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Religion
Baha'ie
Introduction du livre

Le secret de la civilisation divine

Plan
Sommaire du livre
Introduction

Introduction
(édition française )

Quand en 1772 le biographe anglais, James Boswell, proposa à son ami, Samuel Johnson, le mot Civilisation pour insérer dans son célèbre Dictionnaire de la langue anglaise, celui-ci refusa sous le prétexte que ce mot était peu connu et mal défini.

En effet, ce n'est qu'au 19e siècle que le mot a été défini dans son sens le plus large. Il désigne un ensemble complexe qui comprend les idées professées et les habitudes contractées par l'homme vivant en société.

Du point de vue historique, le commencement de la civilisation correspondrait au début de l'agriculture, de l'élevage systématique des animaux domestiqués, et de la grosse poterie. C'est donc, le début de la société humaine à l'opposé de l'homme chasseur.

Or ce n'est que vers le milieu du 20e siècle que la science a découvert que la civilisation, définie ainsi, a débuté en même temps partout où l'homme a pu cultiver la terre, il y a environ 7000 ans.

Dans la Foi Bahá'íe la civilisation prend une signification extrêmement importante, car son fondateur, le père de l'auteur de ce livre, Bahá'u'lláh a dit dans Ses écrits:

"Tous les hommes ont été créés pour travailler à l'établissement et à l'amélioration croissante de la civilisation;

Le Tout-Puissant m'en rend témoignage: agir ainsi que font les bêtes des champs est indigne de l'homme. Les vertus qui conviennent à sa dignité sont la tolérance, la compassion, la miséricorde, et une tendre bonté à l'égard de tous les hommes et de toutes les tribus de la terre. " (Extraits des Ecrits CIX, page 198.)

La deuxième partie de cette citation, qui donne l'explication du but de l'existence de l'homme sur cette terre, souligne bien qu'il s'agit de la même définition du mot "CIVILISATION". En effet le terme "bêtes des champs" ne peut être utilisé que pour des animaux domestiqués.

L'un des principes les plus importants de la Foi Bahá'íe est la Révélation progressive de la Vérité Eternelle par une chaîne de Messagers de Dieu. La Volonté Divine est ainsi révélée aux hommes. Ces Messagers sont les fondateurs des grandes Religions monothéistes telles que, dans leur ordre chronologique, Krishna, Moïse, Zoroastre, Bouddha, Jésus-Christ, Muhammad. Les Bahá'ís croient que Bahá'u'lláh est le dernier en date (Sa révélation date de 1863), et que cette chaîne continuera indéfiniment. Chacun d'Eux a révélé la Volonté Divine suivant le degré de compréhension humaine, qui évolue progressivement grâce à l'éducation de l'humanité par Ses Messagers.

Le présent livre nous montre d'une façon lumineuse comment la civilisation humaine doit être à l'échelle universelle et ce qu'elle est devenue aujourd'hui par suite de notre refus de Dieu et de sa révélation. Nous trouvons des démonstrations historiques et leurs analyses. Les solutions préconisées, par la Révélation de Bahá'u'lláh, sont simples et compréhensibles. On s'apercevra qu'elles sont réalisables et que la Civilisation Divine n'est pas une utopie: c'est l'Unité du genre humain avec pour but le bien-être de l'humanité.

Nicolas JANUS
Arlon 1973


Note: Le Secret de la Civilisation Divine a été écrit en persan sans aucune division en chapitres; ce livre en persan a seulement pour titre Civilisation. Pour faciliter, non seulement sa compréhension par le lecteur, mais aussi son étude, et pour s'en servir aisément comme références, l'édition française introduit des sous-titres.
Introduction
Début

Jamais le caractère spirituel de la vraie civilisation ne fut révélé en des circonstances aussi extraordinaires et par un auteur aussi qualifié que dans ce texte d''Abdu'l-Bahá.

Ecrit en 1875, le texte persan original fut lithographié à Bombay en 1882. La première version anglaise fut publiée à Londres, en 1910, et, plus tard, à Chicago, en 1918, sous le titre: "Les Forces mystérieuses de Civilisation". La présente traduction de Marzieh Gail - plus précise - reflète la maîtrise des deux langues que possède un auteur accompli dont le père était Persan et la mère américaine, et qui résida dans ces deux pays pendant des années.

Symbole de sagesse, de noblesse, d'héroïsme et de dévouement absolu à la cause de l'unité spirituelle et de la paix universelle, le nom d''Abdu'l-Bahá a atteint une renommée unique en Orient et en Occident. Ce nom signifie "Serviteur de Bahá". (i.e. Serviteur de Bahá'u'lláh)

Né en Perse le 23 mai 1844, fils aîné de Bahá'u'lláh, 'Abdu'l-Bahá vit le jour à la date même ou 'Ali Muhammad, maintenant connu comme le Báb, annonça sa mission. Celle-ci était d'inaugurer une nouvelle dispensation religieuse et de préparer la voie pour Bahá'u'lláh, auteur de la révélation bahá'íe.

'Abdu'l-Bahá n'avait que six ans quand le Báb fut martyrisé à Tabriz et huit à peine quand sur l'ordre du Sháh, Bahá'u'lláh fut emprisonné dans un cachot de Tihrán. Quelques mois plus tard, il accompagna Bahá'u'lláh dans son exil à Baghdád. Ce fut pour 'Abdu'l-Bahá le début d'une période d'exil et d'emprisonnement qui devait durer jusqu'en 1908.

Bahá'u'lláh, sa famille et ses disciples furent conduits de Baghdád à Constantinople, de là à Adrianople et, enfin, à la forteresse de 'Akká, en Terre Sainte, où Bahá'u'lláh mourut en 1892. Pendant toute cette période, 'Abdu'l-Bahá, endurci par l'adversité et vainqueur par l'esprit, manifesta de plus en plus les qualités et les pouvoirs sur lesquels Bahá'u'lláh devait fonder l'avenir de sa foi mondiale en le nommant, dans son Testament, le modèle de la vie religieuse, l'interprète de ses paroles et le centre de son Alliance avec l'humanité.

De 1892 à 1908, 'Abdu'l-Bahá fut en butte à une oppression extrême dont il fut enfin libéré par la révolution turque, à la suite de laquelle, tous les prisonniers politiques condamnés par le Sultan furent relâchés.

Ce fut le général Allenby - conquérant militaire de la Palestine lors de la première guerre mondiale - qui, suivant les directives de Lord Balfour, secrétaire aux Affaires Etrangères, prit les mesures nécessaires pour assurer sa sécurité.

De 1911 à 1913, 'Abdu'l-Bahá visita l'Europe et l'Amérique du Nord, rencontrant les communautés locales bahá'íes, prononçant des conférences dans les Sociétés pour la paix, les universités, les églises, les synagogues, les Associations de Noirs, rencontrant des personnalités importantes de divers gouvernements, du monde enseignant et du clergé, et promulguant, par l'exemple et l'éloquence, les principes de la paix universelle. La liste des personnalités qu'il rencontra est trop longue pour prendre place ici, mais le caractère de l'accueil réservé à 'Abdu'l-Bahá en Occident peut être démontré en nommant, entre autres: à Londres, l'Archidiacre Wilberforce, le révérend R.J. Campbell, Lord Lamington, Sir Michael Sadler, les Maharajahs de Jalawar et Rajputana, le professeur E.G. Browne et le professeur Patrick Geddes; à Paris, le Ministre de Perse, l'Ambassadeur de Turquie, "des dignitaires ecclésiastiques de diverses branches de l'Arbre chrétien" à Vienne, le professeur Arminius Vambery, plusieurs membres du Parlement, le Comte Albert Apponyi, le Prélat Alexander Giesswein et le professeur Ignatius Goldziher; et, en Amérique, le docteur David Starr Jordan, le rabbin Stephen Wise, Alexander Graham Bell, l'honorable Franklin K. Lane, Mme William Jennings Bryan, Andrew Carnegie, l'Honorable Franklin Mac Veagh, l'amiral Peary et Rabindranath Tagore.

Les conférences enregistrées et les écrits d''Abdu'l-Bahá qui paraissent représenter l'essence de son message à l'Occident, comprennent les allocutions prononcées au City Temple de Londres, à l'université Stanford de Californie et au Temple Emmanuel de San Francisco; on peut y ajouter la lettre qu'il adressa au Comité pour la Paix Durable à La Haye et celle qu'il écrivit au docteur Forel, savant suisse (Lettre d''Abdu'l-Bahá au Professeur Forel - Maison d'Editions Bahá'íes, à Bruxelles. ). Dans plusieurs de ses discours aux Etats-Unis, il demanda à l'Amérique de guider les nations vers la paix, la justice et l'ordre social.

Dans "Ses leçons de Saint-Jean d'Acre", Laura Barney nota avec précision les réponses que fit 'Abdu'l-Bahá aux questions qu'on lui posait concernant les prophètes, la destinée de l'homme, ses attributs et ses pouvoirs, l'immortalité et la vie future; ces réponses furent considérées dés lors comme l'introduction idéale à cette nouvelle ère de religion universelle.

La mission si fidèlement remplie par 'Abdu'l-Bahá de 1892 à 1921 au titre de Chef de la communauté mondiale bahá'íe, toute providentielle qu'elle soit, n'a aucun rapport direct avec le texte du présent volume.

"Le Secret de la Civilisation Divine" constitue un message adressé aux gouvernants et au peuple de Perse, dont la glorieuse civilisation fut réduite à un état pitoyable par la corruption de son gouvernement, l'ignorance de ses masses et l'oubli des vérités essentielles de sa religion. Détaché de toute considération personnelle touchant les épreuves cruelles qui lui furent imposées par ses concitoyens, 'Abdu'l-Bahá, dans cet ouvrage, offre à la Perse le riche trésor de sa compréhension éclairée quant aux causes de chute et de relèvement des civilisations; c'est un guide manifeste vers le chemin d'une future grandeur et le modèle d'un véritable ordre social.

Bien qu'ignoré de ceux dont le bien-être était le but de ce don précieux, le message d''Abdu'l-Bahá s'applique à l'état général de la civilisation moderne prise en son entier. L'impérialisme, le nationalisme, le racisme, le matérialisme et le sectarisme traditionnels ont conduit l'humanité au bord du désastre suprême prédit dans les passages prophétiques des Saintes Ecritures de toutes les religions. "Le Secret de la Civilisation Divine" est donc offert à l'étudiant de la société comme un traité comblant le large fossé qui existe entre la politique et l'économie technologiques et le but véritable de la création de l'homme: l'instauration de la vertu sur terre.

Le lecteur n'a qu'à se référer à ce passage souvent cité pour constater comment 'Abdu'l-Bahá transforme la vérité spirituelle en termes sociologiques: "La civilisation véritable déroulera sa bannière au coeur même du monde quand avec discernement et résolution, un certain nombre de ses distingués souverains à l'esprit éclairé - brillants exemples de dévouement et de détermination - se lèveront, en vue du bien et du bonheur de l'humanité, pour instituer la Cause de la paix universelle. Ils doivent faire de la cause de la paix l'objet d'une consultation générale et chercher par tous les moyens dont ils disposent à établir une union des nations du monde. Ils doivent conclure un traité et faire une alliance dont les dispositions seront sacrées, inviolables et fermes. Ils doivent le proclamer à la face du monde et obtenir la sanction de la race humaine toute entière.

Cette noble et suprême entreprise, - vraie source de paix et de bien-être pour le monde entier, doit être considérée comme sacrée par tous les habitants de la terre. Toutes les énergies de l'humanité doivent être mobilisées pour assurer la stabilité et la permanence de cette Très Grande Alliance... Le principe fondamental de cette solennelle réalité devrait être établi de telle sorte que si un gouvernement devait dans la suite violer l'une quelconque de ces dispositions, tous les gouvernements du monde se lèveraient pour le réduire à une soumission totale; bien plus, la race humaine toute entière devrait prendre la résolution, de briser ce gouvernement, avec tout le pouvoir dont elle dispose. Si ce plus grand de tous les remèdes était administré au corps malade du monde, il guérirait assurément de ses maux et demeurerait éternellement sain et sauf..

Pour 'Abdu'l-Bahá, la civilisation est un organisme au sein duquel les parties ne peuvent jamais être égales mais où chacune a une fonction spécifique à remplir en regard du corps entier. L'état égalitaire est une fausse conception de la justice. L'homme ne peut s'accomplir que dans l'unité car l'unité est un seul esprit qui anime la diversité des hommes.

Cet esprit omni-pénétrant ne peut être engendré par des forces extérieures et il n'accordera pas la victoire à des visées partisanes ou sectaire. Il s'est manifesté, à travers l'histoire, par l'esprit de foi insufflé par les Prophètes à leurs premiers disciples qui sacrifièrent leurs désirs personnels à l'amour de Dieu. Cet esprit est l'expression de l'amour de Dieu pour l'humanité et sa lumière a jusqu'à présent été éclipsée par des loyautés secondaires, temporaires et divisantes, qui ont préoccupé les coeurs des hommes.

Parce que 'Abdu'l-Bahá vivait dans cet esprit universel, par le fait qu'il unifia et réconcilia en lui-même les diverses potentialités que les hommes expriment par la science, les arts, la philosophie, le commerce, les professions et l'administration politique, il put concevoir l'existence de l'élément divin dans la civilisation et devenir le premier citoyen du commonwealth de l'homme. Selon Sa conception, chacun réalise ce commonwealth pour soi-même et pour ses semblables. 'Abdu'l-Bahá a inséré dans la vie d'aujourd'hui les suprêmes vérités révélées par les Prophètes.

Le lecteur occidental ne manquera pas de noter qu''Abdu'l-Bahá utilisa des passages du Qur'án comme base de la signification spirituelle de ses thèmes et pour renforcer son appel à la nation islamique de Perse. Comme le Qur'án est peu connu en Occident, ces passages revêtent une importance fortuite dans la familiarisation du lecteur occidental avec les Livres Saints des peuples arabe et persan en un moment où la compréhension de l'Orient est pour l'Europe et l'Amérique d'une implacable nécessité.

Horace HOLLEY
4 juillet 1956

Traduit du texte anglais de Marzieh GAIL par Marthe GRONDIN
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