#===================================================== # Source: WWW.RELIGARE.ORG #===================================================== Religion: baha'ie Livre: Les bases de l'unité du monde Edition: MEB, D/1981/1547/10 ;=========================================================== Chapitre: Le véritable modernisme Toutes les choses créées ont leur degré ou stade de maturité. La période de maturité dans la vie d'un arbre est celle où il porte ses fruits. La maturité d'une plante est l'époque de sa floraison. L'animal parvient à un stade de pleine croissance et de perfection, et dans le règne humain l'homme atteint sa maturité lorsque les lumières de l'intelligence ont leur plus grand pouvoir et leur plus grand développement. Du début à la fin de sa vie, l'homme traverse certaines périodes ou stades dont chacun est marqué par certaines conditions qui lui sont propres. Pendant la période de son enfance, par exemple, ses conditions et ses besoins sont caractéristiques de ce degré d'intelligence et de capacité. Après un certain temps, il entre dans la période de la jeunesse dans laquelle ses conditions et ses besoins antérieurs sont remplacés par de nouvelles exigences dues à son degré plus avancé. Ses facultés d'observation s'élargissent et s'approfondissent, les capacités de son intelligence se forment et s'éveillent, les limites et l'environnement de l'enfance ne restreignent plus ses énergies et ses talents. Il sort enfin de la période de la jeunesse pour pénétrer dans le stade ou degré de maturité qui nécessite une autre transformation et une avance correspondante dans la sphère d'activités de sa vie. De nouvelles facultés et de nouvelles perceptions lui sont données, un enseignement et une formation proportionnés à sa progression occupent son esprit, des grâces et des dons spéciaux lui sont accordés proportionnellement à ses capacités accrues, et la première période de sa jeunesse et ses conditions ne satisferont plus la maturité de ses opinions et de son point de vue. De façon similaire, il y a des périodes et stades dans la vie de l'ensemble du monde de l'humanité qui, à un certain moment, traverse son degré d'enfance, à un autre sa période de jeunesse, mais qui a pénétré maintenant dans sa période de maturité prédite depuis longtemps et dont les évidences sont partout visibles et apparentes. Les exigences et les conditions des premières périodes ont de ce fait changé et ont été absorbées par des exigences qui caractérisent distinctement l'âge actuel du monde de l'humanité. Ce qui convenait aux besoins humains au début de l'histoire de la race ne pourrait suffire ou satisfaire les exigences de ce jour et de cette période de nouveauté et d'accomplissement. L'humanité a émergé de ses anciennes conditions de limitation et de formation préliminaire. L'homme doit maintenant se pénétrer de nouvelles vertus et de nouveaux talents, de nouvelles morales, de nouvelles capacités. De nouvelles grâces, de nouveaux dons et de nouvelles perfections l'attendent et descendent déjà sur lui. Les dons et les grâces de la période de jeunesse, bien qu'opportuns et suffisants pendant l'adolescence du monde de l'humanité, sont maintenant incapables de faire face aux nécessités de sa maturité. Les jouets du bas âge et de l'enfance ne satisfont plus ou n'intéressent plus l'esprit adulte. Le monde de l'humanité subit une réforme à tous les points de vue. Les lois des civilisations et des gouvernements précédents sont en cours de révision, les idées et les théories scientifiques se développent et avancent pour faire face à une nouvelle gamme de phénomènes, l'invention et la découverte pénètrent des champs jusqu'ici inconnus, révélant de nouvelles merveilles et des secrets cachés de l'univers matériel; les industries ont un champ et une production beaucoup plus vastes; le monde de l'humanité est partout dans les affres d'une activité évolutionnaire indiquant la fin des conditions anciennes et la venue du nouvel âge de reformation. Les vieux arbres ne donnent pas de fruits; les vieilles idées et les vieilles méthodes sont maintenant surannées et sans valeur. Les anciens standards de l'éthique, des codes moraux et des méthodes de vie du passé ne suffiront pas à l'époque actuelle d'avancement et de progrès. C'est également le cycle de la maturité et de la réforme de la religion. Les imitations dogmatiques des croyances ancestrales arrivent à leur fin. Elles ont été l'axe autour duquel la religion évoluait, mais elles ne portent plus de fruits maintenant; au contraire, elles sont devenues en ce jour la cause de la dégradation et du retard humains. La bigoterie et l'attachement dogmatique aux anciennes croyances sont devenus la source centrale et fondamentale de l'animosité parmi les hommes, l'obstacle au progrès humain, la cause de la guerre et de l'opposition, les destructeurs de la paix, de la tranquillité d'esprit et du bien-être dans le monde. Considérez la condition des Balkans aujourd'hui; les pères, les mères et les enfants pleurent et se lamentent, les fondements de la vie sont renversés, les villes sont détruites et les terres fertiles dévastées par les ravages de la guerre. Ces conditions sont le résultat de l'hostilité et de la haine entre les nations et les peuples religieux qui contrefont les formes, s'y attachent, et violent l'esprit et la réalité des enseignements divins. Tandis que ceci est véritable et apparent, il est également évident que le Seigneur de l'humanité a accordé au monde des grâces infinies en ce siècle de maturité et d'accomplissement. L'océan de la miséricorde divine déferle, les ondées printanières se déversent, le Soleil de Réalité brille dans toute sa gloire. Des enseignements divins applicables à l'avancement des conditions humaines ont été révélés en cet âge clément. Cette réforme et ce renouvellement de la réalité fondamentale de la religion constituent l'esprit véritable et avancé du modernisme, la lumière évidente du monde, l'éclat manifeste de la parole de Dieu, le remède divin pour tous les maux humains, et la munificence de la vie éternelle pour toute l'humanité. ;=========================================================== Chapitre: La source de réalité Dans notre système solaire, le centre d'illumination est le soleil lui-même. Par la volonté de Dieu, ce luminaire central est la seule source de l'existence et du développement de tous les phénomènes. Lorsque nous observons les organismes des règnes matériels, nous découvrons que leur croissance et leur formation dépendent de la chaleur et de la lumière du soleil. Sans cette impulsion vivifiante, aucun arbre ni aucune végétation ne pousserait, pas plus que ne serait possible l'existence de l'animal ou de l'homme; en fait, aucune forme de vie créée ne serait manifeste sur la terre. Mais si nous réfléchissons profondément, nous sentirons que le grand dispensateur et donneur de vie est Dieu; le soleil est l'intermédiaire de sa volonté et de son plan. Sans la générosité du soleil le monde serait donc dans l'obscurité. Toute l'illumination de notre système planétaire provient ou émane du centre solaire. Il doit y avoir pareillement dans le domaine spirituel de l'intelligence et de l'idéalisme un centre d'illumination, et ce centre est le Soleil éternel et toujours brillant, la parole de Dieu. Ses lumières sont les lumières de réalité qui ont brillé sur l'humanité, illuminant le royaume de la pensée et de la morale, conférant à l'homme les générosités du monde divin. Ces lumières, qui répandent dans un éclat resplendissant le message des bonnes nouvelles du royaume de Dieu, sont la cause de l'éducation des âmes et la source de l'instruction des coeurs. En résumé. le monde moral et éthique et le monde de la régénération spirituelle dépendent pour leur progression de ce centre d'illumination céleste. Il apporte la lumière de la religion et dispense la vie de l'esprit, il inculque à l'humanité des vertus archétypes et confère des splendeurs éternelles. Ce Soleil de Réalité, ce Centre de splendeur est le Prophète ou Manifestation de Dieu. De même que le soleil phénoménal brille sur le monde matériel, produisant vie et croissance, le soleil spirituel ou prophétique illumine le monde humain de la pensée et de l'intelligence, et s'il ne se levait pas à l'horizon de l'existence humaine, le royaume de l'homme tomberait dans l'ignorance et s'éteindrait. Le Soleil de Réalité est un soleil unique, mais il se lève en différents endroits, de même que le soleil phénoménal est unique bien qu'il apparaisse en divers points de l'horizon. Au printemps le luminaire du monde physique se lève très au nord des régions équinoxiales, en été il se lève à mi-chemin, et en hiver il paraît au point le plus au sud de son voyage dans le zodiaque. Ces printemps ou points du jour varient beaucoup, mais le soleil est toujours le même soleil, qu'il s'agisse du luminaire phénoménal ou spirituel. Les âmes qui règlent leur vision sur le Soleil de Réalité recevront la lumière de quelque point qu'elle apparaisse, mais celles qui sont entravées par l'adoration du point du Jour en sont privées lorsqu'il apparaît à un point différent de l'horizon spirituel. Plus encore, de même que le cycle solaire a ses quatre saisons, le cycle du Soleil de Réalité a ses périodes distinctes et successives. Chaque cycle apporte son printemps. Lorsque le Soleil de Réalité revient pour vivifier le monde de l'humanité, une bonté divine descend du ciel de générosité. Le domaine des pensées et des idéaux est mis en mouvement et béni d'une vie nouvelle. Les esprits se développent, les espoirs deviennent brillants, les aspirations spirituelles, les vertus du monde humain apparaissent avec un pouvoir de croissance rafraîchi, et l'image et la ressemblance de Dieu deviennent visibles dans l'homme. C'est le printemps du monde intérieur. Après le printemps vient l'été avec son abondance et ses fruits spirituels, l'automne suit avec ses vents desséchants qui glacent l'âme; le soleil semble se retirer jusqu'à ce qu'enfin le manteau de l'hiver recouvre tout et que ne subsistent que de faibles traces de la générosité de ce soleil divin. De même que la surface du monde matériel devient sombre et lugubre, le sol assoupi, les arbres nus et dépouillés, et qu'aucune beauté ou fraîcheur ne reste pour égayer l'obscurité et la désolation, l'hiver du cycle spirituel voit la mort et la disparition de la croissance divine et l'extinction de la lumière et de l'amour de Dieu. Mais à nouveau le cycle commence et un nouveau printemps apparaît. En lui est revenu le printemps précédent, le monde est ressuscité, illuminé, et acquiert la spiritualité; la religion est renouvelée et réorganisée, les coeurs se tournent vers Dieu, les commandements de Dieu sont à nouveau entendus et la vie est à nouveau donnée à l'homme. Pendant longtemps le monde religieux s'était affaibli et le matérialisme avait progressé, les forces spirituelles de vie s'estompaient, la morale se dégradait, la quiétude et la paix disparaissaient des esprits et les qualités sataniques dominaient les coeurs, l'opposition et la haine obscurcissaient l'humanité, les effusions de sang et la violence prévalaient. On négligeait Dieu, le Soleil de Réalité semblait avoir complètement disparu, la privation des bontés divines était un fait, et ainsi la saison de l'hiver tombait sur l'humanité. Mais par la générosité de Dieu, un nouveau printemps se faisait jour, les lumières de Dieu brillaient à nouveau, l'éclatant Soleil de Réalité revenait et devenait manifeste, le domaine des pensées et le royaume des coeurs se réjouissaient, un nouvel esprit de vie soufflait dans le corps du monde et un progrès continu devenait apparent. Je souhaite que les lumières du Soleil de Réalité illuminent le monde entier afin qu'il ne reste ni opposition, ni guerre, ni batailles ni effusions de sang. Puisse-t-on ne pas connaître le fanatisme et la bigoterie religieuse, puisse toute l'humanité connaître le lien de la fraternité, les âmes s'unir en parfait accord, les nations de la terre hisser enfin la bannière de la vérité, et les religions du monde pénétrer dans le temple divin de l'unité, car les bases des religions divines ne sont qu'une réalité. La réalité est indivisible, elle n'admet pas la multiplicité. Toutes les saintes manifestations de Dieu ont proclamé et promulgué la même réalité. Elles ont invité l'humanité à la réalité elle-même, et la réalité est une. Les nuages et les brumes des imitations ont obscurci le Soleil de Vérité. Nous devons abandonner ces imitations, disperser ces nuages et ces brumes, et libérer le Soleil de l'obscurité de la superstition. Alors le Soleil de Vérité brillera avec la plus grande gloire; alors tous les habitants du monde seront unis, les religions seront une, les sectes et les dénominations seront réconciliées, toutes les nationalités se rejoindront dans la reconnaissance d'une seule paternité, et tous les degrés du genre humain se rassembleront à l'abri du même tabernacle, sous la même bannière. Jusqu'à ce que la civilisation divine soit fondée, aucun résultat ne sera obtenu de la civilisation matérielle, comme vous l'observez. Voyez quelles catastrophes accablât l'humanité. Considérez les guerres qui troublent le monde. Considérez l'inimitié et la haine. L'existence de ces guerres et de ces conditions indique et prouve que la civilisation divine n'a pas encore été établie. Si la civilisation du royaume s'étend à toutes les nations, cette poussière de désaccord sera dispersée, ces nuages disparaîtront, et le Soleil de Réalité brillera sur l'humanité, dans son éclat le plus grand et sa plus grande gloire. ;=========================================================== Chapitre: L'aurore de la paix La paternité de Dieu, sa tendre bienveillance et sa bienfaisance sont apparentes à tous. Dans sa miséricorde Il pourvoit complètement et largement ses créatures et Il ne prive pas de sa bonté une âme qui pèche. Toutes les choses créées sont les manifestations visibles de sa paternité, de sa miséricorde et de ses dons célestes. La fraternité humaine est de même aussi claire et évidente que le soleil, car tous sont les serviteurs d'un seul Dieu, appartiennent à un seul genre humain, habitent le même globe, s'abritent sous le dôme protecteur des cieux, et sont plongés dans la mer de la miséricorde divine. La fraternité et la dépendance humaines existent parce que l'entraide mutuelle et la coopération sont les deux principes nécessaires sous-jacents au bien-être humain. Ceci est la parenté physique du genre humain. Il y a une autre fraternité, la fraternité spirituelle, qui est plus élevée, plus sainte, supérieure à toutes les autres. Elle est divine, elle émane des souffles du Saint-Esprit et de la splendeur des attributs miséricordieux, elle est fondée sur les prédispositions spirituelles. Cette fraternité est établie par les manifestations du Très-Saint. Depuis Adam, les manifestations divines ont lutté pour unir l'humanité afin que tous les hommes soient considérés comme une seule âme. La fonction et le dessein d'un berger sont de rassembler et non de disperser son troupeau. Les prophètes de Dieu ont été les bergers divins de l'humanité. Ils ont établi un lien d'amour et d'unité parmi le genre humain; de peuples éparpillés ils ont fait une nation, et de tribus errantes un royaume puissant. Ils ont posé les bases de l'unité de Dieu et invité chacun à la paix universelle. Toutes ces saintes et divines manifestations sont une. Elles ont servi un seul Dieu, promulgué la même vérité, fondé les mêmes institutions et reflété la même lumière. Leurs apparitions ont été successives et corrélatives, chacune a annoncé et exalté celle qui devait suivre et toutes ont posé la base de la réalité. Elles ont appelé et invité les gens à s'aimer et ont fait du monde humain un miroir de la parole de Dieu. De ce fait, les religions divines qu'elles ont établies ont une seule base, leurs enseignements, preuves et évidences sont les mêmes; elles diffèrent dans leurs noms et dans leurs formes, mais elles s'accordent et sont les mêmes dans leur réalité. Ces saintes manifestations ont été comme la venue du printemps dans le monde. Bien que le printemps de cette année soit désigné par un autre nom selon le changement de calendrier, si l'on considère sa vigueur et son effet vivifiant, c'est le même printemps que celui de l'année dernière. Car chaque printemps est l'époque d'une création nouvelle dont les effets, les dons, les perfections et les forces dispensatrices de vie sont les mêmes que ceux des saisons printanières précédentes, bien que leurs noms soient nombreux et variés. Nous sommes en 1912, l'année dernière nous étions en 1911, et ainsi de suite, mais dans la réalité fondamentale aucune différence n'est apparente. Le soleil est unique, mais les points de l'horizon où il se lève sont nombreux et changent. L'océan est une seule masse d'eau, mais ses différentes parties ont une désignation particulière : Atlantique, Pacifique. Méditerranée, Antarctique, etc. Si nous considérons les noms il y a une différenciation, mais l'eau, l'océan lui même, est une seule réalité. De même, les religions divines des saintes manifestations de Dieu sont en réalité une, bien qu'elles diffèrent dans leurs noms et leurs nomenclatures. L'homme doit aimer la lumière, de quelque source qu'elle apparaisse. Il doit aimer la rose, quel que soit le sol dans lequel elle pousse. Il doit rechercher la vérité. de quelque source qu'elle provienne. S'attacher à la lanterne ne veut pas dire aimer la lumière. S'attacher à la terre n'est pas bienséant, mais jouir de la rose qui se développe à partir du sol est respectable. La dévotion à l'arbre n'est pas profitable, mais le partage des fruits est bénéfique. On doit savourer les fruits succulents, de quelque arbre qu'ils proviennent ou dans quelque endroit qu'on les trouve. La parole de vérité doit être sanctionnée, dans quelque langue qu'elle soit dite. Les vérités absolues doivent être acceptées, quel que soit le livre dans lequel elles sont rapportées. Si nous entretenons les préjugés, il en résultera privation et ignorance. La lutte entre les religions, les nations et les races, s'élève de l'incompréhension. Si nous examinons avec soin les religions pour découvrir les principes sous-jacents à leurs bases, nous trouverons qu'elles s'accordent, car leur réalité fondamentale est une et non multiple. C'est par ce moyen que les fanatiques du monde trouveront leur point d'unité et de réconciliation. Ils constateront cette vérité : que le but de la religion est l'acquisition de vertus louables', l'amélioration de la morale, le développement spirituel de l'humanité, la vie véritable et les dons divins. Tous les prophètes ont été les promoteurs de ces principes; aucun d'entre eux n'a été le promoteur de la corruption, du vice ou du mal. Ils ont tous convié le genre humain au bien en tout. Ils ont uni les peuples dans l'amour de Dieu, ils les ont invités aux doctrines d'unité du genre humain et les ont exhortés à l'amitié et à l'entente. Nous mentionnerons par exemple Abraham et Moïse. Par cette mention, nous ne voulons pas dire la limitation impliquée dans leurs simples noms, mais les vertus que ces noms renferment. Lorsque nous disons "Abraham", nous voulons dire une manifestation de direction divine, un centre de vertus humaines, une source de dons célestes envers le genre humain, l'aurore de l'inspiration et des perfections divines. Ces grâces et perfections ne sont pas limitées aux noms et aux personnes. Quand nous trouvons ces vertus, ces qualités et attributs dans une personnalité, nous distinguons la même réalité émanant d'elle et nous nous inclinons en y reconnaissant les perfections d'Abraham. Nous reconnaissons et adorons de façon similaire la beauté de Moïse. Quelques âmes s'attachaient au nom d'Abraham, aimant la lanterne au lieu de la lumière, et quand elles virent cette même lumière briller dans une autre lanterne elles étaient si attachées à la première lanterne qu'elles ne reconnurent pas son apparition suivante et sa clarté. Celles qui étaient attachées et se tenaient avec ténacité au nom d'Abraham furent privées lorsque les vertus d'Abraham réapparurent en Moïse. De même, les juifs croyaient en Sa Sainteté Moïse, attendant la venue du messie. Les vertus et perfections de Moïse devinrent apparentes dans Sa Sainteté Jésus-Christ avec plus d'éclat mais les juifs s'en tinrent au nom de Moïse, n'adorant pas les vertus et perfections qui étaient manifestes en lui. S'ils avaient adoré ces vertus et recherché ces perfections, ils auraient assurément cru en Sa Sainteté Jésus-Christ lorsque brillèrent en lui les mêmes vertus et perfections. Si nous aimons la lumière, nous l'adorons dans quelque lampe qu'elle devienne manifeste, mais si nous aimons la lampe elle-même nous n'accepterons et ne sanctionnerons pas la lumière lorsqu'elle sera transférée dans une autre lampe. En conséquence, nous devons suivre et adorer les vertus révélées dans les messagers de Dieu, que ce soit dans Abraham, Moïse, Jésus ou dans d'autres prophètes, mais nous ne devons pas adhérer à la lampe et l'adorer. Nous devons reconnaître le soleil de quelque point de l'horizon qu'il puisse briller, que ce soit le point mosaïque, abrahamique ou quelque autre point particulier d'orientation, car nous aimons la lumière du soleil et non l'orientation. Nous aimons la clarté, non les lampes et les bougies. Nous cherchons l'eau, de quelque rocher qu'elle puisse jaillir. Nous avons besoin de fruits, quel que soit le verger dans lequel ils puissent mûrir. Nous désirons ardemment la pluie, et peu importe le nuage qui la déverse. Nous ne devons pas être entravés. Si nous renonçons à ces entraves nous serons d'accord, car nous cherchons tous la réalité. La contrefaçon ou l'imitation de la vraie religion a faussé la croyance humaine et les bases ont été perdues de vue. La variation de ces imitations a eu pour résultat l'inimitié et l'opposition, la guerre et l'effusion de sang. Maintenant, le glorieux et brillant vingtième siècle est apparu et la grâce divine rayonne universellement. Le Soleil de Vérité brille d'une lumière intense. Ce siècle est véritablement le siècle où ces imitations doivent être délaissées, les superstitions abandonnées, et Dieu seul adoré. Nous devons considérer la réalité des prophètes et leurs enseignements afin de pouvoir nous mettre d'accord. Loué soit Dieu ! Le printemps de Dieu est à portée de la main. Ce siècle est vraiment la saison du printemps. Par ses dons le monde de l'esprit et le royaume de l'âme sont devenus frais et verdoyants. Il a ressuscité tout le domaine de l'existence. D'un côté les lumières de la réalité brillent, de l'autre les nuages de la miséricorde divine déversent la plénitude de la bonté céleste. Un progrès matériel merveilleux est évident et d e grandes découvertes spirituelles sont faites . Véritablement, ce siècle peut être appelé le miracle des siècles car il est rempli des manifestations du miraculeux. Le temps est venu où tout le genre humain sera uni, où toutes les races seront loyales à une seule patrie, où toutes les religions deviendront une seule religion, où les préventions raciales et religieuses disparaîtront. C'est un jour dans lequel l'unité du genre humain élèvera son étendard et dans lequel la paix internationale inondera le monde de sa lumière, comme une véritable aurore. C'est pourquoi nous offrons à Dieu nos supplications, Lui demandant de disperser ces sombres nuages et de déraciner ces imitations, afin que l'Orient et l'Occident puissent rayonner d'amour et d'unité, que les nations du monde s'étreignent et que la fraternité spirituelle idéale illumine le monde comme le soleil glorieux l'illumine du haut du ciel. ;=========================================================== Chapitre: La cause de l'opposition Selon l'estimation des historiens, ce siècle radieux équivaut à cent siècles du passé. Si l'on compare la somme totale de toutes les réalisations humaines précédentes, on se rendra compte que les découvertes, l'avancement scientifique et la civilisation matérielle du siècle présent ont égalé et même dépassé de beaucoup le progrès et le résultat des cent siècles précédents. La production de livres et de compilations de littérature témoigne seule que le rendement de l'esprit humain a été plus grand et plus instructif en ce siècle que dans tous les siècles passés mis ensemble. Il est donc évident que ce siècle est de la plus haute importance. Réfléchissez aux miracles de réalisation qui l'ont déjà caractérisé, les découvertes dans tous les domaines de la recherche humaine, les inventions, la connaissance scientifique, les réformes et règlements éthiques établis pour le bien-être de l'humanité, les mystères de la nature explorés, les forces invisibles mises au jour et assujetties, un véritable monde de merveilles, de phénomènes nouveaux et de conditions nouvelles, jusqu'ici inconnus de l'homme, maintenant ouvert pour son avantage et sa plus ample recherche. L'Orient et l'Occident peuvent communiquer instantanément. Un être humain peut s'élever dans les cieux ou faire de la vitesse dans les profondeurs sous-marines. La puissance de la vapeur a relié les continents. Les trains traversent les déserts et franchissent les barrières des montagnes, les bateaux trouvent des passages infaillibles sur les océans sans pistes. Les découvertes se multiplient jour après jour. Quel siècle merveilleux que celui-ci ! C'est un âge de reformation universelle. Les lois et statuts des gouvernements civils et fédérés sont en voie de changement et de transformation. Les sciences et les arts sont remodelés. Les pensées sont métamorphosées. Les bases de la société humaine changent et se renforcent. Les sciences du passé sont aujourd'hui inutiles. Le système ptoléméen de l'astronomie, d'autres systèmes et théories innombrables d'explication scientifique et philosophique sont écartés, reconnus faux et sans valeur. Les exemples et principes éthiques ne peuvent plus s'appliquer aux besoins du monde moderne. Les pensées et théories des âges passés sont maintenant stériles. Les trônes et les gouvernements s'écroulent et tombent. Toutes les conditions et nécessités du passé, impropres et inadéquates pour le temps présent, subissent une réforme radicale. Il est donc évident que l'enseignement religieux contrefait et falsifié, les formes antiques de croyance et d'imitations ancestrales qui sont en désaccord avec les bases de la réalité divine doivent aussi disparaître et être reformulés. Ils doivent être abandonnés et de nouvelles conditions doivent être reconnues. La morale de l'humanité doit subir un changement. Un nouveau remède et une solution nouvelle aux problèmes humains doivent être adoptés. Les intellects humains eux-mêmes doivent changer et être soumis à la reformation universelle. De même que les pensées et hypothèses des âges passés sont aujourd'hui stériles, les dogmes et codes d'invention humaine sont périmés et improductifs en religion. Bien plus, il est vrai qu'ils sont cause d'inimitié et conduisent à l'opposition dans le monde de l'humanité; la guerre et les effusions de sang en proviennent, et l'unité de l'humanité ne peut être reconnue si on les observe. En ce siècle radieux, il est donc de notre devoir de rechercher l'essence de la religion divine, de chercher les réalités sous-jacentes à l'unité du monde de l'humanité et de découvrir la source de l'amitié et de la concorde qui unira l'humanité dans le lien divin d'amour. Cette unité est l'éclat de l'éternité, la spiritualité divine, la splendeur de Dieu et la grâce du royaume. Nous devons rechercher la source divine de ces dons célestes et y adhérer fermement. Car si nous demeurons entravés et limités par les inventions et dogmes humains, jour après jour le monde de l'humanité se dégradera, jour après jour la guerre et l'opposition augmenteront et les forces sataniques convergeront vers la destruction de la race humaine. Si dans une simple famille l'amour et la concorde sont manifestes, cette famille progressera, deviendra illuminée et spirituelle; mais si l'inimitié et la haine existent dans son sein, sa destruction et sa dispersion sont inévitables. Ceci est également vrai d'une ville. Si ceux qui l'habitent manifestent un esprit d'entente et d'amitié, elle progressera avec stabilité et les conditions humaines deviendront plus brillantes, alors que par l'inimitié et l'opposition elle sera dégradée et ses habitants dispersés. De la même façon, les gens d'une nation se développent et progressent vers la civilisation et la lumière par l'amour et l'entente, et sont désintégrés par la guerre et l'opposition. Finalement, cela est vrai de l'humanité elle-même collectivement. Lorsque l'amour sera réalisé et que les liens spirituels idéaux uniront les coeurs des hommes, la race humaine tout entière sera élevée, le monde deviendra en permanence de plus en plus spirituel et radieux, le bonheur et la tranquillité du genre humain se développeront incommensurablement. La guerre et l'opposition seront déracinées, le désaccord et la dissension disparaîtront et la paix universelle unira les nations et les peuples du monde. Toute l'humanité vivra comme une seule famille, se fondra comme les vagues d'une seule mer, brillera comme les étoiles d'un seul firmament et apparaîtra comme les fruits du même arbre. Ceci est le bonheur et la félicité de l'humanité. Ceci est l'illumination de l'homme. La gloire éternelle et la vie éternelle, ceci est le don divin. Je désire pour vous cette station et je prie Dieu pour que le peuple d'Amérique puisse atteindre ce but sublime afin que soit assurée la vertu de cette démocratie et que vos noms soient glorifiés éternellement. ;=========================================================== Chapitre: La paix universelle Aujourd'hui, il n'y a pas de plus grande gloire pour l'homme que celle de servir la cause de la "Plus Grande Paix". La paix est lumière, alors que la guerre est obscurité. La paix est vie, la guerre est mort. La paix est direction, la guerre est erreur. La paix est une création de Dieu, la guerre une institution satanique. La paix est la clarté du monde de l'humanité, la guerre est la destructrice des créations humaines. Lorsque nous en examinons les conséquences dans le monde de l'existence, nous découvrons que la paix et l'amitié sont des facteurs d'élévation et d'amélioration, tandis que la guerre et l'opposition sont des causes de destruction et de désintégration. Toutes les choses créées sont l'expression de l'affinité et de la cohésion de substances élémentaires, et la non-existence est l'absence de leur attraction et de leur accord. Des éléments divers s'unissent harmonieusement dans une composition, mais quand ces éléments deviennent discordants, se repoussant mutuellement, il en résulte décomposition et non-existence. Toute chose partage cette nature et subit ce principe, car la base créatrice est à tous ses degrés et dans tous ses domaines une expression ou conséquence de l'amour. Regardez l'inquiétude et l'agitation du monde humain aujourd'hui à cause de la guerre. La paix est santé et construction, la guerre maladie et dissolution. Lorsque la bannière de la vérité sera levée, la paix deviendra la cause du bien-être et de l'avancement du monde humain. Dans tous les cycles et dans tous les âges, la guerre a été un facteur de délire et d'inconfort, alors que la paix et la fraternité ont apporté la sécurité et la prise en considération des intérêts humains. Cette distinction est particulièrement prononcée dans les conditions actuelles du monde, car dans les siècles précédents la guerre n'avait pas atteint le degré de sauvagerie et de destruction qui la caractérise maintenant. Si dans les temps anciens deux nations étaient en guerre dix ou vingt mille personnes auraient été sacrifiées, mais en ce siècle la destruction de cent mille vies en un jour est tout à fait possible. La science de tuer est devenue si parfaite et les moyens et instruments de ses exécutions si efficaces qu'une nation entière peut être effacée en peu de temps. La comparaison avec les méthodes et résultats de l'art militaire ancien est, en conséquence, hors de question. Selon une loi intrinsèque, tous les phénomènes de l'existence atteignent un sommet et un degré de perfection; après quoi un nouvel ordre et de nouvelles conditions sont établis. Comme les instruments et la science de la guerre ont atteint leur degré de perfection et d'avancement, il est permis d'espérer que la transformation du monde humain est à portée de la main et que dans les siècles futurs toutes les énergies et inventions de l'homme seront utilisées pour promouvoir les intérêts de la paix et de la fraternité. Puisse donc cette estimée et respectable société pour l'établissement de la paix internationale être confirmée dans ses intentions sincères et puisse Dieu lui en donner le pouvoir. Alors elle accélérera la venue du moment où la bannière de l'entente universelle sera élevée et où le bien-être international sera proclamé et obtenu, de telle sorte que l'obscurité qui enveloppe maintenant le monde sera dissipée. Les puissances de la terre ne peuvent s'opposer aux privilèges et aux dons que Dieu a ordonnés pour ce grand siècle glorieux. C'est un besoin et une exigence de l'époque. L'homme peut résister à tout sauf à ce qui est divinement voulu et indiqué pour l'époque et pour ses nécessités. Maintenant, Loué soit Dieu ! dans tous les pays du monde, on trouve des hommes qui aiment la paix, et ces principes se propagent parmi le genre humain, particulièrement dans ce pays. Loué soit Dieu ! cette pensée est répandue et des âmes se lèvent continuellement pour défendre l'unité de l'humanité, s'efforçant d'aider à établir la paix internationale. Cette merveilleuse démocratie sera sans aucun doute capable de la réaliser et c'est ici que sera déployée la bannière de l'entente internationale, pour s'étendre progressivement à l'extérieur sur toutes les nations du monde. Je remercie Dieu que vous soyez pénétrés de telles prédispositions et de telles aspirations sublimes, et j'espère que vous serez les instruments qui propageront cette lumière parmi tous les hommes. Puisse ainsi le Soleil de Réalité briller sur l'Orient et l'Occident. Les nuages enveloppants disparaîtront et la chaleur des rayons divins dissipera la brume. La réalité de l'homme se développera et deviendra à l'image de Dieu, son créateur. Les pensées de l'homme prendront un tel essor vers le haut que les réalisations anciennes sembleront jeux d'enfants, car les idées et les croyances du passé, ainsi que les préjugés de races et de religions ont toujours dégradé et détruit l'évolution humaine. J'ai grand espoir qu'en ce siècle ces pensées élevées conduiront au bien-être humain. Faites que ce siècle soit le soleil des siècles passés dont l'éclat durera à jamais, de telle sorte que dans les temps à venir on glorifie le vingtième siècle en disant que le vingtième siècle était le siècle des lumières, que le vingtième siècle était le siècle de la vie, que le vingtième siècle était le siècle de la paix internationale, que le vingtième siècle était le siècle des dons divins, et que le vingtième siècle a laissé des traces qui dureront à jamais. ;=========================================================== Chapitre: Les prophéties et la guerre Lorsque nous revoyons l'histoire depuis son début jusqu'à nos jours, nous découvrons que l'opposition et la guerre ont dominé dans tout le monde humain. Les guerres, religieuses, raciales ou politiques, ont surgi de l'ignorance, de l'incompréhension et du manque d'éducation de l'homme. Nous considérerons tout d'abord l'opposition et le conflit religieux. Il est évident que les prophètes divins sont apparus dans le monde pour établir l'amour et la concorde parmi le genre humain. Ils ont été des bergers et non des loups. Le berger vient pour rassembler et conduire son troupeau et non pour le disperser en créant de l'opposition. Chaque berger divin a rassemblé un troupeau qui avait été précédemment éparpillé. Parmi les bergers, il y avait Sa Sainteté Moïse. A une époque où les tribus d'Israël étaient errantes et dispersées, il les rassembla, les unit et les éduqua dans des degrés plus élevés de capacité et de progrès, jusqu'à ce qu'elles sortent du désert du châtiment pour passer dans la terre sainte de la possession. Il transforma leur dégradation en gloire, changea leur pauvreté en richesse et remplaça leurs vices par des vertus, jusqu'à ce qu'elles atteignent à un tel zénith que la splendeur de la souveraineté de Salomon fut rendue possible et que la renommée de leur civilisation s'étendit à l'Orient et à l'Occident. Il est donc évident que Sa Sainteté était un berger divin puisqu'il rassembla les tribus d'Israël et les unit dans le pouvoir et la puissance d'une grande nationalité. Lorsque l'étoile messianique de Jésus-Christ apparut, il déclara qu'il était venu pour rassembler les tribus perdues ou les brebis éparpillées de Moïse. Il ne fut pas seulement le berger du troupeau d'Israël, mais il réunit les peuples de Chaldée, d'Egypte, de Syrie, de l'ancienne Assyrie et de Phénécie. Ces peuples se trouvaient dans un état d'hostilité extrême, assoiffés du sang des autres avec la férocité des animaux; mais Sa Sainteté Jésus-Christ les réunit, les cimenta et les unit dans sa cause, et établit parmi eux un tel lien d'amour qu'ils abandonnèrent l'inimitié et la guerre. Il est donc évident que les enseignements divins sont destinés à créer un lien d'unité dans le monde humain et à établir les bases de l'amour et de l'amitié parmi le genre humain. La religion divine n'est pas une cause de discorde et de désaccord. Si la religion devient la source de l'antagonisme et de l'opposition, l'absence de religion doit être préférée. La religion doit être la vie stimulante de la collectivité; si elle doit être la cause de la mort de l'humanité, sa non-existence sera pour l'homme une bénédiction et un bienfait. C'est pourquoi en ce jour il faut rechercher les enseignements divins, car ce sont les remèdes aux conditions présentes du monde de l'humanité. En un temps où les tribus arabes et les peuples nomades étaient grandement séparés, où ils vivaient dans les déserts, sans lois, où l'opposition et les effusions de sang étaient continuelles parmi eux, où aucune tribu n'était à l'abri de la menace d'attaque et de destruction par une autre tribu - à un moment si critique Muhammad apparut. Il rassembla ces tribus sauvages du désert, les réconcilia, les unit et les fit s'accorder, de telle sorte que l'inimitié et la guerre cessèrent. La nation arabe avança immédiatement jusqu'à ce que son domaine s'étende à l'Ouest, en Espagne et en Andalousie. De ces faits et préliminaires nous pouvons conclure que l'établissement des religions divines est pour la paix, non pour la guerre et l'effusion de sang. Attendu que toutes sont fondées sur une réalité qui est celle de l'amour et de l'unité, les guerres et les dissensions qui ont caractérisé l'histoire de la religion ont été les conséquences des imitations et des superstitions qui ont surgi plus tard. La Religion est réalité, et la réalité est une. Les fondements de la religion de Dieu sont, en conséquence, un en réalité. Il n'y a ni différence ni changement dans les fondements. Le désaccord est causé par les imitations aveugles, les préjugés et l'adhésion à des formes qui apparaissent plus tard, et pour autant que celles-ci diffèrent, il en résulte discorde et opposition. Si les religions du monde voulaient abandonner ces causes de difficultés et rechercher les fondements, toutes seraient d'accord, l'opposition et la dissension disparaîtraient, car la religion et la réalité sont une et non multiples. D'autres guerres sont causées par des différences raciales purement imaginaires, car l'humanité est une seule espèce, une seule race et une seule progéniture habitant le même globe. Dans le plan créateur il n'y a aucune distinction et séparation raciales telles que Français, Anglais, Américain, Allemand, Italien ou Espagnol; tous appartiennent à la même maison. Ces frontières et distinctions sont humaines et artificielles, non pas naturelles et originales. Tous les hommes sont les fruits d'un seul arbre, les fleurs d'un même jardin, les vagues d'une seule mer. On ne voit aucune distinction ou séparation de cette sorte dans le règne animal. Les moutons de l'Orient et les moutons de l'Occident s'associeraient en paix. Le troupeau oriental n'aurait pas l'air surpris, comme s'il disait : "Ce sont des moutons de l'Occident, ils n'appartiennent pas à notre pays". Tous se rassembleraient en harmonie et jouiraient du même pâturage sans montrer de distinction locale ou raciale. Les oiseaux de différents pays se mêlent amicalement. Nous trouvons ces vertus dans le règne animal. L'homme se privera-t-il de ces vertus ? L'homme est doué d'un pouvoir de raisonnement supérieur et de la faculté de perception; il est la manifestation des dons divins. Les idées raciales prévaudront-elles et obscurciront-elles le but créateur de l'unité dans son règne? Dira-t-il : "Je suis Allemand", "Je suis Français", ou "Anglais", et déclarera-t-il la guerre à cause de cette distinction humaine et imaginaire ? Dieu l'en préserve ! La terre est une seule maison et le berceau de toute l'humanité; la race humaine devrait donc ignorer les distinctions et les frontières qui sont artificielles et conduisent au désaccord et à l'hostilité. Nous sommes venus de l'Orient. Loué soit Dieu ! Nous trouvons ce continent prospère, le climat salubre et délicieux, les habitants sociables et courtois, le gouvernement uniforme et juste. Adopterons-nous une autre pensée et un autre sentiment que ceux d'amour pour vous? Dirons-nous : "Ce n'est pas notre pays natal, tout est donc blâmable ?" Ce serait une ignorance grossière à laquelle l'homme ne doit pas se soumettre. L'homme est doué de facultés pour examiner avec soin la réalité, et la réalité est que l'humanité est une en espèce, et égale dans le plan créateur. Il faut donc abandonner les distinctions de race et de naissance qui sont facteurs et causes de guerres. Regardez ce qui arrive à Tripoli; comment les pauvres sont tués et le sang des faibles répandu des deux côtés; les enfants deviennent orphelins, les pères se lamentent sur la mort de leurs fils, les mères pleurent la perte de ceux qui leur sont chers. Et quel en est le bénéfice? Rien de concevable. Est-ce donc justifiable ? Les animaux domestiques ne manifestent pas de haine et de cruauté les uns envers les autres; c'est l'attribut des animaux sauvages et féroces. Vous ne verrez aucune effusion de sang dans un troupeau de mille moutons. Des espèces sans nombre d'oiseaux sont paisibles ensemble. Les loups, les lions, les tigres sont féroces parce que c'est leur moyen naturel et nécessaire d'obtenir de la nourriture. L'homme n'a aucun besoin d'une telle férocité; sa nourriture lui est fournie d'autres façons. Il est donc évident que la guerre, la cruauté et les effusions de sang dans le règne humain sont causées par l'avidité, la haine et l'égoïsme humains. Les rois et dirigeants des nations jouissent du luxe et de l'aisance dans leurs palais et envoient le commun du peuple au champ de bataille, l'offrent comme nourriture et cible aux canons. Ils inventent chaque jour de nouveaux instruments pour la destruction plus complète des fondements de la race humaine. Ils sont insensibles et impitoyables envers leurs semblables. Qui expiera pour les souffrances et le chagrin des mères qui ont si tendrement pris soin de leurs fils? Que de nuits sans sommeil ont-elles passées et que de jours de dévotion et d'amour ont-elles donnés pour amener leurs enfants à la maturité ! Cependant, la sauvagerie de ces dirigeants faiseurs de guerres aboutit à ce qu'un grand nombre de leurs victimes soient déchirées et mutilées en un jour. Quelle ignorance et quelle dégradation, bien plus grandes même que celles des bêtes féroces ! Car un loup emportera et dévorera un mouton à la fois tandis qu'un tyran ambitieux peut causer la mort de cent mille hommes dans une bataille et se glorifier de sa prouesse militaire en disant : "Je suis commandant en chef, j'ai gagné cette grande victoire. " Considérez l'ignorance et la contradiction de la race humaine. Si un homme en tue un autre, et quelque en soit la cause, il est déclaré meurtrier, emprisonné ou exécuté; mais l'oppresseur brutal qui a massacré cent mille hommes est idolâtré comme un héros, un conquérant ou un génie militaire. Un homme vole une petite somme d'argent, on l'appelle voleur et on l'envoie au pénitencier; mais le chef militaire qui envahit et pille un royaume entier est acclamé comme un héros et comme un homme de valeur puissant. Comme l'homme est vil et ignorant ! En Perse, avant le milieu du dix-neuvième siècle, il existait parmi les différentes tribus, sectes et dénominations la plus grande animosité, la plus grande opposition et la plus grande haine. En ce temps-là aussi, toutes les autres nations de l'Orient se trouvaient dans la même condition. Les érudits en religion étaient hostiles et bigots, les sectes étaient ennemies, les races se haïssaient, les tribus étaient constamment en guerre; partout dominaient l'antagonisme et le conflit. Les hommes se fuyaient et se soupçonnaient l'un l'autre. L'homme qui pouvait tuer un certain nombre de ses semblables était glorifié pour son héroïsme et sa force. Parmi les érudits en religion il était considéré comme un acte respectable de retirer la vie à celui qui avait une croyance opposée. A ce moment-là, Bahá'u'lláh se leva et déclara sa mission. Il établit l'unité du monde de l'humanité, proclama que tous sont les serviteurs du Dieu aimant et miséricordieux qui a créé, nourri et pourvu chacun; pourquoi donc les hommes devraient-ils être injustes et cruels entre eux, manifestant ce qui est contraire à Dieu? Puisqu'Il nous aime, pourquoi devons-nous entretenir l'animosité et la haine? Si Dieu ne nous aimait pas tous. Il ne nous aurait pas tous créés, éduqués, Il n'aurait pas pourvu aux besoins de tous. La bienveillance est la politique divine. Considèrerons-nous la politique et l'attitude humaines supérieures à la sagesse et à la politique de Dieu ? Cela serait inconcevable, impossible. En conséquence, nous devons rivaliser avec la politique divine et la suivre, agissant envers chacun avec un amour et une tendresse extrêmes. Bahá'u'lláh proclama la "Plus Grande Paix" et un arbitrage international. Il formula ces principes dans de nombreuses épîtres qui furent envoyées à travers l'Orient. Il écrivit à tous les rois et dirigeants, les encourageant, les conseillant et les admonestant en ce qui concerne l'établissement de la paix, rendant évident par des preuves concluantes que le bonheur et la gloire de l'humanité ne peuvent être assurés que par le désarmement et l'arbitrage. Cela se passait il y a près de cinquante ans. Parce qu'il promulguait le message de Paix Universelle et d'accord international, les rois de l'Orient se levèrent contre lui, ne trouvant pas dans ses avertissements et son enseignement leurs intérêts personnels et nationaux sauvegardés. Ils le persécutèrent cruellement, lui infligèrent toute sorte de tortures, l'emprisonnèrent, lui donnèrent la bastonnade, le bannirent et le confinèrent finalement dans une forteresse. Puis ils se levèrent contre ses adeptes. Le sang de vingt mille bahá'ís fut répandu pour l'établissement de la paix internationale. Leurs maisons furent détruites, leurs enfants faits captifs, et leurs biens pillés sans qu'aucune de ces personnes ne fléchisse ou ne vacille dans sa dévotion. Jusqu'à ce jour même, les bahá'ís sont persécutés et très récemment un certain nombre furent tués, car où qu'ils soient ils déploient leurs plus grands efforts pour établir la paix du monde. Ils ne promulguent pas seulement des principes, ce sont des gens d'action. En Perse aujourd'hui, à travers les enseignements de Bahá'u'lláh, vous trouverez des peuples de croyances et de dénominations religieuses diverses vivant ensemble dans la plus grande paix et dans l'accord le plus total. La haine et les inimitiés précédentes ont disparu, et ils pratiquent un amour extrême envers tout le genre humain car ils réalisent et savent que tous sont les créatures et les serviteurs d'un seul Dieu. Ceci est dû directement aux enseignements divins. Au plus, c'est simplement cela : que l'ignorant doit être éduqué, celui qui souffre guéri, ceux qui sont comme des enfants dans l'échelle du développement aidés à atteindre l'âge de maturité. Nous ne devons pas nous montrer inamicaux envers qui que ce soit à cause de son ignorance, ni rejeter celui qui n'est pas mûr ou nous détourner du malade, mais administrer le remède qui convient à chaque besoin humain jusqu'à ce que tous soient unis dans la providence de Dieu. Il est donc évident que les bases essentielles des religions divines sont l'unité et l'amour. Si la religion est cause de discorde parmi le genre humain, elle est destructrice et non divine, car la religion implique l'unité et l'union et non la séparation. La simple connaissance de principes n'est pas suffisante. Nous savons et admettons tous que la justice est bonne, mais il faut de la volonté et de l'action pour la réaliser et la manifester. Par exemple, nous pourrions penser qu'il est bon de construire une église. mais penser seulement que cela est une bonne chose n'aidera pas à son érection. Il faut fournir les voies et les moyens; nous devons vouloir la construire, puis nous mettre à son édification. Nous savons tous que la paix internationale est bonne, qu'elle conduit au bien-être et à la gloire de l'homme, mais la volonté et l'action sont nécessaires avant qu'elle puisse être établie. L'essentiel, c'est l'action. Pour autant que ce siècle est le siècle de la lumière, la capacité d'action est assurée au genre humain. Les principes divins seront nécessairement répandus parmi les hommes jusqu'à ce qu'arrive le temps de l'action. Il en a certainement été ainsi et vraiment l'époque et les conditions sont maintenant mûres pour l'action. Tous les hommes savent que la guerre est en vérité destructrice des fondations humaines et dans tous les pays du monde cela est admis et apparent. Je trouve que les Etats-Unis d'Amérique sont une nation en grand progrès, que le gouvernement est juste, le peuple prêt et le principe d'égalité établi à un degré extraordinaire. J'ai donc l'espoir que, pour autant que l'étendard de la paix internationale doive être levé, il puisse l'être sur ce continent, car cette nation le mérite davantage et a une plus grande capacité qu'aucune autre pour un tel premier pas. Si d'autres nations tentent de le faire, le motif en sera mal compris. Si par exemple la Grande-Bretagne se déclare pour la paix internationale, on dira qu'elle le fait pour assurer la sauvegarde de ses colonies. Si la France hisse l'étendard, les autres nations déclareront que son action cache quelque politique diplomatique; on suspectera la Russie de desseins nationaux si le premier pas est fait par ce peuple, et ainsi de suite avec tous les gouvernements européens et orientaux. Mais les Etats-Unis d'Amérique ne pourraient être accusés d'un tel intérêt égoïste. Votre gouvernement n'a, strictement parlant, aucune colonie à protéger. Vous n'essayez pas d'étendre votre domaine et n'avez pas besoin d'expansion territoriale, En conséquence, si l'Amérique fait le premier pas vers l'établissement de la paix mondiale, elle est certaine d'être taxée de désintéressement et d'altruisme. Le monde dira : "Il n'y a pas d'autre motif que l'altruisme et le service envers l'humanité dans cette action des Etats-Unis. " J'espère donc que vous vous présenterez comme le premier héraut de la paix et hisserez cette bannière, car cette bannière sera hissée. Levez-la bien haut, car vous êtes la nation la plus qualifiée et la plus méritante. Les autres pays attendent cet appel vers l'étendard de la réconciliation, car le monde entier est dans la détresse en raison du fardeau excessif et de l'irréparable dommage de la guerre. Les impôts sont levés pour faire face à cette saignée. Le fardeau augmente chaque année et les gens sont parvenus à leur limite. En ce moment même l'Europe est un champ de bataille plein de munitions prêtes à l'étincelle, et une seule étincelle enflammera le monde entier. Avant que ces complications et ces cataclysmes n'arrivent, faites ce qu'il faut pour la prévenir. Les bases de toutes les religions divines sont la paix et la concorde, mais l'incompréhension et l'ignorance se sont développées. Si l'on fait disparaître ces dernières, vous verrez tous les représentants religieux travailler pour la paix et promulguer l'unité de l'humanité. Car la base de toutes est la réalité, et la réalité n'est ni multiple ni divisible. Sa Sainteté Moïse l'a établie, Sa Sainteté Jésus en a dressé la tente, et sa brillante lumière a étincelé dans toutes les religions. Sa Sainteté Bahá'u'lláh a proclamé cette réalité unique et répandu le message de la "Plus Grande Paix". Même en prison, il n'eut pas de repos tant qu'il n'eut pas allumé cette lampe en Orient. Loué soit Dieu ! Tous ceux qui ont accepté ses enseignements sont les amis de la paix, les pacificateurs prêts à sacrifier leur vie et à employer leurs biens pour elle. Que cette bannière soit maintenant élevée en Occident, et beaucoup répondront à l'appel. L'Amérique est devenue renommée pour ses découvertes, ses inventions et son talent artistique, célèbre pour l'équité de son gouvernement et ses entreprises prodigieuses; qu'elle soit maintenant remarquée et célébrée comme le héraut et le messager de la Paix Universelle. Faites que cela soit sa mission et son entreprise et que cette impulsion bénie s'étende à tous les pays. Je prie pour que vous tous rendiez ce service au monde de l'humanité. ;=========================================================== Chapitre: Les bases de l'unité du monde Il n'existe aucun être dont la conscience ne proclame qu'en ce jour aucune question n'est plus importante dans le monde que celle de la Paix Universelle. Chaque être juste en porte témoignage et aime profondément cette Assemblée estimée parce que son but est que cette obscurité soit changée en lumière, cette soif de sang en bienveillance, ce tourment en béatitude, cette souffrance en bien-être, cette inimitié et cette haine en amitié et en amour. L'effort de ces êtres estimés est donc digne de louange et de respect. Mais les êtres sages qui sont conscients des liens essentiels émanant des réalités des choses considèrent qu'un seul point ne peut, par lui-même, influencer la réalité humaine comme il le faudrait et le devrait, car tant que les esprits des hommes ne seront pas unis, aucune chose importante ne pourra être accomplie. La Paix Universelle est actuellement une question de grande importance, mais l'unité de conscience est essentielle afin que la base de cette question puisse devenir sûre, ferme son établissement, et puissant son édifice. C'est pourquoi il y a cinquante ans, Sa Sainteté Bahá'u'lláh expliqua cette question de la Paix Universelle alors qu'il était confiné dans la forteresse d'Akka, maltraité et emprisonné. Il écrivit sur ce sujet de la Paix Universelle à tous les grands souverains du monde, et l'établit parmi ses amis en Orient. L'horizon de l'Orient était dans l'obscurité la plus profonde, les nations montraient l'une envers l'autre la plus grande haine et la plus grande inimitié, les religions avaient soif du sang des autres religions, et il n'y avait qu'obscurité sur obscurité. C'est à un tel moment que Sa Sainteté Bahá'u'lláh brilla comme le soleil à l'horizon de l'Orient et illumina la Perse de la lumière de ces enseignements. Parmi ces enseignements il y avait la déclaration de la Paix Universelle. Les peuples de différentes nations, religions et sectes qui le suivirent se rapprochèrent tellement que l'on institua des rassemblements remarquables comprenant les diverses nations et religions d'Orient. Chaque être qui pénétrait dans ces rassemblements ne voyait qu'une seule nation, un seul chemin, un seul enseignement, un seul ordre; car les enseignements de Sa Sainteté Bahá'u'lláh ne se limitaient pas à l'établissement de la Paix Universelle. Ils embrassaient plusieurs enseignements qui s'ajoutaient à celui de la Paix Universelle et le soutenaient. Parmi ces enseignements il y a la recherche indépendante de la réalité, afin que le monde de l'humanité puisse être sauvé de l'obscurité de l'imitation et parvenir à la vérité; puisse déchirer et jeter son vêtement usé et en lambeaux d'il y a mille ans, et mettre la robe tissée sur le métier de la réalité, dans la plus extrême pureté et la plus extrême sainteté. Comme la réalité est une et ne peut admettre la multiplicité, les différentes opinions doivent, en conséquence et finalement, fusionner en une seule. Et parmi les enseignements de Sa Sainteté Bahá'u'lláh il y a l'unité du monde de l'humanité; tous les êtres humains sont les brebis de Dieu, et Il en est le berger bienveillant. Ce berger est bienveillant envers toutes les brebis, parce qu'Il les a toutes créées. éduquées, parce qu'Il a pourvu à leurs besoins et les a protégées. Il n'y a aucun doute que le berger est bienveillant envers toutes les brebis, et s'il y a parmi elles des brebis ignorantes, elles doivent être éduquées; s'il y a des enfants, ils doivent être formés jusqu'à ce qu'ils parviennent à la maturité; s'il y a des malades, ils doivent être guéris. Il ne doit exister ni haine ni inimitié car ces ignorants, ces malades doivent être soignés comme par un médecin bienveillant. Et dans les enseignements de Sa Sainteté Bahá'u'lláh il est dit que la religion doit être la cause de l'amitié et de l'amour. Si elle devient cause d'éloignement, point n'est besoin d'elle, car la religion est comme un remède: s'il aggrave le mal, il devient inutile. Et parmi les enseignements de Bahá'u'lláh il y a que les préjugés religieux, raciaux, politiques, économiques et patriotiques détruisent l'édifice de l'humanité. Le monde de l'humanité n'aura pas de repos aussi longtemps que ces préjugés prévaudront. L'histoire nous renseigne sur le monde de l'humanité pendant une période de six mille ans. Pendant ces six mille années le monde de l'humanité n'a pas été exempt de guerres, d'oppositions, de crimes et de soif de sang. A chaque époque on a fait la guerre dans un pays ou dans un autre, et cette guerre était due soit à un préjugé religieux, à un préjugé racial, à un préjugé politique ou à un préjugé patriotique. Il a donc été constaté et prouvé que tous les préjugés sont des facteurs de destruction de l'édifice humain. Tant que ces préjugés persisteront, la lutte pour l'existence dominera, la soif de sang et la rapacité continueront. En conséquence, ainsi qu'il en a été dans le passé, le monde de l'humanité ne peut être sauvé de l'obscurité de la nature et ne peut parvenir à l'illumination qu'en abandonnant les préjugés et en acquérant la moralité du Royaume. . . Et parmi les enseignements de Sa Sainteté Bahá'u'lláh, il y a la création d'une langue qui sera répandue universellement parmi les hommes. Cet enseignement a été révélé par la plume de Bahá'u'lláh pour que cette langue universelle élimine les malentendus au sein de l'humanité. Et parmi les enseignements de Sa Sainteté Bahá'u'lláh il y a l'égalité des femmes et des hommes. Le monde de l'humanité a deux ailes - l'une est la femme, l'autre l'homme. Ce n'est que lorsque les deux ailes se seront également développées que l'oiseau pourra voler. Si une aile reste faible, le vol est impossible. Ce n'est que lorsque le monde de la femme deviendra égal au monde de l'homme dans l'acquisition des vertus et des perfections que l'on parviendra à la réussite et à la prospérité telles qu'elles doivent être. Et parmi les enseignements de Bahá'u'lláh il y a le partage volontaire des biens de chacun avec les autres membres du genre humain. Ce partage volontaire est plus grand que l'égalité et consiste en ceci : que l'homme ne devrait pas se préférer aux autres, mais plutôt sacrifier sa vie et sa propriété pour les autres. Mais ceci ne devrait pas être introduit par la coercition de façon à devenir une loi que l'homme doit suivre. Non, l'homme devrait plutôt, volontairement et de son propre gré, sacrifier sa propriété et sa vie pour les autres et dépenser volontairement pour les pauvres, comme cela se fait en Perse parmi les bahá'ís. Et parmi les enseignements de Sa Sainteté Bahá'u'lláh il y a la liberté de l'homme; que par le Pouvoir Idéal il devrait être émancipé et délivré de la captivité du monde de la nature, car aussi longtemps que l'homme est prisonnier de la nature il est un animal féroce, parce que la lutte pour l'existence est l'une des exigences du monde de la nature. Cette question de la lutte pour l'existence est la source de toutes les calamités et l'affliction suprême. Et parmi les enseignements de Bahá'u'lláh il y a que la religion est un puissant rempart. Si l'édifice de la religion tremble et vacille, il s'ensuivra commotion et chaos et l'ordre des choses sera complètement bouleversé, car il y a dans le monde de l'humanité deux sauvegardes qui protègent l'homme des méfaits. L'une est la loi qui punit le criminel; mais la loi empêche seulement le crime manifeste et non le péché caché; tandis que la sauvegarde idéale, c'est-à-dire la religion de Dieu, prévient à la fois le crime manifeste et le crime caché, éduque l'homme, forme la moralité, impose l'acquisition de vertus et est la puissance toute inclusive qui garantit la félicité du monde du genre humain. Mais par religion on entend ce qui est certifié par la recherche et non ce qui est basé sur une simple imitation, la base des religions divines et non les imitations humaines. Et parmi les enseignements de Bahá'u'lláh il y a ceci : bien que la civilisation matérielle soit l'un des moyens de progrès du monde de l'humanité, ce n'est cependant que lorsqu'elle se combinera à la civilisation divine que le résultat désiré, qui est la félicité du genre humain, sera atteint. Regardez ! Ces batailles qui réduisent une ville en ruines en l'espace d'une heure sont le résultat de la civilisation matérielle; de même les fusils Krupp, les fusils à canon rayé Mauser, la dynamite, les sous-marins, les torpilleurs, les avions armés et les bombardiers - toutes ces armes de guerre sont les fruits pernicieux de la civilisation matérielle. Si la civilisation matérielle avait été combinée à la civilisation divine, ces armes de feu n'auraient jamais été inventées. Bien mieux, l'énergie humaine aurait plutôt été entièrement consacrée à des inventions utiles et concentrée sur des découvertes dignes de louange. La civilisation matérielle est comme un globe de verre. La civilisation divine est la lumière elle-même, et le verre sans la lumière est obscur. La civilisation matérielle est comme le corps; aussi infiniment gracieux, élégant et beau qu'il puisse être, il est mort. La civilisation divine est comme l'esprit, et le corps doit sa vie à l'esprit, sinon il devient cadavre. Il est donc évident que le monde de l'humanité a besoin des souffles du Saint-Esprit. Sans l'esprit. le monde de l'humanité est sans vie, et sans cette lumière, le monde de l'humanité est dans l'obscurité totale. Car le monde de la nature est un monde animal. Jusqu'à ce que l'homme renaisse du monde de la nature - c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il soit détaché du monde de la nature, il est essentiellement animal, et ce sont les enseignements de Dieu qui changent cet animal en une âme humaine. Et parmi les enseignements de Bahá'u'lláh se trouve la promotion de l'éducation. Chaque enfant doit être instruit dans les sciences autant qu'il est nécessaire. Si les parents peuvent pourvoir aux dépenses de cette éducation, c'est très bien; sinon, la communauté doit fournir les moyens pour l'enseignement de cet enfant. Et parmi les enseignements de Sa Sainteté Bahá'u'lláh il y a la justice et le droit. Jusqu'à ce que la justice et le droit soient réalisés sur le plan de l'existence, toutes les choses seront en désordre et resteront imparfaites. Le monde de l'humanité est un monde d'oppression et de cruauté, un domaine d'agression et d'erreur. Enfin, de tels enseignements sont nombreux. Ces principes multiples, qui constituent la plus grande base pour la félicité de l'humanité et sont les dons du Miséricordieux, doivent être ajoutés à la question de la Paix Universelle et combinés avec elle pour que les résultats puissent s'accroître. Autrement, la réalisation de la Paix Universelle dans le monde de l'humanité est difficile. Comme les enseignements de Sa Sainteté Bahá'u'lláh sont liés à la Paix Universelle, ils sont comme une table recouverte de toutes sortes de mets frais et délicieux. Chaque être peut trouver ce qu'il désire à cette table de générosité infinie. Si la question est limitée à la seule Paix Universelle, les résultats remarquables que l'on attend et que l'on désire ne seront pas atteints. Le champ de la Paix Universelle doit être tel que toutes les communautés et religions puissent y trouver la réalisation de leur désir le plus élevé. Actuellement, les enseignements de Sa Sainteté Bahá'u'lláh sont tels que toutes les communautés du monde, qu'elles soient religieuses, politiques ou éthiques, anciennes ou modernes, trouvent dans les enseignements de Bahá'u'lláh l'expression de leur désir le plus sublime. Par exemple, les gens appartenant à des religions trouvent dans les enseignements de Sa Sainteté Bahá'u'lláh l'établissement de la Religion Universelle - une religion qui est parfaitement conforme aux conditions actuelles, qui opère en réalité la guérison immédiate du mal incurable, qui soulage toutes les douleurs et qui donne l'antidote infaillible pour tous les poisons mortels. Car si nous souhaitons arranger et organiser le monde de l'humanité conformément aux imitations religieuses actuelles et par là établir la félicité de l'humanité, cela est impossible: par exemple, l'application des lois de l'Ancien Testament et aussi de celles de toutes les autres religions conformément aux imitations actuelles. Mais on trouve dans les enseignements de Sa Sainteté Bahá'u'lláh, dans la présentation la plus parfaite, la base essentielle de toutes les religions divines qui appartient aux vertus du monde de l'humanité et qui est la fondation du bien-être du monde de l'homme. De la même manière, en ce qui concerne les gens qui vocifèrent en faveur de la liberté : on trouve dans les enseignements de Sa Sainteté Bahá'u'lláh la liberté modérée qui garantit le bien-être du monde de l'homme. De même en ce qui concerne les partis politiques : on trouve dans les enseignements de Sa Sainteté Bahá'u'lláh ce qui est la politique la plus sublime qui dirige le monde de l'humanité, que dis-je, plutôt la politique divine. Pareillement en ce qui concerne le parti de "l'égalité" qui cherche la solution des problèmes économiques : jusqu'à maintenant toutes les solutions proposées se sont avérées inapplicables, à l'exception des propositions économiques que l'on trouve dans les enseignements de Sa Sainteté Bahá'u'lláh qui sont applicables et ne causent aucune détresse à la société. Il en est de même pour les autres partis : lorsque vous considérerez profondément cette question, vous découvrirez que les buts les plus sublimes de ces partis se trouvent dans les enseignements de Bahá'u'lláh. Ces enseignements constituent la puissance toute inclusive entre tous les hommes et sont praticables. . . Par exemple, la question de la Paix Universelle au sujet de laquelle Sa Sainteté Bahá'u'lláh dit que le Tribunal Suprême doit être établi; bien que la Société des Nations ait été amenée à l'existence, elle est cependant incapable d'établir la Paix Universelle. Mais le Tribunal Suprême que Sa Sainteté Bahá'u'lláh a décrit remplira cette tâche sacrée avec la plus grande puissance et la plus grande autorité. Son plan est le suivant; Les assemblées nationales de tous les pays et de toutes les nations - c'est-à-dire leurs parlements - devront élire les deux ou trois personnes qui sont les hommes d'élite de cette nation, qui sont bien informés des lois internationales et des relations entre les gouvernements et sont conscients des besoins essentiels du monde de l'humanité en ce jour. Le nombre de ces représentants serait proportionnel au nombre d'habitants de ce pays. L'élection de ces êtres, qui sont choisis par l'assemblée nationale - c'est-à-dire le parlement - doit être confirmée par la Chambre haute, le Congrès et le Conseil de cabinet, ainsi que par le président ou le monarque, afin que ces personnes soient les élus de toute la nation et du gouvernement. Les membres du Tribunal Suprême seront élus parmi ces personnes, et toute l'humanité y aura ainsi pris part, car chacun de ces délégués est totalement représentatif de sa nation. Lorsque le Tribunal Suprême donnera un règlement sur toute question internationale, que ce soit à l'unanimité ou à la majorité, il n'y aura plus aucun prétexte pour le plaignant ni sujet d'objection pour le défendeur. Dans le cas où, dans l'exécution de la décision irréfutable du Tribunal Suprême, l'un des gouvernements ou l'une des nations serait négligent ou dilatoire, le reste des nations se lèvera contre lui, parce que tous les gouvernements et nations du monde sont les supporters de ce Tribunal Suprême. Considérez la solidité de cette base! Mais le but ne sera pas réalisé comme il le faudrait et comme il le devrait par une Ligue des Nations limitée et restreinte. Ceci est la vérité sur la situation qui a été exposée. Rien d'autre que le pouvoir de la parole de Dieu, qui renferme les réalités des choses, ne peut amener les pensées, les intelligences, les coeurs et les esprits à l'ombre d'un seul Arbre. Il est le fort en toutes choses, Celui qui vivifie les âmes, Celui qui protège et contrôle le monde de l'humanité. Loué soit Dieu ! En ce jour la lumière de la parole de Dieu a brillé sur toutes les régions; et de toutes les sectes, de toutes les communautés, de toutes les nations, de toutes les tribus, de tous les peuples, de toutes les religions et dénominations, des âmes se sont rassemblées à l'ombre de la Parole d'unité et se sont unies et harmonisées dans l'amitié la plus grande ! ;=========================================================== Chapitre: L'harmonie raciale Aujourd'hui je suis très heureux, car je vois ici une réunion de serviteurs de Dieu. Je vois rassemblés des hommes blancs et des hommes de couleur. Dans l'estime de Dieu il n'y a pas de distinction de couleurs; tous sont un dans la couleur et la beauté de leur servitude envers Lui. La couleur n'est pas importante; le coeur est de toute importance. L'extérieur importe peu si le coeur est pur et blanc intérieurement. Dieu ne fait pas de différences de couleur et de teint; Il regarde les coeurs. Celui dont la morale et les vertus sont louables est préféré aux yeux de Dieu; celui qui se consacre au royaume est le plus aimé. Dans le domaine de la genèse et de la création la question de couleur est de moindre importance. Le règne minéral abonde en substances et en compositions aux multiples couleurs, mais nous ne constatons parmi elles aucun conflit à ce sujet. Dans le règne des plantes et des légumes, des nuances distinctes et bigarrées existent, mais les fruits et les fleurs ne sont pas en conflit pour cette raison. Bien plus, le seul fait qu'il y ait de la différence et de la variété donne plutôt un charme au jardin. Si tout était de la même couleur l'effet serait monotone et déprimant. Lorsque vous pénétrez dans un jardin de roses la richesse de couleurs et la diversité des formes florales étalent devant vous un tableau de merveille et de beauté. Le monde de l'humanité est comme un jardin et les différentes races sont les fleurs qui constituent son ornement et sa décoration. Dans le règne animal nous trouvons également de la variété de couleur. Voyez comme les colombes diffèrent dans leur beauté, et cependant comme elles s'aiment et vivent ensemble dans une paix parfaite. Elles ne font pas de la différence de couleur une cause de discorde et d'opposition. Elles se considèrent comme étant de la même espèce et de la même race. Elles savent qu'elles sont d'une seule espèce. Une colombe blanche s'élève souvent dans les airs avec une colombe noire. Dans le règne animal nous ne trouvons pas de séparation entre les créatures pour des raisons de couleur. Elles reconnaissent l'unité des espèces et l'unité de la race. Si nous ne trouvons pas de distinction de couleur dans un règne d'intelligence et de raison inférieures, comment peut-elle se justifier parmi les êtres humains, spécialement lorsque nous savons que nous venons tous de la même source et appartenons tous à la même famille? Dans son origine et dans son dessein de création l'humanité est une. Les distinctions de race et de couleur se sont élevées par la suite. C'est pourquoi je suis extrêmement heureux aujourd'hui que des hommes blancs et de couleur se soient rassemblés ici, et j'espère que le temps viendra où ils vivront ensemble dans la plus grande paix, la plus grande unité et la plus grande amitié. Je désire vous dire à tous une chose d'importance, afin que la race blanche soit juste et bienveillante envers la race de couleur et que la race de couleur, en retour, montre de la reconnaissance et de l'estime envers la race blanche. La grande proclamation de la liberté et de l'émancipation de l'esclavage a été faite sur ce continent. Des hommes blancs se sont battus dans une longue guerre sanglante pour la cause des gens de couleur. Ces hommes blancs perdirent leurs biens et sacrifièrent leur vie par milliers pour que les hommes de couleur soient libérés de l'asservissement. La population de couleur des Etats-Unis d'Amérique n'est sans doute pas complètement informée de ce que l'effet de cette liberté et de cette émancipation s'est étendu à leurs frères de couleur d'Asie et d'Afrique où existaient des conditions d'esclavage encore plus terribles. Influencés et mus par l'exemple des Etats-Unis, les pouvoirs européens proclamèrent la liberté universelle de la race de couleur, et l'esclavage cessa d'exister. On ne devrait jamais perdre de vue cet effort et cet accomplissement des nations blanches. Vos deux races devraient se réjouir en reconnaissance de ce que l'institution de la liberté et de l'égalité dans ce pays soit devenue la cause de la libération de vos semblables partout ailleurs. Les gens de couleur de ce pays sont particulièrement heureux car, Loué soit Dieu! les conditions sont ici bien plus élevées qu'en Orient, et il existe comparativement peu de différence avec la race blanche dans la possibilité de connaissances égales. Puissiez-vous vous développer vers le plus haut degré d'égalité et d'altruisme. Puissiez-vous vous unir en amitié, et puisse un développement extraordinaire faire de la fraternité une réalité et une vérité. Je prie pour qu'il n'y ait pas entre vous d'autre nom que celui d'humanité. En conséquence, luttez ardemment et déployez vos plus grands efforts pour l'accomplissement de cette amitié et pour cimenter ce lien de fraternité entre vous. Une telle acquisition n'est pas possible sans la volonté et l'effort de chacun : de l'un, expression de gratitude et d'estime; de l'autre, bienveillance et reconnaissance d'égalité. Chacun devrait s'efforcer de développer et d'aider l'autre vers l'avancement mutuel. Cela n'est possible qu'en unissant effort et inclination. L'amour et l'unité seront développés entre vous, amenant de ce fait l'unité de l'humanité. Car l'accomplissement de l'unité entre les hommes de couleur et les hommes blancs sera une assurance de la paix du monde. Alors le préjugé racial, le préjugé national, le patriotisme limité et les tendances religieuses disparaîtront et bientôt n'existeront plus. Je suis content de vous voir à cette réunion, blancs et noirs, et je loue Dieu d'avoir eu cette occasion de vous voir vous aimer, car c'est la voie de la gloire de l'humanité. C'est la voie du bon plaisir de Dieu et de la félicité éternelle en son royaume. Je prie donc pour vous, afin que vous atteigniez l'amour le plus total et que puisse venir le jour où toutes les différences disparaîtront entre vous. ;=========================================================== Chapitre: L'esprit de justice Aux yeux de Dieu, que pourrait-il y avoir de mieux que de penser aux pauvres? Car les pauvres sont les bien-aimés de notre Père céleste. Quand Sa Sainteté le Christ vint sur la terre, ceux qui crurent en lui et le suivirent étaient les pauvres et les humbles, montrant que les pauvres étaient près de Dieu. Lorsqu'un homme riche croit et suit la manifestation de Dieu, c'est une preuve que sa richesse n'est pas un obstacle et qu'elle ne l'empêche pas d'accéder au chemin du salut, Lorsqu'il aura été testé et mis à l'épreuve, on verra si ses biens sont un obstacle dans sa vie religieuse. Mais les pauvres sont particulièrement aimés de Dieu. Leurs vies sont pleines de difficultés, leurs épreuves continuelles, leurs espoirs sont en Dieu seul. Vous devez donc aider les pauvres autant que possible, même par le sacrifice de vous-même. Aucune action de l'homme n'est plus grande aux yeux de Dieu que d'aider les pauvres. Les conditions spirituelles ne dépendent pas de la possession de trésors terrestres ou de leur absence. Le fait d'être physiquement dépourvu prédispose davantage aux pensées spirituelles. La pauvreté est un stimulant vers Dieu. Chacun de vous doit avoir une grande considération pour les pauvres et leur prêter assistance. Faites un effort pour les aider et pour prévenir l'accroissement de la pauvreté. Le plus grand moyen pour la prévenir c'est que les lois de la communauté soient formulées et promulguées de telle sorte qu'il ne soit pas possible qu'un petit nombre soient millionnaires et que beaucoup soient dépourvus. L'un des enseignements de Bahá'u'lláh est l'ajustement des moyens d'existence dans la société humaine. Selon cet ajustement, il ne peut y avoir d'extrêmes dans les conditions humaines en ce qui concerne la richesse et la subsistance. Car la communauté a besoin de financiers, de fermiers, de marchands et de manoeuvres, de même qu'une armée doit se composer de commandants, d'officiers et de simples soldats. Tous ne peuvent être commandants, tous ne peuvent être officiers ou simples soldats. Chacun à son échelon dans la structure sociale doit être compétent; chacun dans sa fonction selon sa capacité; mais chances équitables pour tous. Lycurgus, roi de Sparte, qui vécut bien longtemps avant l'époque du Christ, conçut l'idée d'égalité absolue dans le gouvernement. Il proclama des lois par lesquelles tous les gens de Sparte étaient classés en certaines catégories. Chaque catégorie avait ses droits et fonctions séparés. En premier, les fermiers et les cultivateurs. En second, les artisans et les marchands. En troisième, les chefs ou grands personnages. Selon les lois de Lycurgus, ces derniers n'étaient pas tenus de s'engager dans quelque travail ou profession, mais il leur appartenait de défendre le pays en cas de guerre et d'invasion. Il divisa ensuite Sparte en neuf mille parties égales ou provinces, nomma neuf mille chefs ou grands personnages pour les protéger. De cette façon les fermiers de chaque province étaient assurés d'être protégés, mais chaque fermier était contraint de payer un impôt pour entretenir le grand personnage de cette province. Les fermiers et les marchands n'étaient pas obligés de défendre le pays. En guise de travail les grands personnages percevaient les impôts. Afin d'établir cette loi pour toujours, Lycurgus rassembla les neuf mille grands personnages, leur dit qu'il allait entreprendre un long voyage et qu'il souhaitait que cette forme de gouvernement demeure effective jusqu'à son retour. Ils firent le serment de protéger et de préserver sa loi. Il quitta alors son royaume, s'exila volontairement et ne revint jamais. Aucun homme n'a jamais fait un tel sacrifice pour assurer l'égalité parmi ses semblables. Quelques années passèrent et tout le système de gouvernement qu'il avait fondé s'effondra, bien qu'établi sur une base aussi juste et sage. La différence de capacité parmi les êtres humains est fondamentale. Il est impossible que tous soient semblables, que tous soient égaux, que tous soient sages. Bahá'u'lláh a révélé des principes et des lois qui réaliseront l'ajustement des diverses capacités humaines. Il a dit que tout ce qu'il est possible de réaliser dans le gouvernement humain sera réalisé grâce à ces principes. Lorsque les lois qu'il a instituées seront appliquées il ne pourra y avoir ni millionnaires ni pauvres à l'extrême dans la communauté. Cela sera effectué et régularisé en ajustant les différents degrés de la capacité humaine. La base fondamentale de la communauté est l'agriculture, le labourage du sol. Tous doivent être producteurs. Chaque personne de la communauté dont le revenu est égal à sa capacité productrice individuelle sera exempte de taxes. Mais si son revenu est plus grand que ses besoins, elle devra payer une taxe jusqu'à ce qu'un ajustement soit effectué. Cela veut dire que la capacité d'un homme à produire et ses besoins seront égalisés et conciliés par la taxation. Si sa production est en excès il ne paiera pas de taxes; si ses besoins excèdent sa production il recevra une valeur suffisante pour égaliser ou ajuster. En conséquence, la taxation sera proportionnée à la capacité et à la production et il n'y aura pas de pauvres dans la communauté. ;=========================================================== Chapitre: La coopération Il semble que toutes les créatures peuvent exister isolées et solitaires. Par exemple, un arbre peut exister seul sur une prairie donnée ou dans une vallée ou sur une pente de montagne. Un animal sur une montagne ou un oiseau qui s'élève dans les airs pourraient vivre une vie solitaire. Ils n'ont pas besoin de coopération ou de solidarité. Ces êtres animés jouissent du plus grand confort et du plus grand bonheur dans leurs vies solitaires respectives. L'homme, au contraire, ne peut vivre isolé et solitaire. Il a besoin d'une coopération continue et d'une aide mutuelle. Par exemple, un homme vivant seul dans le désert mourra éventuellement de faim. Seul, il ne peut jamais se procurer tout ce qui est nécessaire à son existence. En conséquence, il a besoin de coopération et de réciprocité. Le mystère de ce phénomène, sa cause, c'est que l'humanité a été créée d'une origine unique, s'est ramifiée à partir d'une seule famille. Ainsi, en réalité, toute l'humanité constitue une seule famille. Dieu n'a créé aucune différence. Il a créé tous les hommes comme un seul afin que cette famille puisse vivre ainsi dans un bonheur et un bien-être parfaits. En ce qui concerne la réciprocité et la coopération : chaque membre de la collectivité devrait vivre dans le confort et le bien-être le plus complet car chaque membre individuel de l'humanité est un membre de la collectivité et si l'un des membres est dans la détresse ou affligé d'une maladie quelconque. tous les autres membres doivent nécessairement souffrir, Par exemple, l'oeil est une partie de l'organisme humain. Si l'oeil est affecté, ce mal affectera tout le système nerveux. Donc, si un membre de la collectivité est affligé, en réalité, du point de vue de la relation altruiste, tous partageront cette affliction puisque celui qui est affligé est un membre du groupe de membres, une partie du tout. Est-il possible qu'un membre ou une partie soit dans la détresse et que les autres membres se sentent à leur aise ? Cela est impossible ! Dieu a désiré que dans la collectivité de l'humanité chacun jouisse d'un bien-être et d'un confort parfaits. Bien que la collectivité soit une seule famille, cependant, faute de relations harmonieuses, certains de ses membres sont dans le confort et d'autres dans la misère la plus affreuse, certains de ses membres sont rassasiés et d'autres ont faim, certains de ses membres portent des vêtements coûteux et certaines familles ont besoin de nourriture et d'abri. Pourquoi ? Parce que cette famille n'a pas le sens de la réciprocité et de l'harmonie nécessaires. Cette famille n'est pas bien organisée. Cette famille ne vit pas sous une loi parfaite. Toutes les lois qui sont édictées n'assurent pas le bonheur. Elles n'apportent pas le confort. En conséquence, une loi doit être donnée à cette famille pour que tous ses membres jouissent d'un bien-être et d'un bonheur semblables. Est-il possible qu'un membre d'une famille soit soumis à la plus grande misère et à la pauvreté abjecte et que le reste de la famille soit dans le confort? Cela est impossible, à moins que les membres de cette famille soient insensibles, froids, inhospitaliers, cruels. Ils diraient alors : "Bien que ces membres appartiennent à notre famille - laissons-les seuls. Occupons-nous de nous-mêmes. Laissons-les mourir, Tant que je suis dans le confort, que je suis honoré, que je suis heureux, mon frère peut bien mourir. S'il est dans la misère, qu'il reste dans la misère du moment que je suis dans le confort. S'il a faim, qu'il continue à avoir faim: je suis rassasié. S'il n'a pas de vêtements, du moment que je suis vêtu, qu'il reste comme il est. S'il est sans abri, sans maison, du moment que j'ai une maison, qu'il reste dans le désert. " Une indifférence aussi complète dans la famille humaine provient d'un manque de direction, d'un manque de loi sur le travail, d'un manque de bonté en son sein. Si l'on avait fait preuve de bonté envers les membres de cette famille, tous auraient certainement connu le confort et le bonheur. Sa Sainteté Bahá'u'lláh a donné des instructions concernant toutes les questions auxquelles l'humanité est confrontée. Il a donné des enseignements et des instructions concernant chacun des problèmes avec lesquels l'homme se débat. Parmi les enseignements se trouvent ceux qui concernent la question de l'économie politique afin que, en arrivant à cette solution, tous les membres de la collectivité puissent jouir du plus grand bonheur, du plus grand bien-être et du plus grand confort qu'aucun dommage ni aucune injustice n'attaque l'ordre général des choses. De ce fait, il ne se produira aucun différend ni aucune dissension. Il n'y aura ni sédition ni contestation. Cette solution est la suivante : Au tout premier rang se trouve le principe suivant: à tous les membres de la collectivité seront données les plus grandes réalisations du monde de l'humanité. Chacun aura la plus grande prospérité et le plus grand bien-être. Pour résoudre ce problème nous devons commencer par le fermier; c'est là que nous poserons la base d'un système et d'un ordre parce que la classe paysanne et la classe agricole dépassent les autres classes par l'importance de leur service. Dans chaque village sera établi un fonds général qui aura un certain nombre de revenus. Le premier revenu sera celui du dixième ou de la dîme. Le second revenu sera tiré des animaux. Le troisième revenu, des minéraux, c'est-à-dire que pour chaque mine prospectée ou découverte un tiers ira à ce vaste fonds. Le quatrième est celui-ci : tout l'héritage de quiconque meurt sans laisser d'héritiers ira à ce fonds général. Le cinquième : tout trésor trouvé sur la terre sera consacré à ce fonds. Tous ces revenus seront rassemblés dans ce fonds. En ce qui concerne le premier, le dixième ou dîme: nous prendrons le cas d'un fermier, l'un des paysans. Nous nous informerons de ses revenus. Nous verrons par exemple quel est son revenu annuel et aussi quelles sont ses dépenses. Maintenant, si son revenu est égal à ses dépenses, absolument rien ne sera pris à ce fermier. C'est-à-dire qu'il ne sera soumis à aucune taxation puisqu'il a besoin de tout son revenu. Un autre fermier peut avoir des dépenses s'élevant à mille dollars, dirons-nous, alors que son revenu est de deux mille dollars. De celui-là il sera exigé un dixième, parce qu'il a un surplus. Mais si son revenu est de dix mille dollars et ses dépenses de mille dollars, ou son revenu de vingt mille dollars, il devra payer un quart comme taxe. Si son revenu est de cent mille dollars et ses dépenses de cinq mille, il devra payer un tiers parce qu'il a toujours un surplus puisque ses dépenses sont de cinq mille et son revenu de cent mille. S'il paie, disons, trente-cinq mille dollars en plus de la dépense de cinq mille, il lui reste encore soixante mille. Mais si ses dépenses sont de dix mille et son revenu de deux cent mille, il devra alors donner une moitié parce que dans ce cas la somme restante sera de quatre-vingt-dix mille. Une telle échelle déterminera la part des taxes. Tout l'impôt sur de tels revenus ira à ce fonds général. Il faut alors prendre en considération des urgences comme celles-ci : un certain fermier dont les dépenses s'élèvent à dix mille dollars et dont le revenu n'est que de cinq mille recevra de ce fonds le montant nécessaire à ses dépenses. Il lui sera alloué cinq mille dollars pour qu'il ne soit pas dans le besoin. Ensuite, on prendra soin des orphelins dont on assumera toutes les dépenses. On assumera toutes les dépenses des infirmes du village. On couvrira les dépenses nécessaires des pauvres du village. Et l'on devra prendre soin du confort de tous les autres membres qui, pour des raisons valables, sont frappés d'incapacité: les aveugles, les vieillards, les sourds. Personne dans le village ne restera dans le besoin. Tous vivront dans la plus grande prospérité et le plus grand bien-être. Ainsi, aucun schisme n'accablera l'ordre général de la collectivité. Les dépenses et les frais du fonds général sont maintenant clairs et ses activités évidentes. On a montré le revenu de ce fonds général. Certains administrateurs seront élus par les habitants d'un village donné pour surveiller ces transactions. On prendra soin des fermiers et si, une fois toutes ces dépenses couvertes, l'on trouve un surplus dans ce fonds il devra être transféré au trésor national. Ce système est ainsi ordonné pour que dans le village les très pauvres soient à leur aise, les orphelins vivent bien et heureux; en un mot, aucun ne sera indigent. Tous les membres individuels de la collectivité vivront ainsi confortablement et bien. Naturellement, pour des villes plus grandes il y aura un système sur une plus grande échelle. Si j'approfondissais cette solution les détails en seraient passablement longs. Le résultat de ce système sera que chaque individu de la collectivité vivra très confortablement et dans le bonheur sans obligation envers quiconque. Néanmoins, le rang sera préservé parce qu'il doit nécessairement y avoir des degrés dans le monde de l'humanité. La collectivité peut très bien être comparée à une armée. Dans cette armée il doit y avoir un général, il doit y avoir un sergent, il doit y avoir un maréchal, il doit y avoir une infanterie; mais tous doivent jouir du plus grand confort et du plus grand bien-être. Dieu n'est pas partial et ne fait pas acception de personnes. Il a pourvu aux besoins de tous. La moisson mûrit pour tous. La pluie tombe sur tous et la chaleur du soleil est destinée à réchauffer chacun de nous. La verdure de la terre est pour tout le monde. Il devrait donc y avoir pour toute l'humanité le plus grand bonheur, le plus grand confort, le plus grand bien-être. Mais si les conditions sont telles que certains sont heureux et à l'aise et d'autres dans la misère, que certains accumulent une richesse excessive et que d'autres sont dans un terrible besoin - il est impossible à l'homme d'être heureux dans un tel système, et il lui est impossible de parvenir au bon plaisir de Dieu. Dieu est bon envers tous. Le bon plaisir de Dieu consiste dans le bien-être de tous les membres individuels de l'humanité. Un roi persan vivant dans le plus grand luxe et le plus grand confort était un soir dans son palais. Dans un moment de joie et de bonheur débordants il s'adressa à quelqu'un, disant : "C'est le moment le plus heureux de toute ma vie. Loué soit Dieu, car de tous côtés la prospérité apparaît et la chance me sourit ! Mon Trésor est plein et on prend bien soin de l'armée. Mes palais sont nombreux; mes terres sans limites; ma famille est riche; mon honneur est grand et grande est ma souveraineté. Que pourrais-je désirer de plus !" Le pauvre homme qui se trouvait à la grille du palais parla à voix haute, disant : "O bon roi ! Prétendant être si heureux à tous les points de vue, libéré de tout souci et de toute tristesse - ne vous tourmentez-vous pas pour nous? Vous dites que vous n'avez vous-même aucun souci - mais ne vous souciez-vous jamais des pauvres de votre pays ? Est-il convenable que vous soyez si riche et que nous soyons dans un besoin et un dénuement aussi cruels? Comment pouvez-vous vous reposer dans votre palais face à nos besoins et à nos soucis, comment même pouvez-vous dire que vous êtes libéré des soucis et des chagrins ? En tant que dirigeant vous ne devez pas être aussi égoïste et ne penser qu'à vous seul, mais vous devez penser à ceux qui sont vos sujets. Lorsque nous serons à l'aise, alors vous pourrez être à l'aise; alors que nous sommes dans la misère, comment pouvez-vous, en tant que roi, être dans le bonheur ?" Cela veut dire que nous sommes tous les habitants du seul globe terrestre. En réalité, nous ne formons qu'une seule famille et chacun de nous est un membre de cette famille. Nous devons tous vivre dans le plus grand bonheur et le plus grand bien-être, sous une règle et une réglementation justes - ce qui constitue le bon plaisir de Dieu, afin d'être heureux, car cette vie est fugitive. Si l'homme ne se souciait que de lui-même il ne serait rien d'autre qu'un animal, car seuls les animaux sont à ce point égoïstes. Si vous ameniez un millier de moutons à un puits pour en tuer neuf cent quatre-vingt-dix-neuf, le seul mouton restant continuerait à pâtre, sans penser aux autres et sans se soucier du tout de leur perte, sans jamais se tourmenter de ce que ses semblables soient morts, aient péri ou aient été tués. Ne penser qu'à soi est donc une propension animale. Vivre isolé et solitaire est la propension de l'animal. Ne chercher que son propre confort est le penchant de l'animal. Mais l'homme a été créé pour être un homme: pour être loyal, pour être juste, pour être compatissant, pour être bon envers tous ses semblables - et non pour consentir à ce que lui seul soit riche tandis que les autres sont dans la misère et la détresse, ce qui est un attribut de l'animal et non de l'homme. Bien plus, l'homme devrait consentir à accepter des privations pour lui-même afin que les autres puissent jouir de la richesse; il devrait se réjouir de son tourment pour que les autres puissent avoir bonheur et bien-être. Ceci est l'attribut de l'homme. Ceci sied à l'homme. Autrement l'homme n'est pas homme - il est moins que l'animal. L'homme qui ne pense qu'à lui et qui ne se soucie pas des autres est, sans aucun doute, inférieur à l'animal parce que l'animal n'est pas doué de la faculté de raisonner. L'animal est excusé; mais l'homme possède la raison, la faculté de justice, la faculté de miséricorde. Possédant toutes ces facultés il ne doit pas les laisser inutilisées. Celui qui a le coeur assez dur pour ne penser qu'à son propre confort, celui-là ne sera pas appelé "homme". Est un homme celui qui oublie ses propres intérêts pour l'amour des autres. Il sacrifie son propre confort pour le bien-être de tous. Bien plus, il doit consentir volontairement à sacrifier sa propre vie pour la vie de l'humanité. Un tel homme est l'honneur du monde de l'humanité. Un tel homme est la gloire du monde de l'humanité. Un tel homme est celui qui acquiert la félicité éternelle. Un tel homme est près du seuil de Dieu. Un tel homme est la manifestation même du bonheur éternel. Sinon, les hommes sont comme les animaux, montrant les mêmes inclinations et les mêmes propensions que le monde des animaux. Quelle distinction y-a-t-il ? Quelles prérogatives, quelles perfections ? Aucune quelle qu'elle soit! Les animaux, ne pensant qu'à eux et négligents des besoins des autres, sont mieux même. Voyez comment les plus grands hommes dans le monde que ce soit parmi les prophètes ou les philosophes - ont tous sacrifié leur propre confort, ont tous sacrifié leur propre plaisir pour le bien-être de l'humanité. Ils ont sacrifié leur propre vie pour la collectivité. Ils ont sacrifié leur propre richesse pour celle du bien-être général. Ils ont perdu leur propre honneur pour l'honneur de l'humanité. Il devient donc évident que ceci est l'accomplissement le plus élevé pour le monde de l'humanité. Nous demandons à Dieu de doter les âmes des hommes de justice afin qu'elles puissent être équitables et s'efforcer de pourvoir au confort de tous, afin que chaque membre de l'humanité puisse passer sa vie dans le plus grand confort et la plus grande prospérité. Alors ce monde matériel deviendra le paradis même du Royaume, cette terre élémentaire sera dans une condition céleste et tous les serviteurs de Dieu vivront dans la plus grande joie, le plus grand bonheur et le plus grand plaisir. Nous devons tous nous efforcer de concentrer toutes nos pensées pour qu'un tel bonheur puisse en résulter pour le monde de l'humanité. La question de la socialisation est très importante. Elle ne sera pas résolue par des grèves à cause des salaires. Tous les gouvernements du monde doivent s'unir et organiser une assemblée dont les membres seront élus parmi les parlements et les gens nobles des nations. Ces membres devront faire des plans avec la plus grande sagesse et la plus grande autorité afin que les capitalistes ne souffrent pas de pertes énormes et que les travailleurs ne puissent être dans le besoin. Ils devraient légiférer avec la plus grande modération, puis annoncer au public que les droits des travailleurs doivent être fermement préservés. Les droits des capitalistes doivent également être protégés. Lorsqu'un plan général de cette sorte sera adopté par la volonté des deux côtés, tous les gouvernements du monde devront, si une grève survient, y résister collectivement. Autrement, le problème du travail conduira à une grande destruction, particulièrement en Europe. De terribles choses se produiront. Par exemple, les propriétaires de terres, de mines et d'usines devraient partager leurs revenus avec leurs employés et donner un certain pourcentage juste de leurs profits à leurs ouvriers afin que les employés puissent recevoir, en dehors de leur salaire, une partie du revenu général de l'usine pour que l'employé puisse mettre toute son âme dans son travail. Dans l'avenir, il ne restera plus de trusts. La question des trusts disparaîtra complètement. De plus, chaque usine qui a dix mille actions en donnera deux mille à ses employés et les mettra à leur nom afin qu'ils puissent les avoir, et le reste appartiendra aux capitalistes. Ensuite, à la fin du mois ou de l'année, tout ce qu'ils pourront gagner une fois les dépenses et les salaires payés devra être partagé entre les deux selon le nombre d'actions. En réalité, il a été fait jusqu'à présent une grande injustice à la masse, Des lois doivent être faites, car il n'est pas possible que les travailleurs soient satisfaits du système actuel. Ils feront la grève chaque mois et chaque année. Finalement, les capitalistes perdront. Dans les temps anciens, une grève survint parmi les soldats turcs. Ils dirent au gouvernement: "Nos soldes sont très basses, elles devraient être augmentées. " Le gouvernement fut forcé d'accéder à leur demande. Peu de temps après, ils se mirent à nouveau en grève. A la fin, tous les revenus s'en allèrent dans les poches des soldats, à tel point qu'ils tuèrent le roi, disant : "Pourquoi n'as-tu pas augmenté le revenu pour que nous puissions recevoir davantage ?" Il n'est pas possible qu'un pays vive convenablement sans lois. Pour résoudre ce problème des lois rigoureuses doivent être faites, de façon que tous les gouvernements du monde en soient les protecteurs. Dans les principes bolcheviques, l'égalité est réalisée par la force. Les masses qui sont opposées aux gens qui ont un rang et à la classe riche désirent prendre part à leurs avantages. Mais dans les enseignements divins l'égalité est réalisée par une bonne volonté pour partager. En ce qui concerne la richesse, il est ordonné que les riches parmi le peuple et que les aristocrates, de leur propre volonté et pour leur propre bonheur, se soucient des pauvres et en prennent soin. Cette égalité est le résultat des caractéristiques sublimes et des nobles attributs de l'humanité. ;=========================================================== Chapitre: Les critères de la vérité Au cours de ma visite à Londres et à Paris l'année dernière j'eus plusieurs conversations avec les philosophes matérialistes d'Europe. La base de toutes leurs conclusions est que l'acquisition de la connaissance des phénomènes se fait selon une loi fixée, invariable - une loi mathématiquement exacte dans son effet à travers les sens. Par exemple, l'oeil voit une chaise; il n'y a donc aucun doute quant à l'existence de cette chaise. L'oeil regarde les cieux et contemple le soleil; je vois des fleurs sur cette table, je sens leur parfum, j'entends des bruits à l'extérieur, etc. , etc. Ceci, disent-ils, est une loi mathématique fixe de perception et de déduction dont l'effet ne laisse aucun doute quel qu'il soit car, étant donné que l'univers est soumis à notre sensation, la preuve saute aux yeux que notre connaissance de l'univers doit être acquise par la voie des sens. C'est-à-dire que les matérialistes annoncent que le critère et le standard de la connaissance humaine sont une perception des sens. Parmi les Grecs et les Romains, le critère de la connaissance était la raison; que tout ce qui peut être prouvé et accepté par la raison doit être nécessairement reconnu pour vrai. Un troisième modèle ou standard est l'opinion soutenue par les théologiens que les traditions ou déclarations prophétiques et les interprétations constituent la base du savoir humain. Il y a encore un quatrième critère soutenu par les hommes de religion et les métaphysiciens qui disent que la source et le canal de toute pénétration humaine dans l'inconnu existent à travers l'inspiration. En résumé, ces quatre critères sont, selon les déclarations des hommes : premièrement - la perception des sens; deuxièmement - la raison; troisièmement - les traditions; quatrièmement - l'inspiration. En Europe, j'ai dit aux philosophes et aux hommes de science du matérialisme que le critère des sens n'est pas sûr. Par exemple, considérez un miroir et les images reflétées dans ce miroir. Ces images n'ont pas d'existence corporelle réelle. Cependant, si vous n'aviez jamais vu un miroir, vous persisteriez fermement à croire qu'elles sont réelles. L'oeil voit un mirage dans le désert, comme une nappe d'eau, mais il n'y a aucune réalité dans ce mirage. Lorsque nous nous tenons sur le pont d'un bateau le rivage semble bouger, nous savons pourtant que la terre est immobile et que c'est nous qui bougeons. On croyait que la terre était fixe et que le soleil tournait autour d'elle, mais bien qu'il paraisse en être ainsi on sait maintenant que c'est l'inverse qui est vrai. Une torche tournoyante fait apparaître un cercle de feu devant l'oeil, nous réalisons cependant qu'il n'y a qu'un point de lumière. Nous voyons une ombre bouger sur le sol mais elle n'a aucune existence matérielle, aucune réalité. Dans les déserts, les effets atmosphériques sont particulièrement productifs d'illusions qui trompent l'oeil. Je vis une fois un mirage dans lequel une caravane tout entière semblait se déplacer vers le ciel. Dans le grand Nord d'autres phénomènes trompeurs apparaissent, qui déroutent la vision humaine. Quelquefois, trois ou quatre soleils - que les savants appellent "soleils d'illusion" - brillent en même temps, tandis que nous savons que le grand orbe solaire est unique et qu'il est fixe et seul. En résumé, les sens sont continuellement trompés et nous sommes incapables de séparer ce qui est réalité de ce qui ne l'est pas. Quant au second critère - la raison - il n'est également pas sûr et l'on ne peut s'y fier. Ce monde humain est un océan d'opinions diverses. Si la raison est le standard et le critère parfait du savoir, pourquoi les opinions sont-elles en contradiction et pourquoi les philosophes sont-ils si complètement en désaccord les uns avec les autres? C'est une preuve évidente que l'on ne peut se fier à la raison humaine comme critère infaillible. Par exemple, les grandes découvertes et les grandes proclamations des siècles passés sont continuellement bouleversées et écartées par les sages d'aujourd'hui. Les mathématiciens, les astronomes, les savants en chimie réfutent et rejettent continuellement les conclusions des anciens; rien n'est fixe, rien n'est final; tout change continuellement parce que la raison humaine progresse sur de nouvelles voies de recherche et arrive chaque jour à de nouvelles conclusions. Dans le futur, une grande partie de ce qui est annoncé et accepté comme vrai maintenant sera rejeté et réfuté. Et il en sera ainsi indéfiniment. Lorsque nous considérons le troisième critère - les traditions - soutenu par les théologiens comme étant le chemin et le standard du savoir, nous découvrons que cette source n'est pas sûre non plus et qu'on ne peut valablement s'y fier, car les traditions religieuses sont le récit et l'enregistrement de la compréhension et de l'interprétation du Livre. Par quels moyens en est-on arrivé à cette compréhension et à cette interprétation? Par l'analyse faite par la raison humaine. Lorsque nous lisons le Livre de Dieu, la faculté de compréhension par laquelle nous formulons des conclusions est la raison. La raison est l'esprit. Si nous ne sommes pas doués d'une raison parfaite, comment pouvons-nous comprendre les significations de la parole de Dieu? La raison humaine, comme il a déjà été signalé. est donc, par sa nature même, limitée et défectueuse dans ses conclusions. Elle ne peut cerner la Réalité elle-même, la Parole Infinie. Etant donné que la source des traditions et des interprétations est la raison humaine, et que la raison humaine est défectueuse, comment pouvons-nous nous fier à ses verdicts comme étant le savoir réel? Le quatrième critère que j'ai cité est l'inspiration, par laquelle on prétend pouvoir parvenir à la réalité de la connaissance. Qu'est-ce que l'inspiration? C'est le flux du coeur humain. Mais quelles sont les incitations sataniques qui affligent l'humanité? Elles sont aussi le flux du coeur. Comment les différencierons-nous? La question est soulevée. Comment saurons-nous si nous suivons l'inspiration de Dieu ou les incitations sataniques de l'âme humaine ? En un mot, dans le monde matériel humain des phénomènes ces quatre critères sont les seuls critères existants ou voies du savoir, et tous sont défectueux et non fiables. Que reste-t-il alors? Comment parviendrons-nous à la réalité de la connaissance ? Par les souffles et les incitations du Saint- Esprit qui est la lumière et le savoir même. Par lui, l'esprit humain est vivifié et fortifié dans des conclusions exactes et un savoir parfait. C'est un argument décisif qui montre que tous les critères humains disponibles sont erronés et défectueux mais que le standard divin du savoir est infaillible. En conséquence, l'homme n'est pas fondé à dire : "Je sais parce que je perçois par mes sens" ou "Je sais parce que cela est prouvé par ma faculté de raison" ou "Je sais parce que cela est conforme à la tradition et à l'interprétation du livre saint" ou "Je sais parce que je suis inspiré". Tous les standards humains de jugement sont imparfaits, limités. ;=========================================================== Chapitre: L'homme et la nature Si nous regardons d'un oeil qui voit le monde de la création, nous découvrons que toutes les choses existantes peuvent être classifiées comme suit : premièrement - le règne minéral - c'est-à-dire la matière ou la substance qui apparaissent sous des formes de composition variées. Deuxièmement - le règne végétal - qui possède les vertus du règne minéral plus le pouvoir d'augmentation ou de croissance, montrant un degré plus élevé et plus distinct que le règne minéral. Troisièmement - le règne animal - qui possède les attributs du règne minéral et du règne végétal plus le pouvoir de perception par les sens. Quatrièmement - le règne humain - l'organisme le plus grandement distinct de la création visible. comprenant les qualités des règnes minéral, végétal et animal plus un don idéal absolument absent dans les règnes inférieurs - le pouvoir de la recherche intellectuelle dans les mystères des phénomènes extérieurs. Le résultat de ce don intellectuel est la science qui est la caractéristique particulière de l'homme. Ce pouvoir scientifique examine et comprend les objets créés et les lois qui les entourent. C'est lui qui découvre les secrets cachés et mystérieux de l'univers matériel, et il est propre à l'homme seul. Le mérite le plus noble et le plus louable de l'homme est donc le savoir et la connaissance scientifiques. La science peut être comparée à un miroir dans lequel se reflètent les images des mystères des phénomènes extérieurs. Elle amène et nous montre dans l'arène de la connaissance tout ce que le passé a produit. Elle relie le passé au présent. Les conclusions philosophiques des siècles passés, les enseignements des prophètes et la sagesse des sages d'autrefois sont cristallisés et reproduits dans l'avancement scientifique d'aujourd'hui. La science découvre le passé. De ses prémisses du passé et du présent nous tirons des conclusions quant au futur. La science gouverne la nature et ses mystères. elle est le seul agent qui permet à l'homme d'explorer les institutions de la création matérielle. Toutes les choses créées sont prisonnières de la nature et soumises à ses lois. Elles ne peuvent transgresser en aucune façon l'influence de ces lois. Les mondes infinis des étoiles et les corps célestes sont les sujets obéissants de la nature. La terre et ses myriades d'organismes, tous les minéraux, toutes les plantes et tous les animaux sont les esclaves de sa domination. Mais l'homme, par l'exercice de son pouvoir scientifique et intellectuel, peut sortir de cette condition, peut modifier, changer et contrôler la nature selon ses propres souhaits et ses propres besoins. La science "viole" pour ainsi dire les lois de la nature. Réfléchissez, par exemple, au fait que l'homme, selon la loi naturelle, devrait habiter à la surface de la terre. Cependant, en maîtrisant cette loi et cette restriction, il navigue en bateau sur l'océan, monte au zénith en avion et plonge dans les profondeurs de la mer en sous-marin. Cela est à l'encontre de l'ordre de la nature et constitue une violation de sa souveraineté et de sa domination. Les lois et méthodes de la nature, les secrets et mystères cachés de l'univers, les inventions et découvertes humaines, toutes nos connaissances scientifiques devraient naturellement rester cachés et inconnus, mais l'homme, par sa pénétration intellectuelle, les fait surgir du domaine de l'invisible et les amène dans le domaine du visible, les expose et les explique. Par exemple, l'un des mystères de la nature est l'électricité. Selon la nature cette force, cette énergie devrait rester latente et cachée mais l'homme, scientifiquement, viole les lois mêmes de la nature, s'en saisit et même l'emprisonne pour l'utiliser. En résumé, par la possession de ce don idéal de la recherche scientifique, l'homme est le produit le plus noble de la création, le régulateur de la nature. Il prend l'épée des mains de la nature et l'utilise sur la tête de la nature. Selon la loi naturelle la nuit est une période de ténèbres et d'obscurité, mais en utilisant le pouvoir de l'électricité, en maniant cette épée électrique, l'homme maîtrise l'obscurité et dissipe les ténèbres. L'homme est supérieur à la nature et fait obéir la nature. L'homme est un être sensible; la nature est dépourvue de sensation. L'homme possède mémoire et raison; à la nature elles font défaut. L'homme est plus noble que la nature. Il a en lui des pouvoirs dont la nature est dépourvue. On peut prétendre que ces pouvoirs viennent de la nature elle-même et que l'homme est une partie de la nature. En réponse à cela, nous dirons que si la nature est le tout et que l'homme est une partie de ce tout, comment est-il possible qu'une partie possède des qualités et des vertus qui sont absentes du tout. La partie doit, sans aucun doute, être douée des mêmes qualités et propriétés que le tout. Par exemple, le cheveu est une partie de l'anatomie humaine. Il ne peut contenir des éléments introuvables dans les autres parties du corps, car dans tous les cas les composants du corps sont les mêmes. Il est donc manifeste et évident que l'homme, bien qu'étant par son corps une partie de la nature, possède néanmoins par l'esprit un pouvoir qui transcende la nature, car s'il était simplement une partie de la nature et s'il était simplement limité aux lois matérielles il ne pourrait posséder que les choses que la nature comporte. Dieu a conféré en plus à l'homme un pouvoir distinctif, la faculté de recherche intellectuelle dans les secrets de la création, l'acquisition d'un savoir plus élevé dont la vertu la plus grande est l'éclaircissement scientifique. Ce don est le pouvoir le plus louable de l'homme car, par l'utilisation qui en est faite, l'amélioration de la race humaine s'accomplit, le développement des vertus de l'humanité est rendu possible, et l'esprit et les mystères de Dieu deviennent manifestes. Etant donné que l'on enseigne ici les sciences matérielles et physiques qui développent constamment des champs de connaissances plus vastes, j'ai l'espoir qu'un développement spirituel pourra également suivre et marcher de pair avec ces avantages extérieurs. De même que la connaissance matérielle éclaire ceux qui se trouvent à l'intérieur des murs de ce grand temple du savoir, la lumière de l'esprit, la lumière intérieure et divine de la vraie philosophie pourra aussi faire rayonner cette institution. Le principe le plus important de la philosophie divine est l'unité du monde de l'humanité, l'unité du genre humain, le lien qui unit l'Orient et l'Occident, le lien d'amour qui fond les coeurs des hommes. Il est donc de notre devoir de déployer nos plus grands efforts et de rassembler toutes nos énergies afin que les liens d'unité et d'entente puissent être établis à travers l'humanité. Pendant des milliers d'années nous avons eu effusions de sang et luttes. C'en est assez, cela suffit. C'est maintenant le moment de s'associer dans l'amour et l'harmonie. Pendant des milliers d'années nous avons expérimenté l'épée et la guerre; pour un moment au moins laissons l'humanité vivre en paix. Revoyez l'histoire et considérez de combien de sauvagerie, de combien d'effusions de sang et de batailles le monde a été le témoin. Il s'agissait de guerre de religion, de guerre politique ou de quelque autre conflit d'intérêts humains. Le monde de l'humanité n'a jamais joui de la bénédiction de la Paix Universelle. D'année en année, les instruments de guerre ont été accrus et perfectionnés. Regardez les guerres des siècles passés : seulement dix, quinze ou vingt mille au plus étaient tués, mais il est maintenant possible d'en tuer cent mille en un seul jour. Autrefois, les guerres se faisaient à l'épée, aujourd'hui c'est le fusil sans fumée. Les bateaux de guerre d'autrefois étaient des vaisseaux à voiles, aujourd'hui ce sont des cuirassés. Réfléchissez à l'accroissement et au perfectionnement des arts de guerre. Dieu nous a tous créés hommes, et tous les pays du monde sont les parties du même globe. Nous sommes tous ses serviteurs. Il est bon et juste envers tous. Pourquoi être méchants et injustes entre nous ? Il pourvoit aux besoins de tous. Pourquoi nous dépouiller mutuellement ? Il nous protège et nous défend tous. Pourquoi tuer nos semblables? Si cette guerre et cette lutte sont faites pour la cause de la religion, il est évident qu'elles violent l'esprit et la base de toute religion. Toutes les manifestations divines ont proclamé l'unicité de Dieu et l'unité de l'humanité. Elles ont enseigné que les hommes devaient s'aimer et s'aider mutuellement afin de pouvoir progresser. Alors, si cette conception de la religion est vraie, son principe essentiel est l'unité de l'humanité. La vérité fondamentale des manifestations est la paix. Celle-ci est la base de toute religion, de toute justice. Le dessein divin est que les hommes vivent dans l'unité, la concorde et l'harmonie, et qu'ils s'aiment les uns les autres. Réfléchissez aux vertus du monde humain, et admettez comme réel que l'unité de l'humanité est la base fondamentale de toutes ces vertus. Lisez l'Evangile et les autres livres saints. Vous découvrirez que leurs principes fondamentaux sont les mêmes. ;=========================================================== Chapitre: Le microcosme et la macrocosme Lorsque nous examinons la réalité du microcosme, nous découvrons que trois réalités y sont déposées. L'homme est doté d'une réalité extérieure ou physique. Elle appartient au domaine matériel, au règne animal, parce qu'elle a jailli du monde matériel. Cette réalité animale, l'homme la partage avec les animaux. Comme les animaux, le corps humain est soumis aux lois de la nature. Mais l'homme est doté d'une deuxième réalité, la réalité rationnelle ou intellectuelle; et la réalité intellectuelle de l'homme prédomine la nature. Toutes ces sciences dont nous jouissons étaient les secrets cachés et profonds de la nature, inconnaissables à la nature, mais la capacité de découvrir ces mystères fut donnée à l'homme, et il les amena du plan de l'invisible au plan du visible. Cependant, il y a dans l'homme une troisième réalité, la réalité spirituelle. Par son intermédiaire on découvre les révélations spirituelles, une faculté céleste qui est infinie en ce qui concerne les royaumes intellectuels aussi bien que physiques. Ce pouvoir est conféré à l'homme par le souffle de l'Esprit Saint. C'est une réalité éternelle, une réalité indestructible, une réalité qui appartient au royaume divin, surnaturel; une réalité par laquelle le monde est illuminé, une réalité qui accorde à l'homme la vie éternelle. Cette troisième réalité, cette réalité spirituelle est celle qui découvre les événements passés et regarde vers les perspectives du futur. C'est l'éclat du Soleil de Réalité. Le monde spirituel en est illuminé, tout le royaume est illuminé par elle. Elle jouit du monde de la béatitude, un monde qui n'a ni commencement ni fin. Cette réalité céleste, la troisième réalité du microcosme, délivre l'homme du monde matériel. Par son pouvoir l'homme échappe au monde de la nature. Libéré, il trouvera une réalité qui illumine, transcendant la réalité limitée de l'homme et lui permettant d'atteindre l'infinité de Dieu, le soustrayant au monde des superstitions et des imaginations, et le plongeant dans l'océan des rayons du Soleil de Réalité. Ce fait est prouvé aussi bien par évidence scientifique que par évidence spirituelle. Lorsque nous examinons les conditions des phénomènes, nous observons que tous les phénomènes sont composés d'éléments simples. Cette cellule-élément simple voyage et a ses parcours dans tous les degrés de l'existence. Je souhaite que vous vous penchiez soigneusement sur cela. Cet élément cellulaire a appartenu à un certain moment au règne minéral. Alors qu'il faisait partie du règne minéral, il a eu ses parcours et ses transformations en des myriades d'images et de formes. Ayant achevé son voyage dans le règne minéral, il est monté au règne végétal; et dans le règne végétal, il a eu à nouveau ses voyages et ses transformations en des myriades de conditions. Ayant accompli ses fonctions dans le règne végétal, l'élément cellulaire est monté au règne animal. Dans le règne anime. il est encore passé par la composition de myriades d'images, et nous le trouvons ensuite dans le règne humain. Dans le règne humain, il a eu de même ses transformations et ses parcours en de multiples formes. En résumé, ce simple atome primordial a eu ses grands voyages à travers tous les stades de la vie, et dans chaque stade il a été doté d'une vertu ou caractéristique spéciale et particulière. En conséquence, les grands philosophes divins ont eu l'épigramme suivant: Toutes choses sont comprises dans toutes choses. Car chaque phénomène simple a joui des postulats de Dieu, et dans chaque forme de ces électrons infinis il a eu ses caractéristiques de perfection. Ainsi cette fleur appartint une fois au sol. L'animal mange la fleur ou son fruit, et elle monte ainsi au règne animal. L'homme mange la chair de l'animal, qui monte ainsi au règne humain, car tous les phénomènes sont divisés en ce qui se mange et ce qui est mangé. En conséquence, chaque atome primordial simple et indivisible de ces atomes a eu son cours à travers toute la création sensible, entrant constamment dans l'assemblage des divers éléments. De là vous avez la conservation de l'énergie et l'infinité des phénomènes, l'indestructibilité des phénomènes, constamment et immuablement, parce que la vie ne peut souffrir l'annihilation, mais seulement le changement. L'annihilation apparente est ceci : que la forme, l'image extérieure, subit tous ces changements et transformations. Reprenons l'exemple de la fleur. La fleur est indestructible. La seule chose que nous pouvons voir, cette forme extérieure, est vraiment détruite mais les éléments, les éléments indivisibles qui sont entrés dans la composition de cette fleur, sont éternels et permanents. Les réalités de tous les phénomènes sont donc immuables. L'extinction ou la mortalité ne sont rien d'autre que la transformation de tableaux et d'images, pour ainsi dire - la réalité qui existe derrière ces images est éternelle. Et chaque réalité des réalités est une des faveurs de Dieu. Certains croient que la divinité de Dieu a eu un commencement. Ils disent qu'avant ce commencement particulier l'homme n'avait aucune connaissance de la divinité de Dieu. Avec ce principe ils ont limité l'effet des influences de Dieu. Par exemple, ils pensent qu'il y eut un temps où l'homme n'existait pas, et qu'il y aura un temps dans le futur où l'homme n'existera pas. Une telle théorie restreint le pouvoir de Dieu, car comment pouvons-nous comprendre la divinité de Dieu autrement que par la compréhension scientifique des manifestations des attributs de Dieu ? Comment pouvons-nous comprendre la nature du feu autrement que par sa chaleur, sa lumière? S'il n'y avait ni chaleur ni lumière dans ce feu, nous ne pourrions naturellement pas dire que ce feu existe. Ainsi, s'il y eut un temps où Dieu ne manifestait pas ses qualités, alors il n'y avait pas Dieu, car les attributs de Dieu présupposent la création de phénomènes. Par exemple, par la présente considération, nous disons que Dieu est le créateur. Alors, il doit toujours y avoir eu une création - puisque la qualité de créateur ne peut être limitée au moment où un homme ou quelques hommes réalisent cet attribut. Les attributs que nous découvrons un à un - ces attributs eux-mêmes précèdent nécessairement la découverte que nous en faisons. En conséquence, Dieu n'a ni commencement ni fin, et sa création n'est pas limitée quant aux degrés. Les limites de temps et de degré appartiennent aux choses créées, jamais à la création comme un tout. Elles appartiennent aux formes des choses, non à leur réalité. La splendeur de Dieu ne peut être suspendue. La souveraineté de Dieu ne peut être interrompue. Puisque la souveraineté de Dieu est immémoriale, la création de notre monde à travers l'infinité est présupposée. Lorsque nous regardons la réalité de ce sujet, nous voyons que les grâces de Dieu sont infinies, sans commencement ni fin. Les plus grandes générosités de Dieu dans ce monde phénoménal sont ses manifestations. C'est le plus grand postulat. Ces manifestations sont les soleils de réalité. Car c'est par la Manifestation que la réalité devient connue et fondée pour l'homme. L'histoire nous prouve que, séparé de l'influence des manifestations, l'homme retourne à sa condition animale, utilisant même son pouvoir intellectuel pour servir un dessein animal. Il n'y aura donc dans le futur aucune cessation quelconque dans l'apparition de la manifestation de Dieu, parce que Dieu est infini et que son dessein ne peut être limité en aucune façon. Si jamais nous osons limiter et restreindre le dessein de Dieu de quelque façon que ce soit, alors nous nous sommes permis d'assigner des bornes à l'omnipotence de Dieu. Le créé a osé limiter son Créateur ! En conséquence, l'homme parfait contemple toujours les rayons du Soleil de Vérité, L'homme parfait attend et espère toujours la venue de la splendeur de Dieu, il examine toujours les méthodes et les desseins de Dieu, sachant avec certitude que les réalités du Divin ne sont pas limitées, que les noms et attributs divins ne sont pas limités. Les grâces et les bontés de Dieu sont sans limite et la venue des manifestations de Dieu n'est pas circonscrite par le temps. ;=========================================================== Chapitre: Les cycles universels Chacun des corps lumineux de ce firmament sans limites a un cycle de révolution de durée différente, chacun se meut dans sa propre orbite et une fois encore commence un nouveau cycle. Ainsi la terre, tous les trois cent soixante-cinq jours, cinq heures, quarante-huit minutes et une fraction, accomplit une révolution: et alors commence un nouveau cycle, c'est-à-dire que le premier cycle est encore renouvelé. De même pour tout l'univers, qu'il s'agisse des cieux ou des hommes, il y a des cycles de grands événements, de faits et d'incidents importants. Lorsqu'un cycle se termine un nouveau cycle commence, et l'ancien, en raison des grands événements qui ont lieu, est complètement oublié et aucune trace ou mention n'en restera. Comme vous le voyez, nous n'avons aucun souvenir d'il y a vingt mille ans, bien que nous ayons prouvé précédemment par argument que la vie sur cette terre est très ancienne. Elle n'a pas cent mille, ou deux cent mille, ou un million ou deux millions d'années, elle est très ancienne, et les anciennes mentions et traces sont entièrement effacées. De même, chacune des manifestations divines a un cycle, et pendant ce cycle ses lois et commandements prévalent et ont cours. Lorsque son cycle est achevé par l'apparition d'une nouvelle manifestation, un nouveau cycle commence. Ainsi les cycles commencent, s'achèvent et sont renouvelés, jusqu'à ce qu'un cycle universel soit achevé dans le monde, lorsque des événements importants et de grands incidents ont lieu, effaçant entièrement toute trace et toute mention du passé; alors un nouveau cycle universel commence dans le monde, car cet univers n'a pas de commencement. Nous avons montré précédemment des preuves et évidences relatives à ce sujet; il n'est pas utile de les répéter. En bref, nous disons qu'un cycle universel dans le monde de l'existence signifie un long laps de temps et des périodes et époques innombrables et incalculables. Dans un tel cycle, les manifestations apparaissent avec splendeur dans le royaume du visible, jusqu'à ce qu'une grande manifestation universelle fasse du monde le centre de son éclat. Son apparition permet au monde d'atteindre sa maturité, et l'étendue de son cycle est très grande. D'autres manifestations se lèveront ensuite sous son ombre, et, selon les besoins du temps, renouvelleront certains commandements ayant trait aux questions et affaires matérielles, tout en restant sous son ombre. Nous sommes dans le cycle qui a commencé avec Adam, et sa manifestation universelle est Bahá'u'lláh. ;=========================================================== Chapitre: L'éducation Selon les exposés des philosophes, la différence de degré du genre humain, du plus bas au plus élevé, est due à l'éducation. Les preuves qu'ils avancent sont celles-ci: La civilisation de l'Europe et de l'Amérique est une évidence et un résultat de l'éducation, tandis que les peuples à demi civilisés et barbares d'Afrique témoignent de par leur condition qu'ils ont été privés de ses avantages. L'éducation rend l'ignorant savant, le tyran juste, favorise le bonheur, renforce l'esprit, développe la volonté et rend féconds les arbres stériles de l'humanité. C'est pourquoi, dans le monde humain, quelques-uns ont atteint de hauts degrés, tandis que d'autres tâtonnent dans l'abîme du désespoir. Il est néanmoins possible à chaque membre de la race humaine de parvenir au plus haut degré, même à la station des prophètes. C'est ainsi que parlent et raisonnent les philosophes. Les prophètes de Dieu sont les premiers éducateurs. Ils donnent à l'homme une éducation universelle et le font s'élever des niveaux les plus bas de la sauvagerie aux pinacles les plus hauts du développement spirituel. Les philosophes sont également des éducateurs en ce qui concerne la formation intellectuelle. Tout au plus ont-ils été seulement capables de s'éduquer eux-mêmes ainsi qu'un nombre limité de personnes autour d'eux, d'améliorer leurs propres moeurs et, pour ainsi dire, de se civiliser eux-mêmes; mais ils ont été incapables de donner une éducation universelle. Ils n'ont pas réussi à faire avancer une nation donnée de la sauvagerie à la civilisation. Il est évident que, bien que l'éducation améliore les moeurs de l'humanité, confère les avantages de la civilisation et élève l'homme des degrés les plus bas à la station de