![]() Religion Baha'ie |
Les bases de l'unité du monde |
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Plan Avant propos En 1911, un grand maître venu d'Orient arriva en Europe: Abdu'l-Bahá, le fils du fondateur de la Foi bahá'íe. A Paris, l'Alliance spiritualiste, le Foyer de l'âme (le temple du pasteur Wagner), la Société théosophique, entre autres, l'invitèrent à prendre la parole dans leurs centres. A Londres il parla au City Temple et s'adressa à la congrégation de l'église St. John de Westminster; à Oxford il fut l'invité du Pr. Cheyne, théologien de réputation internationale; à Edimbourg il fit une conférence à la Société espérantiste. Abdu'l-Bahá visita aussi l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie. Il se rendit également en Amérique. Il apportait un grand message d'espoir pour tous les peuples, et les principes qu'il enseignait sont aujourd'hui considérés comme la base du progrès moderne. Il annonçait qu'un nouvel âge avait commencé, celui de l'unité de l'humanité et de l'unité de la religion; que le vieux rêve de paix des hommes serait rendu possible en ce siècle. Or, le monde d'aujourd'hui n'est-il pas anxieux de trouver le principe d'unité qui permettra à ses différents peuples de s'unir pour ne plus avoir qu'une seule patrie, la planète elle-même? Les Bases des l'unité du mondes sont un recueil de causeries données par Abdu'l-Bahá de 1911 à 1913 au cours de ses voyages en Occident. Abdu'l-Bahá aborde des sujets aussi variés que la nature, le microcosme et le macrocosme, la science et la religion, la coopération, le véritable modernisme, l'éducation, la religion renouvelée; et des questions d'intérêt certain sur les aspects sociaux et économiques de l'organisation de la société en vue de parvenir à la paix universelle. Dans un langage clair et agréable, avec des images concrètes et des pensées élevées, Abdu'l-Bahá propose des solutions logiques aux problèmes du monde, donnant des arguments de poids et insistant sur le moyen spirituel qui permettra de les résoudre de façon durable. Pour lui, "l'achèvement de tout but est conditionné par le savoir, la volonté et l'action". Tant que ces trois conditions ne sont pas réunies il ne peut y avoir ni exécution ni accomplissement. Il importe aussi que chaque être humain accepte de participer à la construction d'une nouvelle société, d'une nouvelle civilisation. Le véritable modernisme ne serait-il pas de "rechercher la base de la religion divine, de découvrir sa réalité et de répandre son message à travers le monde afin qu'il puisse devenir la source d'inspiration et de lumière de l'humanité, afin que le mort spirituel devienne vivant, que l'aveugle spirituel reçoive la vue, et que ceux qui sont inattentifs à Dieu soient éveillés" ? Anne-Marie Dupeyron, Monte-Carlo, le 1er novembre 1981 Introduction
Avant propos La recherche d'un principe d'unité capable d'unir les peuples du monde en un ensemble valable et créateur est indéniablement la question essentielle à laquelle la génération actuelle se trouve confrontée. Rien d'autre que l'unité du monde ne peut libérer les vastes énergies productives qui sont à la disposition de l'esprit moderne; rien d'autre ne peut remplacer les idéaux raciaux qui, ayant servi leur temps, deviennent maintenant des causes de conflit plutôt que des sources d'accord; en dehors de cela, rien n'arrêtera les tendances à l'anarchie qui rongent le coeur de la collectivité de toutes les nations organisées. Le courant de changement rapide et turbulent passe trop profondément pour qu'aucun barrage de compromis puisse réprimer sa puissance et réaliser une quelconque stabilité ou un quelconque repos derrière lesquels l'esprit humain puisse sommeiller sans inquiétude. La continuité même de ces myriades d'interrelations développées, tant par les forces compétitives que par les forces coopératives, dépend de l'établissement d'une unité organique correspondant autant aux actes internes qu'aux actes externes de la vie. Tandis que la nécessité d'un tel principe universel d'unité apparaît plus urgent et inévitable, l'humanité devient plus sensible à toute influence capable de résoudre la crise continuelle qu'est devenue la civilisation. La caractéristique distinctive du travail auquel Abdu'l-Bahá a consacré sa vie consiste dans le fait que ce n'était pas seulement une insistance noble, altruiste et inlassable sur l'unité du monde en tant qu'idéal, mais aussi une présentation définie de l'unité mondiale comme façon de vivre. A une époque où même le libéralisme le plus éclairé concevait l'unité en termes partiaux - une unité limitée n'affectant qu'un champ d'expérience tel que la religion, l'éthique, la science ou la politique - Abdu'l-Bahá créa, tant par la parole que par l'action, une conception vraiment universelle du nouveau terme. Pour Abdu'l-Bahá, l'unité du monde n'était pas un simple rassemblement d'institutions conventionnelles issues d'une société à l'âge de l'obscurité et de la division spirituelles, mais une association et une fusion d'esprits et de coeurs éveillés à une nouvelle conscience de la destinée de l'humanité. Comme sous l'action d'un solvant pur, sa vision servait à faire disparaître le moi extérieur imposé par l'entourage et à vivifier le centre intime de l'être où se trouve la réponse à la Volonté universelle. Il élevait les buts et les pouvoirs de cette Volonté en une victoire d'amour si complet que la somme totale de sa vie devient, non pas la défense d'une nation, d'une race, d'une religion, mais celle de l'humanité. Mais Abdu'l-Bahá témoigna du triomphe d'un amour qui est inséparable de l'esprit. Ses interprétations des problèmes humains fondamentaux ont anticipé d'une génération les conclusions de la science et de la philosophie et possèdent une qualité de synthèse à laquelle la science et la philosophie ne sont jamais parvenues. L'Orient et l'Occident réunis dans sa nature préservent l'intégrité et la vérité essentielle de chaque type d'expérience; mais sa nature combinait et réconciliait également ces qualités, humainement sans rapport, de la foi et de la raison, de l'amour humanitaire et de la justice, de la dévotion mystique et de l'énergie administrative dont les divergences chez tous les hommes sont la cause première de la désunion sous toutes ses formes. Sa perception d'une unité de vie sous-jacente exhala une sympathie et une compréhension immenses dont l'effet est semblable à celui de l'irrigation de terres désertiques. Nous avons à travers cette seule vie un aperçu d'une humanité unie où les attributs universels rendent possibles des formes sociales nouvelles et supérieures. Une lecture superficielle de ses lettres et causeries publiques, cherchant à leur faire subir le même traitement qui serait donné à leurs thèmes par celui qui s'en tient à l'attitude établie de l'érudit en religion ou du savant social, manquera totalement de faire le rapport avec la sagesse qui est si spontanément offerte au monde moderne à une heure où il en a tant besoin. Cette sagesse est révélée dans des exposés pleins d'une vision embrassant une plus grande étendue de la réalité plutôt que dans un effort pour développer une quelconque pensée ou un quelconque sujet dans tous ses détails. Sa tâche n'était pas d'atteindre un quelconque résultat de spécialiste, mais de ré-établir la totalité de la vie. Il est demandé au lecteur lui-même un nouveau point de concentration mentale et spirituelle, une altitude dans laquelle la victoire partisane ou l'autorité exclusive - tant subtile que grossière - est moins désirable que la réalité à tout prix. Quand ce point de concentration est atteint, l'assimilation de la sagesse d'Abdu'l-Bahá conduit à un résultat caractéristique, l'abandon graduel mais certain de ces voiles intérieurs de préjugés qui obscurcissent la compréhension de l'esprit le plus actif et le plus pénétrant. Car cette sagesse n'est pas la formule passive de l'entendement philosophique, elle est chargée d'une qualité intensément dispensatrice d'énergie qui est libérée de ces profondeurs où la vérité est autant vécue que vue. Le présent ouvrage comprend une sélection de causeries publiques données par Abdu'l-Bahá au cours de son voyage à travers l'Europe et l'Amérique et qui précéda immédiatement la Guerre, ou de lettres écrites à des amis d'Occident en réponse à des questions de thème similaire. Ce voyage fut en lui-même un indice significatif de l'unité du monde, et au cours de ce voyage il s'adressa à des auditoires représentant pratiquement tous les intérêts sociaux ou divisions sociales de notre vie moderne complexe. De l'Université de Colombia à New York à Leland Stanford en Californie, de la Mission Bowery à la table d'un diplomate à Washington, Abdu'l-Bahá ne traversa pas purement et simplement l'étendue géographique, mais aussi l'étendue spirituelle des Américains, leur laissant l'assurance que s'ils peuvent résoudre leur plus grand problème spirituel, l'amitié et la coopération entre la race blanche et les races de couleur, leur influence dans la promulgation de la paix universelle sera décisive. En résumé, on peut comparer Abdu'l-Bahá à une pierre de Rosette sur laquelle l'histoire humaine serait écrite en trois langues: la langue de l'intelligence, la langue du coeur et la langue de l'esprit. En nous référant à cette triple réalité nous trouvons la clé de ce qui n'est pas développé en nous ou de ce qui est inconnu dans l'univers et nous approchons ainsi de cette réalisation intime de Dieu qui est la base de l'âge nouveau. Horace Holley, Green Acre, Eliot, Maine, le 6 août 1927
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