#===================================================== # Source: WWW.RELIGARE.ORG #===================================================== Religion: baha'ie Livre: Livre de la certitude Edition: PUF, 5ième édition 1987, ISBN 2-13040-173-2 ;======================================================== Chapitre: Première partie Au nom de notre Seigneur, l'Exalté, le Très-Haut Nul ne peut atteindre les rives de l'océan de la vraie compréhension s'il n'est détaché de tout ce qui existe au ciel et sur la terre. Sanctifiez vos âmes, ô peuples de la terre, afin qu'il vous soit possible d'atteindre la place que Dieu vous a destinée et d'entrer dans le tabernacle qui s'est élevé, selon les décrets de la Providence, dans le firmament du Bayan. Ces paroles signifient que ceux qui marchent dans le chemin de la foi, ceux qui ont soif du vin de la certitude, doivent se laver de tout ce qui est terrestre, c'est-à-dire détourner leurs oreilles des paroles oiseuses, leurs pensées des imaginations vaines, leurs coeurs des attachements terrestres et leurs yeux de la vue des choses périssables. Ils doivent mettre leur confiance en Dieu et, lui restant fidèle, suivre son sentier. C'est alors qu'ils deviendront dignes des gloires resplendissantes du soleil de la connaissance et du savoir divins et bénéficieront d'une grâce invisible et infinie. Car aussi longtemps que l'homme ne cesse pas de considérer les paroles et les actes des mortels comme la mesure de la vraie compréhension et de la reconnaissance de Dieu et de ses prophètes, il ne peut espérer atteindre à la connaissance du Très-Glorieux ni entrer dans le séjour d'immortalité, ni prendre sa part de la coupe de l'approche et de la faveur. Considère le passé : combien de gens de toutes conditions attendaient toujours la Manifestation de Dieu dans les saintes personnes de ceux qu'Il choisit, espérant sans cesse sa venue, priant sans répit que le souffle de la miséricorde divine s'élevât et que la beauté promise, sortant des voiles de la retraite, soit révélée au monde entier. Et lorsque la porte de la grâce fut ouverte, que des nuages de la générosité divine il plut sur l'humanité et que le soleil de l'invisible apparut au-dessus de l'horizon du pouvoir céleste, tous le renièrent et se détournèrent de sa face - la face de Dieu lui-même. Pour preuve de cette vérité, référez-vous à ce qui fut mentionné dans tous les livres sacrés. Réfléchis un instant; pourquoi ceux qui le cherchaient et l'attendaient en vinrent-ils à le renier d'une façon telle que la plume et la parole sont impuissantes à expliquer la férocité de leur attaque ? Aucune des Manifestations de sainteté ne put apparaître sans être affligée par les hommes qui la renièrent, la rejetèrent et s'opposèrent à elle violemment. Ainsi fut-il révélé : "Que mes serviteurs sont malheureux ! Aucun apôtre n'est venu vers eux qu'ils ne l'aient pris pour l'objet de leurs railleries." "Chaque peuple tramait des machinations contre ses prophètes et voulait s'en saisir par la force. On combattait avec le mensonge pour étouffer la vérité." Et les paroles semblables jaillies de la source du pouvoir et tombées du ciel de gloire sont innombrables et dépassent la compréhension normale. Pour les hommes d'intelligence et de perception, la sourate de Húd suffit sans doute. Médite en ton coeur et, dans un complet détachement, tâche de comprendre le sens de ces saintes paroles. Vérifie la conduite merveilleuse des prophètes et souviens-toi des diffamations et des démentis répandus par les fils de la négation et du mensonge. Peut-être alors que grâce à toi l'oiseau du coeur humain s'envolera des séjours du doute et de la négligence pour se réfugier dans le nid de la foi et de la certitude, y boire à grands traits aux eaux pures de l'antique sagesse et prendre sa part du fruit de l'arbre de la connaissance divine. Telle est la portion du pain descendu des royaumes de l'éternité et de la sainteté réservée à ceux qui ont le coeur pur. Lorsque tu connaîtras les tourments qu'ont eu à subir les prophètes de Dieu et les vraies raisons des objections soulevées par leurs oppresseurs, tu auras certainement compris l'importance de leur situation. Et plus tu observeras avec attention les démentis de ceux qui s'opposent aux Manifestations des attributs divins plus ta foi dans la Cause de Dieu sera fortifiée. Aussi raconterons-nous brièvement dans cette tablette l'histoire de quelques prophètes de Dieu afin de prouver qu'en chaque siècle et en chaque ère les Manifestations de pouvoir et de gloire ont subi des cruautés si atroces que la plume n'ose les décrire. Peut-être ces récits éviteront-ils à quelques-uns d'être troublés par les cris et les protestations des savants et des ignorants du siècle, et fortifieront-ils leur certitude et leur confiance. Un des prophètes fut Noé. Pendant neuf cent cinquante ans, il exhorta pieusement son peuple à se tourner vers le havre de paix et de sécurité; personne ne l'écouta. Chaque jour on infligeait à sa sainte personne tant de douleurs et de souffrances que nul ne pouvait croire qu'il survivrait. On le renia si souvent, on insinua contre lui des soupçons si malveillants qu'il est dit : "Chaque fois que les chefs de son peuple passaient près de lui, ils le raillaient. Ne me raillez pas, dit Noé; je vous raillerai à mon tour comme vous me raillez, et vous apprendrez." Plus tard, il promit plusieurs fois la victoire à ses compagnons en en fixant l'heure. Mais lorsque cette heure arriva la promesse divine ne se réalisa pas. Quelques-uns, parmi le petit nombre de ses disciples se détournèrent de lui, ainsi qu'il est écrit dans les livres les plus illustres que tu as certainement déjà lus ou que tu liras un jour; si bien qu'à la fin, suivant les livres et les traditions, Noé ne conserva que quarante, ou soixante-douze disciples et qu'il s'écria du plus profond de lui-même : "Seigneur, ne laisse pas subsister un seul d'entre les infidèles !" Considère l'égarement de ce peuple. Quelle était donc la raison qui le fit renier son prophète et s'en éloigner, et qui le poussa à refuser de quitter les vêtements du reniement pour se parer de ceux de l'acceptation ? Et aussi, pourquoi les promesses de Dieu ne se réalisèrent-elles pas, causant ainsi de nombreuses défections parmi les croyants ? Réfléchis profondément afin que le secret des choses invisibles te soit révélé, que tu puisses respirer les douceurs d'un impérissable parfum spirituel et affirmer cette vérité que le Tout-Puissant, depuis les temps immémoriaux et pour l'éternité, a toujours voulu et voudra toujours éprouver ses serviteurs, afin de distinguer la lumière de l'obscurité, le vrai du faux, le bien du mal, le bon conseil du mauvais, le bonheur de la misère, la rose des épines. C'est ainsi qu'Il a révélé : "Les hommes s'imaginent-ils qu'on les laissera tranquilles pour peu qu'ils disent : nous croyons, et qu'on ne les mettra pas à l'épreuve ?" Après Noé, la lumière du visage de Húd s'éleva de l'horizon de la création, et pendant plus de sept cents ans suivant ce qu'on raconte, il exhorta les hommes à s'approcher du Ridvan de la présence divine. Combien de calamités tombèrent comme la pluie sur lui, jusqu'au moment où ses adjurations et ses efforts assidus provoquèrent une attitude de plus en plus rebelle et un aveuglement obstiné de son peuple. "Quiconque ne croira pas portera la charge de son incrédulité ." Après lui, la sainte personne de Salih s'avança du Ridvan de l'Eternel, l'Invisible. De nouveau, il appela les hommes à la rivière de la vie éternelle et, pendant plus de cent ans, il les engagea à suivre fermement les commandements de Dieu et d'éviter ce qui est défendu. Pourtant ses conseils ne furent pas entendus et ses encouragements ne servirent à rien. Plusieurs fois, il dut s'enfuir et vivre caché. Cette éternelle beauté n'appelait pourtant les hommes qu'à la cité de Dieu, ainsi qu'il est dit : "Nous envoyâmes vers les Themoudites leur frère Salih qui leur dit : O mon peuple, adorez Dieu, n'ayez point d'autre dieu que Lui..." Ils lui répondirent : "O Salih, tu étais l'objet de nos espérances. Nous défendras-tu maintenant d'adorer ce que nos pères adoraient ? Nous avons de grands doutes sur le culte auquel tu nous appelles." Mais tout ceci fut inutile et à la fin, dans un grand cri, ils furent tous perdus. Plus tard, la beauté du visage de l'Ami de Dieu fut dévoilée et le drapeau de la direction divine fut de nouveau hissé. Il appela les habitants du monde à la lumière de la vertu. Plus il mettait de passion à les exhorter, plus leur jalousie et leur obstination devenaient violentes, excepté chez ceux qui, entièrement détachés de tout ce qui n'est pas Dieu, s'étaient envolés sur les ailes de certitude au rang que Dieu a exalté hors des limites de la compréhension humaine. C'est un fait bien connu que la foule de ses ennemis l'assaillit jusqu'à ce que les feux de la jalousie et de la rébellion se fussent allumés contre lui. Après l'épisode du feu, ils chassèrent de la ville cette lampe de Dieu, ainsi qu'il est rapporté dans tous les livres. Son temps finit alors, et vint celui de Moïse. Armé de la baguette du pouvoir céleste et orné de la main blanche du savoir divin, brandissant le serpent du pouvoir et de la majesté souveraine, provenant du mont Paran de l'amour de Dieu, il brilla, du Sinaï de lumière, sur le monde. Il appela tous les peuples de la terre au royaume éternel et les invita à prendre leur part des fruits de l'arbre de fidélité. Tu sais combien Pharaon et son peuple s'opposèrent violemment à lui, et combien de pierres de vaines imaginations furent jetées par les infidèles sur cet arbre béni. A tel point que Pharaon et son peuple s'efforcèrent finalement d'éteindre le feu de cet arbre sacré par l'eau du mensonge et de la contradiction. Ils oubliaient que le feu de la sagesse divine ne peut être éteint par aucune eau terrestre et que la lampe du pouvoir éternel ne peut être éteinte par aucun souffle mortel. Au contraire, une telle eau ne peut qu'aviver la flamme et de tels souffles entretenir la lampe. Tu le comprendras si tu regardes avec discernement et si tu marches dans le chemin de la sainte volonté et du bon plaisir de Dieu. Ainsi que l'a si bien observé un croyant de la famille de Pharaon, dont l'histoire est contée par le Très-Glorieux dans le livre qu'il a révélé à son bien-aimé : "Tuerez-vous un homme parce qu'il dit : J'adore Dieu qui est mon maître et qui vient, accompagné de signes évidents ? S'il est menteur son mensonge retombera sur lui; s'il dit vrai, il fera tomber sur vous un de ces malheurs dont il vous menace. Car Dieu ne dirige pas les transgresseurs ni les menteurs." Mais leur iniquité était si grande que ce même croyant fut mis à mort honteusement. "Que la malédiction de Dieu soit sur les tyrans." Réfléchis à ces événements : Pourquoi tant de contestations et de conflits, tant de luttes et de tumulte, tant de tyrannie et de bouleversements se produisent-ils à l'avènement de chaque Manifestation de Dieu ? Et ce, bien que tous les prophètes de Dieu, lors de leur manifestation aux peuples du monde ont invariablement prédit la venue d'un autre Prophète après eux, indiquant les signes qui annonceraient l'avènement de la future loi, ainsi qu'en témoignent toutes les Ecritures. Bien qu'on recherchât et qu'on attendît les manifestations de sainteté, et en dépit des signes inscrits dans les livres saints, pourquoi en chaque âge, tous les prophètes et les élus de Dieu eurent-ils à subir de tels actes de violence, d'oppression et de cruauté ? Ainsi qu'il est dit : "Toutes les fois qu'un envoyé vous a apporté une révélation qui ne flattait pas vos passions, vous vous êtes enflés d'orgueil; vous avez traité les uns de menteurs et vous en avez assassiné d'autres." Quelle fut donc la raison pour de tels actes ? Pourquoi une telle attitude envers les révélateurs de la beauté du Très-Glorieux ? Réfléchis, car les causes du reniement et de l'opposition de ces gens-là sont les mêmes qui gardent les hommes d'aujourd'hui obstinément dans l'erreur. Prétendre que le témoignage de la Providence fut incomplet, causant ainsi l'incrédulité des hommes, est un blasphème évident, car rien ne serait plus éloigné de la grâce du Très-Généreux, de son affectueuse providence et de ses tendres faveurs, que de choisir l'un d'entre les hommes pour guider ses créatures, de ne pas lui donner dans sa plénitude le témoignage divin et, ensuite, de punir les hommes de s'être détournés de son élu ! Au contraire, les multiples bontés du Seigneur de tous les êtres ont toujours baigné la terre et tout ce qui y vit par l'intermédiaire des Manifestations de son essence divine. Il n'a jamais retenu sa grâce, même pour un instant, et les ondées de son affectueuse bonté n'ont jamais cessé de se répandre sur les hommes. Aussi, une telle attitude doit être attribuée à l'étroitesse d'esprit de ceux qui marchent dans la vallée de l'arrogance et de l'orgueil et qui sont perdus dans le désert de l'éloignement. Ils foulent les chemins de leur vaine imagination et suivent les conseils de leurs prêtres. Leur seul désir est d'ignorer la vérité. Il est évident à tout observateur éclairé qu'à chaque époque des Manifestations du Soleil de Vérité, si les hommes avaient purifié leurs yeux, leurs oreilles et leurs coeurs de ce qu'ils avaient vu, entendu et ressenti, ils n'auraient sûrement pas été privés de contempler la beauté de Dieu pour s'égarer loin des habitations de gloire. Parce qu'ils ont pesé les preuves de Dieu avec les poids de leur savoir, tirés des enseignements de leurs prêtres, et qu'ils les ont trouvé en désaccord avec leur compréhension limitée, ils ont perpétré des actes aussi regrettables. De tout temps les chefs religieux ont tenu les peuples sous leur joug et les ont détournés des rivages du salut éternel, les uns par amour du pouvoir, les autres par ignorance. C'est à cause d'eux que tous les prophètes de Dieu ont bu la coupe du sacrifice et se sont envolés au plus haut horizon de gloire. Combien de cruautés indicibles les gouvernants et les prêtres de chaque âge ont-ils fait subir à ces rois du monde, ces gemmes de vertu divine ! Ils ont été détournés des possessions immortelles par leurs biens terrestres et périssables, ils se sont voilé les yeux à la lumière du Bien-Aimé et ils se sont bouché les oreilles au chant merveilleux de l'oiseau du désir. C'est pour cette raison que les livres sacrés mentionnent les prêtres de tous les temps. Il est dit : "O vous qui avez reçu les Ecritures, pourquoi ne croyez-vous pas aux signes du Seigneur quand vous en avez été les témoins ?" Et aussi : "O vous qui avez reçu les Ecritures, pourquoi revêtez-vous la vérité de la robe du mensonge ? Pourquoi la cachez-vous, vous qui la connaissez ?" Et ailleurs : "O vous qui avez reçu les Ecritures, pourquoi repoussez-vous les croyants du sentier de Dieu ?" Il est évident que ceux qui avaient reçu les Ecritures et qui détournèrent les hommes du droit chemin de Dieu sont les prêtres de l'époque dont les noms et le caractère ont été révélés dans les livres sacrés et auxquels les versets et les traditions conservés dans ces livres font allusion, si vous les étudiez avec l'oeil de Dieu. Contemplez d'un regard ferme, né de l'oeil infaillible de Dieu, l'horizon de la connaissance divine et méditez les paroles parfaites qu'a révélées l'Eternel, afin que peut-être les mystères de la sagesse divine jusque-là cachés sous le voile de gloire et précieusement gardés dans le tabernacle de sa grâce, te soient rendus évidents. L'opposition des chefs religieux et leurs protestations n'ont généralement tenu qu'à leur ignorance et à leur incompréhension. Comme ils n'ont jamais compris le sens des paroles prononcées par les révélateurs de la beauté du seul vrai Dieu exposant les signes qui devaient annoncer l'avènement de la Manifestation suivante, ils élevèrent l'étendard de la révolte, suscitant la discorde et la sédition. Il est évident que l'explication des chants des colombes de l'éternité n'est révélée qu'à ceux qui manifestent l'Etre éternel et que les mélodies du rossignol de sainteté ne peuvent être entendues que par les habitants du royaume perpétuel. L'égyptien tyrannique ne boira jamais à la coupe touchée par les lèvres des justes, et le Pharaon de l'incroyance ne peut espérer jamais reconnaître la main du Moïse de la vérité. C'est ainsi qu'il dit : "Il n'y a que Dieu qui en connaisse l'interprétation, et les hommes d'une science solide." Cependant ils allèrent chercher l'interprétation du Livre chez ceux qui sont étouffés sous les voiles et refusèrent de chercher la lumière à la source du savoir. Et lorsque le temps de Moïse fut passé, et que l'éclat de Jésus, de l'aurore de l'Esprit, brilla sur le monde, tout le peuple d'Israël le renia, disant que celui que la Bible avait promis devait venir pour promouvoir et accomplir les lois de Moïse, tandis que ce jeune Nazaréen, qui prétendait au rang de messie divin, avait rompu la loi du divorce et le sabbat, les deux lois les plus importantes. De plus, les signes de la Manifestation n'avaient pas encore paru. Et le peuple d'Israël attend encore aujourd'hui la manifestation promise par la Bible. Combien de Manifestations de sainteté, combien de révélateurs de la lumière éternelle sont apparus depuis Moïse et cependant, Israël, enveloppé des voiles les plus épais de l'imagination satanique et des vaines chimères, attend toujours que l'idole qu'elle a créée apparaisse avec les signes qu'elle a imaginés ! Ainsi Dieu les a punis de leurs péchés, a éteint chez eux l'esprit de la foi et les a tourmentés par le feu de l'enfer, pour la seule raison qu'Israël refusa de comprendre le sens des paroles révélées dans la Bible concernant les signes de la révélation à venir. Parce qu'elle n'a jamais saisi la signification véritable de ces signes et que, en apparence, ils ne s'accomplirent pas, elle fut empêchée de reconnaître la beauté de Jésus et de contempler la face de Dieu. Et ils l'attendent toujours ! Depuis les temps immémoriaux tous les peuples de la Terre adhérèrent à des pensées aussi vaines et inconvenantes, se privant ainsi eux-mêmes des eaux claires jaillissant des sources de pureté et de sainteté. Pour exposer ces mystères, nous avons, dans des tablettes adressées à un ami dans la langue merveilleuse de l'Hijaz, cité quelques-uns des versets révélés aux prophètes d'antan. Nous allons maintenant, selon tes désirs, les citer à nouveau en persan en espérant que les assoiffés des déserts de l'éloignement puissent atteindre l'océan de la divine présence et que ceux qui se languissent dans les solitudes de la séparation soient conduits au foyer de réunion éternelle. Ainsi les brumes de l'erreur pourront être dispersées pour que resplendisse à l'horizon des coeurs humains la lumière de la direction divine. Que Dieu soit mon guide et je le supplie de m'aider pour que de ma plume puisse couler ce qui vivifiera le coeur des hommes, afin qu'ils se lèvent de leurs couches de négligence et prêtent l'oreille au bruissement des feuilles du paradis, sur l'arbre que, par la permission de Dieu, la main de la puissance divine a planté dans le Ridvan du Très-Glorieux. Ceux qui sont doués de compréhension savent qu'après que la flamme d'amour de Jésus eut consumé les voiles des limitations judaïques et que son autorité fut évidente et partiellement établie, lui, le révélateur de la Beauté invisible, parla de sa disparition prochaine à ses disciples, allumant dans leurs coeurs le feu de la séparation. "Je m'en vais et je reviendrai", leur dit-il. Puis une autre fois; "Je m'en vais; un autre viendra qui vous dira ce que je n'ai pas dit et accomplira mes paroles." Ces deux phrases sont identiques si, avec l'intelligence divine, tu réfléchis aux Manifestations de l'Unité. Un observateur éclairé admettra que dans la dispensation du Qur'an le livre et la cause de Jésus furent confirmés. Quant aux noms, Muhammad lui-même déclara : "Je suis Jésus." Il reconnut la vérité des signes, des prophéties et des paroles de Jésus, témoignant qu'elles venaient de Dieu. En ce sens, ni la personne de Jésus ni ses Ecrits ne diffèrent de ceux de Muhammad et de son livre saint, tous deux soutenant la cause de Dieu, exaltant sa louange et révélant ses commandements. C'est pourquoi Jésus lui-même déclara : "Je m'en vais et je reviendrai." Vois le soleil. S'il affirmait maintenant, "je suis le soleil d'hier", il dirait la vérité. Et s'il affirmait, gardant à l'esprit le déroulement du temps, qu'il est un autre que ce soleil, il dirait toujours la vérité. De même, il est correct de dire que tous les jours sont les mêmes en affirmant qu'en considération de leurs noms particuliers, ils sont différents; car, tout en étant les mêmes, on reconnaît chacun par une désignation séparée, un attribut spécifique, un caractère particulier. Conçois de la même façon les distinctions, les différences et l'unité qui caractérisent les différentes Manifestations de sainteté afin de comprendre les allusions du Créateur de tous les noms et attributs en ce qui touche au mystère de la différence et de l'unité, découvrant ainsi la réponse à ta question concernant les raisons pour lesquelles la Beauté éternelle s'est de nombreuses fois appelée de différents noms et titres. Les disciples du Christ lui demandèrent ensuite quels étaient les signes du retour de sa Manifestation, et dans quel temps il aurait lieu. Ils le questionnèrent plusieurs fois et, à chaque fois, cette beauté incomparable répondit en leur indiquant un signe spécial qui annoncerait l'avènement de la dispensation promise, ainsi qu'il est écrit dans les quatre Evangiles. Celui qu'on traite injustement va te citer une de ses réponses et, pour l'amour de Dieu, je vais donner aux hommes les bienfaits encore dissimulés dans le trésor de l'arbre sacré et caché, afin que les mortels ne restent pas privés de leur part du fruit immortel. Peut-être ainsi, et sans que j'en attende la moindre récompense, obtiendront-ils quelques gouttes des eaux de la vie éternelle qui sont offertes à l'humanité depuis le "séjour de paix" de Baghdad. "Nous vous donnons cette nourriture pour être agréable à Dieu, et nous ne vous en demanderons ni récompense ni actions due grâces." C'est cette nourriture qui donne au coeur pur et à l'esprit éclairé la vie éternelle. C'est le pain dont il est dit : "Seigneur, fais-nous descendre ton pain du ciel." Ce pain ne manquera jamais à ceux qui en sont dignes; il ne sera jamais épuisé, car il pousse à tous moments sur l'arbre de grâce et descend en toutes saisons du ciel de justice et de miséricorde : "La bonne parole, c'est un bon arbre; ses racines tiennent fermement au sol et ses branches s'élèvent jusqu'au ciel. Il donne des fruits dans chaque saison." Quel dommage que l'homme soit privé de ce délicieux présent, cette faveur éternelle, cette vie immortelle. ll lui appartient d'apprécier cette nourriture qui vient du ciel afin de ressusciter les morts par les merveilleuses faveurs du Soleil de Vérité, et de rendre aux âmes affaiblies l'esprit infini. O mon frère, pendant qu'il en est encore temps, efforçons-nous de boire cette gorgée immortelle car la brise de la vie ne soufflera pas toujours de la ville du Bien-Aimé, la rivière de la sainte parole devra cesser de couler et les portes du Ridvan ne pourront rester toujours ouvertes. Le temps viendra où le rossignol du paradis s'envolera de son séjour terrestre vers son nid céleste. Et tu n'entendras plus son chant, tu ne verras plus la beauté de la rose. Aussi, avant que la gloire du divin printemps ne se ternisse, que la mélodie de l'oiseau d'éternité ne cesse, saisis l'occasion : que ton oreille ne soit pas sourde à son appel. C'est le conseil que je te donne, ainsi qu'aux bien-aimés de Dieu. Que celui qui le désire l'accepte, et que celui qui ne le veut pas le repousse. Dieu est, en vérité, indépendant de lui et de toutes choses visibles. Et voici la mélodie, chantée avec puissance et majesté, par Jésus, fils de Marie, dans le Ridvan de l'Evangile, révélant les signes qui doivent annoncer l'avènement de la manifestation qui le suit. Dans le premier Evangile de saint Matthieu on peut lire : Et lorsqu'ils questionnèrent Jésus sur les signes de son retour il leur dit : "Et aussitôt après l'affliction de ces jours-là, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera pas sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances seront ébranlées. Alors le signe du Fils de l'homme paraîtra dans le ciel; alors aussi toutes les tribus due la terre se lamenteront en se frappant la poitrine, et elles verront le Fils de l'homme venir sur les nuées du ciel avec une grande puissance et une grande gloire. Il enverra ses anges avec un grand son de trompette" (saint Matthieu, XXIV, 29-31 ). Voici le sens de ces paroles en persan : Lorsque l'oppression et les afflictions qui doivent toucher l'humanité seront passées, alors le soleil ne brillera plus, ni la lune; les étoiles du ciel tomberont sur la terre et les piliers de la terre seront ébranlés. Alors, les signes du Fils de l'homme apparaîtront dans les cieux, c'est-à-dire que la beauté promise, la substance de vie, apparaîtra lorsque ces signes seront apparus et passera du monde invisible dans le monde visible. Et il dit : alors tous les peuples de la terre gémiront, se lamenteront et verront cette beauté divine venant du ciel, portée par les nuages avec puissance, grandeur et magnificence. Elle enverra ses anges avec un grand son de trompette. Dans les autres Evangiles de saint Luc, saint Marc et saint Jean, les mêmes paroles se retrouvent. Comme nous en avons longuement parlé dans nos tablettes révélées en arabe, nous nous contenterons de cette citation. Comme les prêtres chrétiens n'ont pas compris le sens de ces paroles ni leur dessein spécial, et qu'ils s'en sont tenus à leur sens littéral, ils ont été privés de la grâce jaillissante de la révélation de Muhammad et de ses rafraîchissantes bontés. Et les ignorants, suivant l'exemple des chefs de leur foi, ne purent voir non plus la beauté du Roi de Gloire; car les signes qui devaient accompagner l'aube du soleil de la dispensation musulmane ne se produisirent pas. Ainsi, bien des siècles se sont écoulés, et cet Esprit très pur est retourné à sa demeure de souveraineté ancienne. Une fois de plus, l'Esprit éternel a soufflé dans la trompette mystique, faisant passer les morts de leurs sépulcres d'insouciance et d'erreur au pays de la direction et de la bonté. Pourtant, cette communauté demande toujours : quand ces choses viendront-elles ? Quand donc le Promis, objet de notre attente, se manifestera-t-il, que nous nous levions pour le triomphe de sa cause, sacrifiant notre vie et notre âme dans son chemin ? Des doutes analogues ont privé d'autres communautés du Kawthar de la bonté infinie de Dieu, les laissant occupées à leurs pensées futiles. Dans un autre passage des Evangiles, Jésus dit encore : "Le ciel et la Terre passeront mais mes paroles ne passeront pas." C'est ce qui fait que les disciples de Jésus maintiennent que les commandements de l'Evangile ne seront jamais annulés et que, à quelque heure que ce soit, lorsque le Promis se manifestera tous les signes étant révélés, il devra confirmer la loi proclamée dans l'Evangile, afin qu'elle soit répandue à l'exclusion de toute autre sur la Terre. C'est pour eux une conviction absolue, De sorte que si quelqu'un leur était envoyé avec tous les signes promis et établissait des commandements contraires à la lettre de la loi de l'Evangile, ils ne lui obéiraient certainement pas, refuseraient de se soumettre à sa loi, le traiteraient d'infidèle et le tourneraient en dérision. Nous en voulons pour preuve ce qui s'est passé lorsque se leva le soleil de la révélation de Muhammad. Et cependant, s'ils avaient demandé avec humilité à chaque Manifestation de Dieu le sens réel des paroles révélées dans les livres sacrés - paroles dont l'incompréhension priva les hommes de reconnaître le Sadratu'l-Muntaha, le but suprême - ils auraient certainement trouvé la lumière du Soleil de Vérité et découvert les mystères de la sagesse et de la science divines. Ce serviteur va maintenant recueillir pour toi quelques gouttes de l'océan insondable des vérités enchâssées dans ces mots sacrés, afin que les coeurs éclairés puissent comprendre les allusions et les implications des paroles des Manifestations de sainteté. Ainsi, la majesté écrasante du verbe de Dieu ne les empêchera pas d'atteindre l'océan de ses noms et attributs et ne les privera pas de reconnaître la lampe de Dieu, siège de la révélation de sa glorieuse essence. Les paroles de Jésus "après l'affliction de ces jours-là" s'appliquent au temps où les hommes seront assaillis par les difficultés et les malheurs, lorsque les traces du Soleil de Vérité auront disparu, que les fruits de l'arbre de la science et de la sagesse seront épuisés et que les hommes seront conduits par les ignorants. Alors, les portes de l'unité et de la compréhension divine, but essentiel de la création, seront closes, la science sera changée en doute et l'honnêteté en corruption. C'est ce qui se voit de nos jours. Les peuples ne sont-ils pas conduits par des ignorants qui les mènent suivant leurs caprices ? Dans leur bouche, la mention de Dieu est-elle autre chose qu'un mot vide, et sa sainte parole lettre morte ? Le souffle de leurs désirs est tel qu'il a éteint dans leurs coeurs le flambeau de la conscience et d e la raison. Et pourtant, les doigts de la puissance divine ont ouvert les portes de la connaissance de Dieu, et la lumière du divin savoir et de la grâce céleste a illuminé et inspiré l'essence de toute chose créée de telle sorte qu'en chaque chose une porte de la connaissance est ouverte et qu'en chaque atome se voient des traces du soleil. Malgré les multiples révélations du savoir divin qui ont passé sur le monde, ils pensent encore que la porte du savoir est close et que les pluies de miséricorde ont cessé. Ils se tiennent éloignés de "Urvatu'l-Vuthqa" de la connaissance en s'attachant aux superstitions. Leurs coeurs ne semblent pas intéressés par la source de la connaissance et ils en oublient les manifestations depuis que leur imagination leur a fait découvrir la source des richesses terrestres; car dans la manifestation du révélateur de la connaissance, on ne trouve que l'appel au sacrifice. Aussi ont-ils renoncé à la vraie science pour suivre les superstitions. Bien que reconnaissant dans leur coeur l'unité de la loi de Dieu, ils ont tout de même proclamé dans tous les sens de nouveaux ordres et, à chaque saison, de nouveaux décrets. On n'en peut trouver deux qui soient d'accord sur une même loi car ils ne cherchent d'autre Dieu que leur propre désir et ne suivent d'autre voie que la mauvaise. Ces hommes considèrent le pouvoir comme le but suprême de leurs efforts, et l'orgueil et l'arrogance comme leurs qualités préférées. Ils opposent à la volonté divine leurs machinations sordides. Ayant renoncé à se résigner à la volonté de Dieu, ils n'ont que calculs égoïstes et manières hypocrites. Ils s'efforcent de tout leur possible de protéger leurs occupations insignifiantes de peur que leur autorité soit discréditée ou que l'étalage de leur magnificence soit terni. Si le voile qui recouvre les yeux était enlevé à l'aide du collyre du savoir de Dieu, on découvrirait qu'un grand nombre de bêtes voraces rongent le cadavre des âmes des hommes. Quelles "afflictions" plus grandes que celles-ci ? Un homme qui veut connaître la vérité et atteindre à la connaissance de Dieu ne sait où aller ni qui interroger, tant les idées et les voies sont nombreuses et contradictoires. Cette "affliction" est la caractéristique essentielle de chaque révélation. Autrement, il n'y aurait pas de raison pour que le Soleil de Vérité apparût. En effet, l'apparition du matin de la direction divine doit nécessairement suivre la nuit de l'erreur. C'est ce qu'on trouve dans toutes les chroniques et traditions, à savoir que l'iniquité régnera sur la Terre et que l'obscurité l'enveloppera. Tout cela est si connu que je n'éprouve pas le besoin de le répéter. L'affliction des jours n'a donc pas d'autre signification; toute interprétation différente ne peut être conforme à la réalité; et les hommes, s'il en était autrement, seraient fondés à dire que cette condition n'est pas remplie, comme ils l'ont d'ailleurs dit et répété. L'affliction est celle qui résulte du manque de capacité à acquérir la connaissance spirituelle et à comprendre la parole de Dieu. Elle a lieu à la suite de la disparition de l'étoile de vérité et des miroirs qui réfléchissent sa lumière, lorsque l'humanité affligée ne sait plus où se tourner. Telles sont les explications des traditions et des mystères de la sagesse divine que nous te livrons afin que tu en comprennes le sens et sois ainsi de ceux qui ont bu à la coupe de la connaissance et de la compréhension divine. Dans la phrase de Jésus, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera pas sa lumière, et les étoiles tomberont du ciel, les mots soleil et lune ne s'appliquent pas seulement aux soleil et lune visibles, mais ils ont de nombreuses significations particulières aux cas où ils sont employés. Ainsi "soleil" signifie en un sens les soleils de vérité qui se lèvent de l'horizon de l'ancienne gloire et répandent sur le monde une effusion de grâce céleste. Ces soleils de vérité sont les Manifestations universelles de Dieu dans les mondes de ses noms et attributs. Et de même que le soleil visible, ainsi que l'a décidé Dieu le Vrai, l'Adoré, aide au développement de toutes choses terrestres : aux arbres, aux fruits avec leurs diverses couleurs, aux minéraux et à tout ce qui existe dans la création; de même, les arbres de l'unité divine, les fruits de son unicité, les feuilles du détachement, les fleurs de la connaissance et de la certitude, la myrte de la sagesse et de l'explication apparaissent par les soins attentifs et l'influence éducative de ces astres divins qui rénovent le monde à chacune de leurs apparitions; ils font couler les flots de la vie éternelle, surgir les vagues de la mer de générosité, apparaître les nuages de faveur et souffler les brises de miséricorde sur tous les êtres existants. C'est grâce à la chaleur de ces soleils divins et aux feux éternels qu'ils allument que la flamme de l'amour de Dieu brûle avec ardeur dans le coeur des hommes. C'est par la grâce abondante de ces symboles du détachement que l'esprit de vie éternelle est insufflé dans le corps des mortels. Le soleil visible n'est évidemment qu'une image de la splendeur de l'astre de vérité, ce soleil incomparable, sans égal ni rival. Par lui tout vit, se meut, existe. Par sa grâce toute chose vient, puis vers lui retourne. De lui tout jaillit et vers les trésors de sa révélation tout s'en va. De lui procède toutes les choses créées et vers les dépôts de sa loi elles reviennent. Et quand on dit que ces soleils sont différenciés par leurs noms et leurs attributs ce n'est vrai que pour certains esprits à la compréhension limitée et imparfaite; mais en réalité ils ont toujours été et seront toujours exaltés au-dessus de toute louange et attribut. L'essence des noms ne peut espérer accéder à leur cour de sainteté, et les attributs les plus purs et les plus élevés ne peuvent approcher leur glorieux royaume. Les prophètes de Dieu sont immensément loin au-dessus de la compréhension des hommes. Ils ne peuvent être connus que par eux-mêmes. Qu'il serait éloigné de sa gloire que de glorifier ceux qu'Il choisit par autre chose que leur propre personne ! Ils sont plus glorieux que les hommes ne le peuvent dire ou savoir. Dans le langage des "âmes immaculées" le nom de soleil est souvent donné aux apôtres de Dieu, ces lumineux emblèmes du détachement. Ainsi, dans la "prière de Nud-bih", on lit : "Où sont les soleils resplendissants ? où est l'éclat des lunes, où sont les étoiles brillantes ?" Soleil, lune, étoiles signifient donc premièrement les prophètes, les saints et leurs disciples. Ce sont eux qui, par la lumière de leur connaissance, font briller le monde visible et invisible. D'autre part, ces termes s'appliquent aux prêtres de la dispensation précédente, qui vivent au temps de la suivante et tiennent fermement en mains les rênes de la religion. Si ces prêtres sont éclairés par la lumière de la révélation suivante, ils seront agréables à Dieu et resplendiront d'une éternelle lumière. S'il en est autrement, on pourra dire qu'ils sont plongés dans l'obscurité, bien que, selon toute apparence, ils soient les guides des hommes, car la foi et l'incroyance, la direction et l'erreur, la félicité et la misère, la lumière et l'obscurité dépendent toutes des décrets de celui qui est l'étoile du matin de la vérité. Quiconque, parmi les prêtres de chaque âge, reçoit de la source de la connaissance, aux jours de la reddition de comptes, le témoignage de la foi, celui-là reçoit en vérité la science, la faveur divine et la lumière de la véritable intelligence. Autrement il est marqué du signe de la folie, du reniement, du blasphème et de l'oppression. Si le terme "soleil" a été appliqué aux chefs de la religion, c'est en raison de leur situation éminente, de leur réputation et de leur renom; tel est le cas des docteurs de tous les âges qui parlent avec autorité et dont la renommée est fermement établie. S'ils ressemblent au soleil de vérité, ils seront certainement comptés parmi les plus brillants des luminaires; s'il en est autrement, on devra les considérer comme des foyers du feu de l'enfer. Ainsi qu'Il l'a dit : "En vérité; le soleil et la lune sont condamnés au feu de l'enfer." Vous êtes sans doute familiarisés avec les interprétations des termes "soleil" et "lune" mentionnés dans ce verset, il n'y a pas lieu de s'y attarder. Quiconque a en soi des éléments de ce "soleil" et de cette "lune", c'est-à-dire quiconque suit l'exemple de ces chefs en tournant sa face vers le mensonge, celui-là, indubitablement, est sorti du feu de l'enfer et il y retourne. Donc, ô chercheur, attachons-nous au plus fort soutien, afin de retourner de la nuit d'aberration vers la lumière de la direction, de quitter l'ombre du reniement pour celle de la fidélité; et, nous affranchissant du feu de l'enfer, soyons illuminés par la beauté du Bien-faisant. Et que la paix soit avec toi ! Tels sont les fruits de l'arbre de la science divine que nous te donnons, afin que tu te réjouisses dans le paradis de la sagesse de Dieu. On emploie en troisième lieu les mots soleil, lune, étoiles pour désigner les lois et les commandements qui sont proclamés dans chaque religion. Ainsi dans l'Islam, après la mort de Muhammad, la prière et le jeûne furent les commandements principaux, ainsi que les Traditions et les livres nous l'enseignent; et c'est un fait assez connu pour qu'il soit inutile d'en parler longuement. Dans toutes les religions d'ailleurs la prière fut spécialement ordonnée et appliquée par tous. Les traditions attribuées à ces lumières émanées de l'étoile de vérité, l'essence du prophète Muhammad, l'attestent toutes. Ces traditions établissent le fait que dans chaque religion la loi de la prière constitue un élément fondamental de la révélation de tous les prophètes de Dieu; et cette loi est mise en accord dans sa forme et sa manière avec les exigences de chaque époque. C'est parce que dans chaque révélation les manières, les habitudes et les enseignements clairement, fermement et spécifiquement établis par la religion précédente sont abolis que les termes de "soleil" et "lune" les symbolisent. "Pour voir qui de vous agira bien." Les Traditions contiennent également les noms de soleil et lune dans le sens de jeûne et de prière : le jeûne est clarté et la prière est lumière. Un jour, un des plus renommés parmi les théologiens vint me trouver. Au bout de quelque temps de conversation, il cita cette parole et l'expliqua, disant : "Le jeûne réchauffe le tempérament, c'est pourquoi on le compare à la clarté du soleil; et la prière du soir qui rafraîchit est comparée à la lumière de la lune." Je vis que ce pauvre homme n'avait pas obtenu une seule goutte de l'océan de la vraie compréhension et restait éloigné du buisson ardent de la sagesse divine. Après un moment, je lui fis poliment observer : "Votre Honneur, votre explication est celle qui a cours dans le public, mais je crois qu'il y en a une autre : Muhammad, le Sceau des prophètes, et le plus distingué des élus de Dieu, a comparé au ciel la religion du Qur'an, à cause de son élévation, de sa majesté, de son incomparable influence et de sa grandeur, et parce qu'elle contient toutes les autres religions. Et comme dans le ciel visible, il y a deux astres principaux, les deux lumières, le soleil et la lune, ainsi, dans le ciel de la religion sont établies deux lumières, le jeûne et la prière. L'Islam est le ciel, le jeûne, le soleil et la prière, la lune." C'est ainsi que les Manifestations de Dieu se servent du langage symbolique. En conséquence, le texte des versets sacrés et des traditions a démontré et justifié l'utilisation des termes "soleil" et "lune". L'obscurcissement du soleil et de la lune et la chute des étoiles ont donc trait à l'obscurcissement des lois fermement établies par la révélation divine, tout ceci ayant été prédit en langage symbolique par la Manifestation de Dieu. Personne ne peut boire à cette coupe hormis les justes et les pieux. "Les justes boiront des coupes remplies à la fontaine de camphre." On sait qu'à chaque nouvelle Manifestation, le soleil des commandements et des défenses, qui avait brillé dans la précédente dispensation, perd son éclat et les peuples qui avaient vécu à l'ombre de ces enseignements sont privés de son influence. Songe que si les peuples de l'Evangile avaient compris le sens symbolique des mots "soleil" et "lune", ou si, au contraire des obstinés et des pervers, ils en avaient cherché la compréhension auprès de celui qui est le révélateur du savoir divin, ils auraient certainement compris l'objet de ces termes, et n'auraient pas été affligés par la noirceur de leurs désirs égoïstes. Comme ils n'ont pas été prendre le savoir à sa source, ils ont été décimés dans la terrible vallée d'infidélité et d'aberration : ils n'ont pas encore vu que tous les signes sont apparus, que le soleil promis brille de l'horizon de la Manifestation, et que les soleils et les lunes des enseignements et des lois de la révélation précédente sont aujourd'hui obscurcis et couchés. Maintenant, le regard ferme et l'aile vigoureuse, prends la direction de la certitude et de la vérité. "Dis-leur, c'est Dieu; et puis laisse-les se divertir par leurs frivoles discours." Soyez de ceux qui disent : "Notre Seigneur est Dieu et qui s'acheminant vers lui reçoivent la visite des anges." Tu verras alors tous ces mystères de tes propres yeux. O mon frère, pour franchir d'un seul coup les vallées profondes de l'éloignement et de la séparation, entrer dans le paradis de la réunion éternelle, et en une fois communier avec les esprits célestes, prends les ailes de l'esprit, car ces distances sont infranchissables pour l'être matériel, et le but ne peut être atteint. Paix à celui qui est guidé vers la vérité par la lumière de la vérité et qui, au nom de Dieu, se tient dans le sentier de la cause, aux rives de la vraie compréhension. Vous comprenez maintenant la signification de ce verset sacré : "Je jure par le Seigneur des différents orients et occidents", puisque tous ces soleils dont nous venons de parler ont chacun une place particulière pour leurs levers et pour leurs couchers; et comme les savants commentateurs du Qur'an n'ont pas compris la signification symbolique de ces "soleils", ils ont cherché à expliquer le verset en disant que le pluriel est ici employé parce que chaque jour le soleil se lève et se couche en un lieu différent; ou bien, que cela s'applique aux quatre saisons où le soleil se lève et se couche en un autre endroit. Telle est la profondeur de leur compréhension ! Ils persistent néanmoins à accuser d'erreur et de folie les perles du savoir, ces symboles purs et irréprochables de la sagesse. Grâce à ce rapide exposé, vous pouvez saisir également la signification du "ciel qui doit se fendre à l'heure de la résurrection". C'est le ciel de la révélation divine qui se découvre au temps de chaque Manifestation, et qui, à l'arrivée de la Manifestation suivante, se fend, c'est-à-dire devient inutile et s'effondre. Par Dieu ! je jure que, si nous réfléchissons, nous verrons que c'est une oeuvre bien plus grande de faire passer le ciel d'une religion que de détruire le ciel qui est au-dessus de nos têtes. Une religion est établie depuis longtemps, à son ombre les peuples ont été élevés et les hommes suivent ses commandements: si bien que, depuis des générations entières, pénétrés par son envahissante influence, les peuples ont toujours obéi à ses lois majestueuses. Et voici qu'un homme muni du pouvoir divin vient tout détruire, tout abolir. N'est-ce pas plus extraordinaire que le miracle que les esprits bornés attendent : l'ouverture effective des cieux ? Considère les difficultés et les troubles que les révélateurs de la beauté divine ont eu à endurer. Vois comment, solitaires et sans aide, ils promulguent à la face du monde et de tous ses peuples, la loi de Dieu pendant que des calamités de toutes sortes tombent sur leur personne bénie; mais malgré leur pouvoir, ils restent patients et supportent sans révolte leurs souffrances. Voici maintenant ce que veut dire "la terre passera". Lorsque du ciel de la révélation divine, les nuages miséricordieux versent la pluie bienfaisante sur les coeurs, la terre aride de ces coeurs est changée en terre de savoir et de science. Combien de fleurs de l'unité poussent alors dans le jardin des coeurs, combien d'anémones de sagesse y fleurissent aussitôt ! Si la terre de ces coeurs n'avait pas été renouvelée, comment des hommes qui n'avaient aucune instruction, qui n'avaient fréquenté aucun maître ni aucune école, auraient-ils pu parler avec une science et une autorité que nul n'a pu surpasser ? C'est à croire qu'ils étaient faits de la poussière même du savoir éternel, et pétris avec l'eau de la sagesse divine ! Le savoir est une lumière que Dieu met dans le coeur de qui Il veut. C'est cette sorte de savoir qui est et sera toujours digne d'éloges, et non le savoir limité issu de ces esprits obscurs et voilés qui se l'empruntent en cachette les uns aux autres et qui s'en enorgueillissent vainement. Plût à Dieu que les coeurs fussent affranchis de tous les préceptes obscurs et des limitations qu'on leur impose ! Ils seraient alors éclairés par les rayons du soleil du vrai savoir et ils comprendraient les mystères de la sagesse divine. Si les terres stériles et desséchées des coeurs n'avaient pas été renouvelées, comment auraient-ils pu bénéficier de la révélation des mystères de Dieu et révéler l'essence divine ? C'est ainsi qu'll dit : "Le jour viendra où la terre et les cieux seront changés." Si tu médites en ton coeur sur les mystères de la révélation divine, tu verras que par le souffle miséricordieux du Roi de la création, même la terre physique a été changée. Comprends donc la signification de ce verset : "Toute la terre ne sera qu'une poignée de poussière entre ses mains, et les cieux seront ployés comme un rouleau dans sa droite." S'il ne signifiait que ce que l'on pense communément, à quoi cela servirait-il ? On sait que le Très-Haut n'a pas de mains; il n'y a que les infidèles et les menteurs qui puissent lui en attribuer. Si vous dites que la droite de Dieu se rapporte à ses Manifestations qui, au jour de la résurrection, détiennent son pouvoir, cela n'empêchera pas qu'il serait tout à fait inutile de les voir saisir toute la terre dans leur droite. La terre ici est la terre de compréhension et de savoir, le ciel est le ciel de la révélation. Vois comment Dieu, de sa main puissante, a réduit la terre de savoir et d'instruction à une poignée de poussière, tandis qu'll a répandu une terre nouvelle dans le coeur des hommes où il a fait pousser de jeunes fleurs merveilleuses et des arbres puissants et élevés ! Vois aussi comment le ciel des anciennes religions s'est trouvé ployé par sa droite puissante, et le ciel de la révélation divine, élevé par l'ordre de Dieu et orné du soleil, de la lune et des étoiles de ces commandements merveilleux. C'est ainsi que t'apparaît le mystère des Paroles divines, lorsque tes yeux ne sont pas fermés à l'aurore spirituelle, et lorsque par le pouvoir de la fidélité et du détachement tu éteins les lumières du doute, des imaginations et de l'incertitude, pour allumer, dans le chandelier de ton coeur, le nouveau flambeau de la connaissance et de la certitude. Et toutes ces paroles symboliques et énigmatiques qui sont descendues de l'Origine des causes sont destinées à éprouver les peuples, afin de reconnaître les coeurs dont la terre est féconde et ceux dont la terre est stérile; et c'est une des coutumes de Dieu avec ses peuples, ainsi qu'on le voit dans les Ecritures. Par exemple, lis les versets sur le Qiblih; même après l'Hégire de Muhammad, de La Mecque à Médine, on avait coutume, pour la prière, de se tourner vers Jérusalem; jusqu'au jour où les juifs commencèrent à parler du Prophète en des termes qu'il ne convient pas de rapporter ici, et qu'il serait trop long de dire. Il en fut vivement attristé; et, levant les yeux au ciel, il se demandait ce qu'il convenait de faire, lorsque Gabriel descendit et dit : "Nous t'avons vu tourner ton visage de tous les côtés du ciel; nous voulons que tu te tournes dorénavant vers une région (qiblih) dans laquelle tu te complairas." Et un jour que Muhammad et quelques-uns de ses disciples étaient en train de faire la prière obligatoire du milieu du jour, et avaient déjà fait deux prosternations, Gabriel leur apparut et dit : "Tournez-vous vers la plage de l'oratoire sacré." Et, au milieu de la prière, Muhammad se tourna de Jérusalem vers La Mecque. Alors la crainte et l'effroi s'emparèrent de ses disciples, et beaucoup d'entre eux abandonnèrent la prière et vinrent grossir le nombre des infidèles. Ce trouble n'avait d'autre but que d'éprouver ses serviteurs. Autrement, Dieu, le Roi idéal, aurait très bien pu ne pas changer la Qiblih et Jérusalem serait restée le point d'adoration de sa religion, n'ôtant pas ainsi de cette ville sainte la distinction qui lui avait été conférée. Depuis Moïse, aucun des nombreux prophètes envoyés comme messagers du verbe de Dieu, tels que David, Jésus et d'autres parmi les plus exaltés de ceux qui sont apparus entre la révélation de Moïse et celle de Muhammad, n'ont altéré la loi de la Qiblih et, par leur entremise, Dieu avait toujours ordonné aux peuples de se tourner en priant vers Jérusalem. Pour Dieu, tous les endroits du monde se valent, sauf cet endroit qui, dans les jours de ses Manifestations, est désigné dans un but particulier. "L'Orient et l'Occident appartiennent au Seigneur; de quelque côté que vous vous tourniez vous rencontrerez sa face." Pourquoi alors changer la Qiblih, répandre ainsi le trouble et la crainte, et déchaîner la discorde entre les hommes ? Oui, ces choses qui sèment le trouble sont pour Dieu la pierre de touche par laquelle Il distingue et sépare le sincère du menteur. C'est en ce sens qu'il dit : "Nous n'avons établi la précédente qiblih que pour distinguer celui d'entre vous qui aura suivi le Prophète de celui qui se sera détourné de lui." Si tu médites sur ces paroles tu verras s'ouvrir devant toi les Portes de la compréhension et tu pourras en contempler le mystères et toute la connaissance. Ces choses arrivent afin que les âmes puissent se développer en se déchirant à la cage des désirs égoïstes. Car Dieu, le Roi idéal, a toujours été dans son essence, indépendant de la compréhension de tous et, dans son être, il sera toujours au-dessus de l'adoration des hommes. Une seule brise de sa puissance suffit à pourvoir d'abondance toute l'humanité; une goutte de la mer de sa bonté donne à tous la gloire de la vie éternelle. Mais comme Il veut distinguer le juste du méchant, et le soleil de l'ombre, de tout temps Il a fait descendre les épreuves sur les hommes, comme la pluie du ciel. Si les hommes voulaient méditer sur la vie des anciens prophètes, tout deviendrait clair et rien de ce qui dans leurs actes ou leurs paroles leur paraîtrait opposé à leurs affections et à leur préférence ne les détournerait plus de leur sentier. Ils consumeraient alors tous les voiles par le feu du buisson du savoir divin et s'assoiraient sur le trône de la paix et de la certitude. Considère Moïse, fils d'Imran, qui fut l'un des plus grands prophètes et révéla un livre inspiré de Dieu. Avant d'avoir reçu la mission divine, il rencontra sur la place publique deux hommes qui se disputaient. L'un d'eux lui demanda de lui venir en aide. Moïse le secourut et tua l'autre, ainsi que le rapportent les Ecritures; les détails de cet incident allongeraient notre récit. Cet événement s'ébruita dans la ville et Moïse prit peur, comme nous le savons; car quelqu'un un jour lui dit "que les grands délibéraient pour le faire mourir". Il quitta la région et s'enfuit au pays de Madian; là, il demeura au service de Jéthro, puis il retourna dans la vallée sacrée qui se trouve dans le désert du Sinaï. C'est là que, dans un buisson qui n'était ni à l'Orient ni à l'Occident, il vit apparaître le Roi de Gloire; et dans le feu divin qui le consumait, il entendit la voix spirituelle qui donne la vie, qui lui commanda de prendre la direction des peuples de Pharaon, de les faire sortir des déserts des plaisirs égoïstes, de les conduire aux plaines des plaisirs célestes et de la direction, afin de les affranchir de l'angoisse de l'éloignement et de les mener à la cité paisible de l'approche où ils pourraient boire l'eau de la fontaine du détachement. Lorsqu'il arriva devant le Pharaon, et que, sur l'ordre de Dieu, il lui eut fait connaître sa mission, ce dernier, dans un discours outrageant, lui dit : "N'es-tu pas celui qui a tué un homme et est devenu un infidèle ?" ainsi que le Seigneur de majesté l'a écrit dans le Qur'an. "Tu as commis l'action que tu sais; tu es un ingrat.- Oui, répondit Moïse, j'ai commis cette action, mais alors j'étais dans l'égarement. J'ai fui du milieu de vous par crainte; ensuite Dieu m'a investi du pouvoir et m'a constitué son Envoyé." Pense donc un peu aux épreuves auxquelles Dieu nous soumet ! Un homme connu pour être un assassin, qui avoue son crime, ainsi qu'il est écrit, qui avait été élevé aux yeux de tous pendant environ trente ans dans le palais du Pharaon, c'est cet homme que Dieu choisit pour lui donner le suprême pouvoir ! Et Il l'a laissé devenir, au vu et au su de tous, un assassin, causant ainsi étonnement et réprobation parmi les gens. Vois aussi Marie : Cette femme admirable, sous le poids de circonstances prodigieuses, se désolait d'avoir vu le jour, ainsi qu'on peut le comprendre par la lecture des livres saints. Après la naissance de Jésus, elle laissa exhaler sa douleur, disant : "Plût à Dieu que je fusse morte avant, et que je fusse oubliée d'un oubli éternel !" Je jure par Dieu que ces paroles sont faites pour consumer les coeurs de pitié ! Sa crainte et sa douleur étaient causées par la malignité des infidèles et des méchants. Que pouvait-elle répondre au peuple ? Comment lui dire que cet enfant d'un père inconnu lui était venu par l'oeuvre du Saint-Esprit ? Chaste, elle prit son enfant et retourna à la maison. Dès que les gens la virent ils lui dirent : "O soeur d'Aaron, ton père n'était pourtant pas un homme méchant ni ta mère une femme dissolue !" Quelle terrible épreuve ! Néanmoins Dieu fit un prophète de cet enfant de l'Esprit qu'on savait n'avoir pas de père légitime, et fit de lui sa preuve envers tous les peuples du ciel et de la terre. Combien les voies des Manifestations de Dieu, obéissant au Roi de la création, sont différentes de nos préférences et de nos goûts ! Quand tu commenceras à comprendre l'essence de ces divins mystères, tu comprendras le dessein de Dieu, le Charmeur divin, le Bien-Aimé. Tu considéreras que ses paroles et que ses actes concordent exactement, de telle sorte que tu verras dans ses actions ce qu'll dit et que tu y reconnaîtras ce que tu lis dans ses écrits. Ainsi, si ces actes et ces paroles sont le feu de la vengeance pour le méchant, intérieurement ce sont les eaux de la miséricorde pour le juste. Regarde avec les yeux du coeur, et tu verras que les Paroles qui sont descendues du ciel du vouloir de Dieu ont été confirmées par les actions issues du royaume du pouvoir divin. O mon frère, si à notre époque de pareils événements survenaient, que se passerait-il ? Je jure par le vrai éducateur des hommes et le révélateur de la parole de Dieu que, sans aucune hésitation, on traiterait d'infidèle un homme comme Jésus et qu'on le mettrait aussitôt à mort. Le laisserait-on dire qu'il est le souffle du Saint-Esprit ? Croirait-on aujourd'hui que Moïse tenait son pouvoir du commandement irrésistible ? Cent mille voix auraient beau l'affirmer, personne ne croirait que le fils d'un père inconnu puisse être un envoyé, ou qu'un assassin ait pu entendre dans un buisson ardent la voix de Dieu. En ouvrant les yeux à la justice, tu verras, à la lumière de ce qui a été dit, que celui qui est la cause et la fin suprême de toutes choses s'est manifesté en ce jour. Bien que des choses semblables ne se soient pas produites dans cette dispensation, les hommes continuent à suivre les vaines imaginations des réprouvés. Que de calomnies n'a-t-on pas déversées sur lui, et que de persécutions ne lui a-t-on pas fait subir ! Jamais jusqu'ici on avait vu pareille chose. Dieu est grand ! Comme ces paroles étaient prononcées, voici ce que nous vîmes : l'aurore de la révélation répandait les douces saveurs de Dieu et la brise matinale soufflait de la Saba de l'Eternel, réjouissant le coeur par la bonne nouvelle et donnant à l'âme un immense bonheur. Elle avait renouvelé toutes choses et apporté d'innombrables présents de valeur de la part de l'Ami inconnu dont la robe des louanges humaines ne peut vêtir la stature et dont le manteau de la parole ne peut cacher la forme étincelante. Sans le secours des mots il dévoile les mystères intérieurs et révèle les secrets des paroles divines. Il apprend aux rossignols qui chantent sur la branche de l'éloignement et de la solitude à gémir et à se lamenter; il les instruit dans l'art des voies de l'amour et leur montre le secret de l'abandon du coeur. Aux fleurs du Ridvan de la réunion céleste il révèle les caresses de l'amant passionné et dévoile les charmes de la belle. Il offre aux anémones du jardin de l'amour les mystères de la vérité et dépose dans le sein des amants les symboles des mystères les plus intimes. En cette heure, une telle grâce est répandue dans le monde que le Saint-Esprit en est jaloux ! Une goutte d'eau a le pouvoir des vagues de la mer; un grain de poussière a l'éclat du soleil; sa bonté est si grande que le bousier recherche le grain de musc, et la chauve-souris le soleil ! Les morts sont ressuscités dans leurs corps par les brises de vie; les ignorants s'assoient sur le trône du savoir; les oppresseurs trouvent leur place sur les hauteurs de la justice ! L'univers est en état de gestation à cause de toute cette bonté, et bientôt le résultat en sera visible à tous, dans ce monde de poussière. Alors celui qui meurt de soif parviendra au Kawthar du Bien-Aimé; celui qui est perdu dans les déserts de l'éloignement et de la non-existence arrivera aux tentes de la vie et de la présence de l'Amant. Dans quel coeur ces semences sacrées germeront-elles ? Dans quelle âme fleuriront les réalités invisibles ? En vérité je te le dis, les flammes du buisson de l'amour, brûlant dans le Sinaï du coeur, sont si violentes que les flots de la parole divine ne pourront les éteindre. La soif ardente de ce Léviathan ne peut être étanchée par des océans entiers, et le Phénix du feu éternel ne pourra demeurer que dans l'incandescence de la face de l'Ami. Donc, ô mon frère, allume la flamme de l'esprit dans la lampe des coeurs, brûlant l'huile de la sagesse, à l'abri du globe de l'intelligence, afin que le vent de l'infidélité ne puisse l'éteindre ni en diminuer sa brillance. Ainsi avons-nous éclairé le ciel de la parole par les splendeurs du soleil de la sagesse et de la compréhension divine, afin que ton coeur trouve la paix et que tu sois de ceux qui s'envolent sur les ailes de certitude dans l'atmosphère d'amour de leur Seigneur, le Miséricordieux. "Alors le signe du Fils due l'homme paraîtra dans le ciel." C'est-à-dire que, après l'éclipse du soleil d'instruction divine, la chute des étoiles des commandements, l'obscurcissement de la lune du savoir, éducatrice des peuples, après que les drapeaux de la direction et de la prospérité auront été amenés, que le jour de vérité et de justice se sera assombri, alors le signe du Fils de l'homme apparaîtra au ciel. Ici le ciel veut dire le firmament. En effet, à l'approche de l'apparition d'un de ces astres lumineux dans le ciel de justice, et d'une de ces arches de direction sur la mer glorieuse, une étoile, symbolisant pour les hommes cette sublime lumière, doit apparaître dans le firmament, en même temps que, dans le ciel spirituel, une étoile apparaît pour diriger les hommes vers la glorieuse aurore. Ces deux signes, l'un dans le firmament et l'autre dans le ciel spirituel, se sont vérifiés avant chaque manifestation prophétique, ainsi qu'on le croit communément. L'une des Manifestations fut l'Ami de Dieu (Abraham). Avant son apparition, Nemrod eut un rêve au sujet duquel il convoqua tous les devins. Ceux-ci lui annoncèrent l'apparition d'une étoile au ciel, en même temps qu'un homme était accouru apportant au peuple la bonne nouvelle de la venue d'Abraham. Après lui vint l'Interlocuteur de Dieu (Moïse). Les astrologues de son temps avaient dit à Pharaon qu'une étoile venait d'apparaître au ciel, signe de la conception d'un homme qui tiendrait en sa main son sort et celui de son peuple. En même temps, ainsi que les livres nous l'enseignent, un vieillard apportait la Bonne Nouvelle consolatrice au peuple d'Israël. Et si je rapportais tous ces faits en détail il faudrait des volumes entiers; de plus, je ne tiens pas à revenir sur ces antiques événements. Dieu m'est témoin que ces explications me sont dictées par l'amour que je te porte, afin que, si possible, les pauvres puissent aborder aux plages de la richesse, que les ignorants arrivent aux mers de la sagesse, que les assoiffés de science goûtent au Salsabil du savoir. Autrement nous considérons l'étude de ces récits comme une faute grave et un lourd péché. De même, à l'apparition de Jésus, les Mages découvrirent son étoile dans le ciel, et la suivirent jusqu'à la capitale du royaume d'Hérode dont la souveraineté s'étendait alors sur la totalité du pays. Ils dirent : "Où est le roi des juifs qui est né ? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l'adorer." Ils découvrirent que cet enfant était né à Bethléem de Juda. C'était le signe dans le firmament. Dans le ciel spirituel apparut Jean, fils de Zacharie : "Dieu t'annonce la naissance de Yahya qui confirmera la vérité du Verbe de Dieu; il sera grand et chaste." Le Verbe ici est Jésus dont Jean prêcha l'apparition. Dans l'Evangile également on trouve : "En ce temps-là, Jean-Baptiste vint prêchant dans le désert de Judée, disant : Amendez-vous, car le royaume des cieux est proche (saint Matthieu, III, 1, 2)."Jean, c'était Yahya. Avant l'apparition de la beauté de Muhammad, des signes dans le ciel apparurent. Et dans le ciel spirituel, donnant au peuple la bonne nouvelle de l'apparition de ce soleil d'unité, quatre personnes se succédèrent annonçant sa venue. Rúz-bih (appelé plus tard Salman) fut leur serviteur à tous les quatre, chacun d'eux, au moment de mourir, l'ayant envoyé servir l'autre. Quand le quatrième fut sur le point de mourir, il dit : "Oh Rúz-bih, quand tu m'auras enseveli, va en Hijaz où apparaîtra le soleil de Muhammad, et sois heureux de le rencontrer." Nous arrivons maintenant à cette cause merveilleuse et très exaltée. La plupart des astronomes ont parlé de l'apparition des étoiles dans le ciel, et sur terre nous avons constaté la venue des deux brillantes lumières, Ahmad et Kazim. Que Dieu sanctifie leur poussière ! ll est donc prouvé qu'avant l'apparition de chaque miroir d'unité, ses signes apparurent dans le firmament et dans le ciel spirituel, où brillent le soleil du savoir, la lune de la sagesse, et les étoiles de l'explication; et ces signes ne sont autres que la venue d'un être parfait, qui a pour mission de préparer les hommes à rencontrer ces soleils d'identité et ces lunes d'unité. "Alors toutes les tribus de la terre se lamenteront et elles verront le Fils de l'homme venir sur les nuées du ciel avec un grand pouvoir et une grande gloire." Ce symbole veut dire qu'alors les peuples gémiront d'être privés du soleil de la beauté divine, de la lune du savoir et des étoiles de la sagesse révélée; et qu'ensuite cette apparition promise de la Beauté adorée descendra du ciel, chevauchant sur les nuages. En d'autres termes, que cette beauté divine, du ciel de la volonté de Dieu apparaîtra dans la forme humaine; le mot ciel se rapporte à la grandeur et à l'élévation dans lesquelles apparaissent ces saintes aurores et ces éternels Orients. Si ces êtres éternels semblent venir du sein d'une mère, en réalité ils descendent du ciel des causes, et s'ils habitent sur terre, ils reposent sur le siège spirituel. Lorsqu'ils marchent parmi les hommes, ils volent dans l'atmosphère de la présence divine; ils circulent sur la terre de l'esprit sans mouvoir leurs pieds; ils atteignent les hauteurs de l'unité sans le secours des ailes, ils parcourent en un instant l'immensité de l'espace et traversent instantanément le monde visible et le royaume invisible. Sur leurs trônes il est écrit : "Aucun obstacle au monde ne les empêche d'agir" et sur leurs sièges sont inscrits ces mots : "En vérité, leurs voies diffèrent chaque jour." Ils sont les envoyés des hauteurs du pouvoir du Roi des anciens, et du puissant vouloir de celui à qui toutes les choses appartiennent. C'est en ce sens qu'on dit qu'ils descendent du ciel. Dans le langage des Manifestations le mot "ciel" a de nombreuses significations : le "ciel du commandement", le "ciel du pouvoir", le "ciel du désir divin", le "ciel de la connaissance divine", le "ciel de certitude", le "ciel de la parole", le "ciel de la révélation": le "ciel de disparition", etc., et chaque fois que le mot est employé il a une signification spéciale, que seuls peuvent comprendre ceux qui connaissent les mystères divins et qui ont bu à la coupe de la vie éternelle. Ainsi, ll dit : "Le ciel a de la nourriture pour vous, il renferme ce qui vous a été promis." Et cependant la nourriture ne vient que sur terre. Et également : "Tous les noms descendent du ciel." Et ce sont cependant les hommes qui les prononcent. Si tu purifies le miroir de ton coeur de la poussière de tes préférences injustes, tu comprendras tous les symboles révélés par le Verbe de Dieu manifesté dans chaque religion, et tu sauras les mystères de la sagesse. Mais tant que tu ne consommeras pas par les flammes du détachement absolu les voiles du prétendu savoir humain, tu n'atteindras pas l'aurore éclatante du vrai savoir. Saches en vérité qu'il y a deux sortes de savoir : le divin et le satanique. L'un coule de la fontaine de l'inspiration divine et l'autre n'est que le reflet de pensées vaines et obscures. La source du premier est Dieu lui-même; la motivation du second sont les murmures des désirs égoïstes. L'un est guidé par le principe : "crains Dieu, il t'instruira", l'autre est une confirmation de cette vérité que "le savoir est le plus grand voile qui nous sépare de Dieu". Les fruits du premier sont la patience, le désir ardent, la vraie compréhension et l'amour; ceux du second l'arrogance, la vanité et la suffisance. Et dans les explications données par les Envoyés, nul ne risque de respirer les parfums de ce sombre savoir dont l'obscurité étouffe la terre, qui ne produit que rébellion et iniquité et dont les résultats sont la rancune et la haine : ce sont des poisons mortels, et l'ombre des arbres de ce savoir n'est qu'un feu dévorant. Combien est juste ce qu'a dit le poète : "tiens ferme le bord de la robe d'amour, et n'en rougis pas; quitte les chemins suivis par ceux qui ont réussi dans ce monde, quelque grand que soit leur réputation." Le coeur doit donc être purifié de tout ce qu'il entend et se détacher de toute affection terrestre afin qu'il puisse découvrir le sens caché de l'inspiration divine et devienne le trésor des mystères de la connaissance divine. Ainsi qu'il est dit : "Celui qui voyage sur le blanc chemin vers le sanglant réconfort ne peut atteindre sa demeure, si sa main n'est pas entièrement vide de tous les biens de ce monde." Telle est la condition première requise du voyageur. Réfléchis et comprends la vérité de ces paroles. Mais nous voici entraînés loin de notre sujet, bien que tout cela en soit l'explication. Je jure par Dieu que, malgré mon désir d'être bref, ma plume échappe au contrôle de ma main. Et combien de perles restent encore dans la nacre de mon coeur qui ne seront jamais serties ! Combien de merveilleuses jouvencelles demeurent enfermées dans les hautes salles de la sagesse, sans que nul ne puisse les toucher ! "Celles que n'a jamais touchées ni homme ni génie." ll me semble cependant que je n'ai pas expliqué une seule des choses désirées ni un seul des symboles demandés. Quand trouverai-je le chercheur en qui on peut avoir confiance, qui endossera le vêtement du pèlerin pour entrer dans le Lieu-Saint et atteindre la Ka'bih désirée, où, sans qu'il interroge et sans qu'on lui réponde, il apprendra le mystère des explications ? Quoi qu'il en soit, tu peux maintenant comprendre le sens du mot ciel dans les Ecritures, ainsi que de la venue sur les nuages (ceux-ci représentant les choses contraires aux coutumes et aux préférences des hommes); ainsi qu'il est révélé : "Toutes les fois qu'un Envoyé vous a apporté une révélation qui ne flattait pas vos passions, vous vous êtes enflés d'orgueil; vous avez traité les uns de menteurs, et vous en avez assassiné d'autres." Ainsi, les "nuages" obscurcissent le ciel lorsque les commandements sont modifiés, la religion changée, quand les coutumes, les lois sont détruites et que le plus humble des croyants passe avant les docteurs et les prêtres infidèles. De plus, l'apparition de la Beauté éternelle dans une forme humaine, buvant, mangeant, sujette à la pauvreté ou à la richesse, à la gloire ou à l'humiliation, dormant, veillant, etc., toutes ces choses constituent autant de nuages qui mènent les gens au doute et à la perdition. Et ce sont ces "nuages" qui, dans le ciel d'instruction et de savoir, doivent être dissipés pour tous : "Le jour où le ciel se fendra par nuages." Et de même que les nuages empêchent les hommes de voir le soleil, de même ces choses dont nous venons de parler empêchent les hommes de comprendre les soleils de réalité. C'est ainsi que les incroyants disaient, comme en témoigne le livre sacré : "Qu'est-ce donc que cet apôtre ? Il mange, il se promène dans les marchés ! Si un ange ne descend pas avec lui pour participer à son enseignement, nous ne croirons pas en sa parole." Comme tu as pu le constater pour les prophètes, la pauvreté, les calamités, les soucis matériels, la faim, la maladie, les contretemps, toutes ces souffrances qui sont les leurs laissent les hommes dans les déserts du doute et de la suspicion, des suppositions et des imaginations. Ils se demandent comment il peut se faire qu'un homme venant de Dieu prétende exercer un pouvoir souverain sur le monde entier, et rapporter toute chose créée à lui-même (car il est dit : Si ce n'était pour toi, je n'aurais pas créé le firmament); comment se fait-il qu'un tel homme soit soumis à ces mesquines misères, ainsi que l'ont été chaque prophète et ses disciples. Non seulement ils ont eu à subir la misère, les maladies, le mépris, mais leurs disciples souvent ont eu la tête coupée qu'on envoyait ensuite comme un présent dans des villes éloignées ! On en empêchait d'autres de répandre leur foi : Tous ont eu à supporter l'attaque des ennemis de la religion, sans pouvoir leur résister. Et à chaque changement dans la religion, de semblables nuages ont empêché les peuples de connaître le divin soleil qui était apparu de l'aurore de l'Essence divine. Alors que depuis des années les hommes avaient coutume de suivre leurs ancêtres et d'être élevés dans les rites de leur religion, tout d'un coup, un des leurs qui, pour tout ce qui concernait les limitations de la condition humaine avait été leur égal, vient abroger le culte ancestral qui jusqu'alors n'était négligé que par les infidèles et les libertins ! Voilà des voiles et des nuages pour ceux dont le coeur n'a pas goûté le Salsabil du détachement ni bu le Kawthar du savoir de Dieu ! Aussitôt qu'ils aperçoivent les changements qu'apporte le prophète, ils ne peuvent plus comprendre ce soleil, et sans faire aucune enquête, ils déclarent infidèle et condamnent à mort cette Manifestation de Dieu. C'est ce qui est arrivé dans l'Antiquité et ce qu'on a également déploré de nos jours. Nous devons donc faire tous nos efforts pour qu'avec l'aide invisible de Dieu ces voiles sombres, ces nuages d'épreuves célestes ne nous empêchent pas de contempler la beauté de sa face resplendissante, et que nous puissions ne la reconnaître que par elle-même. Si nous lui demandons de prouver sa vérité, une seule preuve devrait nous suffire, atteignant ainsi celui qui est la fontaine de grâce infinie et dans la présence de qui, toute l'abondance du monde n'est que néant, cessant d'ergoter avec lui chaque jour et en abandonnant nos propres idées fausses. Gloire à Dieu ! Bien qu'autrefois les événements dont nous avons parlé aient été merveilleusement prophétisés dans des symboles magnifiques et de subtiles paraboles, afin que les hommes ne soient pas privés des bienfaits de l'océan suprême. Ils se sont reproduits de nouveau ! Ainsi qu'il est dit : "Les hommes attendent-ils que Dieu vienne à eux dans les ténèbres des nuages ?" Un certain nombre de théologiens, interprétant littéralement les paroles de Dieu, ont vu dans ce verset un des signes de la Résurrection, telle qu'ils l'avaient imaginée, tandis que c'est une chose qui se retrouve dans la plupart des livres sacrés et qui n'est qu'un signe de la Manifestation suivante, ainsi que nous l'avons vu. "Le jour où le ciel fera surgir une fumée visible à tous, qui enveloppera tous les hommes, ce sera le châtiment douloureux." Toutes ces choses que ne comprennent pas les âmes impures sont la pierre de touche de Dieu, la balance dans laquelle ll éprouve ses serviteurs et distingue l'infidèle du croyant, le bienheureux du méchant. Dans ces versets, par le symbole de la fumée, il est fait allusion à de graves dissensions amenées par l'abandon des obligations religieuses, par l'abrogation des lois et la ruine totale de ceux qui en étaient les rigoureux interprètes. Quelle fumée plus grande que celle-ci, qui a enveloppé tous les hommes, et leur a causé tant de troubles qu'ils ont en vain essayé de s'en défaire, étant à chaque moment soumis à de nouveaux supplices par le feu de leurs passions ? En apprenant que cette cause merveilleuse et ces commandements éternels sont apparus sur toute la terre et se développent chaque jour, le feu de leurs coeurs brûle plus fort. En voyant de quelle force indomptable, de quelle sublime renonciation, de quelle constance sans faille sont dotés les saints compagnons de Dieu qui, grâce à l'aide divine, deviennent chaque jour plus nobles et plus glorieux, la consternation ravage leurs âmes. Grâce à Dieu, aujourd'hui, l'influence divine est si grande qu'ils n'osent parler, et s'ils rencontrent un de ces disciples qui donneraient mille fois leur vie dans le chemin du Bien-Aimé, ils sont contraints de montrer leur respect. Mais livrés à eux-mêmes, ils le renient et le maudissent : "Lorsqu'ils vous rencontrent, ils disent; nous avons cru; mais à peine vous ont-ils quittés, qu'enflammés de colère; ils se mordent les doigts.- Dis-leur : mourez dans votre colère; Dieu connaît le fond de vos coeurs." Bientôt tu verras hisser par tout le monde les drapeaux du divin pouvoir, et les signes de sa domination et de sa souveraineté se retrouveront dans chaque ville. La plupart des docteurs ne comprenant pas la signification des versets sacrés ne savaient ce qu'il fallait entendre par le jour de la résurrection; et, sans la moindre réflexion, ils donnaient l'explication que leur suggérait leur imagination. Dieu qui est un, est témoin que s'ils avaient un tant soit peu réfléchi aux symboles cachés dans ces versets ils auraient compris tout ce que nous avons voulu proposer et auraient trouvé, par la bonté du Miséricordieux, la brillante aurore de certitude. Ainsi chante pour toi la colombe éternelle sur les rameaux de l'arbre de Baha, afin que, par la permission de Dieu, tu chemines dans les sentiers du savoir et de la sagesse. Examinons maintenant les paroles Il enverra ses anges..., etc. Les anges sont des hommes qui ont détruit tout ce qui était humain en eux, par le pouvoir spirituel du feu de l'amour de Dieu, et qui se sont parés des attributs des chérubins, ainsi que le dit l'Imam Sadiq : "Ce sont ceux de nos shiites qui se tiennent derrière le trône de Dieu." Combien nombreuses sont les interprétations de ces paroles : qui se tiennent derrière le trône de Dieu ! Cela ne revient-il pas à dire qu'en réalité il n'y a pas de véritables shiites ? Ailleurs, le même Imam dit : "Le fidèle est comme la pierre philosophale. L'as-tu jamais vue ?" Souviens-toi de cette sentence qui est plus éloquente qu'elle ne paraît : elle prouve qu'il n'y a pas de véritable fidèle ! - Les hommes ne savent pas reconnaître les parfums de la fidélité, et ils taxent d'infidèles ceux dont les discours prouvent au contraire la fidélité. Mais ces saints hommes sont indifférents aux conditions terrestres, et montrent ainsi leur spiritualité et leur caractère céleste; on leur donne le nom d'anges. Telle est la signification de ces versets dont chaque mot a été expliqué à l'aide des textes les plus lucides, des arguments les plus convaincants et des évidences les plus claires. Et comme les peuples de Jésus ne comprirent pas cette signification, et qu'ils ne virent pas apparaître les signes auxquels eux et leurs prêtres s'attendaient, ils n'ont pas cru jusqu'à ce jour aux saintes Manifestations, apparues depuis les jours de Jésus et ils ont été privés des bienfaits suprêmes et des merveilles des paroles divines. Tel est encore leur état en ce jour de la résurrection. Ils n'ont pas réfléchi que si, dans chaque ère, les signes d'une Manifestation devaient apparaître en ce monde, juste comme il est écrit, il n'y aurait pas de contradicteurs; et comment alors distinguer les bons des méchants, les pécheurs des justes ? Si ces paroles qui sont écrites dans l'Evangile se réalisaient matériellement, et si les anges venaient avec Jésus, fils de Marie, sur les nuages du ciel, qui aurait la force de nier et de s'enorgueillir ? Tous les hommes seraient pris d'une telle peur que, loin de vouloir renier ou accepter, ils ne pourraient prononcer une seule parole. C'est parce que de nombreux prêtres chrétiens ne l'ont pas compris qu'ils ont renié Muhammad, disant : si vous êtes le promis, pourquoi n'êtes-vous pas accompagné de ces anges qui, d'après nos livres, doivent aider la beauté promise à promulguer sa cause et être un avertissement pour les peuples ? ainsi que l'a dit le Seigneur glorieux : "A moins qu'un ange ne descende et ne prêche avec lui." Ainsi, dans chaque ère, le désaccord et la contradiction se glissent entre les peuples qui passent leur temps à discuter, disant : tels signes ne sont pas venus, tels autres non plus, etc. Ces erreurs ont été les leurs parce qu'ils s'en sont rapportés à leurs prêtres, reniant ces joyaux uniques, ces êtres divins. Quant aux prêtres, enfermés dans leurs basses ambitions et leur avidité sordide, ils ne voyaient dans ces éternels soleils que des adversaires de leur savoir et de leur intelligence, et des obstacles à leurs efforts. Ils expliquaient les paroles divines, celles des Traditions et des Lettres d'Unité, dans leur sens matériel. Et ils s'éloignaient sans recours, aussi bien eux que leurs peuples, des ondes de bonté et de merci de Dieu. Et cependant les prêtres portent témoignage de la vérité de ces Traditions : "Notre parole est difficile et dure à comprendre", ou bien "Notre cause est pénible et dure; nul ne peut la soutenir qu'un ange de l'approche, un Envoyé, ou un serviteur dont Dieu a éprouvé la fidélité du coeur." Ils savent pourtant qu'ils ne remplissent aucune de ces trois conditions : pour les deux premières, cela va de soi; quant à la troisième, ils ne sont pas sortis victorieux des épreuves de Dieu, et la divine pierre de touche n'a montré en eux qu'un métal grossier. Dieu tout-puissant ! Tout en reconnaissant la vérité de ces paroles, comment ces prêtres qui n'ont pas compris et qui discutent encore des obscurités théologiques de leur foi, peuvent-ils prétendre être les interprètes des subtilités de la loi de Dieu et des mystères essentiels de son Verbe saint ? Ils affirment : "Cette Tradition qui prophétise la venue du Qa'im ne s'est pas encore réalisée", alors qu'ils n'ont pas respiré les parfums de la signification de ces saintes paroles ? Ils ne se sont pas aperçu qu'au contraire tous ces signes sont déjà arrivés, et que le sentier de la cause est tellement aplani que les fidèles y cheminent avec la rapidité de l'éclair, pendant que ces prêtres stupides attendent de voir les signes prédits. O peuples ignorants ! vous attendez comme ceux qui vous ont précédés ont attendu ! Vous qui prétendez que pas un seul des signes de la venue des nouveaux prophètes, annoncés par les livres anciens, n'est encore arrivé, comme on l'a autrefois prétendu pour Muhammad, comment osez-vous traiter les chrétiens et les autres d'infidèles ? Vous avez beau dire que leurs livres sont altérés et apocryphes, et qu'ils ne viennent pas de Dieu, les paroles mêmes des Evangiles témoignent de leur origine divine; elles se retrouvent d'ailleurs dans le Qur'an. En vérité, je vous le dis, les hommes n'ont jamais compris ce qu'il fallait entendre par l'altération des Ecritures. Oui, dans les paroles et les écrits des Imams, on parle de l'altération que les grands et les vaniteux font subir aux Ecritures. Mais cela a été dit dans des conditions spéciales. Ainsi, l'un des cas où il en est parlé est l'histoire du fils de Súriya. Alors que les gens de Khaybar demandaient à Muhammad quelle était la punition de l'homme ou de la femme adultère, il leur dit : "Dieu a ordonné qu'on les lapidât." Ils répondirent que dans la Bible ne se trouvait pas un tel commandement. Il leur demanda alors : "Auquel de vos prêtres obéissez-vous ?" Ils obéissaient au fils de Súriya. Il l'appela et dit : "Je t'adjure, par Dieu qui pour toi a entrouvert la mer, a fait descendre la manne céleste, t'a mis à l'ombre des nuages, t'a délivré de Pharaon et de son peuple, et a fait des tiens son peuple préféré; dis-nous quelle est la punition ordonnée par Moïse pour l'adultère ?" ll répondit : "O ! Muhammad, c'est la lapidation. - Alors pourquoi, parmi vous autres juifs, cette loi est-elle abrogée ? - Après la destruction de Jérusalem par Nebucadnetsar, lorsqu'il eut passé presque tous les juifs au fil de l'épée, très peu d'entre eux survécurent. Comme ils étaient en très petit nombre en face des puissants Amaléchites, les prêtres tinrent conseil et dirent : si nous appliquons la loi de la Bible, les survivants d'entre nous seront tués par la loi. Et ils supprimèrent la peine de mort." C'est à ce propos que Gabriel, inspirant le coeur du Prophète, dit : "Parmi les juifs, il y en a qui altèrent les paroles de leurs Ecritures." Voilà une des altérations dont il s'agit et cela ne signifie pas, comme le croient ces faibles esprits, que les prêtres juifs et chrétiens ont supprimé du Livre les versets qui louaient et glorifiaient Muhammad, en y mettant des versets qui disent le contraire. Cette prétention serait aussi fausse que ridicule : un homme qui croit dans un Livre révélé, peut-il l'altérer ? La Bible surtout qui était répandue dans le monde entier et non à Médine et à La Mecque seulement. Les véritables altérateurs sont bien plutôt les prêtres du Qur'an qui, de nos jours, interprètent le Livre selon leur goût ou leur bon plaisir. Comme les Juifs du temps de Muhammad avaient expliqué selon leurs idées les versets de la Bible annonçant sa venue, et comme ils ne se contentèrent pas des véritables explications, Dieu en fit des altérateurs; et aujourd'hui les gens du Qur'an continuent à donner des signes de la prochaine Manifestation leur interprétation fantaisiste ! Ailleurs, il est dit : "Un certain nombre d'entre eux obéissaient à la parole due Dieu, mais par la suite ils l'altérèrent après l'avoir comprise, et ils le savaient bien." Dans ces versets, il s'agit de changer la signification de la parole, et non de la supprimer, ainsi que peuvent le comprendre ceux qui ont un entendement droit. Ailleurs encore : "Malheur à ceux qui, écrivant le livre de leurs mains corruptrices, disent : Voilà ce qui vient d Dieu, pour en retirer un bénéfice infime..., etc.." Cette imprécation concerne les prêtres et les docteurs juifs qui ont écrit de nombreux ouvrages pour renier Muhammad, afin de faire plaisir aux riches et de gagner des honneurs terrestres, faisant ainsi acte d'infidélité. Ils ont mis en avant certaines preuves dont je ne veux pas parler, prétendant les justifier par la Bible. Et de nos jours, que n'a-t-il pas été écrit contre cette cause par les prêtres ignorants de notre temps ! Ils croient que ces actes d'hostilité sont conformes aux paroles des Livres et répondent aux instructions des hommes de discernement. Mais grande est leur erreur ! Le but de mes discours est de te démontrer qu'on aurait tort de prétendre que ces preuves que nous avons tirées des Evangiles sont altérées et de les renier, en prétextant s'en tenir au Qur'an et aux Traditions : Ce serait faire acte d'infidélité. Oui, nous avons vu qu'il y a des altérations dans la Bible, ainsi que nous l'avons expliqué de sorte que tous ceux qui sont doués d'un entendement sain comprennent que la maîtrise du savoir humain appartient à quelques hommes sains et sans éducation; peut-être ainsi les malveillants cesseront-ils d'affirmer que certains versets prouvent l'altération des textes, insinuant que nous en avons parlé par manque de connaissance; d'ailleurs, Muhammad n'en a parlé qu'en ce qui concernait les juifs, comme vous pouvez vous en assurer en voyageant à travers les îles du savoir du Qur'an. Les ignorants de la terre disent que les chrétiens ne possèdent plus les divins Evangiles qui seraient remontés au ciel, ne s'apercevant pas qu'ils taxent ainsi Dieu d'injustice et de tyrannie. Car, après la disparition de la beauté de Jésus, lorsqu'il fut monté au quatrième ciel, comment le Livre de Dieu, qui était sa plus grande preuve pour les hommes, aurait-il pu disparaître, puisque de Jésus à Muhammad les hommes n'avaient pas d'autres règles ni d'autres lois à observer ? Et comment alors le vengeur omnipotent aurait-il pu venir parmi eux, et en vertu de quoi auraient-ils été censurés et punis par le roi spirituel ? De plus, il faudrait croire à l'interruption de la bonté miséricordieuse et à la fermeture des portes de la merci du roi de l'existence. Cherchons un refuge loin de cette horrible pensée, car ll est plus glorieux que les hommes ne le supposent ! O mon ami, en ce matin éternel où les lumières de Dieu, lumière des cieux et de la terre ont enveloppé le monde, où les tentes de protection et de préservation de Dieu qui ne veut que répandre sa lumière sont dressées, où la main puissante de celui dans les mains de qui sont toutes choses est tendue, endosse le vêtement des efforts diligents pour entrer, par la bonté et la générosité de Dieu, dans la ville sainte du Nous venons de Dieu et habiter dans les lieux glorieux du Nous retournons à Lui. Avec la permission de Dieu, il t'incombe de purifier ton coeur des choses du monde afin de pouvoir réaliser l'infinité du savoir divin et de voir si clairement la vérité que tu ne voudras plus de preuves pour prouver sa réalité et son témoignage. O questionneur affectueux, si tu t'envoles dans les hauteurs de l'esprit, tu verras que Dieu est à ce point exalté au-dessus de toutes choses, que tu ne trouveras nul autre que lui. Dieu existait avant toute chose. La sainteté de l'état que tu atteindras alors n'a pas besoin d'être discutée ni prouvée. Si tu voyages dans les saints royaumes de réalité, tu trouveras que l'on ne connaît les choses que par Dieu, et c'est par lui seul qu'il peut être connu. Et si enfin tu te reposes sur la terre de la preuve, alors contente-toi de ce que Dieu lui-même a dit : "Ne leur suffit-il pas que nous t'ayons envoyé le Livre ?" Voilà la preuve qu'il a établie, et il n'y en aura jamais de plus grande. Sa parole est sa preuve, et son existence est son meilleur argument. Aujourd'hui, nous demandons au peuple du Bayan, aux instructeurs, aux docteurs, aux lettrés et aux témoins du Bayan, de ne pas oublier les recommandations que Dieu leur a faites dans leurs livres et de s'en tenir aux éléments essentiels de leur cause, de peur que, lorsque celui qui est la quintessence de la vérité, la réalité interne de toutes choses et la source de lumière apparaîtra, ils ne se laissent arrêter par quelques phrases du Livre, et qu'ils ne renouvellent à son sujet les injustices des peuples du Qur'an. Car ce roi de puissance divine a, en vérité, le pouvoir de faire disparaître, d'un seul mot, tout souffle de vie dans le Bayan et son peuple, et, d'un autre mot, il peut leur donner à tous la vie éternelle, en les ressuscitant des tombes des plaisirs et des désirs. Soyez attentifs et veillez, car la fin suprême des hommes doit être de croire en lui, d'arriver à sa rencontre et de voir sa présence divine. "La piété ne consiste pas à se tourner vers l'Orient ou l'Occident mais à croire en Dieu et au dernier jour." O peuple du Bayan, écoutez la vérité à laquelle nous vous avons appelé, afin que vous reposiez dans l'ombre qui sera répandue sur tous dans les jours du Seigneur ! ;======================================================== Chapitre: Deuxième partie En vérité, celui qui est l'étoile du matin de la vérité et le révélateur de l'Etre suprême possède une souveraineté incontestée sur tout ce qui existe au ciel et sur la terre, bien qu'il ne se trouve personne qui lui obéisse. Il est indépendant de toute puissance terrestre, bien qu'il soit dépourvu de tout bien. Ainsi, Nous te révélons les mystères de la Cause divine afin que tu puisses t'envoler sur les ailes du détachement dans les régions invisibles aux hommes. Le but essentiel de ces lignes est de prouver d'une façon évidente à ceux qui sont doués d'un entendement pur, aux âmes claires, que les soleils de réalité et les miroirs d'unité qui, dans les différentes époques, arrivent des tentes invisibles jusqu'à ce monde matériel pour éduquer les peuples et répandre la grâce sur tout ce qui existe, apparaissent toujours avec une puissance éclatante et une souveraineté invincible. Ces joyaux précieux, ces trésors secrets sont l'apparition de la réalité de ces paroles sacrées : Dieu fait ce qu'il veut et ordonne ce qui lui convient. Pour les hommes instruits, au coeur éclairé, il est évident que l'Essence inconnaissable, l'Etre divin, est, à un degré incommensurable, exalté au-dessus de tout attribut humain. Il n'a pas à vivre dans un corps, à monter ni à descendre, à entrer ni à sortir; il est plus grand que les qualifications de chacun ne peuvent l'exprimer et plus mystérieux que le coeur humain ne peut le saisir. A jamais il a été et sera invisible dans son identité. A jamais Il sera voilé dans son essence éternelle et sera éternellement caché aux yeux des hommes dans sa réalité. "Les regards ne sauraient l'atteindre; lui, il atteint tous les regards." Car entre lui et les hommes il n'y a pas de commune mesure ni aucun terme de comparaison; on ne peut dire qu'il est loin ni qu'il est près; rien n'indique sa présence ou son absence. Car tout ce qui est dans les cieux et sur terre n'existe que par son Verbe, et c'est par son désir, qui est la Volonté primordiale, que les êtres, de la non-existence, passent dans le monde de l'existence. Dieu puissant ! Entre son Verbe et les hommes qu'il a créés, comment pourrait-il y avoir de rapports et de termes de comparaison ? Les versets : "Dieu vous avertit de le craindre; car c'est auprès de lui que vous retournerez", et "Dieu était, alors que rien n'existait encore" viennent à l'appui de mes paroles et sont des preuves de leur vérité. Les prophètes, les docteurs, les prêtres, les philosophes et les sages de chaque génération reconnaissent tous qu'ils ne peuvent arriver à connaître cette quintessence de la vérité, et qu'ils sont impuissants à comprendre cette réalité des réalités. - Comme les portes sont fermées par lesquelles cette identité réelle serait accessible aux hommes, par la miséricorde infinie de celui dont "la miséricorde englobe tous les êtres" et dont.< la merci dépasse toutes choses", les joyaux brillants du monde de l'esprit sont apparus sur cette terre dans le corps noble de l'homme et se sont manifestés à lui, afin qu'il puisse à son tour faire connaître au monde les mystères de cette Identité éternelle et de cette impérissable Essence. Ces saints miroirs, lieux d'apparition de l'ancienne gloire, sont tous, et chacun, les interprètes sur terre de celui qui est l'astre central de l'univers, son essence et son but ultime. Leur savoir est son savoir, leur pouvoir son pouvoir, leur puissance sa puissance, leur beauté sa beauté, leur Révélation un signe de sa gloire immortelle; ils sont les trésors de la connaissance et les dépositaires de la sagesse suprême, l'apparition de la bonté infinie, et les aurores du Soleil éternel, ainsi qu'il est dit : "Il n'y a pas de différence entre toi et eux, si ce n'est qu'ils sont tes serviteurs et tes créatures." C'est ce que veut également dire : "Je suis lui, et il est moi", qu'on trouve dans les Traditions. Je pourrais te citer ainsi de nombreux textes analogues. Tout ce qui est dans les cieux et sur terre n'est donc qu'une manifestation des attributs et des noms de Dieu, si bien que dans chaque atome sont enfouis les signes du Soleil de réalité. Sans la puissance de cette manifestation rien n'existerait. Combien de soleils de savoir sont cachés dans le moindre atome ! Combien de mers de sagesse sont contenues dans une goutte d'eau ! Que dire alors de l'homme qui a reçu de tels dons et qui est mis au premier rang des êtres existants ? Toutes les qualifications et les noms que l'homme attribue à Dieu se retrouvent potentiellement en lui d'une façon plus parfaite que chez n'importe quel autre être vivant, et en fait, tous ces noms ne qualifient que lui-même. C'est ce que signifient ces paroles : "L'homme est mon mystère et Je suis son mystère", et d'autres analogues aussi subtiles, qu'on rencontre dans les Livres sacrés : "Nous ferons éclater nos signes sur les différentes contrées de la terre et sur eux-mêmes." Et ailleurs : "Il y a sur la terre des signes, pour ceux qui croient. Il y en a en vous-mêmes: ne le voyez-vous pas ?", encore : "Ne soyez pas comme ceux qui ont oublié Dieu et que Dieu a conduits à l'oubli d'eux-mêmes." Dans le même ordre d'idée, celui qui est le Roi éternel (que l'âme de ceux qui siègent dans le tabernacle mystique soit un sacrifice pour Lui), a dit : "Celui qui s'est connu lui-même a connu Dieu." O mon ami, je jure par Dieu que si tu réfléchis à ce que nous venons de dire, tu verras devant toi s'ouvrir les portes du divin savoir et de la sagesse infinie. De ce qui précède, il est évident que toutes les choses, dans leur réalité profonde, nous révèlent, selon leur capacité, les qualités et les attributs de Dieu. Si bien que l'apparition des qualifications divines est universelle. Les Traditions disent : "Y a-t-il quelqu'un qui possède une qualité que tu ne possèdes pas, et qui soit ta créature ? Aveugle est celui qui ne te reconnaît pas !" Et encore : "Je n'ai jamais rien vu sans que Dieu y fût, y ait été, ou dût y être." Dans les Traditions de Kumeyl, on trouve : "Une lumière a brillé du matin éternel, dont les ondes ont pénétré au plus intime de l'âme humaine." L'homme, qui est la plus digne et la plus parfaite des créatures, est plus capable que n'importe quel autre être de représenter et de réunir les qualités divines. Ceux d'entre les hommes qui sont les plus parfaits, les meilleurs, sont les Manifestations du Soleil de vérité et l'on peut dire que les autres n'existent que par leur vouloir, n'agissent que par leur bonté. "Si ce n'était pour toi, Je n'eusse pas créé les cieux." En leur sainte présence rien n'existe plus, rien n'a plus de valeur. La langue ne peut convenablement chanter leurs louanges ni la parole dévoiler leurs mystères. Ces tabernacles de sainteté, ces miroirs qui réfléchissent une lumière glorieuse et éternelle, ne sont que les expressions de celui qui est l'Invisible des invisibles, avec tous ses noms et attributs : savoir, pouvoir, souveraineté, grandeur, miséricorde, sagesse, gloire, bonté et générosité. Et ces qualités appartiennent à toutes les Manifestations divines, à tous les grands Prophètes, à tous les Elus bien que quelques-uns semblent posséder ces qualités à un plus haut degré que les autres. Ils ne diffèrent que par l'intensité de leur révélation et la puissance comparée de leur lumière : "Nous élevâmes les prophètes les uns au-dessus des autres." Tu sais donc d'une façon certaine que les Prophètes et les Elus de Dieu sont les lieux éclatants de l'apparition de toutes les qualifications élevées et de tous les noms infinis. Quand bien même il te semblerait que l'une ou l'autre des qualités divines fit défaut à ces êtres supérieurs, tu n'as pas le droit de dire que les Prophètes en sont privés : toutes les qualités de Dieu, puissance, grandeur, etc., sont leur lot, même si elles ne sont pas apparentes pour tous, dans le monde matériel. C'est ce dont on ne peut douter. Comme les hommes n'ont pas pris, aux claires sources du divin savoir, l'explication des paroles sacrées, ils sont assoiffés et languissent dans la vallée du doute et de l'indifférence; ils se tiennent éloignés de la douce et fraîche fontaine, et sont retenus aux rivières d'amertume. Ainsi que l'a dit la colombe d'éternité : "Ils verront le sentier droit; et ne le prendront pas pour leur route mais, apercevant le chemin de l'égarement, ils le prendront pour leur route. Il en sera ainsi parce qu'ils ont traité mes signes de mensonge et n'y prêtaient aucune attention." C'est ce que nous avons vu se passer pour cette cause merveilleuse. Des milliers et des milliers de paroles divines ont été révélées du ciel du pouvoir et de la bonté, et cependant les hommes se sont tenus éloignés et ont écouté ceux qui n'en comprenaient pas le premier mot. Aussi ont-ils réussi à rendre douteuses des questions évidentes, et ils se sont privés du paradis du savoir divin et du jardin de la sagesse céleste ! Retournons à l'objet de ta question. Tu dis que la puissance du Qa'im est annoncée dans toutes les traditions et les Imams, et que cependant personne n'a encore pu la constater, puisque ses disciples ont été et sont encore l'objet de multiples persécutions, et qu'ils ont été réduits au dernier degré d'humiliation et d'impuissance. Certes, la puissance dont les Livres parlent au sujet du Qa'im est vraie, et l'on ne peut en douter. Mais ce n'est pas la puissance que le monde a imaginée. D'abord, tous les anciens Prophètes qui ont annoncé aux peuples la bonne nouvelle de la prochaine apparition, toutes ces anciennes Manifestations ont parlé dans leur Livre de la puissance de la Manifestation suivante. Et il n'y a là rien de spécial au Qa'im. Si nous considérons ces anciennes Manifestations, nous pouvons sans hésitation leur attribuer la force et la puissance et toutes les qualifications divines, et cela uniquement parce qu'elles sont les manifestations des qualifications invisibles et les aurores des divins mystères. De plus, la puissance exercée sur le monde entier par le Qa'im, qu'il soit ou non revêtu du pouvoir matériel, dépend uniquement de sa volonté propre. Tu n'ignores pas que, si les Livres anciens parlent de puissance, de richesse, de vie, de mort, de résurrection, ce n'est pas dans le sens qu'on donne communément à ces mots aujourd'hui. La puissance est ce pouvoir qui apparaît dans chaque Soleil de réalité, qui est en lui-même, et qui ne sert qu'à lui. C'est cette autorité interne qui agit surtout ce qui existe, et qui est rendue sensible suivant la réceptivité spirituelle des hommes. Aujourd'hui, la puissance de Muhammad est visible pour tous; mais au début, tu te souviens de ce qu'il en était ! Combien les méchants et les infidèles parmi les prêtres d'alors et leurs disciples ont fait subir de peines à cette Essence spirituelle, cet être pur et saint ! Ils allaient jusqu'à jeter des épines et des ronces sur son chemin; on sait que par leurs machinations impures et diaboliques, ils ne cherchèrent que son tourment, croyant ainsi trouver leur bonheur éternel ! Tous les prêtres d'alors, Abdu'llah-i-Ubayy, Abú-'Amir l'ermite, Ka'b-Ibn-i-Ashraf, Nadr-Ibn-i-Harith, le traitèrent de menteur, d'imbécile et d'autres termes pires encore que, prenant refuge en Dieu, je ne veux répéter : mon encre se tarirait, ma plume s'arrêterait, et ce papier se refuserait à les enregistrer. Oui, ces calomnies déchaînèrent la haine du peuple, et les tourments qu'on lui fit subir ne firent que s'accroître; car il est évident que lorsque les prêtres d'une époque se détournent d'un homme, et le traitent d'infidèle auprès de leurs disciples, le rejettent et le traitent de mécréant, il lui arrive ce qui m'est arrivé à moi-même, ce dont tous ont pu se rendre compte. C'est pour cela que Muhammad a dit : "Aucun prophète n'a souffert autant que moi." Combien de peines lui fit-on endurer qui nous sont relatées dans le Qur'an ! Reportez-vous-y, afin de comprendre les événements de sa révélation. L'animosité dont il était l'objet crût à un tel point que tous cessèrent d'avoir des relations avec lui et ses compagnons; car chaque fois qu'il allait visiter un disciple, sa venue était pour ce dernier une cause de persécutions. Je te citerai ici ce verset, qui, si tu en saisissais le sens, te ferait gémir tout le reste de ta vie sur ses persécutions; il a été révélé à Muhammad au milieu des pires tristesses et des pires tourments, lorsque tout le monde était contre lui. Gabriel, du Sadratu'l-Muntaha lui dit : "L'éloignement des infidèles pour la vérité te pèse; certes, si tu le pouvais, tu désirerais pratiquer un trou dans la terre, ou tu prendrais une échelle pour monter au ciel !" Autrement dit, il n'y avait pas moyen pour Muhammad, à moins de se cacher sous terre ou de s'envoler au ciel, d'échapper aux tourments causés par les infidèles ! Mais aujourd'hui, vois combien de rois se réclament de lui, combien de villes et de peuples s'abritent sous son égide, et s'enorgueillissent de lui être soumis : du haut des chaires, on répète son nom béni avec le plus grand éclat ! Et du haut des minarets on appelle le peuple à l'adorer. Quant à ceux des rois de la terre qui ne croient pas encore en lui, et qui n'ont pas dépouillé le vêtement de l'infidélité, ils confessent et reconnaissent pourtant la grandeur et l'élévation de ce Soleil de bonté. Telle est la suprématie terrestre qui, tu le voies lui appartient aujourd'hui. Il en est ainsi pour tous les Prophètes, soit durant leur vie, soit lorsqu'ils sont remontés à leur demeure réelle. Ce dont tu es témoin aujourd'hui confirme cette vérité. La puissance spirituelle, que Dieu leur a de tout temps destinée, les entoure aussi constamment, et ne les quitte jamais; elle rayonne pour toujours sur tout ce qui existe. Ne sais-tu pas comment, par sa seule parole, Muhammad distinguait la lumière de l'obscurité, la joie du malheur, la foi de l'infidélité ? Tous les présages et les indications concernant le dernier jour, la Résurrection, le Livre, le Jugement, etc., sont contenus dans la révélation de sa seule parole. Cette parole c'était la miséricorde pour les justes, pour ceux qui, entendant, disaient : "O Dieu, nous entendons et nous obéissons." C'était le châtiment pour les hommes pervers, qui après l'avoir entendue disaient : "Nous entendons, mais nous n'obéissons pas." C'était l'épée de Dieu, qui sépare les fidèles des méchants, et le père du fils. Ceux qui le reconnaissaient et ceux qui le niaient devenaient alors ennemis et cherchaient à se dépouiller mutuellement de leurs biens. Combien de pères se détournèrent de leur fils, combien d'amants haïrent leur maîtresse: Cette épée était tellement acérée et tranchante qu'elle séparait tous les parents ! Mais aussi, combien de gens sut-elle rapprocher en qui, depuis de longues années, le démon de l'égoïsme avait planté des germes de haine les uns contre les autres ! Ayant embrassé cette Cause supérieure, une telle affection les réunit qu'ils semblaient descendus d'un même père. La puissance du Verbe de Dieu est telle qu'elle unit les coeurs de ceux qui ont renoncé à tout sauf à lui, qui ont cru en ses signes et ont bu au Kawthar de la sainte gloire de Dieu que leur offraient les mains glorieuses. En outre, que de gens de diverses croyances et de tempéraments opposés ont revêtu les nouvelles robes d'union, et ont bu à la coupe d'unité dans la grâce du glorieux paradis et du céleste printemps embaumé ! - C'est ce que veut dire la fameuse Tradition : "L'agneau et le loup boiront à la même source." Considérez combien sont ignorants ceux qui, à l'exemple des anciens, s'attendent à voir ces animaux se réunir réellement pour un repas en commun ! Telle est la condition des hommes : on dirait qu'ils n'ont jamais bu à la coupe d'intelligence ni fait un pas sur la route du discernement ! Quel bien résulterait pour le monde de la réalisation effective de ces choses ? Et comme ce verset s'applique bien à eux : "Les hommes ont des coeurs avec lesquels ils ne comprennent rien, des yeux avec lesquels ils ne voient rien !" Chacun n'est-il pas jugé, rien que par ce verset descendu du ciel de la volonté de Dieu ? Ceux qui ont reconnu et accepté sa vérité ont vu tous leurs péchés pardonnés; et c'est ce qu'on veut dire lorsqu'on dit que Dieu juge rapidement les hommes, et change les péchés en bonnes actions; si tu réfléchis attentivement, et si avec sagesse tu considères l'horizon du savoir, tout cela te paraîtra clair. Quiconque vit selon la loi d'amour reçoit de la mer de bonté suprême et des nuages de miséricorde infinie la vie de la foi éternelle. Quiconque n'accepte pas la loi est soumis au contraire à la mort éternelle. La mort et la vie sont ici celles de la foi. Et c'est parce que les hommes n'ont pas compris cela qu'ils se sont révoltés contre chaque Manifestation, qu'ils ne se sont pas laissé conduire par le Soleil de direction, et qu'ils n'ont pas suivi la Beauté éternelle. Quand la lumière de la révélation coranique s'alluma dans le coeur de Muhammad il annonça aux gens le verdict du Dernier Jour, le verdict de la Résurrection, du Jugement, de la vie et de la mort. Cela suffit pour faire hisser les drapeaux de la révolte et ouvrir les portes des railleries, ainsi que l'a expliqué l'Esprit de Dieu : "Quand tu leur dis : Vous serez ressuscités après votre mort les infidèles répondent : C'est de la magie pure." Ailleurs : "Se peut-il qu'étant changés en poussière, nous devenions ensuite une création nouvelle ?" Et dans un mouvement de colère, Il dit : "Sommes-nous donc fatigués par la première création pour qu'ils doutent de la création nouvelle de la résurrection ?" Les lettrés et les érudits, attachés à la lettre des paroles coraniques, n'en comprirent pas le sens profond et voulurent appliquer ici les règles de la grammaire, disant : Lorsque le terme "idha" (signifiant "si" ou "quand") précède un verbe au passé, le verset doit être compris au futur. Mais ils ne purent expliquer les versets du Livre dans lesquels ce terme ne se trouve pas. Ainsi : "On sonne la trompette : voici le jour promis. Toute âme s'y achemine, et avec elle un conducteur qui la pousse et un témoin." En expliquant ces versets et d'autres semblables, ils supposent que le terme "idha" est implicite, ou bien, ne pouvant dire que cela s'applique au futur, ils disent que comme le jour de la Résurrection est absolument certain, Gabriel parle au présent, le considérant comme déjà arrivé. Combien ils sont stupides et sans discernement ! Ils n'ont pu comprendre la trompette de Muhammad pourtant si claire; ils se sont privés de ce divin appel, et ils attendent toujours la trompette du Séraphin de Dieu qui n'est qu'un de ses serviteurs. Ce Séraphin lui-même, l'ange du jour du Jugement, ainsi que ses semblables, ont-ils d'autre existence que par le Verbe de Muhammad ? Dis : quoi ! échangerez-vous ce qui est bon pour ce qui vous fait du mal ? Pitoyable est ce que vous avez échangé ! Vous êtes vraiment des gens mauvais qui ont subi une grande perte. La trompette dont il s'agit dans le Qur'an est celle de la révélation de Muhammad qui a résonné pour tout le monde; et le jour de la Résurrection est arrivé lorsqu'il s'est levé pour proclamer la cause de Dieu. Les négligents, enfermés dans leur corps comme dans la tombe, reçurent de lui le nouveau manteau de la foi. Il les fit vivre de la nouvelle et merveilleuse vie. C'est en voulant parler des mystères de la Résurrection, du Jugement, du Paradis et de l'Enfer que cette unique beauté, sous l'inspiration de Gabriel, révéla se verset : "Ils secoueront la tête et te demanderont : quand cela aura-t-il lieu ? Dis : il se peut que ce soit prochainement." N'est-ce pas suffisant pour quiconque réfléchit ? Dieu tout-puissant ! Combien ces gens étaient encore égarés lorsque Muhammad arriva, et avec lui le jour du Jugement, lorsque ses signes éclatants brillèrent sur le monde ! Ils se moquaient de lui alors et continuaient à adorer les idoles que leurs prêtres avaient créées dans leurs pensées stériles et vaines, ne prêtant aucune attention au soleil de la bonté divine ni à la rosée de la merci de Dieu ! Hélas ! Le scarabée ne pourra jamais sentir le parfum de sainteté éthérée du vrai savoir et la chauve-souris fuira toujours le soleil ! Et les mêmes faits se sont reproduits lors de l'apparition de chaque Manifestation. Comme l'a dit Jésus : "Vous devrez renaître à nouveau", et ailleurs : "Celui qui n'est pas né de l'eau et de l'esprit n'entrera pas dans le Royaume de Dieu, car celui qui est né de la chair est chair, et celui qui est né de l'esprit est esprit". Autrement dit, quiconque est né du souffle de l'esprit des saintes Manifestations lors de leurs apparitions est vivant, ressuscité; il entre dans le divin paradis d'amitié; sinon, la mort, la privation, le feu de l'infidélité, la colère de Dieu l'attendent. Dans toutes les Ecritures sacrées, nous voyons que ceux qui n'avaient pas bu aux coupes éthérées du vrai savoir, et dont le coeur n'avait pas reçu les grâces du Saint-Esprit au temps des Manifestations, ont été considérés comme morts, livrés à la géhenne, privés de vue, de coeur, d'entendement. Nous vous rappelons ce verset déjà cité : "Les hommes ont des coeurs avec lesquels ils ne comprennent rien." Dans les Evangiles, il est écrit qu'un jour un des disciples du Christ, qui avait perdu son père, vint lui demander la permission d'aller l'enterrer et de revenir ensuite. Cette essence du détachement dit : "Laissez les morts enterrer les morts" (saint Luc, IX, 60). On raconte aussi que deux habitants de Kúfih vinrent trouver 'Ali, Commandeur des croyants; l'un voulait vendre sa maison à l'autre qui désirait l'acheter; ils avaient décidé de s'en remettre à lui pour la rédaction et l'exécution du contrat. 'Ali, l'interprète de la loi de Dieu, dicta au scribe : "Un mort a acheté d'un autre mort une maison dont les quatre côtés sont : le premier le cercueil, le second le tombeau, le troisième le pont, le quatrième le paradis ou l'enfer." Si ces deux hommes s'étaient éveillés à la trompette vivifiante d'Ali, et s'ils avaient été ressuscités des tombes de négligence par l'amour de la Manifestation, ils n'auraient pas été traités de morts. Et à chaque âge, les Prophètes de Dieu n'ont eu d'autre but que d'affirmer la signification spirituelle des mots : "Vie", "Résurrection" et "Jugement". Si les hommes méditaient un peu dans leur coeur sur ces paroles d'Ali, ils découvriraient certainement tous les mystères cachés dans ces termes : "cercueil", "tombe", "pont" et "enfer". Hélas ! tous les hommes sont enfouis dans la tombe de leur être propre et dans le cercueil de leurs désirs terrestres ! Mais si vous buvez quelques gouttes de l'eau claire de la connaissance divine, vous saurez que la vraie vie est celle de l'esprit, non celle du corps. Car la vie de la chair est commune aux hommes et aux animaux, et seuls vivent véritablement les possesseurs d'un coeur éclairé qui boivent à la mer de la foi et cueillent les fruits de la certitude. Cette vie-là ne comporte pas de mort: cette immortalité est éternelle; "le Croyant est vivant dans ce monde et dans l'autre", dit la Tradition. Si cela se rapportait à la vie corporelle, cela n'aurait pas de sens, car il est certain que le croyant doit un jour mourir. - D'autres paroles, également dans les Ecritures, ont trait au même sujet. Tels, par exemple, ces versets sacrés au sujet de Hamzih, le Prince des Martyrs, et d'Abu-Jahl (oncles de Muhammad) : "Celui qui était mort et à qui nous avons donné la vie, à qui nous avons donné la lumière pour marcher au milieu des hommes, sera-t-il semblable à celui qui marche dans les ténèbres et qui n'en sortira point ?" On sait que Hamzih avait revêtu la robe bénie de la fidélité, tandis qu'Abú-Jahl s'était maintenu dans l'infidélité et la contradiction. De la source de l'omnipotence et de la sainteté éternelle est descendue pour Hamzih l'immortalité, et Abú-Jahl a été jugé mort. Alors s'accrut l'infidélité des infidèles, et les brises de l'éloignement continuèrent à souffler. Ils s'écrièrent : "Quand donc Hamzih a-t-il été mort, et quand est-il né à nouveau ? A quel moment cette vie lui a-t-elle été donnée ?" Et ne comprenant pas ces saintes paroles, et ne s'en tenant pas aux discours des interprètes de la Cause pour obtenir quelques gouttes du Kawthar de l'explication, ils remplirent le monde de troubles. Tu as pu le constater également de nos jours; les hommes qui avaient auprès d'eux le Soleil spirituel ont préféré, grands aussi bien que petits, suivre les ignorants et les méprisables manifestations de Satan, à qui ils continuèrent de poser leurs questions embarrassantes; ceux-ci, dans leur ignorance, s'efforçaient uniquement de ne pas leur dire des choses susceptibles de nuire à leurs intérêts. Il est clair que le moucheron ne recherche pas les souffles embaumés du musc éternel, et ne s'envole pas au jardin des fleurs divines. Comment pourrait-il alors respirer les essences parfumées et les faire ensuite respirer aux autres ? Tels ils sont et tels ils resteront. Nul n'atteindra à la connaissance du Verbe de Dieu s'il n'a cru en lui et s'il ne s'est détourné des manifestations de Satan. Ainsi, par la plume de gloire, sur les tablettes cachées dans les tentes majestueuses, Dieu a réaffirmé les lois du jour de sa révélation. Si tu considères les sens exotérique et ésotérique de ces explications, toutes les questions difficiles qui empêchent en ce jour les hommes de comprendre la signification du jour du jugement, te paraîtront claires. Et tu n'auras plus rien à demander. Dieu fasse qu'il en soit ainsi ! Je souhaite que tu ne retournes jamais, des rives de la mer divine, assoiffé et pauvre, et que tu ne reviennes jamais de la terre sacrée éternellement désirée sans en rapporter des richesses innombrables; nous verrons ensuite ce dont tes efforts et ton intelligence seront capables ! Quoi qu'il en soit, l'objet de ce discours était de te montrer ce qu'il faut entendre par la puissance du Roi des rois. Cette puissance qui, par une seule parole, une seule lettre, peut disposer de tout, vaincre et dominer toutes choses, n'est-elle pas plus grande que la puissance des rois de la terre qui, en dépit de leur sollicitude pour leurs sujets et de leur assistance à ceux qui sont dans le besoin, arrivent tout juste à se faire obéir mais ne sont au fond jamais aimés ni respectés ? La vraie puissance, au contraire, avec une seule parole, a soumis le monde entier et a conféré l'existence à tous les êtres. "Quelle différence il y a entre la poussière terrestre et le Roi des rois !" En effet, comment les comparer ? Rien ne peut être mis en parallèle avec le saint royaume, dont les plus humbles serviteurs sont les véritables rois de l'univers. Nous t'avons donné cette explication de la puissance, selon ce que les hommes sont aptes à en connaître. Quant à la Cause première de tous les êtres, à l'aspect merveilleux, bien d'autres puissances lui appartiennent, que cet opprimé ne peut pas révéler encore, car les hommes n'en sont pas dignes. Gloire soit à lui qui est plus puissant qu'on ne sait et plus glorieux qu'on ne peut dire ! Je te ferai simplement observer que s'il s'agissait d'une puissance et d'une domination purement terrestres, qui soumettraient tout le monde, et qui feraient que les croyants recevraient mille honneurs et vivraient dans la paix tandis que les infidèles seraient abandonnés à leurs misères, une pareille puissance ne saurait être celle du Dieu de gloire, dont chacun cependant reconnaît la grandeur. Ne vois-tu pas en effet combien de territoires appartiennent encore aux incroyants qui agissent tous contre ses désirs et se détournent de lui, négligeant ses instructions et faisant ce qu'il a défendu ? Et ses amis n'ont-ils pas été les victimes de la tyrannie de ses ennemis ? Tout cela est aussi évident que le jour. Sache donc, ô chercheur de la vérité, que Dieu et ses élus ne tiennent en aucune façon à cette puissance terrestre, et n'y tiendront jamais. De plus, s'il s'agissait d'une conquête et d'une suprématie terrestres, alors comment expliquerais-tu qu'il soit écrit : "Nos armées leur procurent la victoire", et ailleurs : "Ils veulent éteindre la lumière de Dieu avec leur bouche; mais Dieu ne veut que rendre sa lumière plus parfaite, dussent les infidèles en concevoir du dépit." Et ailleurs : "Il a la victoire sur toutes choses." Presque tout le Qur'an est conçu en ces termes. S'il fallait accepter l'interprétation des ignorants et des pervers, nous en viendrions à renier toutes ces paroles sacrées et ces signes éternels. Car il n'y a pas eu de guerrier plus près de Dieu que Husayn, fils d'Ali, et sur terre il n'eut pas son semblable. Et vous savez ce qui lui est arrivé ! "Que la malédiction de Dieu soit sur les infidèles !" Si vous expliquez ces paroles matériellement, elles ne s'appliquent pas le moins du monde aux élus et à leurs armées, car Husayn dont l'héroïsme était aussi évident que le soleil, au dernier degré de l'oppression et de la misère, fut martyrisé dans le pays de Taf (Karbila). Reportons-nous encore aux passages du Qur'an que nous venons de citer. Si nous traduisons ces passages matériellement, comment les comprendre, car dans le monde matériel, la lumière de Dieu a souvent été obscurcie, et les lampes éternelles ont été éteintes bien des fois. Où trouver alors la victoire de Dieu et que signifie : Dieu ne veut que rendre sa lumière plus parfaite ? Ainsi que nous l'avons vu, l'inimitié des infidèles était si grande qu'aucun de ces astres divins n'a pu trouver le repos ni boire à la coupe de la tranquillité. L'oppression de ces essences de l'Etre était si grande que n'importe qui les faisait souffrir selon son bon vouloir. Tout le monde en a témoigné. Comment donc de telles personnes peuvent comprendre et expliquer ces paroles de Dieu, ces versets éternellement glorieux ? Mais le sens de ces versets n'est pas celui qu'ils ont imaginé : victoire, puissance, domination ont trait à tout autre chose que ce qu'ils pensent. Vois par exemple quelle a été la victoire remportée par les gouttes du sang de Husayn, coulant sur la terre ! et comment, ensuite, la poussière même du sol acquit la victoire et l'influence sur le corps et l'esprit des hommes ! Cette poussière guérissait les malades; le croyant qui en rapportait un peu chez lui voyait en elle une protection pour tous ses biens, tant était grande l'influence qu'on lui attribuait ! Et si je t'expliquais tous les mystères de cette influence, tu dirais que je lui donne la puissance du Très-Haut, et que je suis maintenant du nombre des infidèles ! Vois aussi : bien qu'on l'ait martyrisé avec la plus grande cruauté, que personne ne se soit trouvé là pour venir à son secours ni pour lui rendre les derniers honneurs et l'ensevelir, de tous les points du monde les gens accourent aujourd'hui en foule en pèlerinage appuyer leur tête sur le seuil de sa dernière demeure ! N'est-ce pas encore ici la victoire et le pouvoir célestes, la grandeur et la force divines ? Et ne va pas dire que tout cela ne survint qu'après sa mort, et qu'il n'en retira aucun profit, car, au contraire, il vit toujours de la vie divine, il siège au divan inaccessible de l'approche, à l'ombre des arbres élevés de la rencontre ! Les joyaux de l'existence sont tous prêts à sacrifier leur vie, leurs biens, leur âme, dans le chemin du Bien-Aimé; et aucune condition n'a pour eux plus d'attrait que celle-là. L'amant ne désire que le plaisir de l'amante, et ne recherche que sa rencontre ! Si je voulais t'expliquer tant soit peu les mystères du martyre de Husayn et ses fruits, il est certain que ces lignes ne sauraient y suffire. Je souhaite que Dieu fasse souffler les brises de sa merci, et que le printemps divin pare l'arbre de l'existence de la robe d'une vie nouvelle : nous pourrons alors comprendre les secrets de la sagesse divine et, grâce à sa bonté nous saurons nous passer de tout enseignement. Jusqu'ici nous n'avons découvert que quelques êtres sans aucun renom qui ont atteint cette condition. Plus tard nous verrons ce qui arrivera, selon les jugements divins, et ce qui s'élèvera de la tente des commandements ! Ainsi, nous t'expliquons les merveilles de la cause de Dieu, et nous t'apportons les chants du Paradis, afin que tu atteignes la parfaite connaissance, et que tu en reçoive les fruits. Saches donc d'une façon certaine que si ces soleils élevés semblent assis dans la poussière, ils résident sur le trône glorieux; s'ils paraissent être dans la plus grande pauvreté, ils s'envolent aux seuils de la richesse; quand ils sont affligés aux mains des ennemis, ils reposent dans la puissance et la victoire; lorsqu'ils sont dans la pire humiliation, ils règnent dans les palais de la gloire éternelle; et lorsqu'ils semblent réduits à la plus grande incapacité, ils reçoivent les attributs d'une souveraineté invincible. C'est ainsi que Jésus, fils de Marie, s'asseyant un jour au milieu de ses disciples leur dit, sous l'inspiration du Saint-Esprit : "O peuple, ma nourriture consiste uniquement dans les plantes sauvages avec lesquelles j'apaise ma faim; mon lit est le sol de la terre; ma lampe, la nuit, est la lumière de la lune; je n'ai pas d'autre monture que mes pieds; et pourtant qui sur terre est plus riche que moi ?" Je jure par Dieu que cent mille trésors enveloppent une telle pauvreté, et cent mille royaumes de gloire attendent cette humiliation. Et si tu obtenais seulement une parcelle de la signification de ce discours, tu renoncerais à ce monde de possessions et, comme le phénix, tu donnerais ta vie pour qu'elle soit consumée dans le feu immortel. On raconte de même qu'un jour Sadiq (un des douze Imams) répondit à un de ses disciples qui se plaignait à lui de sa pauvreté : "Tu es riche, et tu as bu du vin de la fortune." Le pauvre homme se demandait ce que voulait dire cet esprit éclairé. "Comment ! je suis riche, et je n'ai pas la moindre monnaie ! - N'as-tu pas mon amour ? - Oui, ô descendant du Prophète ! - L'échangerais-tu pour mille dinars ? - Pour tout le monde et son contenu je ne le donnerais pas ! - Celui qui possède une telle richesse peut-il se dire pauvre ?" La pauvreté, la richesse, l'humiliation, la gloire, la puissance et tout ce à quoi les ignorants attachent de l'importance deviennent pur néant dans cette cour. Car il est dit : "O hommes, vous êtes des indigents ayant besoin de Dieu, et Dieu est riche." La richesse consiste donc à être détaché de tout ce qui n'est pas Dieu; la pauvreté est au contraire la privation des bienfaits de Dieu. Un jour, comme les juifs avaient demandé à Jésus, fils de Marie, d'avouer qu'il était le Messie et le Prophète, afin de pouvoir le condamner comme infidèle à la peine de mort, lui qui était l'astre de la révélation divine, ils l'amenèrent devant Pilate et devant Caïphe, le grand prêtre d'alors, assemblés avec les plus éminents docteurs. Un nombreux public assistait à la séance, raillant et maudissant Jésus. Aux questions réitérées de ses juges, il garda le silence. Enfin, un maudit d'entre les hommes vint en face de lui et dit : "N'as-tu pas dit; Je suis le Messie, le Roi des rois, ma parole est le Verbe de Dieu, le destructeur du Sabbat ?" Alors Jésus releva la tête et dit : "Ne voyez-vous pas le Fils de l'homme assis à la droite du pouvoir et de la toute puissance ?" Et cependant, en apparence, il n'avait d'autre pouvoir que le pouvoir intérieur venant de Dieu, qui se trouve dans tout ce qui est au ciel et sur la terre ! Tu sais ce qu'on fit de lui et comment on le traita après qu'on eut entendu sa réponse. On finit par le martyriser et le tuer, et il est ainsi monté au quatrième ciel. De même, dans l'évangile de saint Luc, il est écrit qu'un jour Jésus, visitant un juif paralytique étendu sur son lit, fut immédiatement reconnu par ce dernier qui lui demanda de le guérir. Jésus répondit : "O homme, tes péchés ont été pardonnés." Ceux qui avaient assisté à l'entretien se révoltèrent : "Qui d'autre que Dieu a le pouvoir de pardonner les péchés ?" Jésus se retourna et dit : "Qu'est-ce qu'il est plus difficile de dire : lève-toi et emporte ton lit, ou bien, tes péchés te sont pardonnés ?" Et afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre l'autorité de pardonner les péchés, "lève-toi, dit-il au juif, et emporte ton lit"; et en même temps il emporta son lit. Tels sont la réelle puissance et le pouvoir des élus de Dieu. En te donnant ces différents exemples, je veux te faire comprendre la signification des symboles employés par les élus de Dieu, afin que tu te sentes rassuré, que l'inquiétude ne saisisse pas ton coeur. Ainsi d'un pas ferme nous pourrons avancer sur le chemin de la certitude afin que la brise de la satisfaction de Dieu souffle du jardin de l'acceptation, et que les hommes atteignent le royaume de la gloire éternelle. Alors tu comprendras ce que veut dire royaume dans les Saintes Ecritures. Et tu verras comment, de même que les juifs et les chrétiens, s'en tenant à l'interprétation erronée de leurs Livres, se sont élevés contre Muhammad, de même et pour les mêmes raisons les hommes de nos jours qui suivent le Qur'an se révoltent contre le Point du Bayan (Que tous les habitants du royaume des révélations divines soient sacrifiés pour lui !) Quels ignorants ! ils répètent aujourd'hui, sans le savoir, les mêmes choses que les juifs autrefois ! Ces paroles de Dieu à leur égard ne sont-elles pas admirables ? "Laisse-les se divertir par leurs frivoles discours." "Par ta vie, ó Muhammad, ils sont comme étourdis dans leur ivresse." Quand l'Eternel invisible, l'Identité immortelle a fait surgir le soleil de Muhammad de l'horizon du savoir, une des raisons dont les prêtres juifs se servaient pour le contredire était qu'après Moïse aucun Prophète ne devait plus venir : "ll est écrit dans le Livre, disaient-ils, qu'une Manifestation doit se produire, mais uniquement pour promouvoir le peuple de Dieu, Moïse et sa Loi, jusqu'à ce que la religion de la Bible devienne universelle. Telle est la parole divine." Le Roi de Gloire éternelle a rapporté ainsi dans son livre les paroles erronées de ces égarés : "Les juifs disent : La main de Dieu est enchaînée. Que leurs mains soient enchaînées à leur cou; qu'ils soient maudits pour prix de leurs blasphèmes ! Loin de là, les deux mains de Dieu sont ouvertes", et aussi : "La main de Dieu est posée sur leurs mains." Les commentateurs les plus érudits ne sont pas d'accord sur les circonstances de la révélation de ces versets. Mais considérez-en l'esprit : Ce n'est pas, ainsi que les juifs l'ont cru, qu'après avoir créé Moïse et en avoir fait un Prophète, Dieu ait fermé sa main et se soit interdit d'en envoyer un autre après lui. Quelle interprétation insignifiante ! comme elle est loin du chemin de la sagesse et de l'intelligence ! Aujourd'hui, cependant, tout le monde raisonne ainsi sur ces paroles imagées qu'on lit depuis plus de mille ans. Et depuis plus de mille ans qu'on critique les juifs, on dit en public et en particulier les mêmes choses qu'eux. De même qu'ils disaient : Toutes les Manifestations sont terminées, les portes de la miséricorde sont closes, aucun soleil n'apparaîtra plus de l'aurore spirituelle, aucune vague ne surgira plus de la mer éternelle, aucune Manifestation ne sortira plus des tentes invisibles de Dieu..., de même les ignorants parlent aujourd'hui. Tel est le degré de compréhension de ces petits esprits méprisables.