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Religion
Baha'ie
Introduction du livre

Le Kitáb-i-aqdas


Plan

1. Sommaire du livre
2. Préface
3. Introduction
4. Présentation par Shoghi Effendi
5. Synopsys et codification des lois
6. Glossaire
7. Index (recherche de versets classés par sujet)


4. Présentation par Shoghi Effendi

Extrait de "Dieu passe près de nous" (histoire du premier siècle baha'i):

Si unique, si stupéfiante que fut cette proclamation, elle s'avéra n'être qu'un prélude à une manifestation encore plus extraordinaire du pouvoir créateur de son auteur, et à ce qui peut prendre place comme l'acte le plus significatif de son ministère : la promulgation du Kitáb-i-Aqdas.

Dépositaire principal de cette loi prévue par le prophète Esaïe, et que l'auteur de l'Apocalypse a décrit comme le "nouveau ciel" et la "nouvelle terre", comme le "tabernacle de Dieu", comme la "cité sainte", comme l'"épousée", "la nouvelle Jérusalem venue du ciel", ce "Plus Saint Livre" auquel le Kitáb-i-Iqán fait allusion, dont les clauses doivent rester inviolées pendant au moins un millénaire, et dont le plan directeur englobera la planète entière, peut être considéré comme la plus brillante conception sortie de l'esprit de Bahá'u'lláh, comme le Livre Mère de sa dispensation, la charte du nouvel ordre mondial.

Révélé peu après le transfert de Bahá'u'lláh dans la maison d'`Udí Khammár (vers 1873), à une époque où il était encore assailli d'épreuves et d'afflictions dues aux actes de ses ennemis et des prétendus adhérents à sa foi, ce Livre, ce trésor contenant les gemmes inestimables de sa révélation se détache, en vertu des principes qu'il inculque, des institutions administratives qu'il prescrit, et de la fonction dont il investit le successeur désigné de son auteur, comme une oeuvre unique et incomparable entre toutes les Ecritures sacrées du monde.

Car, à la différence de l'Ancien Testament et des livres sacrés qui l'ont précédé, et dans lesquels les véritables préceptes prononcés par le prophète lui-même n'existent pas; contrairement aux Evangiles dans lesquels les quelques propos attribués à Jésus-Christ ne fournissent aucune indication claire concernant l'administration future des affaires de sa foi; contrairement au Qur'án même qui, bien qu'explicite en ce qui concerne les lois et ordonnances formulées par l'Apôtre de Dieu, se tait sur la question primordiale de la succession, le Kitáb-i-Aqdas, révélé, du commencement à la fin, par l'auteur de la dispensation lui-même, non seulement préserve pour la postérité les lois et ordonnances fondamentales sur lesquelles doit reposer la structure de son futur ordre mondial, mais en plus du rôle d'interprète donné à son successeur, prescrit les institutions nécessaires qui, seules, peuvent garantir l'intégrité et l'unité de sa foi.

Dans cette charte de la future civilisation mondiale, l'auteur à la fois juge, législateur, unificateur et rédempteur de l'humanité annonce aux rois de la terre la promulgation de la "plus grande loi"; il déclare que ces rois sont ses vassaux, se proclame lui-même "Roi des rois", dénie toute intention de porter la main sur leurs royaumes, et se réserve le droit de "saisir et de posséder les coeurs des hommes "; il recommande aux chefs ecclésiastiques du monde de ne pas peser le "Livre de Dieu" selon les normes admises chez eux, et affirme que le Livre lui-même est la "balance juste" assignée aux hommes.

Dans ce Livre, il ordonne formellement de fonder la "Maison de Justice ", définit ses fonctions, fixe ses revenus et désigne ses membres comme les "hommes de Justice", les "représentants de Dieu", les "mandataires du Très-Miséricordieux"; il fait allusion au futur Centre de son alliance et lui décerne le droit d'interpréter ses écrits sacrés, et, il anticipe d'une manière implicite l'institution du Gardiennat; il se porte garant de l'effet révolutionnaire de son ordre mondial, formule la doctrine de "la plus grande Infaillibilité " de la manifestation de Dieu, affirme que cette infaillibilité est le droit inhérent et exclusif du prophète, et écarte la possibilité de la venue d'une autre manifestation avant un délai d'au moins un millénaire.

Toujours dans ce Livre, il prescrit les prières obligatoires, fixe l'époque et la durée du jeûne, interdit la prière rituelle, sauf pour les enterrements, détermine la Qiblih, institue le huqúqu'lláh (droit de Dieu), définit les règles de succession, ordonne la construction du Mashriqu'l-Adhkár, institue les fêtes des Dix-Neuf Jours, détermine les jours fériés bahá'ís et les jours intercalaires, abolit le sacerdoce, interdit l'esclavage, l'ascétisme, la mendicité, la vie monastique, la pratique des pénitences, l'utilisation des chaires pour prêcher et l'usage du baise-main; il prescrit la monogamie, condamne la cruauté envers les animaux, l'oisiveté et la paresse, la médisance et la calomnie, blâme le divorce, interdit les jeux d'argent, l'usage de l'opium, du vin et autres boissons alcooliques; il énumère les sanctions pour meurtre, incendie volontaire, adultère et vol, souligne l'importance du mariage et fixe ses conditions essentielles; il impose à chacun l'obligation de s'adonner à quelque commerce ou profession, et il élève cette occupation au rang d'acte d'adoration; enfin, il insiste sur la nécessité d'éduquer les enfants, il assigne à tous le devoir de faire un testament écrit et celui d'obéir strictement au gouvernement.

En dehors de ces dispositions, Bahá'u'lláh exhorte ses fidèles à fréquenter dans l'entente et l'amitié, et sans faire de distinction, les adeptes de toutes les religions, les met en garde contre tout fanatisme, sédition, orgueil, querelles et controverses, leur inculque des principes d'hygiène impeccable, d'absolue sincérité, de chasteté sans tache, d'honnêteté, d'hospitalité, de fidélité, de courtoisie, d'endurance, de justice et d'impartialité; il leur conseille de se comporter "comme les doigts d'une seule main et les membres d'un même corps", les invite à se lever pour servir sa cause et leur promet son aide indéfectible.

Par ailleurs, il souligne l'instabilité des affaires humaines, déclare que la vraie liberté réside dans la soumission de l'homme à ses commandements, leur recommande de ne pas être faibles en appliquant ses règlements, prescrit ces deux devoirs inséparables : Reconnaître l'"Aube de la révélation de Dieu" et observer toutes les ordonnances qu'il a révélées, car aucune, affirme-t-il, ne peut être acceptée sans les autres.

Les appels significatifs, adressés aux présidents des républiques du continent américain, d'avoir à saisir leur chance, au jour de Dieu, et de soutenir la cause de la justice, l'injonction faite aux membres des parlements à travers le monde, les pressant d'adopter un langage et une écriture uniques pour tous, ses avertissements à Guillaume 1er, le vainqueur de Napoléon III, les reproches qu'il adressa à François-Joseph, l'empereur d'Autriche, son allusion aux "lamentations de Berlin", quand il interpelle les "rives du Rhin", sa condamnation du "trône de la tyrannie" établi à Constantinople, l'annonce qu'il fit de la fin de sa "splendeur visible " et des adversités qui allaient s'abattre sur ses habitants, les paroles d'encouragement et de réconfort qu'il adressa à sa ville natale, lui affirmant que Dieu l'a choisie pour être la "source de joie de toute l'humanité ", sa prophétie selon laquelle "la voix des héros du Khurásán" s'élèvera pour glorifier leur Seigneur, son affirmation que des hommes doués "d'une grande vaillance" seront suscités dans le Kirmán et parleront de lui, et enfin son assurance magnanime donnée à un frère perfide, qui lui avait apporté tant de tourments, qu'un Dieu "très généreux et toujours clément " lui pardonnerait ses iniquités si seulement il se repentait, tout ceci contribue à enrichir encore le contenu d'un Livre que son auteur désigna comme la "source de la vraie félicité", la "balance juste", la "voie droite" et l'"animateur de l'humanité".

En outre, Bahá'u'lláh a caractérisé les lois et ordonnances qui constituent le sujet principal de ce livre par des expressions spécifiques telles que : "le souffle de vie en toutes choses", "la plus puissante forteresse ", les "fruits" de son "arbre", "les moyens suprêmes pour maintenir l'ordre du monde et la sécurité de ses peuples", "les lampes de sa sagesse et de sa bienveillante providence", le "doux parfum de son vêtement ", les "clefs" de sa "miséricorde" envers ses créatures.

"Ce Livre", déclare-t-il, "est un firmament que Nous avons paré des étoiles de nos commandements et de nos interdictions". "Béni soit l'homme qui le lira", a-t-il dit aussi, "et qui méditera ses versets révélés par Dieu, le Seigneur du pouvoir, le Tout-Puissant. Dis : ô vous les hommes ! Saisissez-le avec les mains de la résignation... Par ma vie ! Il a été envoyé d'une manière qui stupéfie l'esprit de l'homme. Il est vraiment mon témoignage le plus puissant pour toute l'humanité, et la preuve donnée par le Très-Miséricordieux à tous ceux qui sont au ciel et à tous ceux qui sont sur terre".

Et de nouveau : "Bénis soient le palais qui goûte à sa douceur, et le regard pénétrant qui discerne le trésor qu'il recèle, et le coeur réceptif qui comprend ses allusions et ses mystères. Par Dieu ! la majesté de ce qu'il décrit est telle, et si terrible est la révélation de ses allusions cachées, que l'on tremble en essayant de les dévoiler. Le Kitáb-i-Aqdas est révélé de telle sorte qu'il se relie aux dispensations divinement prescrites et qu'il les comprend toutes.

Bénis sont ceux qui le lisent attentivement ! Bénis ceux qui en perçoivent le sens ! Bénis ceux qui le méditent ! Bénis ceux qui approfondissent sa signification ! Si vaste est son champ d'action qu'il s'est saisi de tous les hommes avant qu'ils ne s'en aperçoivent. Bientôt, son pouvoir souverain, son influence pénétrante et l'immensité de sa force seront manifestés sur la terre."

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