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Religion
Baha'ie
Introduction du livre

Le Kitáb-i-aqdas

Plan
1. Sommaire du livre
2. Préface
3. Introduction
4. Présentation par Shoghi Effendi
5. Synopsys et codification des lois
6. Glossaire
7. Index (recherche de versets classés par sujet)


3. Introduction

Cette année, la cent quarante-neuvième de l'ère bahá'íe, marque le centenaire de l'ascension de Bahá'u'lláh, le porteur de la révélation universelle de Dieu destinée à conduire l'humanité jusqu'à sa maturité collective. Que ce centenaire soit célébré par une communauté de croyants qui représente toutes les strates de l'humanité qui, en un siècle et demi, s'est établie jusqu'aux confins du globe, est un des témoignages de la puissance de l'unité libérée par l'avènement de Bahá'u'lláh. Que la vision de Bahá'u'lláh puisse préfigurer de si nombreux aspects de l'expérience humaine contemporaine est un autre de ces témoignages.

Ce moment est donc propice pour la publication de la première traduction anglaise autorisée du Livre Mère de sa révélation, son Plus Saint Livre , dans lequel il énonce les lois de Dieu pour une dispensation destinée à durer au moins mille ans. Parmi les plus de cent volumes qui regroupent les Ecrits sacrés de Bahá'u'lláh, le Kitáb-i-Aqdas, par son importance, occupe une place unique.

"Reconstruire le monde entier" est l'affirmation et le défi de son message, et le Kitáb-i-Aqdas est la charte de la civilisation mondiale future que Bahá'u'lláh est venu susciter. Ses stipulations reposent sans ambiguïté sur les fondements établis par les religions du passé car, suivant les paroles de Bahá'u'lláh : "Voici l'immuable foi de Dieu, éternelle dans le passé, éternelle dans le futur." Dans cette révélation, les conceptions du passé sont portées à un nouveau niveau de compréhension, et les lois sociales sont modifiées pour s'adapter à l'époque qui naît, car elles sont destinées à porter l'humanité vers une civilisation mondiale dont nous pouvons à présent à peine imaginer les splendeurs.

En affirmant la validité des grandes religions du passé, le Kitáb-i-Aqdas réitère les vérités éternelles énoncées par tous les messagers divins : l'unité de Dieu, l'amour du prochain et le but moral de la vie sur terre. Par ailleurs, il supprime des codes religieux du passé, ces éléments qui constituent maintenant des obstacles à l'émergence de l'unification du monde et à la reconstruction de la société humaine.

La loi de Dieu en cette dispensation couvre les besoins de toute la famille humaine. Pourtant, dans le Kitáb-i-Aqdas, on trouve des lois qui s'adressent avant tout à certains membres de l'humanité, lois qu'ils peuvent comprendre immédiatement mais qui, en première lecture, peuvent sembler obscures aux personnes d'autres cultures. Par exemple, la loi interdisant de confesser ses péchés à un autre être humain, compréhensible par les personnes d'origine chrétienne, peut en surprendre d'autres. De nombreuses lois se réfèrent à celles des dispensations du passé, plus particulièrement aux deux plus récentes, celles de Muhammad et du Báb, que l'on trouve dans le Qur'án et le Bayán. Néanmoins, en dépit du fait que certaines ordonnances de l'Aqdas ont une telle référence spécifique, elles ont aussi des implications universelles.

A travers sa loi, Bahá'u'lláh dévoile progressivement la portée des nouveaux niveaux de connaissance et de conduite auxquels les peuples du monde sont appelés. Ses préceptes sont sertis dans un commentaire spirituel qui permet au lecteur de garder toujours présent à l'esprit le principe que ces lois, quel que soit le sujet dont elles traitent, ont pour but multiple d'apporter la tranquillité à la société, d'améliorer le niveau du comportement humain, d'augmenter le champ de la compréhension des hommes et de spiritualiser la vie de tous et de chacun. Car le but ultime des lois religieuses est la relation de l'âme à Dieu et l'accomplissement de son destin spirituel.

Bahá'u'lláh l'affirme : "Ne croyez pas que Nous vous avons révélé un simple code de lois. Nous avons plutôt décacheté, avec les doigts de la force et du pouvoir, le vin de choix." Son livre de lois [en] est son " témoignage le plus puissant pour toute l'humanité et la preuve donnée par le Très-Miséricordieux à tous ceux qui sont au ciel et à tous ceux qui sont sur la terre".

Une introduction au monde spirituel dévoilé dans le Kitáb-i-Aqdas serait incomplète sans une présentation au lecteur des institutions chargées d'interpréter et de légiférer, institutions que Bahá'u'lláh lia indissolublement au système de lois qu'il révéla.

On trouve à la base de cette autorité le rôle unique attribué dans les Ecrits de Bahá'u'lláh en fait dans le Kitáb-i-Aqdas lui-même à son fils aîné, Abdu'l-Bahá. Ce personnage unique est à la fois l'exemple de la manière de vivre enseignée par son père, l'interprète autorisé et divinement inspiré de ses enseignements et le centre, le pivot, de l'alliance que l'auteur de la révélation bahá'íe fit avec tous ceux qui le reconnaissent. Les vingt-neuf ans du ministère d'Abdu'l-Bahá permirent au monde bahá'í de bénéficier d'un ensemble de commentaires lumineux qui ouvrent de multiples voies vers la compréhension du dessein de son père.

Dans son Testament, Abdu'l-Bahá posa le manteau de Gardien de la cause et d'Interprète infaillible de ses enseignements sur les épaules de son premier petit-fils, Shoghi Effendi.

Il confirma aussi l'autorité et la direction divine garantie par Bahá'u'lláh à la Maison Universelle de Justice, pour toutes les questions "qui ne sont pas explicitement révélées dans le Livre". Suivant Shoghi Effendi, on peut considérer le Gardiennat et la Maison Universelle de Justice comme les successeurs jumeaux de Bahá'u'lláh et d'Abdu'l-Bahá. Ils sont les institutions suprêmes de cet ordre administratif fondé et prévu par le Kitáb-i-Aqdas, et élaboré par Abdu'l-Bahá dans son Testament.

Au cours des trente-six années de son ministère qui permirent à Shoghi Effendi de bâtir la structure d'assemblées spirituelles élues les maisons de justice dont parle le Kitáb-i-Aqdas, qui sont encore à un stade embryonnaire aujourd'hui avec la collaboration desquelles, il a commencé l'application systématique du plan divin conçu par Abdu'l-Bahá pour diffuser la foi dans le monde entier.

Sur la base d'une structure administrative solidement établie, il lança également les processus qui furent une préparation essentielle en vue de l'élection de la Maison Universelle de Justice. Cet organisme, qui vint à l'existence en avril 1963, est élu à bulletin secret et à la pluralité des voix par les bahá'ís adultes du monde entier, grâce à un système de vote à trois niveaux.

Ensemble, la parole révélée de Bahá'u'lláh, les interprétations et les explications du Centre de l'alliance et du Gardien de la cause, constituent les termes de référence obligatoires pour la Maison Universelle de Justice et en sont la base solide.

En ce qui concerne les lois elles-mêmes, une étude attentive permet de découvrir qu'elles s'adressent à trois domaines : la relation de l'individu avec Dieu, les questions physiques et spirituelles qui bénéficient directement à l'individu, les relations entre individus et entre individu et société. On peut aussi les regrouper sous les titres suivants : prière et jeûne; lois de statut personnel traitant du mariage, du divorce et de la succession; une série d'autres lois, ordonnances et interdictions, ainsi que des exhortations; abrogation de lois et de prescriptions précises de dispensations antérieures. Une caractéristique saillante est leur brièveté. Elles sont la graine d'où sortira dans les siècles à venir un vaste ensemble de lois.

L'élaboration de ces lois sera effectuée par la Maison Universelle de Justice à qui, l'autorité fut conférée par Bahá'u'lláh lui-même. Dans l'une de ses tablettes, Abdu'l-Bahá clarifie ce principe : "Ces questions d'importance majeure qui constituent le fondement de la loi de Dieu sont explicitement inscrites dans le texte, mais les lois subsidiaires sont laissées à la Maison de Justice. La sagesse de cette mesure réside dans le fait que les époques ne sont jamais pareilles, le changement étant une qualité nécessaire et un attribut essentiel de ce monde, ainsi que de l'époque et du lieu. C'est pourquoi, la Maison de Justice agira en conséquence... En bref, ceci explique la sagesse de laisser les lois de la société à la charge de la Maison de Justice.

De même dans la religion de l'islam, toutes les ordonnances ne furent pas explicitement révélées, au contraire; le texte en compte à peine un dixième d'un dixième. Si on y trouve spécifiquement référence à toutes les questions importantes, sans aucun doute, des milliers de lois n'y étaient pas spécifiées. Elles furent élaborées par les religieux des époques suivantes d'après les règles de la jurisprudence islamique et, individuellement, des religieux firent des déductions contradictoires des ordonnances originellement révélées. Elles furent toutes appliquées.

Aujourd'hui, ce processus de déduction est le droit de l'institution de la Maison de Justice. Les déductions et les conclusions des savants, en tant qu'individus, ne font pas autorité, à moins d'être approuvées par la Maison de Justice. C'est précisément en ceci que réside la différence; à la suite des conclusions et de l'approbation de la Maison de Justice, dont les membres sont élus et connus par toute la communauté bahá'íe, aucune divergence ne naîtra; alors que les conclusions des individus, religieux ou érudits, conduiraient inéluctablement à des divergences, avec pour résultat le schisme, la division et la dispersion. L'unicité du verbe serait détruite, l'unité de la foi disparaîtrait, et l'édifice de la foi de Dieu serait ébranlé. "


Ainsi, bien que la Maison Universelle de Justice soit explicitement autorisée à changer ou à supprimer sa propre législation lorsque les conditions changent, donnant ainsi à la loi bahá'íe un élément essentiel de flexibilité, elle ne peut abroger ou changer aucune des lois explicitement établies dans le Texte sacré.

La société pour laquelle certaines des lois de l'Aqdas sont prévues naîtra peu à peu, et Bahá'u'lláh a prévu l'application progressive de la loi bahá'íe. "En vérité, les lois de Dieu sont comme l'océan, et les enfants des hommes sont comme des poissons, si seulement ils le savaient. Toutefois, en s'y conformant, il faut user de tact et de sagesse... Puisque la plupart des hommes sont faibles et se trouvent bien loin du dessein de Dieu il faut donc, en toutes circonstances, faire preuve de tact et de prudence, afin que rien ne parvienne à jeter le trouble et la dissension ou à soulever la clameur des négligents. En vérité, sa générosité a transcendé tout l'univers et ses bienfaits ont comblé tout ce qui habite sur la terre. Il faut guider l'humanité vers l'océan de la vraie compréhension, dans un esprit d'amour et de tolérance. Le Kitáb-i-Aqdas lui-même porte un témoignage éloquent de la tendre providence de Dieu."

Le principe gouvernant cette application progressive fut énoncé dans une lettre écrite, de la part de Shoghi Effendi, à une assemblée spirituelle nationale en 1935 : "Les lois révélées par Bahá'u'lláh dans l'Aqdas sont, chaque fois qu'elles sont praticables et qu'elles ne sont pas en conflit direct avec la loi civile du pays, absolument obligatoires pour chaque croyant ou chaque institution bahá'íe de l'Est comme de l'Ouest. Certaines lois... devraient être considérées par tous les croyants, comme vitales et universellement applicables dès maintenant. D'autres furent formulées en prévision d'un état de la société qui émergera des conditions chaotiques qui prévalent aujourd'hui... Ce qui n'a pas été formulé dans l'Aqdas, ainsi que les questions de détails et d'importance secondaire qui se présenteront en application des lois déjà formulées par Bahá'u'lláh seront décrétés par la Maison Universelle de Justice. Cette institution peut compléter, mais en aucun cas annuler ou modifier de la moindre façon, ce qui a été formulé par Bahá'u'lláh. Le Gardien non plus n'a aucun droit de diminuer l'effet obligatoire des dispositions d'un Livre aussi fondamental que sacré, et encore moins de les supprimer. "

La publication de cette traduction n'accroît pas le nombre de lois actuellement en vigueur pour les bahá'ís. Lorsque le temps sera jugé opportun, la communauté bahá'íe sera avisée des lois additionnelles qui devront être observées par les croyants, et toute directive ou législation supplémentaires, jugées nécessaires pour leur application, seront mises à disposition.

En général, les lois du Kitáb-i-Aqdas sont énoncées succinctement. Un exemple de cette concision peut être trouvé dans le fait qu'un grand nombre d'entre elles est exprimé comme ne s'appliquant qu'à un homme, mais il ressort des écrits du Gardien, que lorsque Bahá'u'lláh a donné une loi entre un homme et une femme, elle s'applique mutatis mutandis entre une femme et un homme, sauf si le contexte rend la chose impossible. Par exemple, le texte du Kitáb-i-Aqdas interdit à un homme d'épouser la femme de son père (c'est-à-dire sa belle-mère). Le Gardien indiqua que de la même façon, une femme ne peut épouser le mari de sa mère.

A la lumière du principe bahá'í fondamental de l'égalité des sexes, cette compréhension des implications de la loi a d'importantes conséquences et devrait être présente à l'esprit lors de l'étude du Texte sacré. Que les hommes et les femmes soient différents les uns des autres par certains aspects et certaines fonctions est un fait naturel incontournable qui rend possible la complémentarité de leurs rôles, dans certains domaines de la vie sociale. Mais il est significatif que Abdu'l-Bahá ait affirmé que dans cette dispensation "l'égalité entre les hommes et les femmes, à l'exception de quelques circonstances négligeables, fut pleinement et catégoriquement annoncée".

On a déjà mentionné la relation intime qui existe entre le Kitáb-i-Aqdas et les Livres saints des dispensations précédentes. Particulièrement étroite est la relation avec le Bayán, le Livre de lois révélé par le Báb. Elle est expliquée dans les extraits suivants de lettres écrites de la part du Gardien : "Shoghi Effendi pense qu'on devrait insister sur le fait que la révélation bahá'íe est un tout unique qui comprend la foi du Báb... La foi du Báb ne devrait pas être séparée de celle de Bahá'u'lláh. Bien que les enseignements du Bayán aient été abrogés et remplacés par les lois de l'Aqdas, puisque le Báb se considérait comme le précurseur de Bahá'u'lláh, nous devrions regarder sa dispensation et celle de Bahá'u'lláh comme une seule entité, la première étant une introduction à l'avènement de la seconde. Le Báb affirme que ses lois sont temporaires et dépendent de leur acceptation par la future manifestation. C'est pourquoi, dans l'Aqdas, Bahá'u'lláh confirme quelques-unes des lois du Bayán, en modifie d'autres et en laisse beaucoup de côté."

De même que le Báb révéla le Bayán au milieu de son ministère, Bahá'u'lláh révéla le Kitáb-i-Aqdas vers 1873, environ vingt ans après avoir reçu dans le Síyáh-Chál de Tihrán l'annonce de sa révélation. Il indique dans l'une de ses tablettes, que même après sa révélation, il retint l'Aqdas quelque temps avant de l'envoyer aux amis d'Iran.

Ensuite, comme l'écrivit Shoghi Effendi : "Alors que sa mission touchait à sa fin, et après avoir formulé dans son Kitáb-i-Aqdas les lois fondamentales de sa dispensation, Bahá'u'lláh ajouta l'énoncé de certains préceptes et de certains principes qui sont au coeur même de sa foi, la nouvelle affirmation de vérités qu'il avait précédemment proclamées, l'élaboration et l'explication de certaines lois qu'il avait déjà formulées, la révélation d'autres prophéties et de mises en garde, ainsi que l'établissement d'ordonnances complémentaires visant à parfaire les dispositions de son Plus Saint Livre. Tous ces éléments complémentaires étaient inscrits dans d'innombrables Tablettes qu'il continua de révéler jusqu'aux derniers jours de sa vie..."

Parmi ces ouvrages on trouve les Questions et Réponses, une compilation faite par Zaynu'l-Muqarrabín, le plus éminent copiste des Ecrits de Bahá'u'lláh. Composé de réponses révélées par Bahá'u'lláh aux questions posées par différents croyants, il constitue un complément inestimable au Kitáb-i-Aqdas.

En 1978, les plus remarquables des autres tablettes de cette nature furent publiées en anglais, dans une compilation intitulée : Tablets of Bahá'u'lláh revealed after the Kitáb-i-Aqdas. Quelques années après la révélation du Kitáb-i-Aqdas, Bahá'u'lláh fit envoyer des copies manuscrites à des bahá'ís d'Iran, et en 1308 A. H. (1890-91), vers la fin de sa vie, il prit les dispositions nécessaires pour la publication à Bombay du texte arabe original du Livre.

Il nous faut parler du style dans lequel le Kitáb-i-Aqdas fut traduit en anglais. Bahá'u'lláh maîtrisait superbement l'arabe et préférait l'utiliser dans les tablettes et les autres écrits dans lesquels sa précision sémantique était particulièrement appropriée à l'exposé d'un principe de base. Pourtant, au-delà du choix de la langue elle-même, le style employé est d'un caractère élevé, émouvant et très imposant, surtout pour ceux qui connaissent la grande tradition littéraire d'où il vient.

Entreprenant sa tâche de traduction, Shoghi Effendi dut faire face au défi de trouver un style anglais qui, non seulement transmettrait fidèlement le sens précis du texte, mais évoquerait aussi pour le lecteur l'esprit de respect méditatif qui est un trait distinctif des réactions produites par le texte original. Il choisit une manière de s'exprimer rappelant le style des traductions anglaises de la Bible au dix-septième siècle, qui rend la noblesse de l'arabe de Bahá'u'lláh, tout en restant accessible au lecteur contemporain. De plus, ses traductions sont aussi éclairées par sa compréhension unique, inspirée, des intentions et des implications des originaux.

Bien que l'arabe et l'anglais soient des langues au vocabulaire riche et aux modes d'expression variées, leurs formes sont cependant très différentes. L'arabe du Kitáb-i-Aqdas est caractérisé par une intense concentration et une élégante concision. C'est une caractéristique de ce style de ne pas expliciter une implication lorsque celle-ci est évidente. Ceci présente un problème pour un lecteur dont les références culturelles, religieuses et littéraires sont complètement différentes de celle de l'arabe. Une traduction littérale d'un passage clair en arabe peut devenir obscure en anglais. Il devient donc nécessaire d'inclure, dans la traduction anglaise de tels passages, les éléments évidemment implicites dans l'original. En même temps, il est vital d'éviter d'extrapoler ce processus, au point d'ajouter à l'original d'une manière injustifiée ou de limiter son sens. Trouver l'équilibre, entre la beauté et la clarté de l'expression d'une part et l'exactitude d'autre part, est un des problèmes majeurs que les traducteurs eurent à résoudre et qui fut cause de reconsidérations répétées du rendu de la traduction de certains passages.

Un autre problème majeur est l'implication légale de certains termes arabes qui ont une variété de sens qui diffèrent des termes semblables en anglais. Il est évident que la traduction d'Ecrits sacrés exige une fidélité et un soin particuliers. Ceci est d'une extrême importance dans le cas d'un Livre de lois où il est vital que le lecteur ne soit pas induit en erreur ou plongé dans de stériles controverses.

Comme il était prévu, la traduction du Plus Saint Livre fut un travail extrêmement difficile exigeant la consultation d'experts de nombreux pays. Puisqu'environ un tiers du texte avait déjà été traduit par Shoghi Effendi, il fut donc nécessaire de garder dans les passages restant à traduire les trois qualités suivantes : précision du sens, beauté de l'anglais et conformité au style utilisé par Shoghi Effendi.

Nous avons maintenant la conviction que cette traduction a atteint un point où elle représente une version acceptable de l'original. Néanmoins, il ne fait aucun doute qu'elle soulèvera des questions et des suggestions qui pourront jeter plus de lumière sur son contenu.

Nous sommes profondément reconnaissants aux membres des comités que nous avons chargés de préparer et de réviser cette traduction de l'Aqdas, pour leurs efforts assidus et méticuleux et pour leur rédaction des notes. Nous sommes persuadés que cette première édition autorisée en anglais du Kitáb-i-Aqdas permettra aux lecteurs d'obtenir au moins un reflet de la splendeur du Livre Mère de la dispensation bahá'íe.

Notre monde est entré au coeur sombre d'un âge de transformation totale, dépassant tout ce qu'il a connu au cours de son histoire tumultueuse. Ses peuples, quelles que soient leur race, leur nation ou leur religion se voient mis au défi de subordonner toute loyauté secondaire et identité limitée, à leur unité de citoyens d'une seule patrie planétaire.

Bahá'u'lláh écrivit : "Le bien-être de l'humanité, sa paix et sa sécurité ne pourront pas être atteints tant que son unité ne sera pas fermement établie. " Puisse la publication de cette traduction du Kitáb-i-Aqdas donner une impulsion nouvelle à la réalisation de cette vision universelle en ouvrant les perspectives d'une régénération mondiale.

La Maison Universelle de Justice.
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