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Religion
Baha'ie
Introduction du livre

Livre de la certitude

Plan
Sommaire du livre
Introduction
Préface

Sommaire du livre
  Première partie
  Deuxième partie

Introduction
(édition de 1986 )

Traduire un texte en rendant le sens exact et le style originel est une tâche ardue et, pour tout dire, impossible. C'est encore plus vrai si le texte est religieux, considéré comme révélé. Alors, la précision du sens est considérée comme capitale, la beauté du texte passant parfois au second plan.

La traduction entreprise, au début du siècle, par Hippolyte Dreyfus est à tout point de vue une réussite. Aucun traducteur n'a su, depuis, rendre comme lui, en un français élégant et harmonieux, poétique parfois, les écrits de Bahá'u'lláh.

Pourtant il lui manquait, pour traduire certains passages rendus difficiles par la différence des langues persane, arabe et française, les directives de Shoghi Effendi. Celui-ci, en sa qualité de Gardien de la Foi bahá'íe, avait l'autorité pour trancher entre diverses traductions possibles, autorité soutenue par sa profonde connaissance du persan, de l'arabe et de l'anglais.

C'est pourquoi l'Assemblée spirituelle nationale des Bahá'ís de France a Jugé bon de faire réviser la traduction d'Hippolyte Dreyfus sur la base du texte anglais de Shoghi Effendi qui fait autorité.

Cette révision s'est faite dans l'esprit suivant : le texte d'Hippolyte Dreyfus a été conservé dans toute la mesure du possible pour la qualité et l'élégance de l'écriture. Dans la mesure où le sens n'en était pas affecté du tout, plusieurs passages différents de l'anglais furent laissés tels quels; ce sont surtout des expressions poétiques difficiles à reproduire en français. Enfin, les phrases et les mois trop éloignés de la traduction de Shoghi Effendi furent corrigés, aux dépens quelques fois de la beauté du style. Lorsqu'il fallut choisir, c'est toujours le sens qui fut préféré. Les nombreux extraits du Qur'an contenus dans l'ouvrage sont indiqués par un astérisque.

Ainsi rapprochée du texte original de Bahá'u'lláh cette présente édition peut toujours être légitimement signée par Hippolyte Dreyfus. Elle permettra aux Bahá'ís, aux étudiants et aux chercheurs d'appréhender la richesse, la profondeur, la clarté, la précision et, quelque peu, la poésie des écrits révélés par Bahá'u'lláh.

Pierre Spierckel

Préface (extraits de la première édition de 1904 )

Mirza Husayn'Ali Núri, révéré maintenant sous le nom de Bahá'u'lláh, la Gloire de Dieu, naquît à Tihran (Téhéran) le deuxième jour du mois Muharram 1233 (novembre 1817).

D'une haute famille de Núr qui, pendant de longues années, avait fourni des hommes d'Etat à la dynastie régnante, il était âgé d'environ 27 ans lorsque le Bab déclara sa mission à Shiraz; et quoique ne s'étant jamais rencontré avec le jeune réformateur, il fut un des premiers à embrasser la Cause.

Sa parole éloquente, la science des Ecritures dont il faisait preuve dans les discussions avec les docteurs, valurent à la Foi babie de nombreux adhérents.

Emprisonné à Tihran après la tentative d'assassinat contre le Shah, bien qu'aucune charge de complicité n'ait pu être relevée contre lui, il dut la vie à l'intercession de l'ambassadeur de Russie, et fut, avec les siens, exilé à Baghdad.

Son esprit élevé, la noblesse de son âme, comme aussi sa piété, firent de lui en peu de temps le véritable chef de la communauté.

Et lorsque, plus tard, il déclara ouvertement être Celui qu'on attendait, la grande Manifestation de Dieu promise dans les Livres pour les derniers jours, il n'eut même pas à convaincre des disciples qui déjà croyaient en lui, et il négligea de lutter contre une infime minorité de dissidents de jour en jour moins nombreux, que l'affection ou l'intérêt retenaient autour de Subh-i-Azal, jusque-là considéré comme le successeur du Bab.

Effrayé des progrès que faisait la nouvelle religion, dans cette province périodiquement fréquentée par des milliers de musulmans se rendant en pèlerinage aux sanctuaires de Karbila, ou traversant Baghdad pour aller à La Mecque, le Sultan décida d'envoyer les Persans à Constantinople où du moins il pourrait surveiller de plus près les effets de leur propagande. Mais cette mesure n'ayant pas réussi à entraver les progrès de la Foi bahá'íe, il les exila d'abord à Andrinople, puis finalement dans la ville forte de Saint-Jean-d'Acre, où ils arrivèrent à la fin d'août 1868.

C'est là que Bahá'u'lláh mourut le 29 mai 1892, après avoir établi les bases de la nouvelle religion dans de nombreux ouvrages et dans des lettres pieusement conservées par leurs destinataires, et après avoir vu sa Cause non seulement s'implanter définitivement en Perse où aujourd'hui les bahá'ís se rencontrent partout, mais encore franchir les limites du monde musulman, et recruter des adeptes dans toutes les parties du monde.

Le Kitab-i-Iqan, dont nous publions aujourd'hui la traduction, est une des premières oeuvres de Bahá'u'lláh. Plusieurs passages du Livre indiquent qu'il le composa à Baghdad vers 1862, alors qu'il n'avait encore déclaré sa Mission qu'à quelques intimes, sa déclaration publique n'ayant eu lieu qu'en 1866 à Andrinople.

Un membre de la famille du Bab, un de ses oncles, ayant demandé à Mirza Husayn'Ali comment un homme pouvait se dire prophète, et comment son propre neveu avait pu prétendre être le Qa'im, l'Imam Mahdi, dont le retour prédit par les Tradition devait précéder la venue du jour du Jugement et de la Manifestation de Dieu, il lui répondit par l'épître connue sous le nom de Kitab-i-Iqan, dans laquelle, examinant l'oeuvre de Moïse, de Muhammad et de Jésus, analysant certains passages des Ecritures, il explique la nature de la mission d'un Prophète, et montre l'unité qui relie entre elles toutes les Manifestations divines.

L'ouvrage, sous les dehors d'un symbolisme mystique particulier aux formes de la pensée musulmane, est conçu dans un style poétique et énergique, où perce parfois la violence d'un anticléricalisme qu'on croirait né sous d'autres cieux.
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