-vous donc, affermissez vos pas, faites rĂ©paration pour ce qui vous a Ă©chappĂ© et dirigez-vous vers sa cour sacrĂ©e, sur les rivages de son puissant OcĂ©an, afin que vous soient rĂ©vĂ©lĂ©es les perles de savoir et de sagesse dĂ©posĂ©es par Dieu dans l’écrin de son coeur radieux. VoilĂ  le conseil qui vous sera le plus utile ; faites-en votre rĂšgle afin d’ĂȘtre de ceux qui suivent le droit chemin. N’empĂȘchez pas la brise de Dieu de souffler sur vos coeurs, cette brise qui vivifie les coeurs de ceux qui se sont tournĂ©s vers lui. PrĂȘtez l’oreille aux admonitions sans Ă©quivoque que nous vous avons rĂ©vĂ©lĂ©es dans cette Ă©pĂźtre, afin que Dieu puisse Ă  son tour vous prĂȘter l’oreille et dĂ©voiler Ă  vos yeux les portes de sa misĂ©ricorde. Il est, en vĂ©ritĂ©, le Compatissant, le MisĂ©ricordieux.

(5.7)
Ne nĂ©gligez pas la crainte de Dieu, ĂŽ rois de la terre, et prenez garde de ne pas transgresser les limites fixĂ©es par le Tout-Puissant. ObĂ©issez aux injonctions de son Livre, et gardez-vous d’en outrepasser les limites. Veillez Ă  n’ĂȘtre injustes envers personne, ne fĂ»t-ce que dans la mesure d’un grain de moutarde. Suivez le sentier de la justice, car c’est lĂ , en vĂ©ritĂ©, le droit sentier.

(5.8)
RĂ©solvez vos diffĂ©rends et rĂ©duisez vos armements, afin d’allĂ©ger le fardeau de vos dĂ©penses, et que vos esprits et vos coeurs soient apaisĂ©s. RĂ©glez les discordes qui vous divisent, et vous n’aurez point besoin d’armements exceptĂ© pour la protection de vos villes et territoires. Craignez Dieu, et gardez-vous d’outrepasser les bornes de la modĂ©ration et d’ĂȘtre comptĂ©s parmi les extravagants.

(5.9)
Nous avons appris que vous augmentez chaque annĂ©e vos dĂ©penses et que vous en faites peser le fardeau sur vos sujets. En vĂ©ritĂ©, c’est plus qu’ils ne peuvent supporter et cela constitue une grave injustice. Tranchez avec justice entre les hommes, ĂŽ rois, et soyez parmi eux l’emblĂšme de la justice. C’est lĂ , si vous jugez avec discernement, ce qui vous incombe et convient Ă  votre rang.

(5.10)
Gardez-vous de traiter injustement celui qui en appelle à vous et se place sous votre protection. Vivez dans la crainte de Dieu, et soyez de ceux qui mÚnent une vie pieuse. Ne vous reposez jamais sur votre pouvoir, vos armées et vos trésors. Placez votre foi et votre confiance en Dieu qui vous a créés, et dans toutes vos affaires sollicitez son aide. Le secours ne vient que de lui et il le donne à qui il veut, grùce aux armées du ciel et de la terre.

(5.11)
Sachez que Dieu vous a confiĂ© les pauvres. Veillez Ă  ne pas trahir sa confiance en les traitant injustement, et Ă  ne pas suivre la voie des perfides. Vous serez certainement appelĂ©s Ă  rendre compte de ce qui vous a Ă©tĂ© confiĂ© le jour oĂč sera Ă©tablie la balance de la justice, le jour oĂč chacun recevra son dĂ», oĂč les actes de tous, riches ou pauvres, seront rigoureusement pesĂ©s.

(5.12)
Si vous ne prenez garde aux conseils qu’en un clair et incomparable langage nous vous rĂ©vĂ©lons dans cette Ă©pĂźtre, le chĂątiment de Dieu fondra sur vous de toutes parts, et la sentence de sa justice sera prononcĂ©e contre vous. Vous n’aurez, ce jour-lĂ , aucun pouvoir de lui rĂ©sister, et vous reconnaĂźtrez votre propre impuissance. Ayez pitiĂ© de vous-mĂȘmes et de vos sujets. Jugez entre eux selon les prĂ©ceptes Ă©dictĂ©s par Dieu dans sa sainte et sublime Ă©pĂźtre, une Ă©pĂźtre dans laquelle il assigne Ă  toute chose les limites fixĂ©es pour chacune d’elles et dans laquelle il donne une claire explication de toutes choses, une Ă©pĂźtre qui constitue en elle-mĂȘme une admonition pour tous ceux qui croient en lui.

(5.13)
Examinez notre cause, informez-vous de ce qui nous est advenu, tranchez avec justice entre nous et nos ennemis, et soyez de ceux qui agissent Ă©quitablement envers leur prochain. Si vous ne retenez pas la main de l’oppresseur, si vous ne protĂ©gez pas les droits de l’opprimĂ©, de quoi pouvez-vous vous glorifier parmi les hommes ? De quoi au juste pouvez-vous ĂȘtre fiers ? Vous ferez-vous gloire de ce que vous mangez et buvez, des richesses que vous amassez, du prix et de la variĂ©tĂ© des ornements dont vous vous parez ? Si la vraie gloire consistait en la possession de ces choses pĂ©rissables, la terre sur laquelle vous marchez devrait alors se vanter de vous ĂȘtre supĂ©rieure, car c’est elle qui, par dĂ©cret du Tout-Puissant, vous fournit et vous accorde ces choses. Ses entrailles renferment, selon ce que Dieu a ordonnĂ©, tout ce que vous possĂ©dez. D’elle, en signe de sa misĂ©ricorde, vous tirez toutes vos richesses. ConsidĂ©rez donc votre condition, ce dont vous vous enorgueillissez ! Puissiez-vous en prendre conscience !

(5.14)
Non, par celui qui tient en sa main le royaume tout entier de la création ! Votre gloire constante et véritable ne réside que dans votre ferme adhésion aux préceptes de Dieu, dans votre observance sincÚre de ses lois, dans votre résolution de veiller à leur application et de suivre fermement le droit chemin.

(5.15)
Ô rois de la chrĂ©tientĂ©, n’avez-vous pas entendu la parole de JĂ©sus, l’Esprit de Dieu : « Je m’en vais mais je vous reviendrai » ? [voir : Jean 14.28] Lorsqu’il vous est revenu dans les nuĂ©es, vous ne vous ĂȘtes pas approchĂ©s de lui pour contempler son visage, vous n’avez pas atteint sa prĂ©sence. Pourquoi cette dĂ©faillance ? Dans un autre passage, il dit : « Lorsque celui qui est l’Esprit de vĂ©ritĂ© viendra, il vous conduira Ă  toute la vĂ©ritĂ©. » [voir : Jean 16.13] Et pourtant, voyez comment, lorsqu’il vous a apportĂ© la vĂ©ritĂ©, vous avez refusĂ© de tourner vos visages vers lui et continuĂ© de vous vautrer dans vos loisirs et vos caprices. Vous ne l’avez pas accueilli ni n’avez recherchĂ© sa prĂ©sence pour entendre les versets de Dieu coulant de ses propres lĂšvres et goĂ»ter Ă  la sagesse infinie du Tout-Puissant, le TrĂšs-Glorieux, le TrĂšs-Sage. En raison de votre Ă©chec, vous avez empĂȘchĂ© le souffle de Dieu de passer sur vous et privĂ© vos Ăąmes de la douceur de son parfum. Vous continuez Ă  errer avec dĂ©lices dans la vallĂ©e de vos dĂ©sirs corrompus. Par Dieu ! vous ĂȘtes vous-mĂȘmes, ainsi que tout ce que vous possĂ©dez, appelĂ©s Ă  disparaĂźtre. Vous allez assurĂ©ment retourner Ă  Dieu, et vous aurez Ă  rĂ©pondre de vos actes en prĂ©sence de celui qui rassemblera la crĂ©ation tout entiĂšre.

(5.16)
De plus, ne savez-vous pas ce qui est Ă©crit dans l’Évangile au sujet de « Ceux-lĂ  ne sont pas nĂ©s du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu » [voir : Jean 1.13], c’est-Ă -dire ceux qui ont Ă©tĂ© rendus manifestes par le pouvoir de Dieu ? Pour cette raison, il apparaĂźt Ă©vident que se manifeste dans le monde de la crĂ©ation un ĂȘtre rĂ©ellement issu de Dieu, le Tout-Puissant, l’Omniscient, le TrĂšs-Sage. Pourquoi alors, lorsque vous parvint la nouvelle de notre cause, avez-vous refusĂ© de vous informer auprĂšs de nous, afin de distinguer la vĂ©ritĂ© de l’erreur, de dĂ©couvrir notre but et nos intentions et d’apprendre les afflictions dont nous avons souffert aux mains d’une gĂ©nĂ©ration malveillante et rebelle.

(5.17)
Ô ministre du roi de Paris [nota : l’ambassadeur de France Ă  Constantinople], aurais-tu oubliĂ© la dĂ©claration contenue dans l’Évangile selon saint Jean concernant le Verbe et ceux qui en sont les manifestations ? Et aurais-tu choisi de fermer les yeux sur les conseils de l’Esprit [nota: JĂ©sus] concernant les manifestations du Verbe, pour ensuite compter parmi les insouciants ? Si ce n’est pas le cas, pourquoi as-tu conspirĂ© avec le ministre de Perse [nota: l’ambassadeur de Perse Ă  Constantinople] pour nous faire subir ce qui a fait fondre le coeur des hommes de discernement et d’entendement, couler les larmes des habitants du royaume Ă©ternel et se lamenter les Ăąmes de ceux qui sont proches de Dieu ? Tout cela, tu l’as fait sans chercher Ă  examiner notre cause ou Ă  discerner sa vĂ©ritĂ©. Car n’est-il pas manifestement de ton devoir d’examiner cette cause, de t’informer de ce qui nous est advenu, de juger Ă©quitablement et de t’en tenir Ă  la justice ?

(5.18)
Tes jours sont comptĂ©s, ton pouvoir prendra fin et tes possessions se rĂ©duiront jusqu’à disparaĂźtre. Alors, en prĂ©sence du Roi tout-puissant, tu seras appelĂ© Ă  rĂ©pondre de ce que tes mains ont forgĂ©. Combien de ministres sont passĂ©s avant toi dans ce monde, des hommes dont le pouvoir surpassait le tien, dont le rang dĂ©passait le tien, dont les richesses excĂ©daient les tiennes ? Pourtant ils sont redevenus poussiĂšre, ne laissant sur cette terre ni nom ni trace, et sont Ă  prĂ©sent affligĂ©s d’un remords cruel. Parmi eux se trouvent ceux qui ont manquĂ© Ă  leur devoir envers Dieu, ont suivi leurs propres dĂ©sirs et choisi le chemin de la convoitise et de la mĂ©chancetĂ©. Parmi eux se trouvent aussi ceux qui ont observĂ© ce qui a Ă©tĂ© prescrit dans les versets de Dieu et qui, ayant jugĂ© avec Ă©quitĂ© sous la protection de la divine providence, ont trouvĂ© refuge Ă  l’abri de la misĂ©ricorde de leur Seigneur.

(5.19)
Je t’exhorte, toi et ceux qui te ressemblent, Ă  n’agir envers personne comme tu as agi envers nous. Prends garde de ne pas suivre les pas du Malin ni de marcher dans les traces des injustes. Ne puise dans ce monde que selon la mesure de tes besoins, et renonce au superflu. Sois Ă©quitable dans tous tes jugements, ne transgresse point les limites de la justice et ne sois pas de ceux qui dĂ©vient de son chemin.

(5.20)
Ô rois, vingt annĂ©es se sont Ă©coulĂ©es durant lesquelles nous avons Ă©tĂ© soumis, chaque jour, Ă  l’agonie d’une tribulation nouvelle. Aucun de ceux qui nous ont prĂ©cĂ©dĂ©s n’a endurĂ© ce que nous avons souffert. Puissiez-vous le comprendre ! Ceux qui se sont levĂ©s contre nous, nous ont mis Ă  mort, ont rĂ©pandu notre sang, pillĂ© nos biens et violĂ© notre honneur. Bien qu’informĂ©s de la plupart de nos maux, vous n’avez jamais arrĂȘtĂ© la main de l’agresseur. N’est-ce pas cependant votre devoir le plus clair que de refrĂ©ner la tyrannie de l’oppresseur

et de traiter Ă©quitablement vos sujets, afin que soit pleinement dĂ©montrĂ© Ă  toute l’humanitĂ© votre haut sens de la justice.

(5.21)
Dieu a remis entre vos mains les rĂȘnes du gouvernement du peuple pour que vous le gouverniez avec Ă©quitĂ©, que vous sauvegardiez les droits des opprimĂ©s et punissiez les malfaiteurs. Si vous nĂ©gligez les devoirs que Dieu vous a imposĂ©s dans son Livre, vos noms seront comptĂ©s parmi les noms de ceux qui sont injustes Ă  ses yeux. Grave, en fait, serait votre erreur. Vous attachez-vous Ă  ce que votre imagination a conçu, et rejetez-vous les commandements de Dieu, le TrĂšs-LouĂ©, l’Inaccessible, l’IrrĂ©sistible, le Tout-Puissant ? Rejetez ce que vous possĂ©dez et attachez-vous Ă  ce que Dieu vous ordonne d’observer. Sollicitez sa grĂące, car celui qui la sollicite marche dans son droit chemin.

(5.22)
ConsidĂ©rez l’état auquel nous sommes rĂ©duits, voyez les maux et tribulations qui nous accablent. Ne vous dĂ©sintĂ©ressez pas de notre cas, ne fĂ»t-ce qu’un instant, et jugez avec Ă©quitĂ© entre nous et nos ennemis. Cela sera pour vous un avantage manifeste. Nous vous faisons ce rĂ©cit et nous vous rapportons ce qui nous est advenu, afin que vous puissiez nous dĂ©livrer de nos maux et allĂ©ger notre fardeau. Que celui qui le veut nous libĂšre de nos Ă©preuves ; quant Ă  celui qui s’y refuse, mon Seigneur est assurĂ©ment le meilleur des secours.

(5.23)
Avertis le peuple, ĂŽ Serviteur, et informe-le de ce que nous t’avons envoyĂ© ; ne te laisse effrayer par rien ni personne et ne sois pas de ceux qui hĂ©sitent. Le jour approche oĂč Dieu exaltera sa cause et magnifiera sa preuve aux yeux de tous ceux qui sont sur la terre et dans les cieux. En toute circonstance, place en Dieu ton entiĂšre confiance, fixe sur lui ton regard et dĂ©tourne-toi de ceux qui rĂ©pudient sa vĂ©ritĂ©. Que Dieu, ton Seigneur, soit ta seule aide, ton unique secours. Nous nous sommes engagĂ©s Ă  assurer ton triomphe sur la terre et Ă  exalter notre cause au-dessus de tous les hommes, bien qu’il ne se soit trouvĂ© aucun roi pour se tourner vers toi.

(5.24)
Rappelle-toi ton arrivĂ©e dans la ville [nota : Constantinople], et comment les ministres du sultan, te jugeant Ă©tranger Ă  tout ce qui constituait leurs lois et rĂšglements, te jugĂšrent ignorant. Dis : En vĂ©ritĂ©, par mon Seigneur, je suis ignorant de toutes choses, Ă  l’exception de celles qu’il a plu Ă  Dieu, dans sa bontĂ©, de m’enseigner. Cela, je l’atteste et le confesse sans aucune hĂ©sitation.

(5.25)
Dis : Si les lois et les rĂšglements auxquels vous vous attachez sont votre oeuvre, nous ne nous y conformerons en aucune maniĂšre. Telles sont les instructions que nous avons reçues de celui qui est le TrĂšs-Sage, l’Omniscient. Telle fut dans le passĂ© notre attitude et telle elle restera dans l’avenir, par le pouvoir de Dieu et sa puissance. C’est lĂ  le vrai et droit chemin. Mais si ces lois viennent de Dieu, alors fournissez-en la preuve, si vous ĂȘtes de ceux qui disent la vĂ©ritĂ©. Dis : Nous avons consignĂ© dans un livre oĂč sont enregistrĂ©es les actions de tout homme, aussi insignifiantes soient-elles, tout ce qu’ils t’ont imputĂ© et tout ce qu’ils t’ont fait.

(5.26)
Dis : Il vous sied, ĂŽ ministres d’État, de respecter les prĂ©ceptes de Dieu, de renoncer Ă  vos propres lois et rĂšglements, et d’ĂȘtre de ceux qui sont bien guidĂ©s. Cela vaudrait mieux pour vous que tout ce que vous possĂ©dez, puissiez-vous le savoir. Si vous transgressez le commandement de Dieu, pas un iota de vos oeuvres ne trouvera grĂące devant lui. Avant peu, vous dĂ©couvrirez les consĂ©quences de ce que vous avez fait dans cette vaine existence, et vous en recevrez le juste salaire. Telle est la vĂ©ritĂ©, l’indubitable vĂ©ritĂ©.

(5.27)
Bien des hommes ont commis dans le passĂ© ce que vous avez commis et bien que d’un rang supĂ©rieur au vĂŽtre, sont finalement retournĂ©s Ă  la poussiĂšre, livrĂ©s Ă  leur sort ! Si seulement vous pouviez mĂ©diter sur la cause de Dieu ! Pourtant vous marcherez sur leurs traces, et vous entrerez dans une demeure oĂč vous ne trouverez ni amitiĂ© ni aide d’aucune sorte. Il vous sera demandĂ© compte de vos actes, de tous vos manquements envers la cause de Dieu et du dĂ©dain avec lequel vous avez rejetĂ© ses amis qui venaient Ă  vous en toute sincĂ©ritĂ©.

(5.28)
C’est vous qui, aprĂšs avoir dĂ©libĂ©rĂ© entre vous sur leur cas, avez prĂ©fĂ©rĂ© suivre l’impulsion de vos mauvais dĂ©sirs et nĂ©gligĂ© le commandement de Dieu, le Secours, le Tout-Puissant.

(5.29)
Dis : Rejetterez-vous les prĂ©ceptes de Dieu pour vous attacher Ă  vos propres Ă©lucubrations ? C’est Ă  vous-mĂȘmes, autant qu’aux autres, que vous faites ainsi tort, puissiez-vous le comprendre. Dis : Si vos rĂšgles et principes se fondent sur la justice, comment se fait-il que vous suiviez ceux qui s’accordent avec vos inclinations corrompues et rejetiez ceux qui les contrarient ? De quel droit prĂ©tendez-vous juger Ă©quitablement entre les hommes ? Est-ce au nom de ces principes et de ces rĂšgles que vous avez repoussĂ© celui qui, sur votre ordre, s’était prĂ©sentĂ© devant vous ? Est-ce pour vous y conformer que vous le persĂ©cutez, que vous lui infligez tous les jours de si indignes traitements ? Vous a-t-il jamais dĂ©sobĂ©i, ne fĂ»t-ce qu’un instant ? Tous les habitants d’Irak et, avec eux, tous les observateurs pourvus de discernement tĂ©moigneront de la vĂ©ritĂ© de mes paroles.

(5.30)
Soyez Ă©quitables en votre jugement, ĂŽ ministres d’État ! Qu’avons-nous commis qui justifie notre exil ? Quelle offense motive notre bannissement ? C’est nous qui avons cherchĂ© Ă  vous rencontrer. Et voyez, cependant, comment vous avez refusĂ© de nous recevoir ! Par Dieu ! c’est lĂ  une grave injustice que vous avez commise, une injustice que n’égale aucune autre injustice commise sur la terre. De cela est tĂ©moin le Tout-Puissant lui-mĂȘme.

(5.31)
Ai-je jamais transgressĂ© vos lois ou dĂ©sobĂ©i Ă  aucun de vos ministres en Irak ? Informez-vous auprĂšs d’eux afin de pouvoir agir envers nous avec discernement et d’ĂȘtre comptĂ©s parmi ceux qui sont bien informĂ©s. Quelqu’un leur a-t-il jamais prĂ©sentĂ© une plainte contre nous ? L’un d’eux a-t-il jamais entendu de notre part une parole contraire Ă  ce que Dieu a rĂ©vĂ©lĂ© dans son Livre ? Avancez donc vos preuves, que nous puissions approuver vos actions et reconnaĂźtre vos prĂ©tentions.

(5.32)
Si vous aviez voulu agir envers nous selon vos critĂšres et principes, il aurait Ă©tĂ© de votre devoir de nous respecter et de nous honorer puisque nous nous sommes soumis Ă  vos ordres et avons suivi ce qu’il vous a plu de dĂ©crĂ©ter. En outre, il aurait Ă©tĂ© judicieux que vous remboursiez les dettes que nous avons contractĂ©es en Irak pour accomplir vos dĂ©sirs. Vous auriez alors dĂ» tendre l’oreille, Ă©couter le rĂ©cit de nos malheurs et juger avec Ă©quitĂ©, comme vous le feriez pour vous-mĂȘmes. Vous n’auriez pas dĂ» souhaiter pour nous ce que vous ne souhaitez pas pour vous-mĂȘmes ; vous auriez plutĂŽt dĂ» choisir de vous montrer gĂ©nĂ©reux. Par Dieu ! vous n’avez agi envers nous ni selon vos propres critĂšres et principes ni selon ceux de tout ĂȘtre humain, mais plutĂŽt selon vos passions nĂ©fastes et capricieuses, ĂŽ assemblĂ©e d’insoumis et d’arrogants.

(5.33)
Ô Oiseau de saintetĂ©, envole-toi vers le ciel de la communion avec moi et informe les hommes de ce que nous t’avons dĂ©voilĂ© dans les ocĂ©ans tumultueux de l’immortalitĂ© au-delĂ  du mont de la gloire. Ne crains personne, place ta confiance en Dieu, le Tout-Puissant, le Bienfaisant. En vĂ©ritĂ©, nous te protĂ©gerons de ceux qui t’ont fait grand tort sans dĂ©tenir une preuve manifeste de Dieu ni l’éclairage d’un Livre.

(5.34)
Dis : Dieu m’est tĂ©moin, ĂŽ assemblĂ©e de nĂ©gligents ! Nous ne sommes pas venu parmi vous pour rĂ©pandre le dĂ©sordre dans vos contrĂ©es ni pour semer la dissension parmi vos peuples. Non, nous sommes plutĂŽt venu afin d’obĂ©ir au commandement du souverain, et d’exalter votre autoritĂ©, de vous instruire dans la voie de notre sagesse et de vous rappeler ce que vous aviez oubliĂ©, ainsi qu’il le dit vraiment : « Avertis-les hommes car le rappel est utile aux croyants » [voir : Coran 51.55]. Mais vous n’avez pas prĂȘtĂ© l’oreille aux douces mĂ©lodies de l’Esprit et, sans discernement, vous avez Ă©coutĂ© nos ennemis, ceux qui suivent l’appel de leurs inclinations corrompues, ceux qui, poussĂ©s par le malin, estiment leurs actions Ă©quitables et dont la langue profĂšre des calomnies contre nous. N’avez-vous pas entendu ce qui a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© dans son Livre infaillible et trĂšs glorieux : « Si un homme mĂ©chant vient vous apporter une nouvelle, vĂ©rifiez-la sur le champ » ? [voir : Coran 49.6 - « Si un homme pervers vient vous apporter une nouvelle, faites attention »] Pourquoi donc avez-vous rejetĂ© loin de vous les commandements de Dieu et suivi les pas des fauteurs de trouble ?

(5.35)
Nous avons appris que l’un de ces calomniateurs a allĂ©guĂ© que ce Serviteur a pratiquĂ© l’usure durant son sĂ©jour en Irak, et qu’il Ă©tait occupĂ© Ă  amasser des richesses. Dis : Comment pouvez-vous porter un jugement sur une affaire dont vous ne savez rien ? Comment pouvez-vous profĂ©rer des calomnies contre les serviteurs de Dieu et nourrir des soupçons si injurieux ? Et comment cette accusation peut-elle ĂȘtre justifiĂ©e, puisque Dieu interdit cette pratique Ă  ses serviteurs dans le Livre trĂšs saint et bien prĂ©servĂ©, rĂ©vĂ©lĂ© Ă  Muhammad, l’ApĂŽtre de Dieu et le Sceau des prophĂštes, Livre qui selon son dĂ©cret constitue son tĂ©moignage Ă©ternel, ses directives et son avertissement Ă  toute l’humanitĂ© ? Ce n’est lĂ  qu’un des points sur lesquels nous nous sommes opposĂ© aux membres du clergĂ© en Perse, car nous avons, conformĂ©ment au texte du Livre, interdit Ă  tous la pratique de l’usure. Dieu lui-mĂȘme est tĂ©moin de la vĂ©ritĂ© de mes paroles. « Je ne m’innocente pas, l’ñme est instigatrice du mal » [voir : Coran 12.53]. Notre seule intention est de vous faire part de la vĂ©ritĂ©, afin que vous en soyez informĂ©s et que vous soyez de ceux qui mĂšnent une vie pieuse. Veillez Ă  ne pas prĂȘter l’oreille aux paroles de ceux dont on peut discerner l’odeur fĂ©tide de la mĂ©chancetĂ© et de la jalousie ; ne leur prĂȘtez aucune attention, et soyez les dĂ©fenseurs de la droiture.

(5.36)
Sachez que le monde et ses vanitĂ©s passeront. Rien ne durera sauf le royaume de Dieu qui n’appartient qu’à lui, le souverain Seigneur de toutes choses, le Secours, le TrĂšs-Glorieux, le Tout-Puissant. Les jours de votre vie s’écouleront, toutes les choses pĂ©riront qui maintenant vous occupent et flattent votre vanitĂ© ; par une milice de ses anges, vous serez sommĂ©s Ă  comparaĂźtre en ce lieu oĂč la crĂ©ation sera saisie de crainte et de tremblement et oĂč la chair de tout oppresseur frĂ©mira. Il vous sera demandĂ© compte de tout ce que vos mains auront forgĂ© en votre vaine existence, et vous en recevrez le juste salaire. Voici le jour qui, inĂ©luctablement, s’abattra sur vous, voici l’heure que nul ne pourra diffĂ©rer. De cela porte tĂ©moignage la langue de celui qui dit la vĂ©ritĂ© et qui est l’Omniscient.

(5.37)
Craignez Dieu, habitants de la cité [nota : Constantinople], et ne semez point les germes de la discorde parmi les hommes. Ne suivez pas les sentiers du Malin. Marchez plutÎt, durant les quelques jours qui vous restent à vivre, dans les voies du seul vrai Dieu. Vos jours passeront comme ont passé les jours de ceux qui vous ont précédés, et vous retournerez à la poussiÚre comme vos pÚres y sont retournés.

(5.38)
Sachez que je n’ai peur de personne d’autre que de Dieu, qu’en nul autre que lui je n’ai placĂ© ma confiance, que je ne suis attachĂ© qu’à lui seul et que je ne dĂ©sire rien d’autre que ce qu’il a dĂ©sirĂ© pour moi. Tel est, en vĂ©ritĂ©, le voeu de mon coeur, puissiez-vous le savoir. J’ai offert mon Ăąme et mon corps en sacrifice Ă  Dieu, le Seigneur de tous les mondes. Quiconque a connu Dieu ne connaĂźtra jamais que lui, et quiconque a craint Dieu, n’aura point d’autre crainte, alors mĂȘme que toutes les puissances de la terre se dresseraient contre lui. Je ne parle que sur son ordre et, par le pouvoir de Dieu et par sa puissance, je ne me conforme qu’à sa vĂ©ritĂ©. En vĂ©ritĂ©, je vous le dis, il rĂ©compensera les coeurs sincĂšres.

(5.39)
Conte, ĂŽ serviteur, ce dont tu fus tĂ©moin lors de ton arrivĂ©e dans la ville, afin que ton tĂ©moignage demeure parmi les hommes et serve d’avertissement Ă  ceux qui croient. À notre arrivĂ©e dans la citĂ©, nous avons trouvĂ© les dirigeants et les anciens tels des enfants s’amusant ensemble dans le sable. Nous n’en avons trouvĂ© aucun ayant une maturitĂ© d’esprit suffisante pour recevoir de nous les vĂ©ritĂ©s que nous tenons de Dieu ni qui soit prĂȘt Ă  entendre nos merveilleuses paroles de sagesse. Notre coeur a pleurĂ© sur eux et sur leurs transgressions, ainsi que sur leur ignorance des raisons de leur crĂ©ation. VoilĂ  ce que nous avons observĂ© dans cette citĂ© et ce que nous avons voulu noter dans notre livre en guise d’avertissement pour eux et pour le reste de l’humanitĂ©.

(5.40)
Dis : Si vous aspirez aux vanitĂ©s de ce monde, pourquoi ne les avoir point cherchĂ©es alors que vous Ă©tiez dans le sein de votre mĂšre, car alors vous ne cessiez de vous en approcher, puissiez-vous le comprendre. Mais depuis que vous ĂȘtes nĂ©s et avez atteint l’ñge adulte, vous n’avez fait que vous distancer du monde et vous rapprocher de la poussiĂšre. Pourquoi donc cette aviditĂ© Ă  amasser les trĂ©sors de la terre, alors que vos jours sont comptĂ©s et que vos chances sont presque nulles ? Ne vous dĂ©ciderez-vous pas, ĂŽ nĂ©gligents, Ă  sortir de votre sommeil ?

(5.41)
PrĂȘtez l’oreille aux conseils que, pour l’amour de Dieu, ce serviteur vous donne. Il n’attend de vous, en vĂ©ritĂ©, aucune rĂ©compense et, entiĂšrement soumis Ă  la volontĂ© de Dieu, il est rĂ©signĂ© Ă  ce que cette volontĂ© lui rĂ©serve.

(5.42)
Les jours de votre vie sont dĂ©jĂ  largement dĂ©pensĂ©s, ĂŽ peuple, et votre fin approche Ă  grands pas. Renoncez donc Ă  ces vaines entreprises qui vous retiennent encore et attachez-vous aux prĂ©ceptes de Dieu, afin d’obtenir ce qu’il vous a destinĂ© et d’ĂȘtre de ceux qui suivent le droit chemin. Ne vous dĂ©lectez point des choses de ce monde et de ses vains ornements, et ne placez point vos espĂ©rances en eux. Que votre confiance repose tout entiĂšre dans le souvenir de Dieu, le SuprĂȘme et le TrĂšs-Grand. Avant peu, il rĂ©duira Ă  nĂ©ant tout ce que vous possĂ©dez. Craignez-le donc, n’oubliez pas l’alliance qu’il a faite avec vous, et ne soyez point de ceux qu’un voile sĂ©pare de lui.

(5.43)
Gardez-vous de vous gonfler d’orgueil devant Dieu et de repousser ceux qu’il aime. Suivez plutĂŽt en toute humilitĂ© ceux qui sont fidĂšles, qui ont cru en lui et en ses signes, dont les coeurs tĂ©moignent de son unitĂ©, dont les bouches proclament son unicitĂ©, et qui ne parlent qu’avec sa permission. Nous vous exhortons ainsi au nom de la justice, et nous vous avertissons, au nom de la vĂ©ritĂ©, pour vous tirer, si possible, de votre sommeil.

(5.44)
Ne faites peser sur aucune Ăąme un poids dont vous ne voudriez point que la vĂŽtre fĂ»t chargĂ©e, et ne souhaitez Ă  personne ce que vous ne souhaitez pas pour vous-mĂȘmes. Tel est le meilleur conseil que je puisse vous donner, puissiez-vous le suivre.

(5.45)
Respectez parmi vous les religieux et les savants, ceux dont la conduite s’accorde avec ce qu’ils professent, qui ne transgressent point les limites fixĂ©es par Dieu, et dont les jugements sont conformes aux commandements rĂ©vĂ©lĂ©s dans son Livre. Sachez qu’ils sont des lampes destinĂ©es Ă  guider les habitants des cieux et de la terre. Ceux qui dĂ©daignent et nĂ©gligent les religieux et les savants qui vivent parmi eux ont en fait altĂ©rĂ© la grĂące que Dieu leur avait accordĂ©e.

(5.46)
Dis : Attendez-vous que Dieu vous ait retirĂ© sa faveur ? Rien ne lui Ă©chappe. Il connaĂźt les secrets des cieux et de la terre. Sa science embrasse toutes choses. Ne vous rĂ©jouissez pas de ce que vous avez fait ni de ce que vous ferez, et ne vous fĂ©licitez point de la souffrance que vous nous avez infligĂ©e, car ce n’est pas ainsi que vous exalterez votre condition, si vous pouviez juger vos actions avec discernement. De mĂȘme, serez-vous incapables de porter atteinte Ă  la noblesse de notre condition. Non, Dieu accroĂźtra la rĂ©compense qu’il nous destine pour avoir endurĂ© patiemment les tribulations que nous avons subies. En vĂ©ritĂ©, il rĂ©compense toujours davantage ceux qui endurent avec constance.

(5.47)
Sachez que, de temps immĂ©morial, Ă©preuves et tribulations sont le lot des Ă©lus de Dieu et de ses bien-aimĂ©s, de ses serviteurs dĂ©tachĂ©s de tout sauf de lui, de ceux qu’aucun commerce ni nĂ©goce ne dĂ©tournent du souvenir du Tout-Puissant, qui ne parlent que lorsqu’il a parlĂ© et observent ses commandements. Telle fut dans le passĂ© la mĂ©thode de Dieu, telle elle restera dans l’avenir. BĂ©nis ceux qui souffrent avec longanimitĂ©, restent patients dans les peines et dans les privations, ne se lamentent point de ce qui leur advient et marchent dans le sentier de la rĂ©signation.

(5.48)
Ce qui nous est advenu a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© vĂ©cu dans le passĂ©. Nous ne sommes pas le premier en terre d’islam dont la coupe est brisĂ©e, comme ce n’est pas la premiĂšre fois que de tels intrigants complotent contre les bien-aimĂ©s du Seigneur. Les tribulations que nous avons subies sont semblables aux Ă©preuves qu’a connues autrefois l’ImĂĄm Husayn. Car des messagers envoyĂ©s par des conspirateurs malveillants et mal intentionnĂ©s l’invitĂšrent Ă  sortir de la citĂ© et quand il vint vers eux, en compagnie de sa famille, ils usĂšrent de toute leur force pour l’assaillir et finalement le tuer ainsi que ses fils et ses frĂšres, et capturer le reste de sa famille. VoilĂ  ce qui s’est produit en ces temps anciens et, en vĂ©ritĂ©, Dieu est tĂ©moin de mes paroles. De tous ses descendants, jeunes ou vieux, aucun ne survĂ©cut Ă  part son fils ‘AlĂ­-al-Awsat, connu sous le nom de Zaynu’l-’ÁbidĂ­n.

(5.49)
Ô vous, insouciants, voyez avec quel Ă©clat le feu de l’amour de Dieu a flambĂ© jadis dans le coeur de Husayn, si vous ĂȘtes de ceux qui rĂ©flĂ©chissent. Si intense Ă©tait sa flamme que la ferveur et le dĂ©sir lui arrachĂšrent finalement les rĂȘnes de la patience, et l’amour de celui qui est l’IrrĂ©sistible ravit tellement son coeur qu’il abandonna son Ăąme, son esprit, son corps et son ĂȘtre entier dans la voie de Dieu, le Seigneur des mondes. Par Dieu ! cet Ă©tat Ă©tait plus doux Ă  ses yeux que la domination totale de la terre et du ciel. Car l’amant vĂ©ritable ne dĂ©sire rien d’autre que la compagnie du bien-aimĂ© et le chercheur n’a d’autre but que d’atteindre l’objet de sa quĂȘte. Leurs coeurs aspirent Ă  la rĂ©union comme le corps se languit de l’esprit. Que dis-je ! Leur dĂ©sir est plus ardent encore, si seulement vous pouviez le percevoir.

(5.50)
Dis : Ce mĂȘme feu brĂ»le maintenant dans ma poitrine, et mon souhait est que cet Husayn [nota : Bahá’u’llĂĄh] puisse faire le mĂȘme sacrifice de sa vie dans l’espoir d’atteindre un rang aussi auguste et aussi sublime, oĂč le serviteur meurt Ă  lui-mĂȘme et vit en Dieu, le Tout-Puissant, le GlorifiĂ©, le Grand. Si je devais vous dĂ©voiler les mystĂšres qui sont enchĂąssĂ©s par Dieu dans un tel rang, vous chercheriez, en vĂ©ritĂ©, Ă  sacrifier vos vies dans son sentier, Ă  renoncer Ă  vos richesses et Ă  dĂ©laisser tout ce que vous possĂ©dez, afin d’atteindre cette condition transcendante et glorieuse. Mais Dieu a couvert vos coeurs d’un voile et obscurci votre vision de crainte que vous ne saisissiez ses mystĂšres et en compreniez la portĂ©e.

(5.51)
Dis : L’ñme sincĂšre aspire Ă  se rapprocher de Dieu comme le nourrisson recherche le sein de sa mĂšre. Que dis-je ! Bien plus ardent encore est ce dĂ©sir, puissiez-vous le savoir ! Il est semblable Ă  celui de l’assoiffĂ© qui recherche ardemment les eaux vivifiantes, ou du pĂ©cheur qui souhaite de tout coeur le pardon et la misĂ©ricorde. C’est pourquoi nous vous exposons les mystĂšres de la Cause et vous transmettons ce qui vous rendra indĂ©pendants de tout ce qui vous a prĂ©occupĂ©s jusqu’ici, afin que vous ayez une chance d’accĂ©der Ă  la cour de saintetĂ©, au sein de ce paradis exaltĂ©. Je jure par Dieu ! Quiconque y pĂ©nĂštre ne quittera jamais cette enceinte et quiconque y pose son regard jamais ne s’en dĂ©tournera, mĂȘme si les Ă©pĂ©es des infidĂšles et des obstinĂ©s s’acharnent contre lui. Ainsi, nous vous avons rapportĂ© ce qui est advenu Ă  Husayn, et nous supplions Dieu de nous rĂ©server le mĂȘme sort. Il est, en vĂ©ritĂ©, le Munificent, le TrĂšs-GĂ©nĂ©reux.

(5.52)
Par la justice de Dieu ! grĂące Ă  ses actes, les parfums de saintetĂ© se sont rĂ©pandus sur toutes choses, la preuve de Dieu est complĂšte et manifeste aux yeux de tous. Et aprĂšs sa disparition, Dieu a suscitĂ© un peuple qui a vengĂ© sa mort, tuĂ© ses ennemis et l’a pleurĂ© Ă  l’aube comme au crĂ©puscule. Dis : Dieu promet dans son Livre de se saisir de tous les tyrans et de renverser les fauteurs de trouble. Sache que ces gestes saints exercent par eux-mĂȘmes un grand pouvoir sur le monde de l’existence, un pouvoir qui demeure cependant impĂ©nĂ©trable, sauf pour ceux dont Dieu a ouvert les yeux, libĂ©rĂ© les coeurs des voiles qui obscurcissent la vue et guidĂ© l’ñme dans le droit chemin.

(5.53)
Le jour approche oĂč Dieu suscitera un peuple qui se souviendra de nos jours, fera le rĂ©cit de nos Ă©preuves et exigera, de ceux qui sans la moindre preuve nous ont traitĂ© avec une indĂ©niable injustice, la restitution de nos droits. Dieu assurĂ©ment a tout pouvoir sur la vie de ceux qui nous ont fait du tort, et il connaĂźt toutes leurs actions. Nul doute qu’en raison de leurs pĂ©chĂ©s, son bras se saisira d’eux. Il est, en vĂ©ritĂ©, le plus terrible des vengeurs.

(5.54)
Nous vous avons ainsi entretenus des affaires du seul vrai Dieu, vous faisant connaĂźtre les choses qu’il a prĂ©ordonnĂ©es, afin que vous sollicitiez son pardon, lui reveniez animĂ©s d’un sincĂšre repentir, preniez conscience de vos fautes et secouiez votre torpeur, que vous quittiez votre insouciance, expiiez tous vos mĂ©faits et vous rĂ©solviez Ă  faire le bien. Que celui qui le veut, reconnaisse la vĂ©ritĂ© de mes paroles. Quant Ă  celui qui s’y refuse, qu’il s’en dĂ©tourne. Mon unique tĂąche est de vous rappeler que vous avez failli Ă  votre devoir envers la cause de Dieu, si vous prenez garde Ă  mes avertissements. Écoutez-les donc, repentez-vous et retournez Ă  Dieu afin que, par sa grĂące, il ait pitiĂ© de vous, vous lave de vos pĂ©chĂ©s et vous pardonne vos offenses. La grandeur de sa misĂ©ricorde dĂ©passe la violence de sa colĂšre, et sa grĂące embrasse ceux qui, de tous temps, sont appelĂ©s Ă  l’existence et sont parĂ©s du vĂȘtement de la vie.

(5.55)
Ô assemblĂ©e de ministres d’État, croyez-vous sincĂšrement que nous soyons venu vous dĂ©pouiller de vos possessions terrestres et de votre orgueil ? Non, par celui qui tient mon Ăąme dans sa main ! Notre intention est de vous dĂ©montrer que nous ne sommes pas opposĂ©s aux ordres du souverain, et ne comptons pas parmi les rebelles. Soyez assurĂ©s que tous les trĂ©sors de la terre, tout l’or, l’argent et les pierres rares et prĂ©cieuses sont, pour Dieu, pour ses Ă©lus et ses bien-aimĂ©s, aussi dĂ©pourvus de valeur qu’une poignĂ©e de poussiĂšre. Car avant peu, tout ce qui est sur la terre pĂ©rira, et le Royaume demeurera Ă  Dieu, le Tout-Puissant, l’Incomparable. Tout ce qui pĂ©rit ne peut nous ĂȘtre d’aucun profit, et il en est de mĂȘme pour vous, si vous pouviez y songer.

(5.56)
Par la justice de Dieu ! je ne mens pas et ne prononce que ce qui m’est ordonnĂ© par Dieu. Les paroles mĂȘmes de cette Ă©pĂźtre en portent tĂ©moignage, si vous prenez la peine d’y rĂ©flĂ©chir. Ne succombez pas Ă  vos propres dĂ©sirs, et n’écoutez pas les chuchotements du Malin en vos Ăąmes. Suivez plutĂŽt la cause de Dieu, aussi bien dans votre vie sociale que dans votre vie intĂ©rieure et ne soyez pas parmi les nĂ©gligents. Cela vaut mieux pour vous que tout ce que vous avez amassĂ© dans vos maisons et tout ce que, jour et nuit, vous avez dĂ©sirĂ©.

(5.57)
Le monde disparaĂźtra, et avec lui tout ce qui rĂ©jouit votre coeur ou dont vous tirez orgueil devant les hommes. Purifiez le miroir de votre coeur de la poussiĂšre de ce monde et de tout ce qu’il contient, afin qu’il puisse reflĂ©ter la lumiĂšre resplendissante de Dieu. Cela vous permettra, en vĂ©ritĂ©, de vous passer de tout sauf de Dieu et d’atteindre le bon plaisir de votre Seigneur, le TrĂšs-Bienfaisant, l’Omniscient, le TrĂšs-Sage. Nous avons, en vĂ©ritĂ©, Ă©talĂ© sous vos yeux ce qui vous sera profitable tant dans ce monde que dans le royaume de la foi, et vous mĂšnera vers le chemin du salut. Puissiez-vous regarder dans cette direction !

(5.58)
Écoute, ĂŽ Roi [nota : le sultan ‘Abdu’l-’AzĂ­z], le discours de celui qui ne dit que la vĂ©ritĂ©, qui ne te demande pas en rĂ©compense les choses que Dieu t’a accordĂ©es et qui jamais ne s’écarte du droit chemin. C’est lui qui t’appelle Ă  Dieu, ton Seigneur, qui te montre le droit chemin conduisant au vrai bonheur, afin que tu rejoignes ce pour qui tout ira bien.

(5.59)
Garde-toi, ĂŽ Roi, de t’entourer de ministres qui suivent leurs inclinations corrompues, nĂ©gligent ce qui leur est confiĂ© et manifestement trahissent leur mission. Sois bienveillant envers les autres comme Dieu l’est envers toi, et ne laisse pas les intĂ©rĂȘts de ton peuple Ă  la merci de tels ministres. Ne mĂ©connais pas la crainte de Dieu, et sois de ceux qui agissent avec droiture. Entoure-toi de ministres qui exhalent le parfum de la foi et de la justice, sollicite leur avis, retiens ce qui te semblera le mieux, et sois de ceux qui agissent avec gĂ©nĂ©rositĂ©.

(5.60)
Tiens pour certain que quiconque ne croit pas en Dieu n’est ni digne de confiance ni vĂ©ridique. Telle est, en effet, la vĂ©ritĂ©, l’indubitable vĂ©ritĂ©. Celui qui trahit Dieu trahit aussi son roi. Rien ne peut le dĂ©tourner du mal, rien ne peut l’empĂȘcher de trahir son voisin, rien ne peut l’amener Ă  agir avec droiture.

(5.61)
Prends soin de ne pas remettre aux mains d’autrui les rĂȘnes des affaires de ton État, n’accorde pas ta confiance Ă  des ministres qui ne la mĂ©ritent point, ne sois pas de ceux qui vivent dans l’insouciance. Évite ceux dont le coeur se dĂ©tourne de toi, ne leur accorde pas ta confiance, et ne les charge point de tes affaires ni des affaires de ceux qui professent ta foi. Assure-toi de ne pas laisser le loup devenir le berger du troupeau de Dieu, et ne laisse pas Ă  la merci des mĂ©chants le sort de ceux qu’il aime. N’attends pas de ceux qui violent les commandements de Dieu qu’ils soient dignes de quelque confiance, ou qu’ils puissent ĂȘtre sincĂšres dans la foi qu’ils professent. Évite-les donc, et protĂšge-toi soigneusement, de peur d’ĂȘtre victime de leurs ruses et de leurs mĂ©faits. DĂ©tourne-toi d’eux, fixe ton regard sur Dieu, ton Seigneur, le TrĂšs-Glorieux, le TrĂšs-Bienfaisant. Dieu sera assurĂ©ment avec celui qui se donne entiĂšrement Ă  lui ; il prĂ©servera de tout mal celui qui place toute sa confiance en lui et le protĂšgera contre les complots des mĂ©chants.

(5.62)
Si tu prĂȘtes l’oreille Ă  mes discours et suis mes conseils, Dieu t’élĂšvera Ă  un rang si Ă©minent qu’aucun dessein humain ne pourra t’atteindre ni te nuire. Ô Roi, observe de tout ton coeur et de toutes tes forces, les commandements de Dieu, et ne marche pas dans les sentiers de l’oppresseur. Saisis-toi des rĂȘnes du gouvernement de ton peuple et tiens-les fermement, examine personnellement tout ce qui s’y rapporte. Que rien ne t’échappe, car c’est lĂ  le bien le plus grand.

(5.63)
Rends grĂąces Ă  Dieu de t’avoir choisi entre tous comme chef suprĂȘme de ceux qui professent ta foi. Il te convient, en effet, d’apprĂ©cier les bienfaits dont Dieu t’a gratifiĂ© et de sans cesse magnifier son nom. La meilleure louange que tu puisses lui adresser est d’aimer ceux qu’il aime, de sauvegarder les intĂ©rĂȘts de ses serviteurs, de les protĂ©ger contre les traĂźtres et de faire en sorte qu’ils ne soient plus opprimĂ©s. Tu dois, en outre, faire respecter parmi eux la loi de Dieu, afin d’ĂȘtre toi-mĂȘme du nombre de ceux qui sont fermement Ă©tablis dans cette loi.

(5.64)
Si, par toi, les riviĂšres de la justice venaient Ă  rĂ©pandre leurs eaux sur tes sujets, Dieu assurĂ©ment t’assisterait des armĂ©es de l’invisible et du visible, et te fortifierait dans tes affaires. Il n’est d’autre Dieu que lui. La crĂ©ation est sienne, avec tout son empire. À lui retourneront les oeuvres des fidĂšles.

(5.65)
Ne place pas ta confiance dans tes trĂ©sors. Place-la plutĂŽt dans la grĂące de Dieu, ton Seigneur. Compte sur lui en tout ce que tu fais, et sois de ceux qui se soumettent Ă  sa volontĂ©. Laisse-le t’aider et t’enrichir de ses trĂ©sors car c’est Ă  lui qu’appartiennent tous les trĂ©sors de la terre et du ciel. Il les accorde Ă  qui lui plaĂźt, et les retire Ă  qui il veut. Il n’est pas d’autre Dieu que lui, le Possesseur de toutes choses, le TrĂšs-LouĂ©. Tous sont pauvres au seuil de sa misĂ©ricorde ; tous sont impuissants devant la rĂ©vĂ©lation de sa souverainetĂ© et implorent ses faveurs.

(5.66)
Ne franchis jamais les bornes de la modĂ©ration et traite Ă©quitablement ceux qui te servent. Donne-leur selon leurs besoins, mais pas dans une mesure qui leur permettrait d’entasser pour eux-mĂȘmes des trĂ©sors, de parer leur personne, d’embellir leur foyer, d’acquĂ©rir ce qui ne leur serait d’aucun profit et les ferait compter au nombre des extravagants. Exerce envers eux une indĂ©fectible justice, de sorte que nul d’entre eux ne soit dans le besoin ni ne regorge de richesses. Ce n’est lĂ  que justice manifeste.

(5.67)
Ne permets pas que l’abject domine ceux qui sont nobles et dignes d’honneur, et ne souffre point que le juste soit Ă  la merci du vil et du mĂ©prisable, car c’est ce que nous avons constatĂ© lors de notre arrivĂ©e dans la citĂ© [nota : Constantinople], et nous en tĂ©moignons. Parmi ses habitants, nous en avons vu qui possĂ©daient d’immenses fortunes et vivaient dans une richesse excessive, alors que d’autres vivaient dans une noire misĂšre et une extrĂȘme pauvretĂ©. Cela ne saurait convenir Ă  ta souverainetĂ© ni ĂȘtre digne de ton rang.

(5.68)
Accueille donc mes avis et efforce-toi de gouverner avec Ă©quitĂ©, afin que Dieu exalte ton nom et rĂ©pande dans le monde entier la renommĂ©e de ta justice. Veille Ă  ne pas favoriser tes ministres aux dĂ©pens de tes sujets. Crains les soupirs du pauvre et du juste qui, Ă  chaque aurore, se lamentent sur leur triste sort, et sois pour eux un souverain bienveillant. Ils sont, en vĂ©ritĂ©, tes trĂ©sors sur la terre. Il t’appartient donc de mettre tes trĂ©sors Ă  l’abri des assauts de ceux qui voudraient te les dĂ©rober. Enquiers-toi de leurs affaires et inquiĂšte-toi chaque annĂ©e, chaque mois mĂȘme, de leur condition. Ne sois pas de ceux qui nĂ©gligent leur devoir.

(5.69)
Garde les yeux rivĂ©s sur l’infaillible balance de Dieu et tel celui qui se tient en sa prĂ©sence, pĂšse sur tes actions chaque jour, en chaque instant de ta vie. Fais ton examen de conscience chaque jour avant d’y ĂȘtre conviĂ© au jour du jugement, jour oĂč personne n’aura la force de se tenir debout par crainte de Dieu, jour oĂč le coeur des nĂ©gligents se mettra Ă  trembler.

(5.70)
Il incombe Ă  tout roi d’ĂȘtre aussi bienveillant que le soleil qui assure la croissance de tous les ĂȘtres et donne Ă  chacun son dĂ», et dont les bienfaits ne proviennent pas de lui-mĂȘme, mais de la volontĂ© du Tout-Puissant, de l’Omnipotent. Un roi doit ĂȘtre aussi gĂ©nĂ©reux, aussi libĂ©ral dans sa grĂące que les nuages dont les ondĂ©es bienfaisantes arrosent tous les pays sur l’ordre de celui qui est l’Ordonnateur suprĂȘme, l’Omniscient.

(5.71)
Prends soin de ne pas t’en remettre entiĂšrement Ă  d’autres pour les affaires de l’État. Nul mieux que toi-mĂȘme ne pourrait remplir tes fonctions. Ainsi avec clartĂ©, nous te donnons nos sages avis, nous t’envoyons ce qui te permettra de passer de la main gauche de l’oppression Ă  la main droite de la justice et de t’approcher du resplendissant ocĂ©an des faveurs de Dieu. Telle est la voie que suivirent, avant toi, les rois qui gouvernĂšrent avec Ă©quitĂ© et suivirent le droit chemin de la justice.

(5.72)
Tu es l’ombre de Dieu sur la terre. Efforce-toi donc d’agir de la maniĂšre qui convient Ă  un rang aussi Ă©minent et aussi majestueux. Tu ne saurais, sans dĂ©roger Ă  un honneur aussi grand et inestimable, t’abstenir de suivre les enseignements qui, par nous, te sont envoyĂ©s du ciel. Retourne donc Ă  Dieu, attache-toi fermement Ă  lui, purifie ton coeur du monde et de ses vanitĂ©s, et ne souffre pas que l’amour d’un Ă©tranger y pĂ©nĂštre pour s’y Ă©tablir. Et tant que tu n’auras pas purifiĂ© ton coeur des traces d’un tel amour, l’éclat de la lumiĂšre divine n’y pourra briller car Dieu n’a donnĂ© Ă  chacun qu’un seul coeur. Tel est, en vĂ©ritĂ©, le dĂ©cret divin enregistrĂ© dans son livre antique. Et puisque le coeur humain, tel que Dieu l’a façonnĂ©, est un et entier, il t’incombe de veiller Ă  ce que ses affections soient elles aussi unes et entiĂšres. Attache-toi donc, avec toute la tendresse de ton coeur, Ă  l’amour de Dieu et renonce Ă  tout autre amour afin qu’il t’aide Ă  te plonger ainsi dans l’ocĂ©an de son unitĂ© et Ă  devenir un vrai dĂ©fenseur de son unicitĂ©. Dieu m’en est tĂ©moin : Je n’ai, en te rĂ©vĂ©lant ces paroles, d’autre objet que de te dĂ©tacher des choses Ă©phĂ©mĂšres de la terre, et de t’aider Ă  entrer dans le royaume de la gloire Ă©ternelle, afin qu’avec la permission de Dieu, tu sois de ceux qui l’habitent et y rĂšgnent.

(5.73)
Ô Roi, as-tu appris combien nous avons souffert aux mains de tes ministres et comment ils nous ont traitĂ©, ou comptes-tu parmi les nĂ©gligents ? Si tu es effectivement informĂ© de ces actes, pourquoi n’as-tu pas interdit Ă  tes ministres de les commettre ? Comment as-tu pu dĂ©sirer, pour celui qui s’est pliĂ© Ă  tes ordres et a obĂ©i Ă  ton dĂ©cret, ce que nul roi ne dĂ©sirerait pour aucun de ses sujets ? Et si tu n’en es point informĂ©, c’est lĂ  une erreur plus grave encore si tu es de ceux qui craignent Dieu. C’est pourquoi je vais te conter ce que nous avons endurĂ© aux mains de ces oppresseurs.

(5.74)
Sache donc que nous sommes venus dans ta ville sur ton ordre. EntrĂ© avec tous les honneurs, ils nous en ont pourtant expulsĂ©s en nous humiliant comme jamais personne ne le fut, si tu es de ceux qui sont informĂ©s. Ils nous ont forcĂ© Ă  voyager jusqu’à ce lieu [nota : Andrinople] oĂč nul ne pĂ©nĂštre hormis ceux qui se rĂ©voltent contre l’autoritĂ© du souverain et comptent parmi les transgresseurs. Et tout cela en dĂ©pit du fait que jamais nous ne t’avions dĂ©sobĂ©i, pas mĂȘme pour un instant, car dĂšs que nous avons pris connaissance de tes ordres, nous les avons suivis et nous sommes soumis Ă  ta volontĂ©. Tes ministres, par contre, ont agi envers nous sans se soucier des rĂšgles et des commandements de Dieu, ni tenir compte de ce qui a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© aux prophĂštes et aux messagers. Ils nous ont traitĂ© sans pitiĂ© et nous ont infligĂ© ce que nul fidĂšle n’inflige Ă  ses pairs, ni aucun croyant Ă  un infidĂšle. Dieu sait et il est tĂ©moin de la vĂ©ritĂ© de nos paroles.

(5.75)
Lorsqu’ils nous expulsĂšrent de ta ville, ils nous placĂšrent dans des chariots normalement rĂ©servĂ©s au transport de bagages ou autres objets. Tel fut le traitement qu’ils nous rĂ©servĂšrent, si tu dĂ©sires connaĂźtre la vĂ©ritĂ©. C’est ainsi qu’ils nous firent prendre la route et nous conduisirent vers la ville qu’ils considĂšrent comme la demeure des rebelles. À notre arrivĂ©e, nous ne pĂ»mes trouver de logement et fĂ»mes obligĂ©s de demeurer dans un endroit oĂč nul n’accepterait de pĂ©nĂ©trer sauf le plus dĂ©muni des Ă©trangers. Nous y logeĂąmes pendant quelque temps ; aprĂšs quoi, souffrant de plus en plus du manque d’espace, nous louĂąmes des logements que les occupants avaient quittĂ©s en raison du froid extrĂȘme. Ainsi, nous fĂ»mes contraints de vivre, au coeur de l’hiver, dans des maisons oĂč nul n’habite sauf dans la chaleur de l’étĂ©. Ni ma famille ni mes compagnons n’avaient les vĂȘtements nĂ©cessaires pour se protĂ©ger de ce froid glacial.

(5.76)
Si seulement tes ministres nous avaient traitĂ©s selon les principes qu’ils observent entre eux ! Par Dieu, ils ne nous ont traitĂ© ni selon les commandements de Dieu, ni selon les pratiques auxquelles ils souscrivent, ni selon les rĂšgles habituelles des hommes ; mĂȘme le pauvre reçoit mieux un voyageur. VoilĂ  le rĂ©cit de ce qu’ils nous ont fait endurer, et que nous te rapportons dans un langage vĂ©ridique et sincĂšre.

(5.77)
Tout cela m’est advenu alors que je me suis prĂ©sentĂ© chez eux sur leurs ordres et ne me suis pas opposĂ© Ă  leur autoritĂ© dĂ©rivĂ©e de la tienne. Ainsi, nous avons acceptĂ© et suivi leur injonction. Eux, par contre, semblent avoir oubliĂ© ce que Dieu a commandĂ©. Il dit, et sa parole est vĂ©ritĂ© : « Agissez avec humilitĂ© envers les croyants » [voir : Coran 15.88 - « Abaisse ton aile sur les croyants »]. Ils n’avaient d’autre souci que leur propre confort et leur tranquillitĂ© et leurs oreilles Ă©taient sourdes aux soupirs des pauvres et aux cris des opprimĂ©s. Ils semblent croire qu’ils sont crĂ©Ă©s de pure lumiĂšre, alors que les autres ont Ă©tĂ© façonnĂ©s dans l’argile. Quelle pitoyable illusion ! Ne vous avons-nous pas crĂ©Ă©s d’une eau vile. [voir : Coran 77.20 ; « il lui a suscitĂ© une descendance Ă  partir d’une goutte d’eau vile » ; 32.8]

(5.78)
Par Dieu, je le jure, ĂŽ Roi ! Je n’ai point dessein de me plaindre auprĂšs de toi de ceux qui me persĂ©cutent. C’est Ă  Dieu que j’expose mes griefs et mon chagrin, Ă  Dieu qui m’a crĂ©Ă© et qui les a crĂ©Ă©s, qui connaĂźt bien notre situation, et qui veille sur toutes choses. Je veux seulement les mettre en garde contre les consĂ©quences de leurs actions, dans l’espoir qu’ils s’abstiendront d’en traiter d’autres comme ils m’ont traitĂ© moi-mĂȘme, et se rangeront finalement parmi ceux qui suivent mes avertissements.

(5.79)
Les tribulations qui nous accablent, le dĂ©nuement dont nous souffrons, les tourments divers qui de toutes parts nous assaillent, tout cela passera comme passeront les plaisirs dont se dĂ©lectent nos ennemis et l’abondance dont ils jouissent. Telle est la vĂ©ritĂ© qu’aucun homme ne peut rejeter. BientĂŽt prendront fin les jours oĂč nous aurons Ă©tĂ© abaissĂ©s dans la poussiĂšre, comme se termineront avant peu leurs jours de gloire. Dieu, assurĂ©ment, jugera entre nous et eux, et il est, en vĂ©ritĂ©, le meilleur des juges.

(5.80)
Nous rendons grĂąces Ă  Dieu pour tout ce qui nous est advenu, et nous endurons patiemment ce qu’il a ordonnĂ© dans le passĂ© et ordonnera dans le futur. En lui je place ma confiance, et entre ses mains, je remets ma cause. Il ne saurait manquer de rĂ©compenser qui souffre sans se plaindre et place en lui sa confiance. La crĂ©ation est sienne, avec tout son empire. Il exalte qui il veut, et abaisse qui bon lui semble. Il ne lui sera point demandĂ© compte de ses actes. Il est, en vĂ©ritĂ©, le TrĂšs-Glorieux, le Tout-Puissant.

(5.81)
Que ton oreille, ĂŽ Roi, soit attentive aux paroles que nous t’adressons. Contrains l’oppresseur Ă  renoncer Ă  sa tyrannie et sĂ©pare les artisans d’iniquitĂ© de ceux qui professent ta foi. Par la justice de Dieu ! l’angoisse ne peut que submerger celui qui relate les tribulations que nous avons subies. En supporter le rĂ©cit dĂ©passe d’ailleurs les forces de tout croyant en l’unitĂ© de Dieu et de tout dĂ©fenseur de celle-ci. Si grandes sont nos souffrances que mĂȘme nos ennemis pleurent sur nous ainsi que tout ĂȘtre douĂ© de discernement. Et toutes ces Ă©preuves nous ont Ă©tĂ© infligĂ©es bien que nous allions vers toi, et que nous ayons invitĂ© le peuple Ă  se placer sous ta protection afin que tu sois une forteresse pour ceux qui croient en l’unitĂ© de Dieu et la soutiennent.

(5.82)
T’ai-je jamais dĂ©sobĂ©i, ĂŽ Roi ? Ai-je jamais transgressĂ© une de tes lois ? Un de tes ambassadeurs en Irak peut-il Ă©tablir contre moi la preuve du moindre manquement Ă  ma loyautĂ© envers toi ? Par celui qui est le Seigneur de tous les mondes, pas un moment nous ne nous sommes rebellĂ© contre toi ni contre aucun de tes ministres. Et jamais, Ă  Dieu ne plaise, nous ne le ferons Ă  l’avenir, dussions-nous ĂȘtre soumis Ă  des Ă©preuves plus cruelles que celles qu’on nous a infligĂ©es dans le passĂ©.

(5.83)
Jour et nuit, soir et matin, nous avons priĂ© Dieu pour toi, le suppliant de te rendre obĂ©issant Ă  sa loi, et de te garder des assauts des mĂ©chants. Agis selon ton bon plaisir, et traite-nous comme il convient Ă  ton Ă©tat et comme il sied Ă  ta souverainetĂ©. En tout ce que tu dĂ©sires ou dĂ©sireras accomplir, n’oublie jamais la loi de Dieu. Dis : Louange Ă  Dieu, le Seigneur de tous les mondes !

(5.84)
Ô Ministre du Shah en la citĂ© [nota : Constantinople], imagines-tu que je tienne en ma main le sort dĂ©finitif de la cause de Dieu ? Crois-tu que son cours puisse ĂȘtre dĂ©tournĂ© par mon emprisonnement, par la honte qui m’a Ă©tĂ© infligĂ©e ou mĂȘme par ma mort et mon annihilation ? MisĂ©rable est ce qui naĂźt dans ton coeur ! Tu es, en vĂ©ritĂ©, de ceux qui suivent les vaines imaginations de leur coeur. Il n’est d’autre Dieu que lui. Il a le pouvoir d’exalter son tĂ©moignage, de rĂ©aliser la moindre de ses volontĂ©s, de manifester sa Cause et d’élever celle-ci Ă  une position si Ă©minente que ni tes actions ni les actions de ceux qui se sont dĂ©tournĂ©s de lui ne pourront la toucher ou lui nuire.

(5.85)
Crois-tu pouvoir faire Ă©chec Ă  sa volontĂ©, l’empĂȘcher d’exĂ©cuter son jugement ou d’exercer sa souverainetĂ© ? PrĂ©tends-tu que quelque chose dans le ciel ou sur la terre puisse rĂ©sister Ă  sa Foi ? Par celui qui est la VĂ©ritĂ© Ă©ternelle, rien dans toute la crĂ©ation ne peut contrecarrer son dessein. Renonce donc Ă  ce qui n’est chez toi que pure suffisance, car jamais l’orgueil n’a pu tenir lieu de vĂ©ritĂ©. Sois de ceux qui se repentent sincĂšrement et retournent Ă  Dieu, le Dieu qui t’a crĂ©Ă©, qui t’a nourri et a fait de toi un ministre parmi ceux qui professent ta Foi.

(5.86)
Sache, de plus, que c’est lui qui, par son ordre, a crĂ©Ă© tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Comment ce qui a Ă©tĂ© crĂ©Ă© sur son ordre pourrait-il prĂ©valoir sur lui ? Dieu est infiniment louĂ© au-dessus de ce que vous imaginez de lui, ĂŽ peuple malveillant ! Si cette Cause est la cause de Dieu, il n’est point d’homme qui puisse prĂ©valoir sur elle ; et si elle n’est pas de Dieu, vos prĂȘtres parmi vous, ainsi que ceux qui suivent leurs dĂ©sirs corrompus et ceux qui se sont rĂ©voltĂ©s contre lui n’auront aucune peine Ă  la renverser.

(5.87)
N’as-tu pas entendu conter ce qu’un croyant de la famille de Pharaon a dit, il y a longtemps, et que Dieu rĂ©vĂ©la Ă  l’ApĂŽtre qu’il avait choisi entre tous pour lui confier son message et faire de lui la source de sa misĂ©ricorde envers tous ceux qui habitent sur la terre ? Il a dit, et ce qu’il dit est vĂ©ritĂ© : « Tuerez-vous un homme parce qu’il a dit mon Seigneur est Dieu, alors qu’il vous a apportĂ© des preuves Ă©videntes de la part de votre Seigneur ? S’il est un menteur, son mensonge retombera sur lui, s’il dit la vĂ©ritĂ©, ce dont il vous menace vous atteindra » [voir : Coran 40.28]. VoilĂ  ce que Dieu a rĂ©vĂ©lĂ© Ă  son Bien-aimĂ©, dans son Livre infaillible.

(5.88)
Et pourtant, vous n’avez pas prĂȘtĂ© l’oreille Ă  son injonction, vous avez dĂ©daignĂ© sa loi, rejetĂ© le conseil donnĂ© dans son Livre et vous ĂȘtes comptĂ©s parmi ceux qui errent loin de lui. Combien d’hommes, chaque annĂ©e, chaque mois mĂȘme, ont Ă©tĂ© mis Ă  mort Ă  cause de vous ! Combien d’injustices avez-vous perpĂ©trĂ©es, d’une iniquitĂ© telle que l’oeil de la crĂ©ation n’en avait jamais vu de semblables ni aucune chronique rapportĂ© de pareilles ! Ô ĂȘtres injustes, combien de nourrissons et de petits enfants sont, par votre cruautĂ©, devenus orphelins, combien de pĂšres pleurent leurs fils, combien de soeurs languissent dans le deuil d’un frĂšre, combien d’épouses se lamentent sur la mort d’un mari, leur unique soutien !

(5.89)
Votre iniquitĂ© s’est accrue chaque jour jusqu’à ce que vous en arriviez Ă  tuer celui qui n’avait jamais dĂ©tachĂ© son regard de la face de Dieu, le SuprĂȘme, le TrĂšs-Grand [nota : le BĂĄb]. Si seulement vous l’aviez mis Ă  mort comme les hommes le font habituellement pour se dĂ©truire les uns les autres ! Mais vous l’avez tuĂ© dans des circonstances telles qu’on n’en a jamais vu de semblables. Les cieux ont versĂ© sur lui des larmes amĂšres, et les Ăąmes de ceux qui sont prĂšs de Dieu ont pleurĂ© sur ses malheurs. N’était-il pas un descendant de l’ancienne maison de votre prophĂšte ? Le fait qu’il Ă©tait un descendant direct de l’ApĂŽtre n’était-il pas connu de vous ? Pourquoi donc lui avez-vous infligĂ© ce que, de temps immĂ©morial, nul homme n’avait jamais infligĂ© Ă  un autre homme ? Par Dieu ! la crĂ©ation n’a jamais vu votre pareil. Vous avez mis Ă  mort un fils de la maison de votre prophĂšte, et sur vos siĂšges d’honneur, vous continuez de vous rĂ©jouir et de vous divertir. Vous prononcez des imprĂ©cations contre ceux qui, avant vous, perpĂ©trĂšrent les crimes que vous avez perpĂ©trĂ©s et demeurez toujours inconscients de vos atrocitĂ©s.

(5.90)
Soyez Ă©quitables en votre jugement. Ceux que vous maudissez et sur qui vous appelez la vengeance du ciel, ont-ils agi diffĂ©remment de vous ? N’ont-ils pas mis Ă  mort le descendant de leur prophĂšte [nota : l’ImĂĄm Husayn], comme vous avez mis Ă  mort le descendant du vĂŽtre ? Votre conduite n’est-elle pas semblable Ă  la leur ? Comment donc osez-vous prĂ©tendre vous diffĂ©rencier d’eux, ĂŽ semeurs de discorde parmi les hommes ?

(5.91)
Et quand vous lui eĂ»tes enlevĂ© la vie, un de ses fidĂšles se leva pour venger sa mort. C’était un inconnu, et nul ne connaissait son dessein. Il accomplit finalement ce qui avait Ă©tĂ© prĂ©ordonnĂ©. Il vous appartient donc de n’accuser que vous-mĂȘmes des crimes que vous avez perpĂ©trĂ©s, si seulement vous jugez avec impartialitĂ©. Qui sur terre a commis ce que vous avez commis ? Personne, par celui qui est le Seigneur de tous les mondes !

(5.92)
Tous les dirigeants et rois de la terre honorent et rĂ©vĂšrent les descendants de leurs prophĂštes et de leurs saints, puissiez-vous le comprendre ! Vous ĂȘtes, au contraire, responsables d’actes qu’aucun homme avant vous n’avait jamais accomplis, et pour ces mĂ©faits, les coeurs Ă©clairĂ©s se sont consumĂ©s de chagrin. Cependant, vous demeurez dans l’indolence, insouciants de la cruautĂ© de vos actes.

(5.93)
Vous vous ĂȘtes obstinĂ©s jusqu’à vous lever contre nous, pourtant nous n’avions rien fait qui justifie votre inimitiĂ©. N’avez-vous donc aucune crainte du Dieu qui vous a crĂ©Ă©s et façonnĂ©s, Ă  qui vous devez votre force et qui vous a comptĂ©s parmi ceux qui s’en sont remis Ă  lui ? [nota : les musulmans] Jusqu’à quand vous obstinerez-vous ? Jusqu’à quand refuserez-vous de rĂ©flĂ©chir ? Combien de temps vous faudra-t-il pour sortir de votre sommeil et de votre insouciance ? Jusqu’à quand mĂ©connaĂźtrez-vous la vĂ©ritĂ© ?

(5.94)
MĂ©dite en ton coeur. Ta conduite et ce que tes mains ont forgĂ© t’ont-ils permis d’étouffer le feu de Dieu ou d’éteindre la lumiĂšre de sa rĂ©vĂ©lation, celle qui a enveloppĂ© de son Ă©clat ceux qui sont plongĂ©s dans les ocĂ©ans tumultueux de l’immortalitĂ© et attirĂ© les Ăąmes qui croient en son unitĂ© et la soutiennent ? Ne sais-tu pas que la puissance de Dieu prĂ©vaut sur la tienne, que son dĂ©cret l’emporte sur tous tes stratagĂšmes ? Ne sais-tu pas qu’il domine ses serviteurs, qu’il est Ă  la hauteur de son dessein, qu’il fait ce qu’il veut, qu’il ne lui sera point demandĂ© compte de ce qu’il lui aura plu de faire, qu’il ordonne selon son bon plaisir, qu’il est le Tout-Puissant, l’Omnipotent ? Et si tu crois que c’est lĂ  la vĂ©ritĂ©, que ne cesses-tu alors de te tourmenter et que ne fais-tu la paix avec toi-mĂȘme ?

(5.95)
Tu commets chaque jour une nouvelle injustice, et tu me traites comme tu m’as traitĂ© dans le passĂ©, encore que je ne me sois jamais immiscĂ© dans tes affaires. Jamais je ne suis entrĂ© en opposition avec toi, ni ne me suis rebellĂ© contre tes lois. Et vois comment finalement tu as fait de moi un prisonnier en cette terre reculĂ©e ! Mais, quoi que vos mains ou les mains des infidĂšles aient forgĂ©, sois assurĂ© que la cause de Dieu n’en sera pas affectĂ©e ni ses voies altĂ©rĂ©es, ainsi qu’il en a toujours Ă©tĂ©.

(5.96)
PrĂȘtez attention Ă  mes avertissements, ĂŽ habitants de la Perse ! Si je pĂ©ris entre vos mains, Dieu en suscitera un autre qui occupera le siĂšge que ma mort aura rendu vacant, car telle est la maniĂšre dont Dieu a procĂ©dĂ© dans le passĂ©, et vous ne constatez aucun changement dans cette mĂ©thode. Chercheriez-vous Ă  Ă©teindre sa lumiĂšre qui brille sur sa terre ? Dieu lui-mĂȘme s’y oppose. Il ne cessera de rendre plus parfaite sa lumiĂšre, mĂȘme si, dans le secret de vos coeurs, vous la dĂ©testez.

(5.97)
Ô Ministre, rĂ©flĂ©chis ne fĂ»t-ce qu’un instant et sois Ă©quitable en ton jugement. Qu’avons-nous commis qui justifie que tu nous aies dĂ©nigrĂ© devant les ministres du roi, suivant tes dĂ©sirs, dĂ©naturant la vĂ©ritĂ© et profĂ©rant des calomnies contre nous ? Nous ne nous sommes jamais rencontrĂ©s, sinon dans la maison de ton pĂšre, lors des commĂ©morations du martyre de l’ImĂĄm Husayn. En ces rencontres, l’occasion ne s’est jamais offerte Ă  aucun de nous de faire connaĂźtre aux autres ses vues et ses croyances, soit par des conversations, soit par des discours. Tu tĂ©moigneras toi-mĂȘme de la vĂ©ritĂ© de mes paroles, si tu es sincĂšre. Je n’ai frĂ©quentĂ© aucune autre assemblĂ©e oĂč tu aurais pu, pas plus d’ailleurs que quiconque, connaĂźtre mes pensĂ©es. Comment donc, sans m’avoir entendu, peux-tu me condamner ? Ne sais-tu pas que Dieu, exaltĂ©e soit sa gloire, a dit : « Ne dites pas Ă  celui qui vous offre la paix : « Tu n’es pas croyant. » [voir : Coran 4.94] « Ne repousse pas ceux qui prient matin et soir leur Seigneur et qui recherchent sa Face. » [voir : Coran 6.52] Tu as, en vĂ©ritĂ©, nĂ©gligĂ© de suivre les prescriptions du Livre de Dieu, et cependant tu prĂ©tends ĂȘtre un croyant !

(5.98)
En dĂ©pit de ce que tu as fait, et bien que toi et d’autres nous aient fait subir des offenses qu’aucun croyant en l’unitĂ© de Dieu ne saurait supporter, je ne nourris contre toi, ni contre qui que ce soit, aucune malveillance. Dieu m’en est tĂ©moin ! Ma cause est entre les mains de Dieu, et ma confiance n’est placĂ©e en personne d’autre qu’en lui. Avant peu, vos jours passeront comme passeront les jours de ceux qui, orgueilleusement, se croient aujourd’hui supĂ©rieurs Ă  leur voisin. BientĂŽt, rassemblĂ©s en la prĂ©sence de Dieu, il vous sera demandĂ© compte de vos actions. Vous en recevrez le juste salaire, et misĂ©rable est la demeure des malfaiteurs.

(5.99)
Par Dieu ! si tu prenais conscience de ce que tu as fait, il est certain que tu pleurerais amĂšrement sur toi-mĂȘme, chercherais en Dieu un refuge, languirais et te lamenterais tous les jours de ta vie, jusqu’à ce que tu aies obtenu de Dieu son pardon, car il est, en vĂ©ritĂ©, le TrĂšs-GĂ©nĂ©reux, le Munificent. Mais occupĂ© que tu es de tout ton coeur, de toute ton Ăąme et de ton ĂȘtre le plus intime, par les vanitĂ©s de ce monde, tu persisteras dans l’insouciance jusqu’à l’heure de ta mort. Et ce n’est qu’aprĂšs avoir quittĂ© ce monde que tu dĂ©couvriras la vĂ©ritĂ© de ce que nous t’avons rĂ©vĂ©lĂ©. Tu trouveras alors tes actions consignĂ©es dans le Livre oĂč sont inscrites les oeuvres de ceux qui sont sur la terre, qu’elles soient d’un poids supĂ©rieur ou infĂ©rieur Ă  celui d’un atome. PrĂȘte l’oreille Ă  mes conseils et du fond de ton coeur Ă©coute mes discours, ne nĂ©glige aucune de mes paroles, et ne sois pas de ceux qui rejettent ma vĂ©ritĂ©. Ne te fais point gloire des choses qui t’ont Ă©tĂ© donnĂ©es. Ne quitte pas des yeux ce qui a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© dans le livre du Seigneur, le Secours, le TrĂšs-Glorieux: « Lorsque ces gens eurent oubliĂ© ce qui leur avait Ă©tĂ© rappelĂ©, nous leur avons ouvert les portes de toutes choses » [voir : Coran 6.44], comme nous vous avons ouvert, Ă  toi et Ă  tes homologues, les portes de cette terre et de tout ce qui l’orne. Attends-toi Ă  ce qui a Ă©tĂ© promis dans la seconde partie de ce verset sacrĂ©, car c’est la promesse du Tout-Puissant, du TrĂšs-Sage, et ce n’est pas une vaine promesse. [nota : la suite du verset est la suivante : « mais aprĂšs qu’ils eurent joui des biens qui leur avaient Ă©tĂ© accordĂ©s, nous les avons emportĂ©s brusquement et ils se trouvĂšrent dĂ©sespĂ©rĂ©s »]

(5.100)
Je ne sais quel chemin vous avez choisi de fouler, ĂŽ vous qui me voulez du mal ! Nous vous adjurons de vous tourner vers Dieu, nous vous rappelons son jour, nous vous annonçons la nouvelle de votre rencontre avec lui, nous vous permettons de vous approcher de sa cour, et nous faisons descendre sur vous les signes de sa merveilleuse sagesse. Et pourtant voyez comment vous nous rejetez, comment vous nous condamnez par les mensonges que vous profĂ©rez comme si nous Ă©tions un infidĂšle, et comment vous ourdissez des complots contre nous ! Et quand nous manifestons Ă  vos yeux ce qu’en sa bontĂ© Dieu nous a accordĂ©, vous dites : « Ce n’est lĂ  que pure magie ! » Les mĂȘmes objections furent soulevĂ©es par les gĂ©nĂ©rations qui vous ont prĂ©cĂ©dĂ©s et qui Ă©taient toutes semblables Ă  la vĂŽtre, puissiez-vous le comprendre ! Vous vous ĂȘtes ainsi privĂ©s des bienfaits de Dieu et de sa grĂące, et jamais vous ne les obtiendrez avant le jour oĂč il jugera entre nous et vous. Il est, en vĂ©ritĂ©, le meilleur des juges.

(5.101)
Certains parmi vous disent : « VoilĂ  celui qui a voulu se faire passer pour Dieu ! » Par Dieu lui-mĂȘme ! C’est lĂ  une grossiĂšre calomnie. Je ne suis qu’un serviteur de Dieu, qui a cru en lui et en ses signes, en ses prophĂštes et en ses anges. Ma langue et mon coeur, tout mon ĂȘtre intime comme mon ĂȘtre extĂ©rieur, attestent qu’il n’est point d’autre Dieu que lui, que tous les autres ĂȘtres furent crĂ©Ă©s Ă  son commandement et façonnĂ©s par l’opĂ©ration de sa volontĂ©. Il n’est d’autre Dieu que lui, le CrĂ©ateur, celui qui peut ressusciter les morts, qui donne la vie Ă  toutes choses et qui la leur retire Ă  son grĂ©. Je suis celui qui rĂ©pand au loin la nouvelle des bienfaits dont sa bontĂ© m’a favorisĂ©. Si c’est lĂ  une transgression contre Dieu, je suis, en vĂ©ritĂ©, le plus grand des transgresseurs. Nous sommes Ă  votre merci, moi et les miens. Faites de nous ce qu’il vous plaira, et surtout n’hĂ©sitez point, que je puisse retourner vers Dieu, mon Seigneur, lĂ  oĂč, enfin, je ne verrai plus vos visages. Tel est, en vĂ©ritĂ©, mon dĂ©sir le plus cher, mon voeu le plus ardent. Dieu, qui me voit, en sait assez long sur mon Ă©tat.

(5.102)
Imagine-toi sous le regard de Dieu, ĂŽ Ministre du Shah ! Car si tu ne le vois pas, lui te voit clairement. Examine et juge Ă©quitablement notre cause. Si tu es juste, qu’avons-nous commis qui puisse ainsi te soulever contre nous, et t’inciter Ă  nous calomnier auprĂšs du peuple ? Nous avons quittĂ© TĂ©hĂ©ran sur l’ordre du roi [nota : NĂĄáčŁiri’d-DĂ­n ShĂĄh] et, avec sa permission, nous avons transfĂ©rĂ© notre rĂ©sidence en Irak. Comment le roi nous aurait-il rendu la libertĂ© s’il avait eu quelque chose Ă  nous reprocher ? Et si je suis innocent, pourquoi nous infliges-tu des tribulations que n’a jamais souffertes aucun de ceux qui professent ta Foi ? Un seul de mes actes, depuis mon arrivĂ©e en Irak, a-t-il contribuĂ© Ă  la subversion de l’autoritĂ© qui y est Ă©tablie ? Qui pourrait prĂ©tendre avoir surpris en notre conduite quoi que ce soit de rĂ©prĂ©hensible ? Fais toi-mĂȘme une enquĂȘte auprĂšs des habitants de ce pays, afin d’ĂȘtre de ceux qui discernent la vĂ©ritĂ©.

(5.103)
Nous habitions ce pays depuis onze ans quand arriva, pour reprĂ©senter ton gouvernement, ce ministre [nota : le consul gĂ©nĂ©ral persan Ă  Bagdad] que notre plume se refuse Ă  nommer, qui s’adonnait au vin et Ă  la dĂ©bauche, suivait ses passions, commettait des iniquitĂ©s, et qui, corrompu, corrompit l’Irak. De cela porteront tĂ©moignage la plupart des habitants de Bagdad, si tu es de ceux qui cherchent Ă  connaĂźtre la vĂ©ritĂ© et si tu t’en enquiers auprĂšs d’eux. Au mĂ©pris de toute justice, il s’emparait du bien de son prochain, violait tous les commandements de Dieu et commettait ce que Dieu rĂ©prouve. Finalement, obĂ©issant Ă  ses penchants, il se leva contre nous et s’engagea dans les voies de l’iniquitĂ©. Dans une lettre qu’il t’adressa, il lança ses accusations et, bien qu’il n’apportĂąt pas la moindre preuve contre nous, tu le crus sur parole et tu abondas dans son sens. Tu ne demandas aucune explication, tu ne procĂ©das Ă  aucune enquĂȘte, tu ne recherchas aucune preuve ni aucun tĂ©moignage dignes de foi qui eussent pu t’aider Ă  distinguer l’erreur de la vĂ©ritĂ© et Ă  juger avec discernement. Afin de dĂ©couvrir quelle sorte d’homme il est, renseigne-toi personnellement, tant auprĂšs des ministres qui se trouvaient alors en Irak que du gouverneur de la ville [nota : Bagdad] et de son haut conseiller, afin que la vĂ©ritĂ© te soit connue et que tu sois bien informĂ© sur notre cas.

(5.104)
Dieu nous en est tĂ©moin, jamais, en aucune circonstance, nous ne lui avons fait la moindre opposition, pas plus d’ailleurs qu’à d’autres. Nous n’avons jamais fait que suivre, en toute circonstance, les prĂ©ceptes de Dieu, nous gardant soigneusement de nous ranger parmi les fauteurs de dĂ©sordre. Lui-mĂȘme en tĂ©moigne. Son intention Ă©tait de mettre la main sur nous et de nous renvoyer en Perse afin d’exalter par lĂ  sa renommĂ©e. Tu as, aux mĂȘmes fins, commis le mĂȘme crime. Vous vous valez donc tous deux aux yeux de Dieu, le souverain Seigneur de tous, l’Omniscient.

(5.105)
Nous ne cherchons point, en t’adressant ces paroles, Ă  allĂ©ger le fardeau de notre malheur ni Ă  t’amener Ă  intercĂ©der pour nous auprĂšs de quiconque. Non certes, par celui qui est le Seigneur de tous les mondes ! Nous t’avons exposĂ© toute l’affaire pour que, prenant peut-ĂȘtre ainsi conscience de ce que tu as fait, tu t’abstiennes dĂ©sormais d’infliger Ă  d’autres ce que tu nous as infligĂ© et que, sincĂšrement repentant devant Dieu qui t’a crĂ©Ă© et qui a crĂ©Ă© toutes choses, tu agisses Ă  l’avenir avec plus de discernement. Cela vaudra mieux pour toi que tout ce que tu possĂšdes et que ton ministĂšre dont les jours sont comptĂ©s.

(5.106)
Veille Ă  ne point te faire le complice de l’injustice. Dirige rĂ©solument ton coeur vers l’équitĂ©, n’altĂšre pas la cause de Dieu, et sois de ceux qui fixent leur regard sur les rĂ©vĂ©lations de son Livre. Ne cĂšde, en aucun cas, aux impulsions de tes mauvais dĂ©sirs. Observe la loi de Dieu, ton Seigneur, le Bienfaisant, l’Ancien des jours. Tu retourneras certainement en poussiĂšre, et tu pĂ©riras ainsi que toutes les choses dont tu t’es dĂ©lectĂ©. VoilĂ  ce que te dit la Langue de vĂ©ritĂ© et de gloire.

(5.107)
Souviens-toi des avertissements de Dieu dans le passĂ©, pour que tu sois de ceux qui prĂȘtent attention Ă  son conseil ? Il a dit, et la vĂ©ritĂ© parle par sa bouche : « De la terre, nous vous avons crĂ©Ă©s; en elle nous vous ramĂšnerons et d’elle nous vous ferons sortir une fois encore » [voir : Coran 20.55]. VoilĂ  ce que Dieu a dĂ©crĂ©tĂ© pour tous ceux, petits et grands, qui sont sur la terre. Il ne convient donc pas Ă  celui qui a Ă©tĂ© crĂ©Ă© avec de la poussiĂšre, qui y retournera et qui en sera tirĂ© Ă  nouveau, de s’enfler d’orgueil devant Dieu et devant ceux qu’aime celui-ci, de les considĂ©rer avec mĂ©pris et d’ĂȘtre rempli d’une dĂ©daigneuse arrogance. Ce qui plutĂŽt vous convient, Ă  toi et Ă  tes semblables, c’est de vous soumettre Ă  ceux qui sont les Manifestations de l’unitĂ© de Dieu, de vous incliner humblement devant les fidĂšles qui ont tout quittĂ© pour l’amour de lui et se sont dĂ©tachĂ©s de toutes les choses qui, absorbant l’attention des hommes, les dĂ©tournent de la voie du Seigneur, le TrĂšs-Glorieux, le MagnifiĂ©. Ainsi vous faisons-nous connaĂźtre ce qui vous sera profitable, et ce qui profitera Ă  ceux qui ont placĂ© dans le Seigneur toute leur confiance et tout leur espoir.

(5.108)
Ô religieux de la citĂ©, nous sommes venus Ă  vous, apportant la vĂ©ritĂ©, et vous ne vous en ĂȘtes pas souciĂ©s ! Vous ĂȘtes semblables Ă  des morts, enveloppĂ©s dans le vĂȘtement de votre ego. Vous n’avez pas recherchĂ© notre prĂ©sence, alors que cela aurait Ă©tĂ© plus avantageux pour vous que tous vos actes. Sachez que le Soleil de la vice-royautĂ© est apparu en toute vĂ©ritĂ©, et pourtant vous vous en ĂȘtes dĂ©tournĂ©s. La Lune de la direction s’est levĂ©e dans les cieux et a atteint son zĂ©nith, et pourtant vous ĂȘtes restĂ©s aveugles. L’Étoile de la gĂ©nĂ©rositĂ© divine a brillĂ© au-dessus de l’horizon de l’éternelle saintetĂ©, et pourtant, loin d’elle vous vous ĂȘtes Ă©garĂ©s.

(5.109)
Sachez-le ! Si vos maĂźtres, Ă  qui vous devez allĂ©geance, dont vous ĂȘtes si fiers, dont vous parlez jour et nuit, et dans les traces de qui vous marchez, avaient vĂ©cu en ces jours, ils auraient gravitĂ© autour de moi et n’auraient pas voulu se sĂ©parer de moi, ni au crĂ©puscule ni Ă  l’aube. Et cependant, vous n’avez pas tournĂ© votre regard vers ma face, ne serait-ce qu’un instant ; vous vous ĂȘtes enorgueillis et n’avez fait aucun cas de cet opprimĂ©, qui a subi de telles afflictions aux mains des hommes qui ont agi envers lui selon leur bon plaisir. Vous ne vous ĂȘtes pas enquis de ma condition, ni ne vous ĂȘtes informĂ©s de ce qui m’est advenu. Ainsi avez-vous retenu loin de vous les vents de la saintetĂ© et les brises de la gĂ©nĂ©rositĂ© qui soufflent de ce lieu lumineux et clair.

(5.110)
Vous vous attachez aux choses extĂ©rieures et vous avez oubliĂ© les choses intĂ©rieures, vous dites ce que vous ne faites pas. Vous ĂȘtes amoureux des noms, et semblez vous ĂȘtre abandonnĂ©s Ă  eux. C’est pourquoi vous faites mention des noms de vos maĂźtres. Et si quelqu’un leur ressemblant ou leur Ă©tant supĂ©rieur venait Ă  vous, vous vous enfuiriez loin de lui. GrĂące Ă  leurs noms, vous vous ĂȘtes Ă©levĂ©s et avez assurĂ© votre position ; vous vivez et prospĂ©rez. Mais s’ils devaient rĂ©apparaĂźtre, vous ne renonceriez pas Ă  votre autoritĂ©, vous n’iriez pas Ă  leur rencontre, ni ne tourneriez vos visages vers eux.

(5.111)
Nous vous avons trouvĂ©s, comme nous avons trouvĂ© la plupart des hommes, adorant des noms qu’ils mentionnent pendant les jours de leur vie et qui les occupent. Cependant, les Porteurs de ces noms ne sont pas plutĂŽt arrivĂ©s qu’ils les renient et s’enfuient. C’est ainsi que nous vous avons trouvĂ©s, que nous avons jugĂ© vos actions et tĂ©moignĂ© de tous vos actes en ce jour. Sachez qu’aujourd’hui, Dieu n’acceptera ni vos pensĂ©es, ni vos invocations, ni vos priĂšres, ni vos dĂ©votions, ni vos actes, Ă  moins que vous ne renaissiez aux yeux de ce Serviteur, puissiez-vous seulement le comprendre !

(5.112)
Par Dieu ! l’Arbre de la vice-royautĂ© est plantĂ©, le Point de toute connaissance est rendu manifeste, et la souverainetĂ© de Dieu, le Secours, l’Absolu, est Ă©tablie. Craignez donc le Seigneur. Ne suivez pas l’appel de vos dĂ©sirs pervers, mais observez la loi de Dieu durant vos jours. Changez les rĂšgles qui rĂ©gissent votre comportement afin d’ĂȘtre guidĂ©s par la lumiĂšre et de vous hĂąter dans la voie du seul vrai Dieu.

(5.113)
Ô sages de cette ville [nota : Constantinople] et philosophes du monde, prenez garde que les connaissances et la sagesse humaines ne vous poussent Ă  vous gonfler d’orgueil devant Dieu, le Secours, l’Absolu. Sachez que la sagesse vĂ©ritable consiste Ă  craindre Dieu, Ă  le connaĂźtre et Ă  reconnaĂźtre ses Manifestations. Cette sagesse, cependant, n’est accessible qu’à ceux qui se dĂ©tachent du monde et suivent le chemin du bon plaisir de leur Seigneur. Votre sagesse est-elle plus grande que celle de celui qui a crĂ©Ă© une lune qui se levait d’un puits et se couchait dans un autre, et dont la lumiĂšre Ă©tait visible Ă  une distance de trois lieues [nota : Al-Muqanna’ de KhurĂĄsĂĄn - 8e siĂšcle]. Dieu a, en vĂ©ritĂ©, effacĂ© toute trace de son oeuvre et l’a renvoyĂ© Ă  la poussiĂšre, comme vous l’avez dĂ©jĂ  appris ou en ĂȘtes maintenant informĂ©s.

(5.114)
Combien de sages et de philosophes l’ont Ă©galĂ© ou surpassĂ© en connaissance et en sagesse ! Et combien impressionnant le nombre de ceux qui vous Ă©galent ou vous surpassent, vous ! Certains d’entre eux croyaient en Dieu, d’autres n’y croyaient pas et lui donnaient des partenaires. Ces derniers ont fini par ĂȘtre jetĂ©s au feu oĂč ils ont Ă©lu domicile, alors que les premiers sont revenus Ă  la misĂ©ricorde de leur Seigneur pour y demeurer Ă  jamais. Car ce n’est pas de votre science que Dieu s’enquiert, mais bien de votre foi et de votre conduite. Vous croyez-vous plus sages que celui qui vous a donnĂ© la vie, qui a façonnĂ© les cieux et tout ce qu’ils contiennent, la terre et tout ce qui y vit ? Dieu misĂ©ricordieux ! la vraie sagesse lui appartient. La crĂ©ation et son empire lui appartiennent. Il accorde sa sagesse Ă  qui il choisit parmi les hommes, et la refuse Ă  quiconque il dĂ©sire. Il est, en vĂ©ritĂ©, celui qui donne et qui retient, et certes, il est le TrĂšs-GĂ©nĂ©reux, le TrĂšs-Sage.

(5.115)
Ô savants du monde, vous avez nĂ©gligĂ© de rechercher notre prĂ©sence, afin de pouvoir entendre les douces mĂ©lodies de l’Esprit et percevoir ce que Dieu, dans sa gĂ©nĂ©rositĂ©, a choisi de me confĂ©rer. En vĂ©ritĂ©, cette grĂące vous a dĂ©sormais Ă©chappĂ©, si seulement vous le saviez. Si vous aviez cherchĂ© notre prĂ©sence, nous vous aurions transmis un savoir qui vous aurait rendus indĂ©pendants de toute autre chose. Mais vous avez omis de saisir cette chance ; par consĂ©quent, le dĂ©cret de Dieu a Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©. Il m’est dĂ©sormais interdit de le dĂ©voiler, puisque nous voici accusĂ© de sorcellerie, si vous me comprenez bien. Les mĂȘmes accusations furent profĂ©rĂ©es par ceux qui nous reniĂšrent dans le passĂ©, ces hommes que la mort a emportĂ©s depuis longtemps et qui sont Ă  prĂ©sent dans le feu, se lamentant sur leur sort. Le mĂȘme sort attend ceux qui, en ce jour, nous renient. Tel est le dĂ©cret irrĂ©vocable de celui qui est le Tout-Puissant, l’Absolu.

(5.116)
Je vous conseille, enfin, de ne pas outrepasser les limites assignĂ©es par Dieu, et de ne pas tenir compte des us et coutumes des hommes, car ces derniĂšres ne peuvent « ni vous profiter ni apaiser votre faim ». Fixez plutĂŽt votre regard sur les prĂ©ceptes de Dieu. Que celui qui le dĂ©sire accepte ce conseil comme un sentier menant Ă  son Seigneur, et que celui qui le dĂ©sire retourne Ă  ses vaines imaginations. Mon Seigneur est, en vĂ©ritĂ©, indĂ©pendant de tous ceux qui sont au ciel et sur la terre, et au-dessus de tout ce qu’ils peuvent dire ou faire.

(5.117)
Je conclus avec ces mots prononcĂ©s par Dieu, exaltĂ©e soit sa gloire : « Ne dites pas Ă  celui qui vous offre la paix : “Tu n’es pas croyant” ! » [voir : Coran 4.94]

(5.118)
Que la paix soit avec vous, Î assemblée de fidÚles, et loué soit Dieu, le Seigneur des mondes.


Index

Les références se rapportent aux paragraphes de chacune des tablettes, précédés de lettres mentionnant la tablette en abrégé.
Par exemple, le thĂšme mentionnĂ© dans le deuxiĂšme paragraphe de la SĂșriy-i-MulĂșk est citĂ© sous M2.
Clé des abréviations :
SĂșriy-i-Haykal H
SĂșriy-i-Ra’is SR
Lawh-i-Ra’is LR
Lawh-i-Fu‘ád F
SĂșriy-i-MulĂșk M

'Abdu'l-Aziz (Sultan de Turquie), H139, F183 ; M56-83
     maltraitance de Baha'u'llah, M73
     perdra Andrinople, SR5
     proposition d'une rencontre avec Baha'u'llah, LR25-26
'Abdu'l-Ghaffar, LR5
'Abdu'llah-i-Ubayy, H243
Abraham, SR7, 18
Acre (plus grande Prison, H140,156,169, 267 ; LR3-6, 27, 29
Actes (Actions)
     accord avec les paroles, H147 ; 223 ; M45, 110
     cachĂ©s, H110
     consĂ©quences des, M26-27,78
     croyants distinguĂ©s par, H189
     de foi, voir foi, actes de foi, M64
     de l'ignorant, H176
     enregistrĂ©s, M25, 99
     guidant l'humanitĂ©, H213
     jugement des, M15, 18, 27, 69, 98
     mĂ©ritoires, H189 ; LR29
     recevabilitĂ© des, H172, M26
     saints, M52
     voir aussi conduite
Adam, H24
Adoration, H78, 87, 97, 109, 252
AdultĂšre, H135
Adversité, voir Tests, épreuves
Alcohol, H88, 240 ; M103
Alexandre II (Tsar de Russie), H137, 158-170
     rang Ă©levĂ© pour aide Ă  Baha'u'llah, H158
     priĂšre pour, H169
'Ali-Akbar-i-Naraqi, Mirza, SR37
'Ali Pasha (Ra'is), F13
     actes de, LR24
     appelĂ© Ă  se lever, LR29
     appelĂ© Ă  ĂȘtre juste, LR18
     impuissance de, LR23
     insouciant des calamitĂ©s, LR9
     mortalitĂ© de, LR10
     rejet de Baha'u'llah, SR2, 6
     responsable de l'exil de Baha'u'llah, LR123
     tyrannie de, LR2-6
Alliance de Dieu, H18, 122, 125 ; M42
Âme(s), H157, 197 ; F13 ; M15, 52
     Ăąme (personne) impartiale, juste, H15, 187, 249
     de Dieu, SR33
     des croyants, M94
     libĂ©rĂ©e, H114
     mĂȘme que esprit, raison, vision, Ă©coute
     nature expliquĂ©e, SR29-35
     purifiĂ©e, H143
     sincĂšre, M51
     vivifiĂ©e par la parole de Dieu, SR1, 32
Amour, H92, 99, 122, 194, 221 ; SR21, 34 ; M72
     amant cherche rĂ©union Bien-aimĂ©, M49
     du monde, H146
Andrinople (Edirne), H27, 267 ; SR5, 15, 23 ; LR5 ; M74-75
Anges, H102, 191 ; F3-10, 12 ; M3 ; 36, 101
Anis, voir Dhabih
Annas, H245
Aqsa (Mosquée), H91, 171
Armes, armements, H181 ; M8, 10
Artisanat, H67, 153
Ascétisme et austérité, H86-87, 136
Assemblée céleste, H21, 158, 195 ; SR2, 22, 26, 37
     Ă©clairĂ©e par Baha'u'llah, LR1
     rejetĂ©e par peuple du Bayan, H11
Assister Dieu, H209-214
Athées, M60
Avidité, M40
Azal, Subh-i, voir Yahya Mirza

Bab (Point ; Ali), H60, 73, 80
     dĂ©claration du H153
     identique Ă  Baha'u'llah, H96-97
     martyre du, H163 ; SR7 ; M3, 89, 91
     naissance du, H153
     rejetĂ© par les rois, M3
     retour de Jean Baptiste, H121
Babis (peuple du Bayan)
     attentat Ă  la vie du shah, H188, M91
     dĂ©nonciation de baha'is comme Babis, H235
     insouciance des, H10-11, 15
Babis
     rejet de Baha'u'llah, H8-9
     voilĂ©s par le Bayan, H95
Bagdad (Zawra'), H103, 252, 261
     consul gĂ©nĂ©ral persan Ă , voir Buzurg Khan, Mirza
Baha'is (croyants, élus ; véritables croyants, peuple de foi)
     actes inconvenants des, H239
     Ăąmes des, M94
     cachent les pĂ©chĂ©s des autres, H151
     contemplent le Royaume, H123
     courage des, H16
     courtoisie des, LR24
     dĂ©pendance de Dieu, H14, 32, 218, 274 ; SR1, 37
     dĂ©tachement des, H213 ; SR13
     dĂ©vouement des, H212-213
     emprisonnement des, LR18, 27 ; F6
     exĂ©cution des, M88
     fermetĂ© des, H13, 61 ; SR41
     fidĂ©litĂ© des, H14-16, 145, 218
     humilitĂ© des, H263
     illumination des, H12, 35, 48, 64
     interdiction de luttes et de disputes, H210-213
     miroir des noms de Baha'u'llah, H64, 82-84
     nouvelle race d'hommes, H8, 13, 23-25, 30, 34, 41, 48, 61 64 ; M53
     objectifs des, H211-214 ; SR41 ; F14
     patience des, H27-28, 208
     persĂ©cution des, H204, 206, 208, 215, 216, 220, 230, 235-236, 252 ; SR5, 11-15, 26-27, 39-40 ; LR2-6, 8, 18 ; M20
     rĂ©compense des, SR41
     rois devraient protĂ©ger, M63
     sacrifice de leur vie, H16, 218-219, 222
     sagesse des, H150
     sanctifiĂ©s, H48, 240
     sincĂ©ritĂ© des, H222-223
Baha'u'llah,
     accusations (calomnies) contre, H196-197
     amour pour Dieu, H142
     amour de, H52
     anime la crĂ©ation, H57, 131
     arrivĂ©e Ă  Constantinople, M24
     autoritĂ© de, H58, 81, 139
     bienveillance de, H125, 158
     bon plaisir de, H270
     clĂ©mence de, H122 ; SR23
          envers le Tsar, H158
     confiance en Dieu, H251 ; M38, 80
     connaissance de, H21, 43, 65-66 ,192 ; M24, 39
     courage de, H193, 258 ; M23, 33, 38
     dĂ©claration de (Ridvan), H153
     demeure de, H103, 167
          maisons Ă  Andrinople, M75
     dĂ©positaire du dessein de Dieu, H37
     dĂ©sire retourner Ă  Dieu, M101
     dĂ©signĂ© par Dieu, H63, 72, 81, 192
     dessein de, H5, 13, 44, 64, 72, 81, 107, 114, 123, 164, 177, 186, 202, 209, 266, 268 ; SR10, 27 ; LR28 ; M38, 72
     destin de, H5
     dit la vĂ©ritĂ©, M56
     droits de, M53
     Ă©crits (tablettes) de, H141 ; SR36
          Paroles cachĂ©es, H224-228
          Suriy-i-Haykal, H43, 110
          Suriy-i-Muluk, H182 ; M1, 6, 12, 56
          Suriy-i-Ra'is, SR36
     emprisonnement de, H114, 140-141 156, 158, 162, 167, 177, 188, 267-268 ; SR37 ; LR18, 27 ; M95
     enfance de, LR11-16
     ennemis de, H5, 25-29, 117 ; M100
     entourĂ© de troupes, SR10 ; LR25
     esprit (Ăąme) de, H116, 162 ; M38
     exil de, H139-141, 216, 267 ; SR11-14, 39-40 ; M30, 74-75
     famille de, H196 ; SR22, 27 ; LR11 ; M75, 101
     grĂące de, H46-48, 52, 61, 65, 102
     gratitude de, H5, 273 : M80
     habits de, H48, 116 ; SR3
     indĂ©pendance de, H23, 115, 166 ; SR38 ; M25, 33, 55
     innocence de, M102
     jugement de, H52, 81 ; M111
     louĂ© par IsaĂŻe, H164
     lumiĂšre de, H57
     naissance de, H153
     obĂ©issance de
          Ă  Dieu, H203
          aux rois et dirigeants, M31-32, 34, 55, 82, 95, 102, 104
          pas de demande aux rois et dirigeants, H216 ; M105
     pas d'intervention auprĂšs des Puissances Ă©trangĂšres, H206
     patience de, H4-5, 125, 162, 268 ; M46, 80
     PersĂ©cution de, H112, 115-116, 139-140, 150, 177, 204, 249, 273 ; SR2, 16, 39-40 ; M29, 33, 95, 97, 103
     pouvoir de, H162
     prĂ©sence de, H57
     preuves de, H221, 223 ; LR25
     protĂ©gĂ© par Dieu, H23, 27
     rang de, H21, 23, 29, 62, 141, 144 ; SR38 ; M101
     rejet de, H49, 54, 60, 62, 80, 177 ; M100
          par babis, H8-11
          par chrĂ©tiens, H108-109, 127-128
          par musulmans, H115
          par NapolĂ©on III, H137
     requĂȘte rencontre religieux, H221
     requĂȘte rencontre sultan, LR25-26
     retour Manifestations du passĂ©
          du Bab, H96-97
          de JĂ©sus Christ, H102, 113, 127, 129, 159 ; M15
     rĂ©vĂ©lation de, H10, 120
          modalitĂ©s de, H51
          voir aussi rĂ©vĂ©lation
     souffrances (tribulations ; adversitĂ©) de, H4-5, 25, 29-30, 115, 142, 156, 162, 186-187, 192, 194, 196, 204, 265, 272-273 ; SR14 ; LR18, 23, 27-28 ; F1 ;M16-17, 20, 22, 32, 46, 48,53, 73-81, 84, 95, 98
     titres de
          Adolescent, H22, 25, 34, 62, 187, 194, 196, 267, 270 ; SR8, 14, 22-23 ; LR1, 3, 5, 16, 18, 23-25
          Annonciateur de joie, H274
          Aurore de la rĂ©vĂ©lation, H118
          BeautĂ© ancienne, H55, 57, 97, 123, 177
          BeautĂ© de Dieu, H7
          Bien-aimĂ©, H7, 96, 100 ; SR3, 16, 39
          DĂ©sirĂ© (le) (DĂ©sirĂ© du monde), H104, 116, 156, 134
          Divin moissonneur, H126
          Donneur de vie, LR2
          Face de Dieu, H143
          Guide, H134
          Jeune, voir adolescent
          Jour de Dieu, H63, 127
          Langue de grandeur, SR30
          Langue de rĂ©vĂ©lation, H118
          Lune d'Ă©ternitĂ©, M4
          Manifestation de puissance, H176
          MystĂšre de Dieu, H7
          Oiseau de saintetĂ©, M33
          OpprimĂ©, H137, 179 ; LR5, 20 ; M109
          PĂšre, H112-113, 122
          Plume de, H24, 30, 53, 102, 107, 110, 123, 129, 130, 150, 152, 169, 178, 182, 184, 192, 193, 195, 199 ; SR8, 23, 35, 37, 38 ; LR1, 2
          plus grand Nom, H118, 123, 131, 177, 200 ; M7
          plus grand OcĂ©an, H33, 152, 255, 274 ; SR16
          plus puissant appel, H131
          Point d'adoration, H163
          Possesseur des Noms, H118
          Promis (le), H93, 104, 121
          RĂ©formateur du monde, H177 ; LR2
          Roi de gloire, H128
          Rossignol, H130, 199 ; SR38
          Sentier de Dieu H1
          Souvenir, H143
          Souverain suprĂȘme, H159
          Temple, H12-13, 17-18, 31, 36, 43, 44, 48-49, 62-63, 65, 72, 81, 84, 100, 268, 276
          TĂ©moignage, H134 ; M4
          TrĂ©sor de Dieu, H7
          Trahit par MĂ­rza Yaáž„ya, H25-29
          Unit le monde, H131
          Visage de Dieu, H134
          Vivificateur, H274
          Voix de, H192, 249 ; LR7
          VolontĂ© de, H31, 58-59, 68, 74, 152, 276
Balance, H229 ; M11, 69
Batha (La Mecque), H171, 198, 253
Bayan, H21, 95-96, 121
     peuple du, voir babis
Bible,
     Ă‰vangile, H109, 140, 164, 247-249 ; M16
     voir aussi chrĂ©tiens ; juifs ; Torah
Bien, H33, 81, 126, 143, 172, 219, 230, 254 ; M54, 62
Bienveillance, H274
     voir aussi de Baha'u'llah ; du roi
Bosphore, F5
Buisson ardent, H133-134, 142, 159
     voir aussi MoĂŻse
Buzurg khan Mirza (Consul-général persan à Bagdad), H206, M103

CaĂŻphe, H245
Calumnies, H229 ; M34-35, 97, 102
CaractÚre (intégrité), H148
CĂ©libat, H136
Certitude, H53, 103, 200
Chagrin (lamentations), H5, 27, 131, 220 ; M17, 78, 88, 92, 99
Charité, H231
Chercheurs, SR16 ; M40, 49
ChimĂšres, voir vaines imaginations
Chosroes, SR6
Chrétiens, H122 ; M15-16
     consolateur (pĂšre) attendu par, H112, 122, 248
     moines, H108, 111, 136, 154
     pas de messager aprĂšs JĂ©sus, H247-248
     pleurent l'exil de Baha'u'llah, SR12
     refus de reconnaĂźtre Baha'u'llah, H188, 127-129
     rejet de Muhammad, H243
     roi (de la chrĂ©tientĂ©), M15-16
Ciel, cieux, H2, 15, 19, 31, 40, 106, 116, 125, 131, 184, 185, 220 ; LR27 ; M3
     colonnes du, F11
     de la communion avec Dieu, M33
     Ă©chelle vers, H244
     JĂ©sus et Baha'u'llah descendent du, H102, 127
     JĂ©sus retournĂ© au, H245
     larmes du, M89
     ombre du, H233
     secrets du, M46
     terre plus glorieuse que, SR15
     trĂ©sors du, M65
Colline vermeille, M2
Comportement, voir caractĂšre, conduite, actes
Compréhension, voir connaissance et sagesse
Conduite, H119, 218 ; LR22 ; M45, 90, 94, 102, 114
     voir aussi Actes
Connaissance et sagesse, H33, 42, 47, 65, 73, 75, 104, 135, 150, 158, 201-202, 212 ; SR30 ; M6, 39, 114
     Baha'is recherchent vĂ©ritable, H221
     coeurs, dĂ©positaires de, H211
     de Dieu, H65 ; M100, 114
     divine, rend indĂ©pendant, H66 ; M115
     Dieu dispense, M114
     prĂ©tendant Ă , pas toujours ĂȘtre suivis, H232
     reconnaissance de Baha'u'llah, H66, 105-106
     savants,
          devraient reconnaĂźtre la Manifestations de Dieu, M113
          devraient ne pas tenir compte des coutumes des hommes, M116
          devraient savoir que sagesse est crainte de Dieu, M113
          Ă©chouĂšrent Ă  reconnaĂźtre Baha'u'llah, M115
          ne peuvent rivaliser avec connaissance de Dieu, H43
          mortalitĂ© des, H260 ; M113
          interdirent consommation de vin, H240
          ont troublĂ© le roi au sujet des baha'is, H221
          pas plus sages que Dieu, M114
          peuvent croire ou ne pas croire, M114
          qualitĂ©s des, H232
          rejetĂšrent JĂ©sus, H135
          rejetĂšrent Muhammad, H198 ; SR6
          sont tombĂ©s, H135
     voiles des, H88
Consolateur, H122, 248
Constance, voir fermeté
Constantinople (Istanbul), H216 ; LR9 ; M24, 37, 39, 67, 74-75, 84, 108, 113
     incendie de, LR9
Contentement, SR30, 34
Coran, H229, 239, 255
     lettres espacĂ©es, SR36
     impressionne roi d'Éthiopie, H198
     interdit usure, M35
     interdit vin, H240
     peuple du, voir musulmans
     tĂ©moignage irrĂ©futable, H222
Corruption, H8, 89, 144, 150, 188 ; SR6 ; M15, 29, 34, 59, 86, 103,
     des Textes sacrĂ©s, H249
Courtoisie, H137 ; LR24
Crainte, H34, 106 ; M36, 38
     Voir aussi Dieu ; crainte de
Création (existence), H13, 40, 145, 158, 166 ; M114
     appelĂ©e Ă  reconnaĂźtre, H18
     aux soins des rois, H210
     bĂ©nĂ©dictions rĂ©pandues sur, H144
     coeur de, SR4
     Dieu, indĂ©pendant de, H197
     glorifie (loue) Dieu, H21, 132
     livre de, H99, 118
     oeil de, H99, 186, M88-89
     peur de, H18
     peuple peut partager les bienfaits de, H171
     rĂ©ceptacle de rĂ©vĂ©lation, H47
     rĂ©volutionnĂ©e, H84
     royaume de, H7, 12, 158, 197, 210, 238
Cruauté, voir mal

Damas, (Fayha), H252, 261
David, H246
DĂ©penses, M8-9
Destinée (destin), H5, 270 ; SR11 ; M61, 84
DĂ©sir (soif), H98, M18, 103
DĂ©tachement, H17, 80, 83, 88, 91-92, 107, 118-119, 138, 143, 156, 168, 171, 199, 263 ; SR3 ; M21, 40, 42, 47, 113
Devoir, H148 ; M17, 18, 20-21, 27, 54, 58
Dhabih (Haji Muhammad Isma'il-i-Kashani ; Anis), SR9, 16, 20, 22, 23, 28
Dieu
     acceptation par, dĂ©pend de renaissance, H111
     aide de, H3
     alliance de, voir alliance
     Ăąme de, SR33
     amour de, H204 ; SR26 ; M49
          voir aussi amour de Baha'u'llah
     attributs de, H197, 211
     autoritĂ© de, H58
     avertissements de, M107
     bon plaisir de, H3, 6, 203-205 ; M113
     crainte de, H32, 52, 56, 60, 76, 77, 79, 89, 93, 97, 107, 123, 125, 136, 149, 166, 189, 237 ; M2, 7, 8, 9, 10, 36, 38, 42, 59, 60, 69, 73, 93, 112, 113
     colĂšre de, H35, 204 ; SR7, 11 ; LR7-8 ; F1, 6, 13 ; M53-54
     dessein de, M85
     essence de, H37, 90, 211
          inconnue, H65, 71, 197
     grĂące de, H46-48, 64, 77, 131, 154, 185, 201-202, 217, 221, 264 ; SR15 : M54, 65, 100
     guidance de, H1, 197
     inconnaissable, H197
     indĂ©pendance de, H197, 214 ; F13 ; M116
     jugement de, H111 ; F15 : M12, 79, 85, 87, 100
     justice de, H205, 264
     lumiĂšre de, H14, 22 ; SR7 ; M96
     main de, H33, 241, 270 ; M94
     misĂ©ricorde de, H14, 28, 32, 42, 77, 81, 105, 127, 131, 146, 158, 185, 188, 190, 193, 201, 205, 209, 214, 217, 219, 230, 231, 238, 251, 270 ; SR13, 23 ; LR22 ; M6, 13, 18, 51, 54, 65, 87, 114
     nom(s) de, H45, 250
     obĂ©issance Ă , H20
     oeil de, M102
     pardonne, H131, 219 ; SR13 ; M54
     parle, H2
     paroles de, voir Paroles
     porter assistance Ă , H209-214
     prescrit une mesure fixĂ©e, H4
     prĂ©sence de, SR13
     preuve (signes) de, H19 ; M52
     protĂšge JĂ©sus d'HĂ©rode, H160
     providence, H68, 124, 251, 274 ; LR9 ; M1, 18
     proximitĂ© de, H204 ; M4, 5, 51
     puissance (pouvoir) de, H35, 39, 204, 238, 250 ; SR13
     rassemble l'humanitĂ©, H274
     rĂ©duit 'Ali Pasha en poussiĂšre, LR7
     rĂ©vĂšle des versets, H1-2
     sagesse de, LR23 ; M100, 114
          voir aussi Connaissance et sagesse
     sentier de, H1
     seul, H93, 197, 214, 269
     signe de, H22
     souverainetĂ© de, H35, 38-39, 62, 191 ; M85
     unitĂ© (unicitĂ©) de, H45, 93, 155 ; M43, 81
     visage (contempler) de, H22, 269
     voit tout, M102
     voix de, SR1
     volontĂ© de, H3, 35, 58-59, 113, 126, 131, 158, 160, 170, 191, 210, 223, 236, 241 ; SR31 ; M80, 85, 94
Dirigeants, voir rois et dirigeants
Disputes, voir lutte ; guerre
Doutes, H49, 68 ; SR24 ; F11
Droiture, H15, 32, 58, 77, 112, 177 ; F16 ; M59, 60, 68
Dualité, H45

Écoute, H14, 20, 23, 57, 66, 77, 78, 96, 99, 138, 238, 262 ; SR9, 17, 30 ; F6 ; M15
     du coeur, H132, 165 ; M99
     oreille, H158, 171, 195, 199, 265 ; SR10 ; M62, 81
Écritures, voir Livres, saints
Edirne, voir Andrinople
Ego, voir soi
Égoïsme, H60, 94, 143
Egypte
     JĂ©sus en, H160
     Mansuriyyih, H235
     persĂ©cution des baha'is en, H235
Enseigner la Cause, H71, 145, 148, 150 ; SR20
Equité, H56, 58, 95, 208 ; LR17, 18 ; M17, 19, 22, 32, 68, 71, 106
     Ă©quitable (ment), H249, M13, 17, 19, 20, 29, 30, 34, 66, 90, 97, 102
Enfants, LR11, 25-26 ; M51
     massacrĂ©s, H220
     orphelins, M88
     souffrance des, LR2, 5
Enfer, H225 ; F11, 12
     dĂ©livrance de, H54
     feu de, H35, 54, 124 ; SR6, 19 ; LR19 ; F11, 16, 19 ; M15
          consume Ăąmes des persĂ©cuteurs, SR11
          opposants Ă  Baha'u'llah condamnĂ©s Ă , SR38
     peuple de, H79
     savants incroyants jetĂ©s dans, M114
Épütre, voir tablette
Erreur, H113, 123, 176, 188-189, 243, 269 ; M21, 73
Esclavage (esclave), H228, 273
     interdit, H172
     voir aussi soi, esclavage du
Esprit, H60, 177, 227, 261 ; LR19 ; F12 ; M3, 115
     Ăąme, intelligence, raison,
          vision, Ă©coute, SR35
     apaisĂ©, M8
     de Baha'u'llah, H116, 162
     corps aspire Ă , M49
     de Dieu, H62
     Ă©troitesse d'esprit, H157
     des hommes, H4, 6
     mortel, H87
     saint, H50, 115, 133-134, 150 ; F16
     TrĂšs grand, H50
     voir aussi JĂ©sus Christ
     voir aussi Ăąme

ÉternitĂ© (Ă©ternel, vie Ă©ternelle), H123, 128, 166, 214, 257 ; SR7, 41 ; LR20, 29
Éthiopie, H198
Évangile, voir Bible
ÉvĂȘques, H122
     voir aussi religieux
Existence, voir création

Fadl (GrĂące), voir Temple, lettres de
Faimih, H79, 224
Fayhya', voir Damas
Fermeté, H27, 61, 155 ; SR41 ; F1, 13 ; M6, 14, 47
Femmes (servantes), H172, 185 ; LR2, 26
FĂȘte(s), voir Jours saints
Fidélité, H136, 269
Fierté, voir orgueil
Foi, H10, 137, 245, 253 ; M57, 59, 114
     et actes, H85-87, 172 ; M111, 114
     voir aussi foi baha'ie ; religion
Foi baha'ie (Cause ; Foi de Dieu), H61, 71, 92-93, 126, 149, 160, 162, 176, 218, 229, 238 : M17, 27
     dĂ©formĂ©e, H235
     destinĂ©e de, SR4 ; M84, 86
     Ă©chec des rois Ă  reconnaĂźtre, M54
     expansion de, SR14
     lumiĂšre de, H250
     pas affectĂ© par incroyants, M95
     protection de, H250, 268 ; M106
     rang de, H191 ; M23
     triomphe de, F14
Fu'ad Pasha, F1-21

Gallipoli, LR25
Génération méchante et égarée,malveillante et rebelle H257, 260, M16
Générosité, H39, 40, 185, 238 ; M32, 39, 59
Gratitude, H5, 35, 61, 81, 268, 273 ; SR16, 27 ; LR8 ; M63, 80
Guerre (conflits), H137, 182 ; SR5 ; LR17-18
     abolie, H42
     sainte, H42, 210
Guerre de Crimée (1853-1856), H137
Guerre russo-persane, deuxiĂšme (1825-1828), H219
Gouvernement, M21, 61, 102
     obĂ©issance Ă , LR3
     reprĂ©sentants Ă©lus, H173-174

Haine, H5, 28, 61, 94, 112
Haji Ja'far-i-Tabrizi, SR13
Haji Muhammad Isma'il-i-Kashani, Voir Dhabih
Haji Siyyid Muhammad (Aqa Siyyid Muhammad-i-Tabataba-i-Isfahani, Mujahid, H219
HĂ©rode, H160
Hijaz, H243
Honte, H261 ; LR22 ; M84
Humanité
     acceptation de Baha'u'llah, H47, 85, 107
     admise au Royaume, H123
     adore les noms, H157
     appel Ă , H100, 152, 186 ; M41
     avertissement Ă , LR17 ; M45, 117
     connaissance de, H104
     crĂ©Ă©e par Dieu, H52
     dĂ©tachement de, H80, 111, 154
     Ă©galitĂ© de, H151 ; M77
     gloire, ĂȘtre prĂšs de Dieu, M5
     guĂ©rison de, H152
     hĂ©sitation de, H101
     hommes de comprĂ©hension, H260
     insouciance de, H76, 157, 266 ; SR26 ; LR22
     matĂ©rialisme de, M39
     mortalitĂ© de, H269-270 ; M37, 40, 42, 106-107
     purifiĂ©e, H34, 92
     rang de, H91, 146, 156-157
     rejet de Baha'u'llah, H7
          consĂ©quences du, H85
     rejet de Dieu, H75
     rejet des Manifestations, H160, 243-248
     responsabilitĂ© de, H271
     rĂ©surrection de, H271 ; SR1 ; LR1 ; M107
     Soumise Ă  Dieu, H71, 113, 166, 214 ; SR1 ; M86
     soumise aux rois et dirigeants, M9, 12
     unitĂ© de, H142 ; SR8
Humilité, H107, 263 ; M77
Husayn (Imam), M48-52, 90, 97
Huviyyah (Essence de divinité), voir Temple, lettres du
Hypocrisie, H257 ; M89-90

IdolĂątres, H78, 99, 117, 266 ; SR19
     noms, H157 ; M110-111
     question du rang de Muhammad, H79
     'Uzza (idole mecquoise), H87
Ignorance, H31, 71, 76, 79, 86, 174, 176, 177, 237, 242, 244 ; LR5 ; M24
Imam(s), H79, 252-257
Inspiration, H42, 124
Intégrité, voir caractÚre
Intelligence, voir connaissance et Sagesse
IntĂ©rĂȘts sur prĂȘts, voir usure
Iran, voir Perse
Irak, H59, 139, 188, 206-207, 234 ; SR13 ; M29, 32, 35, 82, 102-103
Isaie, H122, 164
Istanbul, voir Constantinople

Jean le Baptiste, H122
     Bab, retour de, H121
JĂ©sus Christ
     consolateur annoncĂ© par, H122, 248
     coupable annoncer foi nouvelle, H140
     et islam, H198
     monta aux cieux, H245
     pardonna l'adultĂšre, H135
     parle des Manifestations, M17
     paroles cachĂ©es par, H112-113
     persĂ©cution de, H135
     prĂ©para le peuple, H122
     prophĂ©tisa Baha'u'llah, H129, 133, 135 ; M15
     reconnu par les humbles, H106
     rejet de, H106, 108, 123, 245
     retour de, H102, 121, 123, 127, 159, 248 ; M15
     rĂ©vĂ©lĂ© par versets, paraboles, H120
     sauvĂ© de HĂ©rode, H160
     vint du ciel, H127
Jeûne, H86, 154
Joie, H12, 103, 253, 274 ; SR10
Jours saints (fĂȘtes)
     dĂ©claration du Bab, H153
     naissance du Bab, H153
     naissance de Baha'u'llah, H153
     Ridvan, H153
Jugement, Jour de, voir révélation
Juifs
     affirme aucun nouveau prophĂšte viendra avec nouvelle loi, H246
     interrogĂ© au sujet de JĂ©sus, H79
     rejetĂšrent JĂ©sus, H123, 135
     rejetĂšrent Muhammad, H243
     suivirent les Pharisiens, H123
Justice, H56, 126, 147, 149, 173, 179, 190, 193, 194, 205, 236, 237, 259, 264 ; M7, 11, 12, 19-21, 29, 30, 64, 66, 68, 71
     voir aussi Dieu, justice de ; rois et dirigeants

Kaaba (Ka'bih), H90
Ka'b Ibn-i-Ashraf, H243
Karim (TrÚs-Généreux), voir Temple, lettres du,
Kharijites, H253

Lamentations, voir chagrin
La Mecque, H171, 198, 253
Lettre(s), H73
     sĂ©parĂ©es, SR36
     voir aussi Paroles ; Temple, lettres du,
Liberté, H169
Livre(s), H155, 163, 194, 199, 214, 222, 276 ; M3, 31, 33, 45, 52, 87-88, 97
     anciens, M72
     baha'is, H130, 184, 189 ; M39
          voir aussi Baha'u'llah, Ă©crits de
     sacrĂ©s des religions antĂ©rieures, H106, 108, 126, 164-165 ; LR2 ; M34-35
          voir aussi Bible, Coran, Torah
Lois (commandements ; décrets ; préceptes), H71, 87, 152-154, 179, 189, 237, 239, 246, 247, 254 ; M14, 21, 26, 28-29, 47, 71, 74 76, 83, 88, 104, 106, 112, 116
     humaines, M25
Lutte (conflit ; dispute, dissension ; hostilité, etc.), H53, 147, 152, 188, 207-208, 213 ; LR17-18 ; M8, 34, 37, 90
     interdite pour aider Dieu, H210-214
Magie, voir sorcellerie
Mal (mauvais), H5, 229, 233 ; SR6, 11 ; M18, 35, 48, 60-61, 83, 90, 92, 103
     actions, H11, 88 ; F16-21 ; M27, 34, 92
          cachĂ©es par courtoisie de Baha'u'llah, LR24
          cause perte, SR19
          jugĂ©es Ă©quitables, M34
          provoquant lamentations du paradis, F6
     appel de Satan, H99
     dĂ©sirs, H8, 60, 94, 98, 127, 137, 143, 146, 150, 157, 158, 161, 167, 172, 188-189, 195, 223, 227, 232, 262, 272 ; SR6, 34 ; M2, 15, 18, 28-29, 32, 56, 59, 86, 96, 97, 103, 106, 112
     demeure du, F19
     gĂ©nĂ©ration, M16
     mĂ©chants, H21, 98-99, 146 ; SR19, 34 ; F13 ; M19, 34, 37, 56
     ne doit pas ĂȘtre craint, H21
     nĂ©gateurs incapables de distinguer, H177
Maladie (peste), H49, 131, 174-176 ; LR9
Manifestation(s) de Dieu, H66, 90-91, 93,197 ; M17, 113
     aspirent Ă  rencontrer Baha'u'llah, H163-164 ; SR18
     but des, H81
     continuent Ă  apparaĂźtre, H241
     ressuscitent les morts, LR1
     rejet des, H242, 244 ; LR1
     temples de l'unitĂ© divine, LR1
     vĂ©ritĂ© des, M87
Mansuriyyih, H235
Mariage, LR11
     des moines, du clergĂ©, H136
Marionnettes, spectacle de, LR11-18
Martyre, H163, 200 ; SR10 ; M49
     de l'Imam Husayn, M97
     par suicide, SR13 ; LR5
Maturité, H69, 76 ; LR11, 29 ; M39, 40
Mauvais traitements, H28, 177, 216, 233 ; SR5 ; LR1 ; M34, 52, 61, 63
MĂ©decin(s), H174-176 ; F2
Mer Morte, H137
Messagers, voir Manifestation(s) de Dieu
Messie, H122
          voir aussi, JĂ©sus Christ
Meurtre, H188
     interdit, H147
     voir aussi guerre
Mihdiy-i-Rashti, Mirza, F15-20
Miséricorde, H215, 231, 235 ; M12, 59, 61, 67, 70, 74, 101
          voir de Dieu, du roi
     pĂ©cheurs demandent, M51
Ministres d' État, voir roi et dirigeants
Modération, M8, 19, 66
Moines, voir chrétiens, moines
MoĂŻse, H246 ; SR3
     aspirait Ă  voir ces jours, SR18
     de la maison de Pharaon, SR7
     rĂ©vĂ©la une foi nouvelle, H140
Monde
     liĂ© au corps humain, H152, 174
     voir aussi terre ; crĂ©ation

Mont Tinan, SR6
Mont Zyta, SR6
Moralité, voir caractÚre ; conduite, actes
Mort physique, H157, 168, 260-262 ; LR1 ; F11 ; M27, 37, 88, 115
     Ă©galitĂ© devant, H259
     inĂ©vitable, LR16-17, 20-21 ; M107
     messager de, H270
     richesse ne protĂšge pas, H259
     son dĂ©sir, gage de sincĂ©ritĂ©, H222
     tombes de richesse (puissance), H156
Mort spirituelle, H94, 136, 143, 167 ; LR1 ; M27, 108
Mosul (Hadba), H252
Muhammad, H243-247, M87
     aspirait Ă  ce jour, SR18
     coupable d'avoir rĂ©vĂ©lĂ© une foi nouvelle, H140
     descendants de (Siyyids), M89
     famille de (emprisonnĂ©s Ă  Damas), H252-257
     lamentations de, SR2
     persĂ©cution de, SR6
     rejet de, H198, 243
Muhammad Shah, SR7
Mujahid, voir Haji Siyyid Muhammad al-Muqanna' de Khurasan, M113
Musulmans, H79
     chiites vengeant la mort d'Husayn, M52
     interrogĂ©s au sujet du Bab, H79     
     prĂ©tendent Évangile et Torah corrompus, H249
     rejetant le Bab, H55, 79
     pleurent lors de l'exil de Baha'u'llah, SR12
     traditions des, H243
MystĂšres (secrets), H66, 162, 192, 198, 229 ; M50-51
     cachĂ©s dans le coeur des hommes, F14
     connus de Dieu, H39 ; M46
     connus des Imams, H255
     de la providence divine, M1
     des Noms de Dieu, H250
     supplications secrĂštes du tsar, H158
     vins des, SR24

Napoléon III (Empereur de France), H131-157 : M17
     dĂ©cision au sujet de la guerre de CrimĂ©e, H137
     doit abandonner royaume, palace, richesses, H143
     doit enseigner la cause, H145
     doit reconnaĂźtre Dieu, H155
     prophĂ©ties de Baha'u'llah Ă , H138
     puissance de, H156
     rĂšgnerait sur tout s'il aidait la cause, H133
     temple (corps) de, H134
Nasiri'd-Din Shah, H186-275
     abandon de souverainetĂ©, H199
     amour de Baha'u'llah pour son bien, H194
     atteinte Ă  la vie de, H188 ; M91
     coeur de, entre les mains de Dieu, H193
     courtisan de, H194, 235
     dĂ©sire ce que Dieu dĂ©sire, H215
     devrait aider la foi baha'ie, H275
     devrait ĂȘtre misĂ©ricordieux, H215
     devrait rendre justice, H190, 215
     devrait rĂ©unir Baha'u'llah et religieux, H221
     devait reconnaĂźtre Baha'u'llah, H195
     doit dĂ©cider pour ou contre Baha'u'llah, H221
     doit ĂȘtre juste envers les baha'is H230
     doit observer les commandements de Dieu, H205
     doit traiter ses sujets avec justice, H274
     exila Baha'u'llah, M102
     exaltĂ© par foi et actes, H199
     informĂ© de la mĂ©conduite de ses reprĂ©sentants, H207
     libĂ©ra Baha'u'llah de prison, M102
     misĂ©ricorde de Dieu pour, H188
     ombre de Dieu (signe de sa puissance), H194
     persĂ©cuta les baha'is, H220
     priĂšre de Baha'u'llah pour, H238, 274
     rang s'il croyait, H195
     roi du temps, H206, 221, 230, 232
     souverain de possessions mĂ©prisables, H195
     tenu ignorant de la condition de Baha'u'llah, H206
Nation(s), H112, 134, 242, 254
     appelĂ©es Ă  Dieu, H160
     Seigneur (crĂ©ateur) des, H152, 268
Nature innée (spontanée), H49-50, 52, 80
Nimrod, SR7, F11
Nom(s), H17, 86, 87, 92, 168, 243 ; SR26 ; M21
     adorateur des, H30, 87 ; M110-111
     ne doivent pas ĂȘtre un voile, H10
     rĂ©vĂ©lĂ© par l'homme, H136
     royaume des, H40, 45, 49, 81, 102, 124, 167 ; M1
Nourriture, SR11 ; LR4 ; M13
     ne pas s'abstenir de, H154

Occident, H133, 233, 246
Oeil, voir Temple, oeil du
Oppresseur(s), voir Tyrannie ; roi et dirigeants
Orgueil (fierté), H26, 82, 143, 172, 175 ; SR27 ; LR10, 16, 19 ; M13, 43, 57, 98, 107, 109

Paix (tranquillité), H18, 178, 208 ; LR29 ; M8
     intĂ©rieure, M94
     moindre, H180-182
     plus grande, H180
     voir aussi sĂ©curitĂ© collective
Palais, H103, 143, 156, 167, 179, 270 ; F5
Pape, voir Pie IX
Paraboles (versets révélés en), H120
Paradis, H22, 79, 100, 213 ; SR24 ; M5, 51
     anges du, H102
     habitants du, H88, 161 ; SR9
     lieu de sĂ©jour de Baha'u'llah, H158
     sublime, SR2, 32
     trĂšs-glorieux, SR8
Pardon, H131, 219 ; SR13 ; M51, 54, 99
Paris, F2 ; M17
Parlement(s), voir gouvernement
Parole(s) (discours ; voix ; langage ; verbe), H20, 22, 55, 60, 65, 191 ; SR19, 24 ; M100, 115
     attirent les coeurs, H148
     calomnies, H146 ; M34-35
     contre Bahá’u’llĂĄh, H230
     de commandement, H46
     contre Baha'u'llah, H223
     du Bab, H96
     de Baha'u'llah, H56, 80, 133, 137, 138, 162, 192, 232, 238, 249, 258 ; SR17 ; M35, 39, 54, 58, 62, 71, 72, 99, 105
     du Buisson ardent, H133-134
     de Dieu, H20, 24, 26, 33, 74, 99, 103, 158, 171, 200, 238 ; SR1, 3, 10, 13, 25 ; M2, 17, 99
          altĂ©rer (pervertir) la, H32
          appelĂ©e sorcellerie, H54, 56
          crĂ©atrice, H23 ; LR16
          crĂ©atrice de l'Ăąme, SR32
          Ă©couter la, H20
          enflamme le monde, SR1
          manifestĂ©e dans temple humain, SR1
          puissance de, H50
          rejet de, H49
          rĂ©vĂ©lĂ©e Ă  Baha'u'llah, H81
          Roi de la parole, H53
          soumission Ă , H88
     d'IsaĂŻe, H164
     de JĂ©sus, H247
          voir JĂ©sus, parole cachĂ©e par,
     de MoĂŻse, SR18
     de la plume, H107
     de la Vierge des cieux, H6-7
     Dieu sanctifiĂ© au-dessus des, H214
     Ă©pĂ©e de, H42, 150, 212
     enseigner la Cause par, H150 ; SR20
     et actes, H56,
     voir aussi actes en accord avec paroles
     frappe de terreur les coeurs des incroyants, H251
     insensĂ©es, H11
     lamentation, SR5, 12
     louanges Ă  Dieu, H21, 23, 134, 216
     mensonges, H149
     puissance de, H21, 150 ; SR17
     vaines, H54, 242
Passion(s), H137, 183, 196, 201, 212, 224, 266, 269 : SR34 ; LR20, 23 ; M32
Pauvreté (matérielle), H143, 149, 151, 178, 220 ; LR20 : M67, 76, 77
     pauvres, dĂ©pĂŽt divin, H143 ; M11, 68
Pauvreté (spirituelle), M65
Patience, H27, 28, 48, 208 ; SR17, 30 ; LR29 ; M47, 49
Péché(s), M53
     cache des, H151
     des citoyens de Constantinople, M39
     croyants purifiĂ©s des, H131
     jugĂ©s par Dieu, H271
     pardon des, M51
     des rois et dirigeants, M54
Perse
     ambassadeur Ă  Constantinople (Haji Mirza Husayn Khan), SR2 : M17, 84-107
     consul gĂ©nĂ©ral Ă  Bagdad (Mirza Buzurg Khan), H206 ; M103
     dignitaires gouvernementaux de, H206-208, 236 ; SR2 ; M84-107
     peuple de, M96
     religieux de, M3
Persécution, voir croyants, persécution de ; Baha'u'llah, persécution de
Peur, H18, 220, 237 ; F5 ; M38
Pharaon, SR7 ; F11 ; M87
Pharisiens, H102, 108, 123
Philosophie et philosophes, H232 ; M113-114
     Voir aussi connaissance ; sagesse
PiĂšce (vue par Baha'u'llah, enfant), LR11-18
Pie IX (Pape), H102-130
     abandonner son royaume (palais, richesses), H103, 118
     devrait dĂ©penser ses richesses dans le sentier de Dieu, H118
     devrait se tourner vers Dieu, H103
Pierre philosophale, H232
Pierre noire, H90
Pierre, Saint, H106, 113
Piété, H29, 223, 224, 237
Plus grand esprit, voir esprit
Plus grande paix, voir paix
Plus grande prison, voir Acre
Point, voir Bab
Possessions, voir détachement ; Richesse
Pouvoir (puissance), voir Dieu, pouvoir de ; Rois et dirigeants, pouvoir de,
PrĂȘtres, voir religieux
Preuve(s), H9, 10, 35, 51, 56, 102, 110, 139, 194, 197, 219, 221, 255 ; LR25 ; F6 ; M3, 25, 52, 82, 87, 103
     prĂ©tention demande, H223, 242
PriĂšre (supplication), H268, 274 ; M83
     de la reine Victoria, H185
     du tsar, H158
Principes et standards, H136 ; M29, 32, 74, 76
Prophétie, H129, 263 ; M15, 87
     balance de la justice, M11
     consolateur, H122, 248
     de Baha'u'llah, H139, 267 ; SR4-5, 21
     Esprit de vĂ©ritĂ©, M15
     Ă‰vangile, H171
     Temple, H276
     venue du PĂšre, H112, 113, 122, 159
ProphĂštes, voir Manifestation(s) de Dieu
Prospérité, voir richesses
Protection, H182, 207, 236, 241 ; M8
Punition, voir rétribution et punition

Qadir (Tout-Puissant), voir Temple, lettres du
Questions, H58, 79, 271 ; SR29, 36

Raison, H149, 209 ; LR2, 17
Rébellion, voir sédition
RĂšgle d'or, H143, 179, 275 ; M32, 44
Religieux (savants ; prĂȘtres ; Ă©rudits ; etc.), H88,131, 154, 219 ; M108
     aveuglement des, H109
     Baha'u'llah demande ĂȘtre confrontĂ© avec, H221
     certains faisant preuve de renoncement, H234
     chrĂ©tiens, H122, 131, 243, 248
     connivence des, H249
     dĂ©formant la nature de la foi, H229
     dĂ©saccord de Baha'u'llah avec, M35
     des derniers jours, les plus mĂ©chants, H233
     devraient abandonner possessions H154
     devraient faire taire leur plume, H107
     dignes de respect lorsqu'ils suivent les voies de Dieu, M45
     et la foi baha'ie, M86
     jugeant le Bab, M3
     juifs, H243, 245-246
     musulmans, H219 ; M3, 35, 108
     pĂ©riront, H260
     persans, H198, 243-244
     rejetant Baha'u'llah, H223, 249
     rejetant JĂ©sus, H245
     rejetant Muhammad, H198, 243-244
     richesse des, H272
Religion(s), foi(s)
     disciples, interpellĂ©s, H105, 113, 123
     enfants pas responsables, LR2
     en Iran, H236
     manifestĂ©e par Baha'u'llah, SR38
     nouvelle, H140
     prise pour plaisanterie, H266
     rĂ©alisĂ©es dans foi baha'ie, H152
     unitĂ© des, H176
Renoncement, H144, 218-219, 234
Repentir, H129, 188 ; M54, 85, 105
Représentants élus, voir gouvernement
RĂ©surrection, SR1 ; F16 ; M101, 107
     de l'Ăąme, H167 ; SR32
     de la terre, H235
     par les Manifestations, LR1
RĂ©tribution et punition, H98, 138, 172, 237 : M46, 98
RĂ©union, SR13 ; M49, 100
Révélation, H33, 35, 47, 53, 76, 80, 97, 110, 127, 130, 143, 172, 175 ; SR2, 13, 14, 18 ; M94
     armĂ©e de, H42, 49
     Aurore de, H91, 109, 146, 185, 232
     brises de, H156
     dĂ©positaire(s) de, H197, 242
     doux accents de, H20
     heure de, H86, 92
     naissance de, H6-7, 192, 258
     plume de, H129 ; SR8-9, 23
     prĂ©cĂ©dentes, H97
     preuves de, H221
     voir aussi preuves
     progressive, H241
     voir aussi Manifestation(s) de Dieu
     porteur d'une nouvelle, H247
     roi de, H103, 167
     royaume de, H2, 7, 31, 37, 63, 72
     styles de, H51
     des versets, H59
Richesses (possessions ; prospérité ; trésors), H86, 97, 220 ; LR21
     accumulation dĂ©couragĂ©e, H118-119
     de Dieu, H162, 205 ; M65
     de Fu'ad Pasha, F5-6
     des royaumes, H235
     du clergĂ©, H272
     Ă©phĂ©mĂšres, H156, 214, 259-260, 270 ; MR17, 21 ; M18
     excessives, M66-67
     Pape devrait dĂ©penser dans sentier de Dieu, H118
     nullitĂ© des, H135, 156, 167 ; M55
     et pauvres, H151
     peuples sont trĂ©sors, H179 ; M68
     succĂšdent Ă  l'adversitĂ©, H230
     sujet au changement, H168
Rocher, voir Pierre, Saint
Rois et dirigeants, H130
     actes des, M46
     antĂ©rieurs auraient reconnu Baha'u'llah, M109
     appliquent loi de Dieu, M63
     auraient dĂ» traiter Baha'u'llah avec justice, M32
     autoritĂ© (souverainetĂ©) de, H195 ; LR19 ; F7 ; M4
          Ă©vanescence, LR10 ; M18
          ne doit pas empĂȘcher reconnaissance, H159, 161, 170
          refus d'abandonner, H223
     avertissements profitables, M34
     Baha'u'llah ne leur fit aucune demande, H216
     bienveillants, H215, 251 ; M68
     chrĂ©tiens, M15-16
     crĂ©ation confiĂ©e Ă , H210
     dĂ©penses des, H179 ; M8
     d'Ethiopie, H198
     doivent abandonner leurs possessions, M2
     doivent aider la cause de Dieu, H143
     doivent ĂȘtres justes, H118
     doivent nommer gens de confiance M59, 61, 67
     doivent obĂ©ir aux commandements de Dieu, H118 ; M7, 12-14, 21, 26, 62
     doivent pas dĂ©lĂ©guer responsabilitĂ©, M61, 67, 71
     doivent pas exagĂ©rer, M66
     doivent protĂ©ger contre agressions, M13, 20, 63
     doivent se repentir, M54
     doivent s'informer, M103
     doivent suivre les fidĂšles (en toute humilitĂ©), M43, 77, 107
     Ă©chec des, M15, 54
     Ă©tablissent la paix, H178, M8
     exilĂšrent Baha'u'llah, H267
     gĂ©nĂ©rositĂ© des, M70
     honorent descendants du ProphĂšte, M92
     hypocrisie des, M89
     imposent charges leurs sujets, H179 ; M9
     justes, H217, 259
     maltraitĂšrent Baha'u'llah, M73
     manifestations du pouvoir de Dieu, H210
     ministres des, H158 ; LR12, 15 ; M17-18, 24, 26, 30, 31, 55, 59, 61,68, 73-74, 76, 82, 97, 102, 103
     mortalitĂ© des, H261, 269-270 ; LR19 ; M15, 36, 79, 98, 106-107
     misĂ©ricorde du, H215, 235
     ombre de Dieu sur terre, H194, 217 ; M72
     oppression par, M71
     orgueil des, M107
     palais, des tombes, H167
          construits en pressurant le peuple, H179
     protĂšgent ceux qui cherchent refuge, H182
     puissance des, M10, 18
     qui aideront les baha'is, SR21
     recherchent leur intĂ©rĂȘt, H175
     reconnaissance des Manifestations par, H210 ; M107
          de Baha'u'llah, M1, 6, 13
     refusent trĂšs grande paix, H180
     rejettent Baha'u'llah, M16
     rejetĂšrent Muhammad, SR6
     rendront compte de leurs actes, M27
     responsables de leurs (pauvres) sujets H143, 149 ; M11-12
     souverainetĂ© des, voir autoritĂ©
     suivent leurs dĂ©sirs (inclinations corrompues), M28-29
     suffit pas Ă©couter plaignant, H229
     tablettes aux, H141 ; M1-118
     tombes des, H156
     tyrannie des, H252 ; LR2
     unitĂ© des, H182
Royaume(s), (de Dieu ; création ; noms ; ciel et terre ; des souverains, etc.), H22, 103, 112, 123, 124-125, 140, 145, 156, 159, 162, 170, 171, 190, 197, 199, ; LR20 ; M36, 55
Royaume Uni, voir Victoria, reine de
Russie, H137, 219
     Ministres offrent leur aide Ă  Baha'u'llah, H158
     Voir aussi Alexandre II (tsar de Russie)

Sadratu'l-Muntaha, H12, 69, 122, 130, 171, 195
Sa'id Khan-i-Ansari, Mirza (ministre persan des Affaires Ă©trangĂšres), H207
Sacrifice, H16, 186, 218 : SR27 ; M38
Sainte famille, voir Baha'u'llah, famille de
Sainteté, H8, 24, 63, 65, 139, 227, 240 ; M1, 2, 33, 51, 52, 108, 109
Salut, M57
Sana'i, R22
Satan, voir mal
Science(s), H66-67 ; M114
Sceau des prophĂštes, voir Muhammad
Secrets, voir mystĂšres
Sédition (rébellion), H13, 86, 125, 188, 213, 216, 245, 258, 261 ; LR2, 7 ; M55, 74-75, 82
Sécurité collective, H182 ; M8
Servante(s), voir femmes
Service, H62, 133, 235
     Voir aussi aide Ă  Dieu
Shah Sultan Salim, voir piĂšce ; marionnettes
Shaykh Kazim-i-Samandar, H234
Shaykh Murtaday-i-Ansari, H234
Sinai, H93, 133, 142, 159
Siyyid Isma'il de Zavarih, SR13
Soi, moi, ego, Ă©goĂŻsme, H27, 201, 212, 232, 269 ; SR34 ; LR20, 23
     de Dieu ou Baha'u'llah, H17, 21, 43, 44, 45, 54, 60, 63, 64, 69, 70, 72, 81, 82, 87, 90, 108, 126, 164, 169
     esclavage du ; dĂ©sir du, H167, 196, 224
Sois (le commandement), H2, 3, 8, 36, 46, 60, 276
Sorcellerie (magie), H54, 56 : M100, 115
Souffrance, voir Baha'u'llah, souffrances de ; baha'is, souffrance de
Souveraineté, voir Dieu, souveraineté de ; Rois et dirigeants
Styles de révélation, H51
Suicide, SR13 ; LR5
Supplication, voir priĂšres
Syrie, H171

Tablette(s) (Ă©pĂźtres), H31, 33, 43, 92, 96, 110, 129, 141, 155, 173, 182, 184, 202 ; SR26, 36, 38 ; LR24 ; M1, 6, 12, 56
     Ă©crite, H41
     Ă©vidente, H132
     explicite, H189
     de Muhammad, SR6
     prĂ©servĂ©e, H4, 10, 25, 30, 46, 48, 158, 186 ; M4
     puissante, SR8
Tabriz, H235
Téhéran, H206 ; LR11 ; M102
Temple, H43-44
     coeur du, H64
     langue du, H21
     lettres du,
          Fadl (grĂące), H46
          Huviyyah (essence de divinitĂ©), H37
          Karim (TrĂšs-GĂ©nĂ©reux), H39
          Qadir (Tout-Puissant), H38
     mains du, H31
     oeil du, H19
     oreilles du, H20
     pieds du, H61
     saint des saints du, H67
     voir aussi Baha'u'llah, titres de
Terre (monde), H54, 167, 184-185, 214 272 ; LR16-21 ; M13
     bas monde, LR20
     comme la noire prunelle d'une fourmi morte, H156
     crĂ©Ă©e par les croyants, H15
     enflammĂ©e par la parole de Dieu, SR1
     Ă©tat de, H156
     humanitĂ© crĂ©Ă©e de, M107
     joie de, infĂ©rieure Ă  joie spirituelle, H162
     malade, H152
     menace homme d'une mort imminente, LR21
     passera, H190 ; M36, 40, 42, 55, 57, 79
     peuple recherche le monde alors qu'il est dans le sein de sa mĂšre, M40
     plus glorieuse que le ciel, SR15
     possession de, n'a de valeur qu'en se souvenant de Dieu, M4
     renouvelĂ©e, H47, 255 ; SR8
     vanitĂ© de, H91, 196 ; LR16-17 ; M36, 40, 55, 72, 99
     vivifiĂ©e, H131 ; SR8
     voir aussi crĂ©ation
Terre sainte, H129
Tests et Ă©preuves, H226 ; SR14 ; LR28 ; M47
     Voir aussi baha'is, persĂ©cution des ; Baha'u'llah, persĂ©cution de ; Baha'u'llah, souffrance de
Torah, H140, 164, 246, 249
Travail, suspendu les jours saints, H153
Tsar, voir Alexandre II, tsar de Russie
Turquie,
     demande de nationalitĂ© par baha'is, H207
     ministre du gouvernement de, H183, M24
Tyrannie (oppression), H96, 114, 117, 160, 252, 257, 261, 274 ; SR5, 7, 12, 15 ; LR2, 5, 6 ; F11 ; M13, 20, 36, 52, 62, 63, 71, 73, 81
     voir aussi rois et dirigeants, tyrannie de
Union mystique, M49-50
Unité (unicité)
     divine, H12, 15, 93, 197, 241, 242 ; SR15 ; LR1, M43, 72, 81, 94, 98, 107
     de l'humanitĂ©, H109, 142, 152, 177 ; SR8
     des rois, H182
     avec Dieu, SR40
     voir aussi religion(s), unitĂ© des
Ustad Muhammad-'Aliy-i-Salmani, H27
Usure (intĂ©rĂȘt sur prĂȘt), M35
'Uzza (idole mecquoise), H87

Vaines imaginations (chimĂšres), H8, 16, 103, 109, 117, 120, 157, 184, 186, 270 ; M84, 116
Vérité (véracité), H151, 198, 218-219 ; F14 ; M35, 38, 39, 60, 79, 87, 94, 97, 99, 108
     aspiration Ă  la mort dĂ©montre la, H222
     contestation de, H242
     de la mission du Bab, H163 ; M3
     de la mission de Baha'u'llah, H221 ; LR25
     de la Cause, H135, 218 ; M17
     Dieu est, H258, 276
     distinguĂ©e de l'erreur, H229 ; M16
     Esprit de, M15
     Ă©tendard de, H233
     langage de, M76
     protection de, H160
     puissance de, H139 ; SR7, 14
     recherche de, M103
     rejet de, M5, 23, 99
Versets, voir paroles de Dieu, de Baha'u'llah
Vertus, H72
Viande, Ă  ne pas rejeter, H154
Victoria (reine d'Angleterre), H171-185
     appelĂ©e Ă  abandonner les choses terrestres, H171
     appelĂ©e Ă  se tourner vers Dieu, H172
     interdit esclavage, H172
     remet affaires entre mains reprĂ©sentants, H173
     sera rĂ©compensĂ©e, H172
Vie, H75, 76, 137, 168, 196, 237, 273 ; LR17, 19 ; F16 ; M26, 36, 37, 42, 54, 69, 91, 99, 111
     Ă©ternelle, voir Ă©ternitĂ©
     divine, M10, 35
     procĂšde de l'esprit, SR23
     sacrifice de, H162, 218, 219 ; SR13 ; LR5 ; M50
     Vie aprĂšs la mort (immortalitĂ© au-delĂ ), H131, 270 ; M33, 94
     voyage sans retour, H263
Vierge du ciel, H6-7, 22, 100
Vision, H19, 93, 98, 99, 156, 157, 265, 272, 273 ; SR35 ; LR5 ; M57
     intĂ©rieure, M39
     mĂȘme que Ăąme, esprit, raison, Ă©coute, SR35
     obscurcie, M50, 93
     ouverte par Dieu, M52
     pour reconnaĂźtre le CrĂ©ateur, H19
     voir aussi Temple, yeux du
Voix, voir paroles

Wahb Ibn-i-Rahib, H243

Yahya, Mirza (demi-frĂšre de Baha'u'llah, H25-29, 55

Zawra', voir Bagdad
Zaynu'l-'abidin, 'Ali Husayn (quatriĂšme Imam) H252-257 ; M48


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